Etre Père : mais que viennent faire nos parents dans les liens que nous tissons avec nos enfants ?

  • Avant de devenir parents, on se projette, on a des idées, on fait des choix. On ne veut surtout pas reproduire ce qu’on a vécu, ou, inversement, on tient à préserver les valeurs familiales. Bref, on a des principes. Ensuite, on a des enfants…

    Argh, je suis en train de faire mon père », réalise Bruno alors qu’il est confronté à sa fille de six ans. Ce père là n’était pas particulièrement violent, mais il avait des principes auxquels il tenait dur comme fer. Bruno aimerait bien ne pas reproduire ses façons de parler, mais il arrive encore que ce soit irrépressible !

    Réactions impulsives

    La violence intérieure qu’il ressent parfois n’est pas un principe éducatif, c’est « du débordement », une réaction automatique, presque logique si on considère, comme l’explique Per Isdal*, psychologue norvégien, qu’elle est une réponse à notre sentiment d’impuissance. Cette réaction est d’autant plus forte que nous avons, nous-mêmes, reçu une éducation violente (cf. l’article d’Olivier Maurel).

    Ça n’est évidemment pas qu’une affaire de père : hommes autant que femmes y sont confrontés. Xavier, père d’un bébé de huit mois, témoigne : « j’ai eu, et j’ai encore des réactions épidermiques plutôt violentes lorsque je suis très fatigué, et que je ne comprends pas. Mais elles diminuent progressivement et j’arrive presque à les endiguer maintenant. C’est ma femme qui m’a donné la clé, en m’expliquant qu’un enfant en souffrance a besoin d’attention. Cependant, donner de l’attention ne veut pas dire tout laisser passer, ça veut dire prendre le temps d’essayer de comprendre et tenter de trouver la solution adaptée ».

    « Pleure mon fils, ça fait du bien », disait le père de Nicolas à son fils, qui accueille maintenant avec la même facilité les larmes de ses propres enfants. Pour Pierre, qui s’est entendu répéter toute son enfance qu’il fallait retenir ses larmes « pour être un homme », c’est plus compliqué. « Accepter les pleurs de mon bébé est loin d’avoir été facile, explique Xavier. Il m’a fallu réaliser qu’un bébé pleure avant tout lorsqu’il est en souffrance, et que cette souffrance,
    indépendamment de sa cause, n’est pas, a priori, soulagée par l’indifférence. Il m’a fallu me mettre à sa place, essayer de le comprendre, faire mienne sa fragilité, et trouver comment apaiser sa souffrance. Ce travail m’a pris plusieurs mois… »

    Construire une relation apaisée avec ses enfants

    Faire face à ses peurs, ses besoins et ses limites, ne pas s’enfermer dans des stéréotypes, ou bien connaître les étapes de développement des enfants, qu’est ce qui aide les pères à construire une relation harmonieuse avec leurs fils et leurs filles ?
    pere l'influence de mon père dans mes relations avec mes enfants Parents à ParentsNous n’arrivons pas tous égaux au stade de la parentalité. Pour Thomas, s’occuper de ses enfants va de soi. La paternité n’a pas réveillé de douleurs d’enfant : il a été élevé sans violence et avait déjà réglé pas mal de motifs de difficultés en thérapie avant d’avoir ses filles. En outre, il sait que sa compagne, très sensible à la violence, lui servirait de garde-fou s’il se laissait déborder.

    Pierre, de son côté, avait reçu une éducation stricte qu’il pensait reproduire avec son fils. Il avait donc décidé de laisser pleurer son bébé pour qu’il fasse ses nuits. Mais une fois son petit né, son regard a changé : instinctivement, il s’est laissé guider par l’empathie spontanée et l’amour qu’il ressentait pour son bébé.
    Dans un second temps, il a pris conscience que ce qu’il avait reçu n’était pas «un bon modèle éducatif pour
    devenir un homme». Alors, depuis, il se laisse guider par son instinct de père.

