Splendeur

  • 01 Jan
    01 Jan
  • Cesser de vouloir décider et contrôler pour être heureux, innover, grandir ensemble et obtenir de bien meilleurs résultats, une drôle d’idée ? Pas tant que ça, je vous assure. En vous proposant de mettre face à face parent et dirigeant, je vous propose que nous réfléchissions ensemble au pouvoir, à ce qu’il nous apporte, et à ce que nous permettons de joyeux, d’innovant, d’épanouissant (pour tous) d’advenir si nous le partageons. Une attitude qui passe par un travail sur soi dont nous sortons tous gagnants.

    Le pouvoir est pourtant grisant

    L’exercice du pouvoir est grisant, ce n’est un secret pour personne. J’en ai fait l’expérience toute jeune : j’étais l’ainée des petits enfants, j’avais pris l’habitude de proposer des idées de jeu qui suscitaient l’engouement de mes cousins et voisins, et tous suivaient mes directives. En jouant les chefs d’orchestre (un métier que je rêvais de faire mien), je ressentais une joie et une puissance immenses à voir les idées que j’avais en tête devenir réalité. Ce pouvoir était d’autant plus grisant pour moi qu’il réparait le sentiment d’impuissance que je ressentais à chaque fois que je voyais mes parents continuer à s’entretuer malgré tous les efforts que je déployais.

    Alors oui, j’ai aimé diriger, mener, conduire, planifier, observer le résultat de nos succès. Mais j’ai aimé ça comme on prend plaisir à dévorer un gâteau au chocolat ou à boire un peu trop de bon vin : sur le moment c’est délicieusement bon, mais après, les maux d’estomac, la nausée ou le tournis nous font réaliser que cette joie n’était qu’à courte vue.

    Un jour, je ne saurais dire pourquoi, les choses se sont passées un peu autrement, je n’ai pas décidé pour tous mais j’ai co-créé avec les autres. En faisant avec eux, en situation d’équivalence, j’ai senti une joie plus intense encore. Nous étions arrivés bien plus loin que là où je serais allée avec mes seules idées. Nous avions ouvert des mondes que je n’avais jamais entrevus, même en rêve. Et c’était bon ! Personne ne râlait, chacun suivait une vision de base qu’il avait enrichi et avait fait sienne.

    Depuis, je n’ai eu de cesse que de retrouver ce sentiment encore plus puissant que le pouvoir sur les autres, celui de la libre appartenance à un collectif dans lequel chacun a sa place, peut exprimer son plein potentiel et sa pleine puissance.

    Chef ou leader ? Une posture qui vaut en entreprise comme avec ses enfants

    Chef ou leader inspirer faire grandir Leandro Lamas Parents à PArents J’ai redécouvert ces sensations enthousiasmantes en entreprise dès que j’ai eu à mener des projets. A la fin de ma première année de vie professionnelle, on m’avait confié un projet de re-organisation dont la durée avait été planifiée à deux ans au moins. Mais en travaillant de concert avec les équipes européennes et les autres parties prenantes, nous avons trouvé une solution qui convenait à tous en moins de trois mois, et elle avait pu être mis en œuvre en deux mois. Cinq mois après mon arrivée, je n’avais plus rien à faire (à part assurer le suivi) et je suis donc partie vers de nouveaux horizons. Cette expérience (faire aboutir un projet bien plus vite pour bien moins cher que prévu) m’est arrivée plusieurs fois ensuite (et à vous aussi sans doute) : c’est fou ce que nous allons vite quand nous mettons nos énergies au service d’un projet commun !
    J’ai aussi tenté d’agir ainsi quand j’ai eu l’occasion de manager des équipes. J’avais des valeurs – transparence, authenticité, écoute de toutes les idées – mais je manquais d’outils, d’expérience et de confiance pour aller plus loin dans une hiérarchie plutôt opaque, sans vision partagée et politicienne au possible. Ce devait être un management plutôt « sympa », mais il était très loin d’être à la hauteur de mes espérances et ne changeait la vie de personne.
    La question du « management » s’est posée autrement quand je suis devenue maman.

    Je n’avais pas envie de contrôler. Je me souvenais que ma mère m’avait laissé relativement libre de mes sorties jusqu’à ce qu’elle me découvre un petit ami un peu sérieux. J’avais seize ans, et là, comme bien des parents, elle avait commencé à surveiller bien davantage mes allers et venues. J’en avais conclu que le contrôle était une réaction face à la peur et qu’elle s’associait à un manque de confiance. Des attitudes que je ne voulais pas cultiver avec mes enfants.
    Je n’avais pas non plus envie de diriger, de penser, de faire à leur place ou de panifier. C’est pourtant ce que font la plupart des parents, mais je savais comme ce comportement empêche la confiance de s’installer, entrave le développement et l’épanouissement et créé des blocages dont une vie entière ne permet pas toujours de venir à bout.

    Je ne voulais pas diriger une bande de lutins, je ne voulais pas créer de rapport de force (d’autant que je savais qu’il n’est pas naturel chez l’enfant, il est toujours construit par l’adulte). Bien des spécialistes, quand ils parlent d’autonomie (de l’enfant ou du salarié) ne pensent pas à une véritable autonomie (être auteur de sa vie, entreprendre des actions par soi-même en se donnant ses propres limites et règles de conduite) mais à la capacité à faire seul ce qu’un supérieur (chef ou parent) demande à un inférieur (salarié ou enfant).

    dormir grandir allaiter ensemble parents à parents leandro lamasL’expérience de la grossesse m’avait donné une certitude : je n’avais pas « fait des enfants », j’avais accueilli des êtres dont j’avais tout à apprendre. Je voulais accompagner ces enfants dont la vie m’était confiée, et je voulais qu’ils puissent aller, chacun, vers la plénitude et vers le meilleur d’eux-mêmes (sachant que je n’avais aucune idée de ce que serait ce « meilleur » et qu’il n’était évidemment pas question que je le définisse pour eux). C’est dans cette vision ambitieuse, alimentée par une puissance d’amour illimitée, que nous avons grandi avec nos enfants, pour les aider à devenir autonomes, chargés d’eux-mêmes comme m’avait dit un jour Anne Barth. Et ce fut d’autant plus facile que mon époux était d’accord pour tenter l’expérience en ce sens.
    Je ne pouvais donc pas me positionner comme parent au sens classique, et c’est, entre autres, dans mon enclin naturel à sortir du cadre (favorisé par nos expériences de vie différentes, mon conjoint et moi ayons grandi sur des continents différents), et mes lectures autour de l’empowerment et du leadership que j’ai trouvé des pistes d’exploration. Pour que nos enfants soient autonomes, il fallait que nous le soyons vraiment. Ça semble évident, pourtant les parents le sont rarement, aiguillés ou guidés qu’ils sont sans cesse par des experts de tout poil (de la voisine au pédiatre, de la nourrice au psy, de la grand-mère à la bonne copine) qui pensent à leur place et les alimentent sans cesse de réponses toutes faites à des questions qu’ils n’ont parfois même pas posées.

    Les bienfaits inespérés de cette nouvelle posture

    Quand j’ai découvert la non-violence, la Communication NonViolente, la logique émotionnelle, la co-écoute, la décharge émotionnelle, TIPI et la sociocratie, j’ai eu à ma disposition des idées et des outils pour aller plus loin.

    Je voulais que nous soyons des parents libres, je voulais que mes enfants soient libres, j’étais seulement plus expérimentée qu’eux dans un certain nombre de domaines de la vie et je savais que mon attitude, bien plus que mes paroles, les inspirerait forcément (vers la liberté, l’initiative et l’épanouissement, ou vers la peur, la soumission, la résignation, l’absence d’estime et de confiance en eux-mêmes et dans les autres, …).

    Je savais que mon rôle consistait à les aider à se connaître, à comprendre leurs besoins, à vivre avec leur hypersensibilité, à tirer profit de leurs émotions et à développer des moyens non-violents pour coopérer. Pour le reste, ils devaient expérimenter (sous surveillance, parfois, notamment pour mon ainée qui adore jouer avec le feu – au sens propre du terme), observer le résultat de leurs réactions, inventer des solutions, devenir progressivement responsables de leur vie.
    Nous avions confiance : comme tous les enfants du monde ou presque, ils avaient appris à marcher et à parler sans que nous n’ayons rien à faire qu’à les laisser faire. Ils sauraient bien apprendre et acquérir d’eux-mêmes tout ce qui leur serait utile et tout ce qui susciterait leur envie, si nous leur fournissions un cadre sécurisant et un environnement suffisamment riche et inspirant.
    cesser de décider Parents à PArents Leandro LamasTout cela n’a rien à voir avec la sévérité ou le laxisme. C’est une autre posture, qui dépend de chacun, ne répond à aucun diktat et que nous pouvons qualifier de libératrice. Pour illustrer ce que nous sommes ensemble, j’ai en tête l’image d’une constellation dans laquelle chacun d’entre nous serait une planète : c’est la mise en commun, dans une position qui permet à chacun d’exprimer son plein potentiel, qui permet à notre système de tourner à plein régime et de s’épanouir. Chacun y a sa place, son rôle, son devenir singulier, son autonomie dans un système où nous sommes tous interdépendants. Mais contrairement aux planètes, chacun peut relativement facilement changer de place, de rôle, de mission. « L’humain ne s’offre que dans une relation qui n’est ni de pouvoir, ni de violence » a dit Emmanuel Lévinas.
    Quand je vois aujourd’hui comme nos enfants prennent soin les uns des autres, quand je vois les initiatives qu’ils prennent, quand j’observe la joie qui est la leur, l’amour qui nous lie les uns les autres, je me dis que nous sommes sur un chemin qui nous permet d’avancer chaque jour un peu plus loin.
    Comme nous leur parlons correctement, ils font de même. Comme nous prenons soin d’eux, ils prennent spontanément soin des autres et même de nous quand nous sommes fatigués, irrités. Un jour où je me souviens leur avoir dit « je suis vraiment énervée, j’ai perdu un document important pour moi », je n’ai pas eu besoin de menacer ni même de leur demander d’être calmes, ils se sont immédiatement mis à ma place et ont proposé leur aide. Nos relations sont vraiment joyeuses, c’est un bonheur pour nous de passer du temps ensemble. La parentalité n’est pas source de tensions ni de pression, elle est vecteur de joies infinies.

    Ne pas diriger, c’est reposant, il s’agit d’être présent tout en laissant faire

    Je me souviens avoir passé une après-midi chez des amies de mes filles, dont la maman voulait absolument qu’elle joue au jeu qu’elle avait préparé : c’était épuisant pour elle, agaçant pour moi car elle ne cessait d’interrompre nos échanges, et inutilement contraignant pour les enfants qui n’ont jamais obtempéré : ce jeu-là ne les tentait pas, et puis voilà.

    anniversaire en famille PArents à Parents Leandro LamasJe me souviens de goûters d’anniversaire chez une amie qui avait passé dix soirées à sélectionner et préparer toutes les activités de l’après-midi, qu’elle avait ensuite orchestrées à la façon d’une gentille animatrice. En fin de journée, elle était épuisée. Nous avons souvent eu plus de quinze enfants à la maison pour les anniversaires de nos enfants. A part une piňata et un gâteau (fabriqués avec les enfants et à leur demande), nous n’avons jamais rien préparé. A chaque fois, les enfants se sont très bien débrouillés tout seuls, inventant des jeux dont nous n’aurions jamais eu l’idée et trouvant des solutions lumineuses pour régler leurs conflits, pendant que nous, adultes, faisions connaissance et pouvions nous lancer dans des discussions à bâtons rompus.
    Il ne s’agit pas de laxisme ou d’inconséquence. L’indifférence est une autre forme de maltraitance. Dans ses conférences, Jean-François Zobrist, ancien directeur de l’entreprise FAVI, rappelle souvent cette parole de François Jullien « le bon prince est celui qui en supprimant les contraintes et les exclusions permet à chaque existence de s’épanouir à son gré. Son agir sans agir, qui n’est pas ne rien faire du tout, est une forme de laisser faire pour faire en sorte que les choses se fassent toutes seules ». Je le vis comme une qualité de présence à soi et aux autres qui autorise au sens qu’elle « rend auteur ».

    La question se pose de la même manière si nous sommes éducateurs, professeurs, enseignants, dirigeants. Les enseignants qui ont adopté la philosophie et la posture des pédagogies nouvelles, les parents qui se lancent dans les apprentissages autonomes le disent tous : c’est infiniment plus joyeux et moins stressant que de tenter par tous les moyens de faire rentrer un savoir dans la tête de quelqu’un. Il est impossible « d’apprendre quelque chose à quelqu’un », la seule chose qu’on puisse faire consiste à fournir un environnement (des activités, des stimulations) et des informations qui permettent l’acquisition des connaissances et des compétences. Et celui qui sait n’est pas forcé d’imposer un rapport de force, ni de prendre le pouvoir. Tout est même bien plus facile s’il ne le fait pas.

    L’entreprise libérée, l’autonomie parentale

    J’ai donc été émue quand j’ai entendu Alexandre Gérard, patron d’Inov-on, raconter son parcours au sein de son entreprise. Cette démarche d’intense travail sur soi, d’humilité et de dépouillement qui mène à la joie, nous avions fait un peu la même dans un domaine différent, celui de la parentalité. Je suis donc ravie et peine d’espoir quand je vois des pionniers tenter cette belle expérience, en récolter les fruits et en parler autour d’eux, pour inspirer d’autres dirigeants et susciter un engouement.
    Je trouve inspirant pour les parents d’observer ce qu’ont entrepris ces dirigeants audacieux : ils sont partis de l’hypothèse que la nature humaine et bonne (ce qu’Olivier Maurel et l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire ont montré par un travail de recherche conséquent), ils ont fait confiance, ont cessé de décider seuls pour les autres, de contrôler, et ont ainsi libéré l’initiative, l’autonomie, la responsabilité, l’innovation, l’épanouissement, le bonheur au travail. Plutôt que de réfléchir entre élus, ils utilisent le plein potentiel de leur entreprise (ils font émerger l’intelligence collective) et atteignent des niveaux d’adaptabilité et de performance qui forcent l’admiration.

    Leur attitude est d’autant plus inspirante pour les parents qu’elle ne porte des fruits que si elle est profondément sincère (sinon il s’agit d’un moyen de manipulation totalement contreproductif), qu’elle découle d’un intense travail sur soi, qu’elle met fin aux signes de pouvoir pour traiter les autres non en égaux, mais en équivalents. Pour le parent, cela signifie sortir du rapport de force et de la croyance selon laquelle l’adulte doit dresser l’enfant et quelqu’un doit gagner et un autre perdre. Cela signifie aussi s’agenouiller souvent, se mettre à la hauteur des enfants, les écouter vraiment, les prendre au sérieux et ne jamais minimiser leur capacité à penser, imaginer, rêver, créer, réaliser, faire aboutir quel que soit leur âge, à chaque étape de leur développement.

    cocréer être libres ensemble PArents à Parents Leandro LamasElle ne fonctionne également que si on met fin aux punitions et aux récompenses externes (en entreprise, le contrôle, les objectifs fixés en haut, …) et si on valorise la puissance de l’erreur (celui qui ne se trompe pas n’a pas assez osé). J’ai été amusée aussi d’entendre Christophe Collignon, dirigeant de IMA Technologies, dire « quand on ne sait pas on ne dit pas non, on dit oui et on observe ce qui se passe » : c’est aussi ce que nous pouvons faire en tant que parent, d’autant que les enfants évoluent à une vitesse folle et que ce qui était impossible hier peut être faisable aujourd’hui.

    Cette perspective parentale me semble d’autant plus pertinente aujourd’hui que nous n’avons aucune idée de ce à quoi ressemblera le monde de demain. Si nous répétons l’éducation que nous avons reçu, nous les préparons au monde d’avant-hier, qui n’existe plus.

    Les « entrepreneurs libérés » ne seront pas forcément séduits au premier abord par ce parallèle entre la posture de parent et celle du leader, car c’est justement du management paternaliste dont ils veulent s’extraire. Mais ici, il est question d’une autre façon d’être parent, qui ne répond à aucun dogme, qui se cherche et se trouve « chemin faisant ». La distanciation, le décalage suggérés par ce parallèle a priori inapproprié susciteront peut-être une idée au manager-leader-animateur qui nous lira. Cet article pourra aussi les conforter qu’ici et ailleurs, des parents sont en train de préparer de futurs adultes à ce nouveau monde qu’ils sont en train de créer, et c’est toujours exaltant de savoir que dans d’autres milieux, d’autres agissent de concert, que tous les efforts se rejoignent.

    Ce mouvement de libération, si on le retrouve en entreprise, dans certaines écoles, dans l’instruction en famille, dans la posture parentale, peut être le signe qu’un vrai mouvement sociétal est en train de prendre forme et qu’une nouvelle ère est en train d’émerger. Quel espoir et quelle énergie cela donne à tous ceux qui ont envie de s’engager dans cette dynamique que nous pouvons tous, chacun à notre mesure et selon nos talents, co-construire ensemble. Il n’y a rien de plus galvanisant pour moi que de réaliser que je peux, avec d’autres, aiguillonner l’avenir du monde et agir pour que celui dans lequel grandiront nos enfants soit un peu sain, agréable, respectueux, joyeux, épanouissant.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Nous avons co-créé l’association Parents à Parents pour partager et susciter chez d’autres ce projet d’autonomie, de cocréation quotidienne, qui se passe des diktats et des injonctions de tout poil, qui cherche en soi ses pistes de solution et ses réponses – et se nourrissant des idées des autres mais sans jamais qu’elles soient imposées comme des vérités suprêmes-.
    Je suis intimement convaincue que si nous appliquons la solution d’un autre, aussi pertinente soit-elle, nous ne sommes plus présents à ce qui se vit sous nos yeux, nous perdons un peu de notre capacité à imaginer, impulser, agir. C’est pour ça qu’au sein de Parents à Parents, nous n’avons pas et nous n’aurons jamais de gourous, de penseur fétiche. Ce qui nous nourrit peut venir de partout.

    Illustrations : Leandro Lamas

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    28 Déc
    28 Déc
  • J’écris ce message au soir de Noël, alors que vous êtes peut-être en train de finir d’emballer vos paquets, de frisonner de joie à l’idée des bons moments qui viennent, de préparer un merveilleux dîner … ou de sentir les heures passer la boule au ventre, parce que votre famille ne ressemble pas à celle dont vous auriez envie là maintenant, parce que le repas familial qui s’annonce vous fait craindre réflexions, jugements, humiliations, comparaisons, injustices ou que sais-je encore qui donne plutôt envie de fuir ou de rester chez soi, avec ceux qui sont capables de vous aimer vraiment pour ce que vous êtes. Ils sont rares ces êtres là, ils sont infiniment précieux. C’est l’occasion de leur dire !