    La bienveillance, fruit de la liberté

    Bruno, quant à lui, est devenu père à 47 ans ; il relie sa sérénité et son attitude bienveillante à son expérience
    professionnelle et personnelle, qui lui a donné un certain recul. Il n’avait plus à faire ses preuves dans
    son travail quand sa fille est née, et cette pression professionnelle limitée lui a permis de prendre le temps
    de s’occuper de sa famille. Il n’a pas non plus senti de pression de la part de sa famille : ses parents avaient
    déjà huit petits enfants et avaient appris à ne pas s’immiscer dans leur éducation.
    Et comme il n’y avait encore jamais eu de fille dans sa famille proche (Bruno n’a eu qu’un grand frère qui a eu des fils, et dont les fils ont à leur tour eu des fils), il n’avait aucun modèle de fille auquel se conformer. Bruno se sent donc vraiment libre de construire ses relations avec ses enfants comme il l’entend, et quel plaisir il y prend !

    La fin de cet article vous attend ici, dans ce très beau livre numérique à télécharger gratuitement. Illustré par des artistes, il peut aussi être feuilleté en ligne après avoir cliqué sur le lien ci-dessous.

    Illustrations : Gilles Levrier puis Yoann Lambert

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Hors Cadre Parents à Parents Hommes et Bienveillance

     

     

     

     

     

    *Per Isdal, psychologue norvégien et thérapeute à Alternativ till vold -Alternatives à la violence-, un centre d’accueil pour hommes ayant maltraité des femmes.

    19 Oct
    19 Oct
  • La plupart des enfants scolarisés attrapent des poux. Pas forcément tous, c’est vrai. Bizarrement, certains enfants en attrapent plus souvent que les autres. Mais le fait de constituer un terrain plus favorable aux poux n’a rien à voir avec l’hygiène, mais ça pourrait avoir affaire avec l‘immunité. En plus de démanger, ces petites bêtes se multiplient à une vitesse impressionnante qui nécessite un traitement rapide pour que toute la famille et toute la maison ne soit pas infestée.

    Nous vous proposons ici une façon de vous débarrasser définitivement des poux en trois étapes ; c’est le fruit d’une expérience menée dans différentes familles et qui nous a fait conclure qu’il s’agissait non seulement de les éliminer une première fois, mais aussi de se débarrasser totalement des lentes et de repousser, enfin, ces bestioles indésirables. Je les ai notamment testées sur nos têtes peines de cheveux longs, épais et bouclés, presque comme sur l’image ci-dessus!

    Étape 1 : Étouffer ou tuer les poux

    Bien sûr, les produits vendus couramment en pharmacie peuvent être très efficaces. Si vous voulez faire autrement, en dépassant moins d’argent tout en utilisant des solutions absolument dépourvues de produits toxiques, voici quelques idées que nous avons testées avec succès.

    1-L’huile d’olive, parfait pour étouffer les poux, excellent pour les cheveux

    L’huile d’olive fait merveille sur les poux. L’huile de coco donne aussi d’excellents résultats.Comment procéder ?

    • Bien imbiber l’ensemble de la chevelure, des racines aux pointes,
    • Puis couvrir la tête avec, par exemple, un film alimentaire, pour augmenter et accélérer l’efficacité du traitement.
    • Sans film alimentaire, l’idéal est de laisser l’huile d’olive poser une nuit entière (en dormant sur une serviette par exemple).
    • En couvrant d’un film alimentaire, une ou deux heures suffisent à étouffer les poux.
    • savon doux solide shampoing anti poux Au Coeur des Racines Parents à Parents Bien laver les cheveux, avec un shampoing doux. Il faut souvent s’y reprendre à deux fois, pour éliminer toute l’huile. Chez nous, les enfants aiment tout particulièrement le shampoing solide (acheté dans la boutique « Au coeur des racines » qui rassemble d’excellents produits artisanats et locaux) qu’ils peuvent appliquer eux-mêmes sans jamais craindre d’en mettre trop et sans risquer de le voir couler sur leur visage.
    • L’huile d’olive et l’huile de coco nourrissent les cheveux et les rendent ultra doux, très faciles à coiffer, ce qui facilite grandement l’étape suivante : le peigne.

    2- Un alternative : le vinaigre

    Il est aussi possible d’utiliser le vinaigre, qui semble repousser vivement les poux. Mais ça pique un peu, ça abîme parfois les cheveux.