    Parce que j’étais justement en train d’écrire, pour chacun de mes enfants et pour mon époux, tout le bonheur que j’avais à vivre et grandir auprès d’eux, j’ai eu envie, à vous aussi, de faire un cadeau. Un présent qui respire la solidarité, une sorte de plaidoyer pour la fraternité.

    Le voici donc, ce texte est issu d’un livre que j’ai écrit en 2004, il y a onze ans. Mais ce chapitre là reste toujours, pour moi, d’une fervente actualité.

    Allez joyeux, je vous envoie un immense sourire qui vous regarde tel(le) que vous êtes dans toute votre beauté !

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    J’ai attendu le train tellement longtemps que j’ai cru qu’il n’allait jamais venir. En montant enfin dans la rame que je croyais vide, j’ai été surprise par un homme plié en deux sur une vieille banquette en skaï orange. Il serrait ses jambes contre sa poitrine pour cacher ses larmes et son visage bouffi. Il était parcouru de sanglots. Je ne pouvais lui offrir qu’un regard doux ; j’aurais voulu le soigner rien qu’en le touchant des yeux. Je me suis installée à distance raisonnable, la seule qui permette l’apprivoisement. Pas trop près pour ne pas l’effrayer, pas trop loin pour qu’il perçoive ma proximité discrète. Et pendant tout le trajet, je n’ai pas cessé de prendre soin de lui en l’enveloppant du regard. De temps en temps, l’homme aux yeux rouges sortait les yeux de sa caverne et m’offrait sa tristesse. Alors je redoublais de compassion. Je me suis courbée vers lui, les deux mains jointes dans une sorte de prière silencieuse. Je ne bougeais pas. J’étais captivée par cet homme en sanglots. Puis ma station est arrivée et je me suis levée. Je lui ai tendu les mains, pas pour qu’il les saisisse, mais seulement pour les lui offrir, et puis je lui ai dit quelques mots. Il m’a souri, et je lui ai offert mon plus beau regard de paix. Bizarrement, à cet instant, ce n’est pas lui, mais moi qui étais en train de guérir de quelque chose. J’ai pris sa peine, il a pris la mienne, et nous avons laissé le sac de douleur fondre dans le crissement des roues du train sur les rails.

    (ceux qui voudraient lire la début et la fin pourront trouver « Marie-Kerguelen » ici ou ailleurs)

    Illustration: Claudia Tremblay

    24 Déc
    24 Déc
  • Noël arrive, voilà l’occasion de partager des livres, des textes,…

    23 Déc
    23 Déc
  • Je vais vous dire quelque chose qui vous étonnera peut-être : j’aime bien le chaos, il suscite en moi une sorte d’excitation comme les illuminations des villes le soir de Noël. Je n’aime pourtant ni les disputes, ni la violence, ni les cris, mais le chaos, quand il est léger, résonne en moi comme une invitation à imaginer que quelque chose de bon et de beau est à construire ou à venir. En quelque sorte je le vis comme les contractions pendant l’accouchement : une ouverture du cœur et du corps qui prépare la naissance.

    Toute crise personnelle est un point de bascule

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parents Un certain degré de chaos, d’incertitude, d’inconnu, c’est un peu comme une brise après deux jours pleins de canicule. C’est le mouvement de la vie qui nous traverse, la perspective d’un nouveau champ de possibles qui s’ouvre, d’une nouvelle façon de voir le monde et de l’habiter qui se révèle. Tout le contraire de la stagnation et de la mort.

    J’aime sortir des cadres de référence, imaginer d’autres angles de vue qui sont autant de voies nouvelles pour expérimenter la vie, et je préfère la liberté et l’authenticité à la sécurité et au confort. Alors les périodes de chaos, je ne les cherche pas, mais elles ne me font pas vraiment paniquer a priori.

    Pourtant des crises, j’en ai connues. Mais justement. Je sais, pour avoir traversé un certain nombre d’épreuves depuis ma plus tendre enfance, que j’ai en moi et autour de moi des ressources pour passer à l’étape suivante sans y laisser ma peau ou mon âme. J’ai grandi, j’ai bien plus de pouvoir sur ma vie qu’à six ans et demi. De toutes façons, la vie n’est une autoroute pour personne, et elle serait bien monotone si elle l’était. Des crises, nous en traversons tous. Je ne crois donc pas, vous m’avez compris, qu’elles ne sont qu’un mauvais moment à passer, comme le disent de nombreux parents en parlant de leurs adolescents à fleur de peau. Je crois qu’elles représentent au contraire une formidable opportunité de renaissance qui appelle toute notre attention et notre clairvoyance.

    Nos vulnérabilités et nos élans profonds sont nos forces

    L’adolescence est une sorte de mue, les séparations sont autant d’occasions de transformation. Il ne s’agit pas de changer pour changer, mais d’aller chaque fois un peu plus profondément vers soi et vers les autres, il s’agit de se trouver, de prendre avec nous tout ce qui peut nous être utile et de nous défaire de tout ce qui ne l’est plus pour poursuivre notre voyage, avec de nouveaux compagnons.

    La majorité de mes amis a mon âge, une jeune quarantaine. Et pour la plupart d’entre nous, quelque chose a changé ces dernières années, comme si nous avions rebattu toutes les cartes de notre jeu, même si nous étions déjà bien à l’écoute de nos intuitions et de notre vie intérieure. 40 ans a été pour nous un point de bascule, l’occasion d’un nouveau saut joyeux ou inquiet (parfois les deux à la fois) vers l’inconnu.

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gioia albano parents à parents A 30 ans, je me suis embarquée dans la maternité corps et âme, comme dans tout ce que j’entreprends, mais là, avec une intensité dont je n’avais jamais fait l’expérience auparavant. J’ai eu la sensation de renaître à chaque accouchement, même le jour où le bébé que je portais est décédé. En accompagnant mes enfants au plus près de ce qu’ils étaient, j’ai naturellement été invitée à faire le même chemin vers moi même. A un moment, je crus même m’être pleinement trouvée. Je savais pourtant bien que dans ce domaine, rien n’est fini tant qu’on est vivant.

    La maternité m’a fait développer des capacités physiques que je n’imaginais pas possibles : trouver le moyen de dormir et de me régénérer tout en étant réveillée toutes les quinze minutes ou en restant assise toute la nuit, travailler tout en étant présente pour mes enfants, passer sans cesse d’une chose à l’autre sans rien oublier,…

    J’ai également développé des qualités d’écoute, d’empathie encore plus fortes, une compréhension du langage non verbal que je n’avais pas imaginée et qui me sert dans bien des situations.

    J’ai eu l’opportunité de mettre pleinement à profit mon hypersensibilité : j’ai vu à quel point elle me permettait notamment de percevoir les « signaux faibles », ces petits indices à peine identifiables et souvent inaccessibles au raisonnement, qui nous ont évité bien des soucis et nous ont permis de vivre bien des joies. Cette forme d’anticipation m’est précieuse, elle permet aussi de voir les crises venir avant de les prendre de plein fouet.

    J’ai décuplé ma capacité à aimer. Je n’ai pourtant jamais rien négocié avec la vie, j’ai toujours aimé de tout mon cœur, sans jamais me protéger, mais je vois bien que cette capacité à donner, à aimer les êtres dans leur plus grande profondeur quoi qu’il advienne, sans chercher à les changer, a encore augmenté, et je le dois sans doute à mes enfants.

    Mais ce n’est pas tout. Avec mes enfants, avec ceux des autres, avec les adultes avec qui j’ai eu l’occasion de coopérer, j’ai expérimenté mille manières de vivre, de co-construire et de trouver des solutions paradoxales, étonnantes et réellement efficaces. Je suis sûre que vous aussi, si vous regardez un peu en arrière, non ?

    Ne pas choisir, ne rien sacrifier

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parentsComme d’autres jeunes mères, je n’ai pas choisi entre vie familiale et vie professionnelle. J’ai décidé de tout relier et de tout faire ensemble, contrairement à l’idée reçue qui professe la nécessité de cloisonner nos différentes sphères (familiale, sociale, professionnelle,…). J’ai souvent pensé à ma grand mère qui avait sacrifié ses projets de carrière à l’entretien de sa famille et à la génération de nos mères qui, pour réussir professionnellement, avaient peu savouré leur maternité.

    Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin d’être en tension entre la femme et la mère. Nous pouvons tout être à la fois.

    De mon expérience, l’allaitement n’enlève rien au désir ni aux capacités psychiques, et la grossesse non plus. Au contraire, c’est comme si tous ces élans d’amour se rejoignaient pour s’intensifier les uns les autres.

    Il peut aussi y avoir un temps pour tout, et nous pouvons nous épanouir dans toutes nos dimensions. Je suis pleine de gratitude quand je réalise à quel point nous sommes chanceuses.

    Mais voilà, rien n’est jamais définitif et un jour, cet équilibre presque parfait qui avait été le mien pendant huit ans ne m’a plus du tout convenu. J’avais un job qui m’intéressait vraiment (j’en avais même plusieurs), je ne perdais pas de temps en transport, je travaillais de chez moi la plupart du temps, je pouvais choisir quand et où faire mon travail, je pouvais aller courir, jouer du piano ou du violoncelle, poursuivre mon roman en cours, garder un enfant malade ou fatigué à la maison et voir des amis ou des expositions en plein milieu de l’après midi, quand tout le monde est au boulot (une chance que je savoure et qui m’a longtemps donné la sensation d’être vivante). À toute heure du jour ou de la nuit, ou presque, j’étais disponible pour les miens.