    3-Les huiles essentielles

    Dans son « Guide pratique d’aromathérapie familiale et scientifique » (Mes 12 huiles essentielles préférées dans 100 formules très efficaces pour 300 maladies) Dr Dominique Baudoux conseille d’appliquer sur toute la chevelure 30 gouttes de la synergie ci-dessous, de frictionner, de laisser poser 15 minutes puis de laver avec un shampoing doux en répétant matin et soir pendant trois jours puis une fois par semaine pendant la période à risque.

    → 15 gouttes d’huile essentielle de Tea-tree + 5 gouttes d’huile essentielle de Lavande aspic + 5 gouttes d’huile essentielle de Menthe poivrée + 75 gouttes d’alcool à 70°

    • La même formule peut être appliquée sur les tempes et la nuque tous les matins en prévention.
    • Elle peut aussi être vaporisée sur les bonnets, les écharpes, les doudous, les taies d’oreiller…
    • Elle ne doit pas être appliquée sur les enfants de moins de trois ans ni sur les femmes enceintes.

    4-L’homéopathie

    Ingrid Schutt, homéopathe uniciste, préconise un remède homéopathique pour se débarrasser des poux. Deux remèdes doivent être achetés en pharmacie : un tube granules de 9 CH et de Staphysagria 200K suffit à traiter toute une famille, même nombreuse. La posologie est la même, quelque que soit l’âge des enfants et des adultes.

    • Dans une bouteille d’eau à température ambiante, faire fondre 10 granules du tube de Staphysagria 9 CH en secouant vigoureusement pendant une bonne minute. Si la bouteille est pleine, enlever l’équivalent d’un petite verre avant d’y jeter les granules, pour avoir assez d’espace pour secouer le liquide.
    • Rincer lentement le cuir chevelu avec cette eau. Bien couvrir la tête des enfants, pour qu’ils ne trouvent pas ça trop froid.
    • Laisser sécher à l’air libre puis attendre 24 heures avant de laver les cheveux.
    • Laisser fondre 3 granules du tube de Staphysagria 200K sous la langue.
    • Prendre ce remède une seule fois. Ne pas répéter. Éviter la menthe, le camphre, le café et l’eucalyptus pendant les 15 jours qui suivent.
    • Appliquer le même procédé à chaque membre de la famille.
    • Ne pas réutiliser la bouteille pour boire.
    • Ne pas répéter le traitement : Ça marche ou ça ne marche pas (ça semble avoir marché pour beaucoup de gens), répéter n’améliorerait rien.

    5-Les produits à base d’insecticide

    Vous trouverez des produits à base d’insecticides en pharmacie. Mais ce type de traitement pose deux problèmes : d’une part, il n’est pas impossible qu’ils soient toxiques pour les humains, d’autre part les poux sont de plus en plus résistants aux différents insecticides censés les détruire.

    • Ces traitements ne sont donc pas toujours plus efficaces que les traitements « naturels ». Ils peuvent aussi provoquer des irritations, des picotements et des démangeaisons. Ils sont particulièrement déconseillés chez les bébés de moins de 6 mois, les femmes enceintes et celles qui allaitent.
    • Enfin, quand ils contiennent de l’alcool, ils peuvent s’enflammer : il faut donc être extrêmement vigilant à ce qu’aucune source de chaleur n’approche la chevelure lors du traitement (bougie, flamme, cigarette, sèche-cheveux,…)

    6-Les traitements type silicone

    Les produits à base de démoticone, une substance moins toxique que les insecticides et qui étouffe le pou, sont aussi en vente en pharmacie : en séchant à l’air libre, le produit forme un film autour des poux qui pénètre leurs voies respiratoires.

    • Pour que ce produit soit vraiment efficace, il faut souvent le laisser agir toute une nuit et ne pas hésiter à renouveler une semaine après pour bien éliminer toutes les lentes.

    Étape 2 : Éliminer poux et lentes au peigne fin

    On trouve de nombreux peignes anti-poux. Certains sont plus efficaces que les autres.

    Nous en avons essayé trois :

    1. Un peigne fin en bois, qui a l’avantage de ne pas blesser le cuir chevelu sensible des tout-petits
    2. Le kit de peignes anti poux Bug Buster constitué de cinq peignes permettant d’éliminer les poux et lentes et de briser leur cycle de reproduction. A utiliser les peignes sur cheveux mouillés. Il faut à peu près deux semaines pour se débarrasser des poux en peignant les cheveux tous les trois jours environ. Le grand avantage de ce peigne, c’est qu’on peut l’utiliser sur cheveux plein d’huile avant le shampoing, et que l’huile constitue un excellent démêlant.
    3. Enfin le peigne assy 2000 anti-poux anti-lentes, en acier trempé inoxydable avec dents micro-cannelées et pointes arrondies, qui donne d’excellents résultats parce qu’il écrase les lentes, ce que les autres peignes ne font généralement pas. En revanche, il ne peut pas s’utiliser sur cheveux mouillés ou couverts d’huile ou d’un autre démêlant.

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    Étape 3 : Éviter le retour des poux

    1-Avec les huiles essentielles

    Vous pouvez

    • Appliquer quelques gouttes de la synergie présentée ci dessus sur les nuques et les tempes : 15 gouttes d’huile essentielle de Tea-tree + 5 gouttes d’huile essentielle de Lavande aspic + 5 gouttes d’huile essentielle de Menthe poivrée + 75 gouttes d’alcool à 70°
    • Pour les enfants de moins de trois ans, préférer la synergie Lavande Aspic + Geranium d’Egypte qui présente moins de risques pour eux.
    • Ou utiliser la lotion capillaire Pass’Poux composée d’hydrolats aromatiques bio de lavandes fine et de thym dont les principes actifs végétaux sont reconnus efficaces pour leurs vertus répulsives.
    • Ou le Spray prévention Pass’PouxSynergie composée Hydrolats Bio d’hysope, de lavande officinale, d’eucalyptus globulus, d’Alcoolature de Lavande officinale sauvage, Huiles essentielles de Géranium Rosat type bourbon, d’Eucalyptus citronné, de Lavandin abrial, de Lavande Séville.
    • Ou bien le Shampoing et spray Balépou composés d’eau florale de lavande biologique et d’huiles essentielles issues de plantes réputées pour leurs propriétés répulsives : cèdre, géranium, ravensare, lavande, orange douce, maléleuc. Ces produits ne sont pas conseillés aux enfants de moins de trois ans et aux femmes enceintes.

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    2-En homéopathie

    Le mélange de teintures mère de Staphysagria et Sabadilla semble donner d’excellents résultats. Mélanger les deux remèdes à part égale dans un pulvérisateur, pulvériser sur la chevelure et notamment derrière les oreilles, au dessus de la nuque et au niveau du front, là où les poux ont tendance à venir se loger.

     

    Désormais, vous devriez pouvoir passer une pleine année scolaire sans poux ni lentes !

    Illustration à la une : Sylvie Ptitsa

    10 Sep
    10 Sep
  • A l’école Decroly* de Saint Mandé, les apprentissages se construisent à partir des centres d’intérêt des enfants, qui naissent de leur curiosité et de leurs motivations spontanées. Cette école publique et gratuite, unique en France**, accueille 350 élèves de la maternelle à la fin du collège. Rencontre avec Simon Augé, enseignant en grande section de maternelle et ancien élève de l’école.

    A la fin de l’automne, trois enfants de cinq ans sont revenus de récréation enthousiastes : « On a vu un arbre énorme, on n’arrive pas à en faire le tour avec nos bras tous les trois ! » Ils ont guidé la classe vers l’arbre en question et une discussion s’est engagée : combien ces arbres étaient énormes en hauteur, qu’est ce qu’il était possible de mesurer – pas la hauteur inatteignable, mais la largeur- et avec quels outils. Un enfant a parlé d’un mètre mais au fond, personne ne savait bien ce dont il s’agissait. Alors un autre a eu une idée : mesurer en Kapla.