    Mais du coup, je travaillais souvent seule, et début septembre, quand mon petit dernier est rentré à l’école, dans le même environnement joyeux que ses deux aînés, j’ai ressenti le besoin impérieux de tout changer. Enfin pas tout à fait tout, mais mes priorités, ma disponibilité, mes ambitions, mon positionnement au service des autres, et même mon métier. Une part de moi se réveillait et semait un tel chaos que je n’étais plus sûre de rien.

    J’ai ressenti le besoin de revisiter tout mon passé, comme si j’avais laissé des miettes, des morceaux de moi un peu partout.

    Il m’a semblé que mon regard s’élargissait soudain de manière extraordinaire. Mes sources d’intérêt également. Je me suis mise à dévorer les livres de philosophie que j’avais mis de côté quelques années plus tôt et ce qui m’avait paru essentiel pendant une décennie me sembla soudain juste important ou intéressant, mais sans plus. J’ai eu la sensation d’être à un point culminant (même si je pense que nous en avons plusieurs). J’avais bien plus de connaissance de moi, de la vie et des autres qu’à vingt ans, je n’avais pas encore l’impression d’avoir perdu en capacité physique, j’étais pleine d’une énergie incroyable, mes intuitions étaient plus fortes que jamais. La vie tambourinait à l’intérieur. Alors j’ai écouté, je me suis écoutée comme j’avais appris à le faire avec mes enfants. Et j’ai beaucoup appris en écoutant mes amies.

    Élargir le champ et prendre conscience du chaos intérieur

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parents L’une me racontait comme elle avait senti son intérêt pour le monde autour d’elle s’élargir progressivement quand ses enfants ont eu 8 ou 10 ans. « Au début toute ma vie était centrée sur eux, puis ca s’est élargi, élargi, élargi, comme un mouvement en spirale qui part du centre et qui se consolide au fil du temps », se souvient cette maman de deux adolescents.

    Elle sentait physiquement sa sortie du monde maternel avec tous les gestes qui s’enchaînent dans le soin d’une tout petit : le corps qui berce dès qu’il est debout, la tête qui se penche pour embrasser, les bras qui s’ouvrent pour accueillir… Isabelle a mis ses mots sur ces périodes de mue qui sont des crise mais pas seulement : ce sont des points de bascule que nous vivons autant physiquement que psychiquement, analyse-t-elle.

    C’est toute notre vie qui s’en trouve renouvelée. Tout doit être remanié, reconsidéré, réorganisé.

    « Le changement n’est pas seulement dans nos têtes, il est aussi dans nos corps« , avertit isabelle. Et c’est aussi vrai quand les enfants quittent le foyer parental à l’âge adulte. Leur départ crée un vide physique, énergétique. Deux femmes pourtant très conscientes de ce qu’elles vivaient n’arrivaient pas à faire des courses pour elles seules, se souvient elle par exemple. Ce n’est pas seulement leur vie pratique, mais toute leur vie intérieure, toute leur existence qu’elles sentaient qu’elles devaient réaménager face au départ pourtant bien accepté de leurs enfants.

    Suivre son intuition et prendre soin de soi

    Pour Raphaëlle, la crise était un phénomène étranger jusqu’à ce qu’après vingt ans de mariage, à 44 ans, elle réalise soudain qu’elle se sentait trop en décalage avec son conjoint pour pouvoir poursuivre la route avec lui. Ce constat n’a pas, d’abord, été le fruit d’une réflexion, il s’est imposé à elle.

    Cette idée tombée du ciel comme une vérité certaine s’est accompagnée d’une telle sensation de plénitude, a réveillé en elle un tel élan vital qu’elle n’a pas pu reculer, faire comme si de rien était.

    Elle trouve aujourd’hui la force d’organiser sa séparation avec beaucoup de tendresse et de respect, pour détruire le moins possible sans rien sacrifier. Elle sait que ce ne sera ni facile ni confortable, mais sa décision est le fruit d’un tel mouvement de vérité intérieure qu’elle le traverse avec confiance, une confiance qu’elle n’avait jamais ressentie auparavant.

    Il ne s’agit pas d’une crise qui signerait une rupture de survie, mais plutôt d’un point de bascule qui prépare une vie nouvelle, plus vraie, plus profonde et plus authentique que jamais.

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie yoann lambert parents à parents Pour Anna, les crises font partie de sa vie depuis toujours. Dans le sillage d’une rupture amoureuse avec l’homme avec qui elle rêvait d’avoir un enfant, elle a perdu son travail et son domicile. N’ayant plus rien à quoi se raccrocher, elle a amassé ses affaires dans le garage d’une amie et s’est assise par terre à côté de ses valises pour réfléchir. Elle s’est alors mise au défi : « tu bougeras de là quand tu sauras ce que tu veux faire ». Elle est restée ainsi trois jours, ne se levant que pour boire et faire pipi.

    Au troisième jour, une idée émergea en elle d’une profondeur indéfinissable, elle sut quoi entreprendre et partit. Depuis, elle a trouvé d’autres modalités moins éprouvantes pour traverser ses crises, elle sait que la beauté la régénère, la réconforte et la rééquilibre, elle sait qu’un bain chaud lui offre un soutien réparateur, et elle n’a pas peur : quelque part en elle, elle sait qu’elle ne manquera jamais de rien, que la crise est pour elle un appel à la transformation et qu’elle fait partie de sa vie.

    Aller chercher de l’aide à l’extérieur

    La dernière crise de Morgane a eu lieu il y a huit ans, quand elle a eu soixante ans. Elle se retrouvait retraitée après une vie de formatrice et de comédienne qui la remplissait d’autant plus qu’elle vivait seule et n’avait pas eu d’enfants. C’est l’idée qu’elle se faisait de la retraite qui lui faisait le plus de mal. Elle s’imaginait une période ennuyeuse à mourir, qui la verrait se dégrader de plus en plus en attendant la mort. Elle était effrayée par les statistiques qu’elle lisait sur la santé des retraités.

    A cette sensation de vide et d’inutilité s’ajoutait une peur légitime de l’avenir : sa retraite ne lui permettrait pas de payer un loyer suffisant et elle n’avait pas l’apport nécessaire pour acheter. Morgane eut peur de la pauvreté. C’est en travaillant sur elle et en se faisant aider qu’elle a trouvé ses solutionsun bon thérapeute l’a aidée à se débarrasser de ses images négatives, une amie l’a aidée à trouver un beau petit appartement et son frère a contribué à son financement. Enfin, le temps lui a montré que la retraite, ce n’est plus ce que c’était. Elle n’avait pas à choisir entre retraite et activité, elle pouvait percevoir une petite retraite et continuer à exercer un métier.

    Depuis, elle est en pleine activité professionnelle et en pleine expertise. Elle a de plus en plus de belles choses à transmettre, et jamais, en la voyant, vous ne lui donneriez son âge. La crise de la soixantaine l’a rajeunie.

     
    traverser les crises réussir sa vie Gille Levrier Parents à ParentsMême s’il semble que certaines périodes de la vie se prêtent plus particulièrement aux crises, chacun vit les siennes à sa manière et fonction de son identité, de son parcours et de ses besoins. Mais dans tous les cas, il me semble qu’on peut les voir non pas comme des problèmes à régler, mais comme d’incroyables opportunités à saisir, avec le cœur ouvert et les yeux émerveillés d’un enfant qui se demande quel cadeau il va découvrir devant le sapin. Et cette ouverture là a sans doute une importance fondamentale sur la façon dont nous allons pouvoir gérer, traverser des périodes chaotiques pour aller chaque fois davantage là où notre cœur nous porte, là où le plus profond et le plus vivant de nous nous entraîne.

    C’est tout le bien que je vous souhaite, en cette période un peu chaotique pour tous, quel que soit notre âge et quelle que soit notre vie. C’est l’occasion d’y prendre notre part, de ne rien laisser faire qui ne nous convienne, et de construire le monde dans lequel nous avons envie de vivre en y mettant tout notre amour et tous nos talents.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Illustrations : photo à la une Gilles Levrier, puis tableau Gioia Albano puis photos de mer Gilles Levrier, photo d’accro-branches Yoann Lambert, photo d’entrée au spectacle Gilles Levrier.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    21 Déc
    21 Déc
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    Le rituel de la lecture du soir avant de s’endormir n’est pas un impératif, mais c’est souvent un très bon moment à partager avec son ou ses enfants. Voici une sélection de belles lectures concoctées avec Sophie, libraire passionnée d’enfance à la Librairie Honoré, à Champigny sur Marne (2).

     

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    Le calme de la nuit – Virginie Aladjidi – Caroline Pellissier – Emmanuelle Tchoukriel – éditions thierry Magnier
    – 13,5 euros – 2012
    Un très beau petit livre en quatre couleurs. Les feuilles sont très agréables au toucher, les couleurs apaisantes résonnent déjà comme un appel au sommeil et à la sérénité, le texte à la fois simple et poétique enveloppe le lecteur dans un cocon de douceur.. Aux derniers mots du livre, notre petit, blotti contre nous, s’endort doucement… « Moi, je suis près de toi du coucher du soleil au soleil levant pendant que tu dors, mon trésor ». Et nous de rester là encore un instant, à savourer ce bonheur si simple et précieux.