    Les enfants ont fait le tour des arbres à pied. En définissant la circonférence, ils ont fait du vocabulaire. En mesurant les arbres et en comparant les mesures, ils ont fait des maths. Et en donnant des noms aux arbres, ils ont fait du français. Puis le contenu pédagogique élaboré à partir de l’intérêt suscité par « l’arbre énorme » a été écrit et modélisé sur une grande bande de papier qui a été affichée dans la classe, reprenant tous les arbres de l’école avec leur nom et leur mesure en kapla. Car la pédagogie Decroly*, pour l’enseignant, c’est cela : rebondir sur les intérêts des enfants pour les transformer en pistes de travail dans toutes les disciplines scolaires.

    Pour Simon Augé, cela demande d’être curieux, très à l’écoute des enfants, avec une grande capacité à s’adapter à ce qu’ils vivent. C’est stimulant, riche et merveilleusement vivant !

    Aller au bout de son intérêt

    expérience à l'école Ecole Decroly Pedagogie nouvelle apprendre en suivant ses intérêts Parents à ParentsAinsi, dès les premières années, les enseignants aident les enfants à aller au bout d’un intérêt, à faire des choix, à penser et agir par eux-mêmes. C’est ainsi que les projets de groupe naissent : un enfant arrive avec une idée, un désir. Parfois, il concrétise son projet seul, mais quand des intérêts émergent de plusieurs enfants, tout le groupe classe peut être entraîné dans ce qui devient un projet collectif.

    Ainsi, tour à tour et sans qu’ils y soient jamais forcés, les enfants sont moteurs dans une activité ou bien se rallient aux initiatives des autres. Cela les amène naturellement à échanger ensemble et à coopérer.

    Personne ne ressent le stress de la réussite scolaire. On peut passer des journées entières sur des pistes qui n’aboutiront pas à un apprentissage formel quand on a douze ans pour parcourir le programme scolaire ! Et malgré ces détours, les élèves qui quittent l’école à la fin de la troisième pour entrer au lycée ne sont jamais en retard.

    Être reconnu et soutenu

    L’école n’a qu’une classe ou deux par tranche d’âge. Petite taille de l’établissement, stabilité des classes, ambiance familiale : tout concourt à ce qu’enfants et enseignants s’y sentent bien. Ils se connaissent d’autant mieux qu’ils ont de multiples occasions de se côtoyer. Les enseignants assurent eux-mêmes la vie quotidienne (repas, récréation). Il n’y a pas de surveillants. Ce temps passé ensemble permet de se connaître au-delà de l’espace de la classe et de développer une relation de confiance avant de se retrouver en classe, parfois des années plus tard.

    classes verts Ecole Decroly Pedagogie nouvelle apprendre en suivant ses intérêts Parents à ParentsSimon Augé a de très bons souvenirs des classes vertes, qui démarrent dès la première année de maternelle dans cette école qui stimule la coopération, la solidarité et le collectif. Il garde une impression plus mémorable encore de ses années de collège. « A l’adolescence, où tout est si intense, c’est fort d’être pris en compte, valorisé, reconnu dans sa singularité et poussé, ainsi, dans la bonne direction ! », explique-t-il. Les relations avec les enseignants sont très privilégiées. La liberté des enfants et des jeunes est immense tout en étant sécurisée par la présence des adultes et le sens dans lequel elle s’exprime.

    Les comportements atypiques sont acceptés tant qu’ils ne gênent pas le groupe. Les enfants peuvent évoluer selon leur individualité, en étant respectés pour ce qu’ils sont. La place de chacun est garantie quel que soit son caractère. Ne pas avoir à se conformer à un modèle, évoluer sans craindre une exclusion du groupe apporte une grande sérénité à tous. Elle permet aussi l’intégration d’enfants différents, porteurs de handicap.

    Une mission pédagogique globale

    Ecole Decroly Pedagogie nouvelle apprendre en suivant ses intérêts Parents à ParentsA Decroly, les classes sont ouvertes, les enseignants comme les enfants vont et viennent et commentent ce qu’ils voient. C’est très stimulant, cela pousse les enseignants à échanger et à réfléchir ensemble. En plus de ces rencontres informelles, le temps de concertation entre enseignants (au moins deux heures de réunion hebdomadaire) est considérable. Il permet de réfléchir sereinement à ses pratiques. Ici, chacun a conscience que la mission pédagogique est globale.