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    Réveillés les premréveillés les premiers livres pour bien dormir parents à parentsiers – Komako Sakaï – l’école des loisirs 2013 – 12,70 euros
    Un livre dont le dessin et le tracé disent bien la nuit qui n’est pas finie. Anna se réveille en pleine nuit, le chat l’accompagne dans sa petite balade nocturne, les deux compères chipent de quoi grignoter, observent la nuit par la fenêtre, la petite fille en profite pour utiliser les précieux objets de sa grande sœur avant de se rendormir tout contre elle, au moment où le jour se lève. Une tendre histoire qui nous a touchés : il est si souvent arrivé qu’au réveil, nous retrouvions l’une de nos filles lovée tout près de sa sœur, de son frère ou du chat !

     

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    mais que veut donc bébé livres pour bien dormir parents à parentsMais que veut donc bébé ? Phyllis Root, Jill Barton kaléidoscope l’école des loisirs – janvier 2000 – 12,04 euros – Maman est fatiguée mais bébé n’a pas sommeil, alors la famille prend le relais pour laisser la jeune mère se reposer. Mais bébé pleure, chaque membre de la famille cherche ce qui pourra bien l’apaiser. Finalement, c’est le petit frère qui trouvera… Une très belle histoire aux couleurs pastel qu’on pourrait souhaiter de vivre à tous les parents épuisés et à leur bébé !

     

     

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    Nina et les oreillers livres pour bien dormir parents à parents
    Nina et les oreillers – Maylis de Kerangal – Alexandra Pichard
    – Hélium Editions 2011 -14,90 euros
    Avec son nouvel oreiller, Nina se met à faire des rêves extraordinaires. Forte de cette belle expérience, elle emprunte les oreillers des autres et pénètre leurs rêves… Un grand livre au format original qui donne envie d’aller se coucher pour partir à l’aventure !

     

     

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    louise et l'orage lecture pour bien dormir parents à parentsLouise et l’orage. Vilma Costetti et Monica Rinaldini, éditions Esserci -2006 – C’est la nuit, l’orage gronde et Louise a peur. Plutôt que de réveiller ses parents, Louise cherche des stratégies pour se rassurer. Un petit livre que les enfants aiment beaucoup, librement inspiré de la communication non violente. (1)

     

     

    partager le sommeil de son enfant bien dormir parents à parents
    Partager le sommeil de son enfant– Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau
    avec la préface d’Edwige Antier, jouvence éditions, 2006, 4,90 euros. Un petit livre plein de témoignages qui aborde la réalité du sommeil des bébés, les avantages du sommeil partagé, pratiqué dans le monde entier depuis nos origines, ainsi que les précautions à prendre.

     

     

     

    Retrouver le sommeil bien dormir parents à parentsLe petit livre des huiles essentielles retrouver le sommeil – Guillaume Gérault – Albin Michel – février 2010 – 4.90 euros
    Un excellent petit livre sur les huiles essentielles pour retrouver un sommeil paisible et réparateur en fonction de notre situation (préoccupations, peurs, mauvaise digestion, femme enceinte, bébé, enfant,…). Des éléments précis pour bien utiliser les huiles essentielles. A mettre entre toutes les mains.

     

     

    (1) livre à commander sur NVA ou NCV-Europe par exemple.

    Librairie Honore(2) voir aussi la page Facebook de la Librairie Honoré

     

     

     

     

    La suite est ici :

    Parents à Parents livre numérique Regards croisés sur le sommeil

    18 Déc
    18 Déc
  • Courir, ce n’est pas forcément une fuite en avant. Nous avons tous de bonnes raisons de courir : réussir à concilier les mille impératifs de nos vies, attraper un train, tenter de rattraper un temps que nous croyons perdu, … Et c’est alors, souvent, d’une course un peu forcée qu’il s’agit.
    Nous pouvons aussi courir vers ceux que nous aimons, ou vers nous-mêmes. Retrouver le contact avec notre corps, c’est pour ça que Marie s’est mise à courir.

    Me réapproprier mon corps

    Après trois grossesses, deux jumeaux, elle a eu besoin se réapproprier son corps. La course à pied lui a semblé être le sport le plus facile et le plus accessible (elle pouvait courir juste à côté de chez elle, sans prendre rendez-vous avec quiconque, en pratiquant tout simplement dès que c’était possible), le moins coûteux (une bonne paire de baskets et un short suffisent), tout en étant d’un excellent rapport temps/dépense énergétique : pour générer la même fatigue physique à vélo, elle aurait eu besoin de trois fois plus de temps. Marie s’est donc mise à courir un petit peu vers 39 ans, puis de plus en plus. Elle était fière de pouvoir remettre les vêtements qu’elle portait avant ses grossesses, et beaucoup plus à l’aise dans son corps. A 42 ans, elle a même réussi à courir son âge en kilomètres en réussissant le marathon de Bordeaux. J’étais admirative qu’une telle performance soit possible à 40 ans alors qu’elle ne courait pas si souvent que ça !

    élan courir berger australien parents à parents Son expérience m’a inspirée : j’habite à côté d’une rivière magnifique, le terrain est relativement plat et facile, j’y suis à deux minutes à pied. J’ai décidé courir après ce besoin de me recentrer intérieurement après m’être beaucoup donnée à mes enfants aussi bien physiquement que psychologiquement au cours de mes grossesses et de mes longues années d’allaitement.

    J’avais couru un tout petit peu avec mon compagnon pour préparer un trek en haute montagne, il y a plus de dix ans, et je n’avais pas du tout aimé ça. Mais courir seule, au bord de l’eau, j’ai tout suite adoré : me sentir ainsi respirer en observant les cygnes surgir des flots ou bondir dans l’eau, en découvrant les martin pêcheurs se glisser entre les branches des saules pleureurs pendant que le soleil inondait le ciel, …. J’ai assisté à des aurores magnifiques et des couchers de soleil enivrants et je suis même parfois tombée à force de regarder le ciel plutôt que le sol !
    Puis j’ai eu l’occasion d’adopter un chien et j’ai encore mieux aimé courir. Ce berger australien déborde d’une vitalité contagieuse qui pousse à courir à son tour vers la part la plus vibrante de soi. Depuis qu’il est là, j’ai rarement manqué d’énergie pour sortir !

    Réfléchir, méditer, innover

    pourquoi je cours Mireille josselin parents à parentsJ’ai réalisé au fil du temps que la course, même à petites foulées, même pas très longtemps, m’apportait de nombreux bénéfices secondaires : c’est en courant que j’ai le plus d’idées, que je trouve à des évènements disparates et à un faisceau de causes déconcertant un sens nouveau, c’est en courant que je suis le plus inspirée et qu’en même temps, mon cerveau en perpétuelle ébullition s’apaise un peu en se mettant au rythme de ma respiration.

    Certaines personnes méditent assises et ça leur fait un bien fou. Tant mieux ! J’ai tenté l’expérience plusieurs fois, mais j’avais l’impression de décoller complétement. Il semble que la marche et la course offrent à mes réflexions sans limite un cadre pour ne pas se perdre totalement.

    Mais la course a encore un autre bénéfice : comme pendant ces moments privilégiés, je vais à mon rythme, je peux bien plus m’adapter à celui des autres le reste du temps. Je mets encore moins de pression à mes enfants et écoute mieux leur rythme à eux. Un peu comme Adèle, c’est ma façon de sentir ma liberté d’être mère en mouvement !
    Et vous, comment vous faites pour vous retrouver, pour méditer, pour rêver ?

    En pratique

    Attention à choisir une paire de chaussures adaptée. J’ai commencé à courir avec une vieille paire de baskets, que je trainais depuis au moins dix ans et qui n’était pas du tout adaptée à la course à pied. Résultat, au bout de deux mois je me suis abîmée le tendon d’Achille en me faisant une bursite. Un demi talon pendant trois semaines et une nouvelle paire de chaussures adaptée ont suffi à tout faire rentrer dans l’ordre mais autant éviter !
    Pour choisir une paire de chaussures adaptée, il faut

    • Connaître le type de terrain sur lequel vous vous engagez : route, chemin de terre, trail,..
    • Connaître votre type de foulée : en observant les zones d’usure de vos chaussures habituelles, vous verrez si vous avez une foulée « universelle » (qui concerne plus de la moitié des coureurs), pronatrice (mouvement de pied vers l’intérieur, 40% de coureurs) ou supinatrice (appui sur l’extérieur du pied, 10% des coureurs). Il est alors possible de choisir un type de chaussures adaptée à votre foulée ou d’opter pour une chaussure universelle en ajoutant une semelle compensatrice.

    Une amie kiné conseille de choisir des chaussures universelles et de travailler sur la foulée pour ne pas augmenter les compensations, l’idéal étant d’adopter une foulée la plus homogène possible.

    Illustrations : Mireille Josselin

    30 Nov
    30 Nov
  • coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsCoralie a un talent fou pour révéler l’ombre et la lumière, les blessures et la joie. Ses photos m’ont tellement touchée que j’ai eu envie de savoir qui se cachait derrière l‘objectif. Comme Coralie écrit aussi, nous vous offrons le fruit de notre échange à deux voix. Vous allez voir que Coralie est une jeune femme qui sait déjà bien ce qu’elle veut et où elle va et qui s’en va joyeuse, partout où son art peut lutter contre les violences de la vie, et tout particulièrement contre celles faites aux enfants.

    Ces violences là, celles qu’on minimise, celles qu’on banalise, celles qui rétrécissent l’âme, rabougrissent l’estime de soi et nous préparent à accepter l’inacceptable si nous n’en prenons garde, elle les connaît si bien, pour les avoir vécues elle-même, qu’elle les reconnaît intuitivement chez les autres. Mais « ça prend un temps fou de soigner ses blessures », observe-t-elle. Alors aider les enfants avant qu’ils ne soient adultes, faire prendre conscience aux adultes de leur influence sur le devenir des enfants, pour Coralie, c’est plus qu’un travail, c’est une mission.

    Avec reconnaissance

    coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsC’est avec confiance et une grande sensibilité que Gaëlle m’a invitée à m’exprimer sur un site bienveillant, qu’elle orchestre merveilleusement. Je fête mes 29 ans en ce milieu du mois de novembre et, parce que je suis avant tout une auteur, c’est un vrai cadeau de mêler mon écriture à la sienne. Les projets artistiques évoqués ici, sources de belles rencontres, me remplissent d’amour et j’imagine toujours qu’à un moment, ça débordera tellement d’amour que je serai capable de mener le projet le plus passionnant : être maman ! Écrire sur le site « parentsaparents » sans être « parent » est quelque peu ironique. Et pourtant ! C’est peut être l’occasion de tordre définitivement le cou à la phrase « on en reparlera quand tu sera maman! » Parce qu’être parent de l’enfant qu’on a été, l’écouter et prendre soin de lui au quotidien, c’est déjà assurément être parent!

    La violence éducative : un constat

    Coralie : La fois où j’ai demandé aux enfants  » Qui a déjà reçu des coups? », 31 mains d’une salle de classe se sont levées ! L’un d’entre eux a ajouté « maman m’a tapé mais je l’avais mérité » je lui ai dis  » tu avais fais quoi? Il m’a répondu « j’avais cassé un vase. Mais je ne l’avais pas fais exprès! « 
    Quelle leçon les enfants peuvent tirer de cela? Les enfants ne sont pas la goutte qui fait déborder nos vases. Ce sont nos frustrations, nos tensions, qui engendrent la violence et les enfants le payent cher, trop cher ! Thomas Ansembourg disait que c’est « un génocide quotidien qui n’est pas dans les journaux! »
    Il convient alors de balayer un peu devant nos portes, de ne pas photocopier bêtement l’éducation reçue, d’apprendre à faire autrement. Une éducation malmenée ou inconsciente peut entrainer de nombreux dégâts, une fois adulte, sur la vie quotidienne, les relations, les capacités et les rêves. Pour beaucoup c’est inscrit et « c’est comme ça » ! C’est une idée contre laquelle je me suis battue, dans des séries photographiques telles que « Troubleuses » ou « Tête d’affiche » et contre laquelle je me bats encore à travers la série « Les enfants fichus », exposée en mai 2016 au Carré d’Art de Chartres de Bretagne. Mais aussi dans l’écriture du livre que je viens de terminer  » Arrête de faire ton intéressante! »  et dans l’écriture d’une comédie musicale « On a tous besoin d’être touchés » que je mettrai en scène l’année prochaine. Choisir les bons mots, au plus juste de sa pensée, comme si on l’habillait, faire rimer les phrases comme une mélodie, entendre d’autres voix murmurer ses tirades, trouver la bonne replique, choisir le bon cadrage, la bonne expression, ajuster la lumière, ajouter du son, quelques etincelles ou confettis, denicher des decors, des costumes, trouver la bonne matière…plume, crépon, coton, carton…mettre en scène, c’est plus qu’un combat, c’est une vrai source de joie.

    Libérée de son enfance

    coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsGaëlle : La plupart des enfances ne sont pas seulement faites de plaisirs, de câlins, d’insouciance et de joie. Elles sont aussi pleines de frustrations, d’injustice, d’incompréhension, de manques, de souffrances et de traumatismes plus ou moins grands. L’indifférence de nos parents, trop occupés, dépressifs ou incapables de voir nos besoins parce qu’eux-mêmes n’avaient pas été écoutés dans les leurs ; la violence de nos parents, qui, physiquement et/ou psychologiquement, ont déversé sur nous tout ce qui débordait chez eux, parce qu’ils avaient appris à décharger leurs émotions sur plus petit et plus fragile qu’eux-mêmes au lieu de faire l’inverse : se décharger sur un plus solide qui aurait pu accueillir sans s’en trouver détruit … Ces violences peuvent aller très loin, on le voit sur ces « enfants fichus » notamment. Heureusement que la plupart des enfants ont une aptitude naturelle à la joie et à l’optimisme, sinon ils ne survivraient pas à leur propre enfance !

    Coralie : J’ai de moi des images d’enfant : je me revois dans un coin de ma chambre, au fond d’une salle de classe ou au fond de la campagne. J’ai du me battre contre le formatage, contre les idées reçues, contre le principe de silence, contre l’idée d‘associer la vie à la souffrance et contre la violence aussi. Se défaire d’une vision familiale et aussi sociétale demande de la force et de l’endurance. Je connais la difficulté de la réparation. J’imagine que c’est cette conscience qui confère à mon travail et mon témoignage son importance.
    G. : Travailler avec des enfants, être parents nous pousse à une exigence : revenir sur notre enfance, sur l’enfant que nous avons été, pour ne pas reproduire la violence de génération en génération. Les enfants sont d’incroyables miroirs, ils peuvent nous faire grandir de manière impressionnante si nous attrapons les perches qu’ils nous lancent sans cesse. Mon ainée est particulièrement douée pour me montrer tout ce qui achoppe chez moi, et elle le fait avec un certain tact finalement. Je ne prétends pas empêcher toute forme de souffrance, de frustration, d’incompréhension, mais je peux éviter le pire ; je crois fermement que nous, en tant que parents, avons dans les mains un pouvoir incroyable car il suffit qu’une seule génération cesse de reproduire la violence reçue dans l’enfance pour qu’elle s’arrête enfin, car toutes les études le montrent : l’enfant est naturellement empathique et altruiste . Un enfant qui n’est pas tapé ne frappera pas ses propres enfants, un enfant qui n’est pas humilié n’humiliera pas les siens quand il sera adulte. Je crois comme Coralie qu’il est grand temps de revoir toutes les croyances et théories contraires, qui n’ont jamais été prouvées et forment des écrans dans nos relations.

    Un métier sur mesure

    G. Au sein de Parents à Parents, nous avons déjà interviewé des personnes qui vivent leur vie en s’épanouissant pleinement. Leur exemple est stimulant, inspirant, il nous donne envie de chercher en nous ce qui nous conviendrait vraiment, ce qui nous permettrait de nous réaliser pleinement. A 29 ans, Coralie en est déjà là.
    coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsC. Mon métier, je le taille sur mesure, avec mes propres envies et mes propre limites. Il commence à me ressembler, il est optimiste et engagé, sensible et spontané. J’ai une grande liberté dans mes projets et je gère mon temps. Je tente de ne pas m’en imposer plus que nécessaire. Je m’amuse beaucoup aussi ; à vrai dire,  je ne conçois pas le travail autrement que dans une certaine forme d’engagement et d’amusement.
    S’engager dans son art c’est jouissif. C’est lier l’utile à l’agréable, avoir la sensation de faire partie de ce monde et d’avoir quelque chose à y faire. S’engager c’est aussi s’exposer à la critique, à des personnes qui ont peur d’y regarder de plus près – Et il y en a beaucoup! C’est parfois décourageant. Mais alors je repense à cette héroïne suédoise, « fifi brindacier », avec ses cheveux roux tressé et ses taches de rousseur; de son insolence et son audace ! Et je me dis que c’est un devoir de changer ce qui peut l’être, de lutter contre l’ignorance qui engendre et perpétue la violence.
    Fifi brindacier est le personnage principal d’une série de romans pour enfants écrits à partir de 1945 par l’auteur suédoise Astrid Lindgren. Le personnage de Fifi a contribué à lutter contre les représentations stéréotypées et sexistes des enfants dans les livres pour la jeunesse. Les quatre premiers romans de cette série ont été adaptés pour la télévision  et Fifi Brindacier existe également en dessin animé.

    « Les enfants fichus »

    C. Le projet « Les enfants fichus » réunit tout ce que je suis et qui me tient à cœur actuellement . C’est un abécédaire photographique qui met en scène des enfants en danger. Un abécédaire qui interroge les limites entre rêve et réalité, entre documentaire et mise en scène, entre fatalité et optimisme. Mon intention est de mettre en lumière des enfants dont on ne parle pas ou très peu, qui ont perdu leur dignité, leur intégrité, leur élan vital, quelque part dans l’enfance. Et de souligner la force qu’il leur faut pour survivre aux coups tant physiques que psychologiques. Je m’appuie pour cela sur mon ressenti, sur celui d’enfants que j’implique dans le processus de création. Et sur des techniques  d’éclairages, de scénographie, des éléments de décors et de costumes.