    *Ovide Decroly est un médecin, psychologue et pédagogue belge contemporain de Maria Montessori et de Rudolf Steiner. Il a co-fondé la ligue Internationale pour l’Education Nouvelle et s’est intéressé à toutes les pédagogies innovantes de son époque. Il n’a pas légué de système éducatif abouti car il craignait qu’une synthèse soit rigide et figée alors que l’éducation, par nature, est en perpétuelle évolution. Selon lui, l’enfant perçoit le monde comme un tout, de façon globale. Il reconnaît d’abord les objets et les êtres et analyse ensuite, en fonction de ses besoins et de ses intérêts, les détails et les parties. La méthode globale d’apprentissage de la lecture est une de ses créations.

    **La première école Decroly est à Bruxelles. L’école Decroly de Saint Mandé est née de l’impulsion d’une famille belge qui voulait proposer à ses enfants la pédagogie d’Ovide Decroly en France. L’école Decroly respecte les programmes de l’éducation nationale, mais elle a douze ans pour le faire et elle bénéficie d’une grande liberté sur la démarche d’apprentissage. Faire partie de l’école publique a des inconvénients : l’école est souvent en porte à faux avec l’éducation nationale et parfois en difficultés.

     

    A propos de la pédagogie Decroly

    Ecole Decroly Pedagogie nouvelle apprendre en suivant ses intérêts Parents à ParentsEcole Decroly Pedagogie nouvelle apprendre en suivant ses intérêts Parents à Parents

     

     

    Selon Ovide Decroly, la démarche éducative passe par trois temps :

    • l’observation ( les enfants entrent en contact avec les objets, les faits, les événements, et récoltent des informations qui feront, dans un second temps, l’objet de recherches. Ils manipulent, expérimentent, comparent),
    • l’association (les enfants confrontent entre eux à des acquis antérieurs, et dégagent des liens de plus en plus complexes conduisant à l’élaboration d’une pensée conceptuelle) et
    • l’expression, phase d’appropriation personnelle et de mise en forme du travail réalisé. Elle intervient tout au long des activités d’observation et d’association. Elle concrétise l’aboutissement d’une démarche d’apprentissage et en permet la communication. Cette démarche va ainsi du concret vers l’abstrait. Il s’agit donc d’un enseignement ancré dans la vie d’après une perception globale. La méthode globale d’apprentissage de la lecture est une création d’Ovide Decroly. Dans ses écoles, cette méthode donne d’excellents résultats car elle est cohérente avec toute la démarche pédagogique.

    Les principes fondamentaux de la pédagogie d’Ovide Decroly

    • L’enfant perçoit le monde comme un tout, de façon globale. Il reconnaît d’abord les objets et les êtres et analyse ensuite, en fonction de ses besoins et de ses intérêts, les détails et les parties. «Chez l’enfant, d’innombrables notions ont pénétré sans analyse consciente préalable, sans dissociation voulue», explique Ovide Decroly.
    • L’enfant est accepté tel qu’il est, avec ses besoins, ses intérêts, ses capacités, ses désirs, ses faiblesses. L’autonomie de l’enfant se développe selon ses rythmes et de ses besoins. L’enfant est accepté dans son affectivité, avec ses questionnements et ses démarches.
    • L’enfant construit ses connaissances en valorisant son activité réelle, sans souci de hiérarchisation des disciplines. Le temps est découpé le moins possible, afin de favoriser de larges processus d’intégration des outils de savoir.
    • L’enseignant aide l’enfant à se situer dans une vie de groupe, à travailler avec d’autres, à prendre des responsabilités, à trouver sa place, à discuter les conflits.
    • L’école tient compte de l’évolution de la société, stimule l’esprit critique et approfondit la réflexion pour que l’enfant devienne un adulte autonome et responsable.