    Un contexte

    les enfants fichus coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsC. Mon  travail se situe dans un contexte ou la France a été condamnée par le conseil européen des droits de l’homme pour ne pas avoir interdit gifles et fessés à l’égard de ses enfants. Je crois fermement qu’une loi contre les châtiments corporels, comme elle existe dans de nombreux pays voisins, pourrait sauver des centaines d’enfants chaque année en France.
    Je tente d’interpeller, avec mes moyens, les politiques de Rennes, ville dans laquelle je vis. Avec le désir qu’une « charte de la bientraitance » puisse être signée, afin de prendre davantage au sérieux le statut de l’enfant.

    Mais je pense aussi que le changement vient davantage de personnes et d’artistes engagées que d’hommes politiques. C’est la raison pour laquelle j’ai invité des écrivains, des réalisateurs, des artistes, des psychologues à écrire une lettre à l’attention de ces « enfants fichus ».
    J’en ai reçu des États unis, de la Finlande, du Maroc, du Canada, de la Suisse, de France, de Belgique, de Suède… Des lettres bouleversantes d’optimisme et de poésie et riches d’expériences, présentées lors de l’exposition. Cela a donné lieu à des voyages : en Suisse, chez une écrivain qui écrit actuellement un livre sur le développement de l’enfant et, en Suède, à la rencontre d’une talentueuse réalisatrice dont l’engagement m’a conforté.

    Développer la conscience de ses émotions dans l’art

    C. Je porte en moi la conviction que les émotions sont la base de tout : à la base de la création, à la base de relations solide, à la base d’une connaissance de soi profonde. La conscience de ses émotions, leur expression, leur acception c’est essentiel dans l’éducation des enfants ! Dans chaque projet que je mène auprès d’eux, notamment en milieu scolaire, je véhicule ce message, en espérant que les enfants prennent conscience de l’étendue de leurs possibilités, de leurs capacités, et de leur beauté.

    coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsCertains se trouvent moches sur les photographies, ils ont une estime d’eux très faible. En tant qu’intervenante, je me sens parfois impuissante vis à vis des messages dévalorisants qui les inondent dans leurs propres foyers – des foyers qui sont pourtant censés les protéger et les aider à affronter le monde extérieur! C’est un gâchis sans nom ! Il y a tellement à faire pour changer de regard sur les enfants. C’est ce qui m’a motivé à créer une page facebook positive et rempli de belles idées  « lumière sur la non violence éducative ».

    G. Merci de tout cœur à toi Coralie, pour tout ce que tu entreprends, réalises et partages. Nous continuerons à suivre tes projets, tu nous as offert la possibilité d’utiliser tes œuvres pour illustrer nos articles, comme ici, et nous t’en sommes très reconnaissants. Sans doute aussi, nous mènerons d’autres projets ensemble …. A suivre donc ! Et belle route d’ici là.

    Illustrations : photos Coralie Salaün

    Pour en savoir plus

    Le site de Coralie Salaün

    Deux documentaires:

    Contre la Violence Educative Ordinaire Marion Cuerq pour Parents à Parents

    Celui de Marion Cuerq «  Si j’aurais su je serais né en Suède »
    Et celui de Zana Briski « Camera Kids »

    Le film de Peter Docter, Vice et Versa

     

     

     

     

     

    Un livre pour enfla puissance des emotions Michelle Larivey parents à parentsants : Cécile Gabriel « Quelle émotion ?! »

    Et pour les grands: Michelle Larivey « La puissance des émotions »

     

     

    Coralie salaun est auteur et photographe. Elle écrit autant qu’elle photographie et mêle avec enthousiasme les deux médiums pour atteindre un équilibre au plus juste de ses émotions. Chacune de ses séries viennent rendre compte d’un travail de fond. Sur l’inconscient, l’intimité, la violence. Sur l’humanité, avec son lot de souffrance, de culpabilité et de nons dits… et d’amusement aussi. La mise en scène devient son terrain d’expression et l’appareil le témoin de performances ( décors, costumes, fumigènes, lumière…). L’art est son meilleur allié; pour se trouver, se libérer, se dépasser, exister et s’engager. Très engagée dans la défense des droits de l’enfant, elle mène également des projets pédagogiques et, actuellement, le projet « les enfants fichus ».

    13 Nov
    13 Nov
  • Confier son tout petit, son bambin ou son enfant à un tiers, ça n’est souvent pas facile, surtout quand c’est la toute première fois, mais de nombreux parents ne peuvent tout simplement pas faire autrement. Heureusement, un certain nombre de progrès ont été faits ces dernières décennies dans la prise en charge des bébés et des bambins, et il existe des lieux où ils peuvent vraiment se sentir bien. Pour vous en convaincre et plus encore pour vous donner des clés lors les moments où vous ferez vos choix, vous invitons ici à rencontrer avec six femmes formidables, animées d’une même urgence intérieure à accompagner les enfants vers le meilleur d’eux mêmes et dans les meilleures conditions possibles.
    Un jour ou l’autre, nous sommes presque tous confrontés à la nécessité de confier notre enfant à un tiers. Certains le font les larmes aux yeux, l’estomac noué, la peur au ventre ; ou bien s’en réjouissent autant qu’ils en souffrent, pris dans des sentiments mêlés et contradictoires. D’autres vivent cette première séparation de façon plus paisible, parce qu’ils ont attendu le moment où elle leur semblait à la fois possible et bénéfique, mais, surtout, qu’ils ont trouvé un lieu et des personnes qui leur ont donné l’intime conviction qu’on prendrait vraiment leur enfant en considération et que leur petit trouverait là un environnement et des êtres avec qui développer son plein potentiel sous les meilleurs auspices.

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    Coralie Salaün

    Car si je m’insurge contre tous les discours qui encensent la séparation mère-enfant comme un bienfait en soi alors qu’elle n’est, je crois, qu’une enième injonction culturelle, je constate qu’ils existent, ces lieux et ces êtres qui sont vraiment bons pour nos enfants. A Champigny sur marne, les six femmes que j’ai eu la chance de rencontrer et qui, par bonheur, travaillent en crèche, portent sur l’enfant un regard plein de bienveillance qu’elles transmettent autour d’elles, autant aux professionnels qu’aux parents : Brigitte et Annick, deux pionnières enthousiasmées par la démarche de Loczy, qui ont mis toute leur énergie au service des tout petits, se battant pour qu’on tienne compte de leurs besoins en priorité devant ceux des adultes et qu’on leur fasse une vraie place en collectivité ; Laurence et Sandrine, qui ont accompagné les enfants dans leurs détresses en foyer d’accueil d’urgence, en néonatalité et à l’hôpital ; Samira et Élodie, qui sont arrivées en crèche après s’être beaucoup interrogées sur la prise en charge des enfants, l’écoute et l’accueil qu’on leur réservait ailleurs, et qui ont senti leur place ici, au plus près des tout petits, là où elles pouvaient leur accorder toute l’écoute qui leur semblait nécessaire.

    Faire place à l’enfant

    faire place à l'enfant coralie salaun creche multi accueil parents à parentsEn France, l’enfant a longtemps été l’absent. Il a d’abord été celui qui, parce qu’il commençait par ne pas parler, n’avait rien à dire. « Et parce que tout ce qui ne pouvait se dire n’existait pas, il a fallu du travail pour arriver à ne pas voir dans l’enfance qu’un (mauvais ?) moment à passer », analyse Annick Joubert, qui a créé et ouvert les premières crèches de Champigny sur Marne en 1983. A l’époque, on n’anesthésiait pas les enfants opérés et de nombreux décideurs pensaient qu’aucune formation n’était nécessaire pour s’occuper de jeunes enfants. Prendre soin des enfants n’était même pas vraiment un travail, et c’était une occupation qui allait de soi. « Je n’avais alors aucune envie de travailler en crèche, se souvient Annick Joubert. On ne s’y occupait que des besoins des adultes ».

    La jeune femme avait assisté à des déjeuners épiques, au cours desquels les bébés étaient rassemblés à heure fixe pour qu’on leur donne à tous à manger en même temps. Et pour les nourrir tous simultanément, il n’y avait qu’un moyen : mettre à contribution tout le personnel de la structure, de la direction aux agents de ménage. « C’était la débandade, se souvient Annick : chaque adulte s’attribuait un bébé, celui qui lui plaisait, qu’elle avait envie de prendre dans les bras. A la fin du repas, il restait un bavoir propre. Un petit n’avait donc pas mangé. Mais lequel était-ce ? »
    Heureusement, le vent était en train de tourner : les travaux de Françoise Dolto sur les enfants et de Frédéric Leboyer sur la naissance commençaient à se démocratiser. Annick a alors découvert l’expérience d’Emi Pikler dans la pouponnière hongroise Loczy, dont elle s’est inspirée pour proposer la mise en place de conditions de travail qui allaient changer radicalement le mode de fonctionnement des lieux d’accueil des tout petits.
    « Il a fallu batailler, à l’intérieur des crèches comme avec les parents et les élus, pour faire porter haut le message de la place de l’enfant, avec deux éléments forts : d’une part, une référente pour cinq enfants avec qui pourraient se nouer des liens de confiance nécessaires et suffisants, et, d’autre part, une autre manière de parler aux enfants. Désormais, il s’agissait de considérer les tout-petits, dès leur plus jeune âge, comme de vrais sujets à qui tout ce qui les concernait pouvait et devait être verbalisé et qu’on devait prévenir pour qu’ils puissent anticiper toutes les situations » explique Annick. « Avant, changer une couche était considéré comme un acte dégradant, se souvient Brigitte Canta. Le jour où les auxiliaires m’ont vue changer un bébé en lui parlant et en lui expliquant « je vais enlever ta couche, tu es prêt, tu lèves ta jambe ? On va enlever ton boddy, tu veux tendre ton bras ?  Elles ont d’abord ri, elles devaient me prendre pour une demeurée, puis ça leur a semblé magique : les bébés traités ainsi restaient calmes et étaient capables de faire leur part bien au delà de ce qu’on avait imaginé : c’était incroyable ! »
    « Les tout-petits n’ont rien à faire en collectivité sauf s’il y a une vraie adaptation à leurs besoins , conclut Annick. Avec les plus petits, les crèches de champigny sur marne privilégient les liens individuels. « Une collectivité bien pensée apporte même aux tout-petits. Elle fournit tout un champ d’expérimentation et le regard de l’adulte peut les aider à aller au bout de leur expérience. Nous nous émerveillons chaque jour face à tout ce qu’ils entreprennent et réussissent ».

    Ensemble au service des enfants

    faire place à l'enfant coralie salaun creche multi accueil parents à parentsMais ça ne suffit pas. Car s’occuper de tout petits, ça remue ! Mes six interlocutrices sont toutes d’accord sur ce point : être en relation avec un enfant implique forcément un travail personnel sur ce qu’on a reçu, ce qu’on n’a pas envie de reproduire,… En matière d‘alimentation par exemple, certains adultes ont envie de forcer les enfants à goûter de tout, et c’est difficile pour eux de se défaire de cette attitude. « C’est un travail quotidien de reprendre ensemble les événements, les micro-actions de chacun pour favoriser la prise de conscience », analyse Brigitte. Et ce sont des échanges qui, pour être vraiment constructifs, doivent se dérouler ne restant focalisé sur l’objectif qui consiste à se demander comment répondre aux besoins de l’enfant en collectivité. « C’est toujours au partir de là qu’on dialogue, précise Brigitte. C’est un travail énorme d’introspection et de réflexion collective qui a pour but de se mettre à la hauteur des enfants ».

    Un travail dont j’ai pu admirer les beaux fruits pendant les deux ans que mon fils a passé au Multi-Accueil de Champigny. Pour asseoir ce travail, le projet éducatif décrit les valeurs du lieu et les formations internes nourrissent intellectuellement les équipes.
    Mais ça ne suffit pas encore. Un enfant ne vient pas seul à la crèche : il y a toute une famille derrière lui. C’est encore pour partir des besoins des enfants que les équipes éducatives ont été amenées à se mettre de plus en plus à l’écoute des familles, en travaillant de concert avec elles pour éviter que les enfants ne soient pris dans un conflit de loyauté. « Mais il s’agit, là aussi, de prendre en compte les familles et les questions de parentalité sans oublier ce qui est pour nous l’essentiel : l’enfant », précise Annick.

    Accompagner aussi les familles

    Au fil de ces échanges avec les familles, les parents se sont mis à poser de plus en plus de questions, en espérant obtenir des réponses tranchées et définitives à leurs préoccupations. « Mais nous ne donnons pas de réponse toute faite, explique Brigitte. Ce serait faire à leur place, les mettre en situation de dépendance. Nous sommes très vigilantes à ne pas tomber dans la toute puissance. Notre positionnement consiste à apporter un éclairage, à donner des pistes de réflexion, à porter un regard différent pour que les parents puissent faire leur chemin. Comme avec les professionnels, nous cherchons à favoriser la prise de conscience, plutôt que de penser à leur place en leur disant quoi faire, ce qui ne porterait pas forcément de fruits car leur nouveau comportement ne viendrait pas de leur plus intime conviction ».

    « Pendant ma formation d’Educatrice de Jeunes Enfants, je ne me suis jamais sentie jugée, je n’ai jamais été notée, on m’a rendue autonome en m’accompagnant avec beaucoup d’empathie, de sorte qu’aujourd’hui, je peux transmettre ce qui m’a été transmis et accompagner les autres avec la même empathie », explique Samia.

    C’est que l’empathie et la bienveillance peuvent être contagieuses ! Et c’est dans ce cadre que chaque personne peut le mieux développer son intelligence, son potentiel, son autonomie. Cela vaut pour les adultes comme pour les enfants.

    L’adaptation : c’est la clé, mais qui s’adapte ?

    Entre un et trois ans, les enfants sont souvent prêts et ont envie de faire des rencontres. C’est à cet âge qu’ils rentrent au multi-accueil de Champigny sur marne, qui accueille les enfants sur quelques jours ou quelques demi-journées par semaine. La plupart des parents pensent que les semaines d’adaptation sont un temps donné à l’enfant pour se faire à ce nouveau lieu.

    Ce n’est pas tout à fait exact. « Ce sont les adultes qui doivent s’adapter aux enfants, pas l’inverse », affirme Brigitte. Et la structure s’adapte le plus possible aux demandes des parents. « L’adaptation est très personnalisée, car c’est là que tout se joue, précise Brigitte. Ce n’est donc pas l’enfant qui s’adapte, tout le monde s’adapte : parents, professionnels, et enfant. Avec les enfants porteurs de handicap, par exemple, l’adaptation s’est naturellement faite en fonction des parents, qui avaient des besoins et des peurs spécifiques. Et finalement, le fait de nous adapter très particulièrement aux spécificités de ces familles nous a aidées à mieux accompagner toutes les autres familles, auxquelles nous nous sommes alors adaptées de la même manière ».

    faire place à l'enfant coralie salaun creche multi accueil parents à parentsCar l’échange avec les parents ne se fait pas que dans un sens ; c’est aussi en écoutant les parents que les professionnels remettent en question certaines de leurs habitudes et attitudes. C’est ainsi qu’au moment de la sieste, des lits ont été mis à l’extérieur pour un ou deux enfants qui y étaient mieux pour dormir. « L’idée s’est étendue, on s’est rendu compte que les tout-petits se reposaient mieux dehors Progressivement le sommeil des bébés s’est alors organisé dehors, puis ce temps de sommeil en extérieur a été offert à tous les autres. C’est devenu une spécificité à Champigny ».
    Merci à ces femmes de cœur dont la présence me remplit de joie, parce que je sais que partout où elles sont passées, des enfants ont trouvé ce témoin lucide dont parlait Alice Miller, ces phares dans la tempête où puiser la matière et la source de leur résilience, cette confiance qui abat les frontières et repousse les limites, ce regard qui dit « tu as de la valeur, tu as ta place, tu es unique et c’est une chance pour le monde que tu sois là».

    Illustrations  : Coralie Salaün puis photos du Multi-Accueil de Champigny sur marne

    10 Nov
    10 Nov
  • Anne Barth m’a semblée proche et familière dès que j’ai entendu le son de sa voix. Il faut dire qu’Anne est une femme très sensible aux enfants, tout entière occupée à montrer, par l’image, par le son, la beauté du monde, une beauté qui touche et met en chemin – vers les autres comme vers soi.

    Car « ce qui fait grandir, ce sont les rencontres », ce sont les autres, comme le dit l’une des jeunes du très beau documentaire que prépare Anne: « L’arbre de l’enfance, aux racines de l’être ». Un film qui pose cette question nécessaire et cruciale : qu’est ce qui nous élève ?

    Les films d’Anne, comme tout ce qui fait grandir en humanité, sont le fruit de belles rencontres. « Quels enfants laisserons-nous à la planète ? » est ainsi né d’une suggestion d’Isabelle Peloux, dont Anne avait fait la connaissance aux Amanins en 2006.

    « L’arbre de l’enfance » est sa suite naturelle, ce film documentaire répond à la demande de très nombreux spectateurs qui veulent savoir ce que ces enfants sont devenus. « Comme tous les autres enfants du monde, ils continuent de grandir dans un monde construit par les adultes, mais à la différence de beaucoup d’autres, ils ont pu développer leur sensibilité et savent coopérer », explique Anne.

    Coopérer, voilà une compétence cruciale à acquérir, analyse-t-elle : « pour coopérer, il faut un vrai travail de conscience de soi afin de pouvoir être attentif à l’autre ». Et c’est à cette condition que nous pouvons vraiment prendre notre place dans le monde, en étant, comme aime à le dire Anne « Chargé de nous-mêmes », expression de Pestalozzi et chantée par Gilles Vigenault dans le Grand Cerf-Volant.

    Pourquoi une telle attention portée aux enfants ?

    Parce que sa souffrance d’adulte lui a montré que sans ses multiples douleurs d’enfant, elle aurait été plus paisible, plus sereine et plus confiante. Anne a, comme beaucoup d’entre nous, vécu une enfance éprouvante. C’est dans un arbre qu’elle a trouvé refuge, c’est grâce à la nature et aux animaux qu’elle s’est protégée des humains. Il est donc tout naturel que comme beaucoup d’entre nous, elle ait tellement à cœur que les enfants soient accueillis vraiment comme des enfants, par des adultes conscients de ce qu’ils font et de ce qu’ils sont.

    Un sentiment qui vous est sans doute tout aussi cher, comme l’idée selon laquelle le processus créatif a tout à voir avec le processus de création de soi. C’est pour ça qu’inviter l’art dans nos vies (un choix éditorial de Parents à Parents) favorise notre propre créativité.

    C’est ce qu’Anne met si bien en lumière et en action dans ses films, et c’est la raison pour laquelle ils nous touchent tant.

    illustration et vidéo : Anne Barth

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    28 Oct
    28 Oct
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