    A propos de l’école Decroly de Saint Mandé

    Ecole Decroly être heureux à l'école pédagogie nouvelle alternative Paris Parents à ParentsBien que l’école soit publique, ce sont les parents qui choisissent d’inscrire leurs enfants à l’école Decroly de Saint-Mandé. L’école est ouverte aux familles du département de 11 villes du Val-de-Marne ; les demandes étant supérieures aux places offertes, les enfants sont choisis par tirage au sort. Les motivations des parents peuvent être différentes, mais tous adhèrent à la pédagogie proposée. Parents et enseignants forment ainsi une communauté éducative. Ils défendent ensemble un projet d’école.

    La création de l’école Decroly de Saint-Mandé est issue d’une convergence de volontés de parents et de politiques. Tout a commencé par des réflexions d’enseignants et de parents pendant la Seconde Guerre mondiale. L’impulsion a été donnée par une famille belge qui voulait proposer à ses enfants la pédagogie d’Ovide Decroly en France. L’école coopérative Decroly est née en 1945. Le projet a été soutenu par le physicien Paul Langevin et le psychologue Henry Wallon. Dès l’origine, l’école a été cogérée par les enseignants et les parents. L’établissement a ouvert en 1945 avec cinq institutrices et vingt-cinq élèves inscrits ; ils étaient soixante-quinze en juin 1946 et cent quarante-cinq à la rentrée 1946.
    À la Libération, en 1945, les autorités sont favorables aux expériences d’Éducation nouvelle. En 1948, le ministre de l’Éducation nationale accepte que l’école devienne publique en conservant ses spécificités « decrolyennes ». L’école Decroly est alors devenue une école d’application. Elle accueille les enseignants-stagiaires de l’IUFM.
    Dès l’origine, l’école rassemble maternelle, primaire et collège dans un même lieu ouvert aux garçons et aux filles.
    L’histoire de l’école est ponctuée de moments de joie et de difficultés. Maintes fois, l’Éducation nationale a évoqué sa fermeture, mais, jusqu’à présent, la mobilisation des enseignants, des parents et des élèves a permis de conserver à l’école son statut particulier.

    Ecole Decroly être heureux à l'école pédagogie nouvelle alternative Paris Parents à ParentsUne école alternative au sein de l’Éducation nationale, est-ce possible aujourd’hui ?

    En France, il y a très peu d’écoles maternelles et primaires alternatives dans le public. Les projets innovants sont souvent réservés au collège et au lycée, quand les difficultés les plus fortes apparaissent : ils sont développés pour éviter le décrochage scolaire. Les écoles comme Vitruve, à Paris, ou Decroly ont été créées il y a plus de vingt ans, à un moment où l’Éducation nationale a rendu possibles ces créations. Aujourd’hui, ces établissements résistent face à la pression de faire comme les autres. La plupart des écoles alternatives sont créées dans le privé. D’après Sylvain Wagnon, Professeur Agrégé au département Sciences de l’éducation à l’université de Paris-8 et Docteur en histoire, depuis les années 70, « on assiste à un déclin paradoxal des méthodes actives car l’Éducation nationale a intégré une petite partie du vocabulaire de l’Éducation nouvelle, mais, dans la pratique de classe, les méthodes de l’enseignement traditionnel sont de plus en plus fortes ».

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

     

    Photos : Quatre premières : Alix Burle, enseignant en CE1 en 2014-2015. Suivantes : Archives Ecole Decroly.

    Pour aller plus loin

    L’école de l’Ermitage à Bruxelles publie des livrets sur Decroly, traitant de questions qu’il a développées au cours de sa vie.

    L’école de Saint-Mandé propose quant à elle deux ouvrages : Vivre à Decroly (épuisé mais consultable à l’école) et Plaisir d’école (en vente à l’association).

     

    05 Sep
    05 Sep
  • Quelles activités vont faire vos enfants cette année ? Certains ont de telles envies de découverte et d’expérimentation qu’ils voudraient tout faire, mais vont-ils tenir le rythme toute l’année (et vous avec eux) ?  D’autres ont surtout envie de rester chez eux, surtout s’ils passent déjà de grosses journées à l’école. Si l’environnement est propice, ça peut d’ailleurs être bien suffisant : la plupart des enfants ont beaucoup à gagner à aller tranquillement, à leur rythme, vers des activités qui les intéressent sur le moment. Il suffit d’un petit bout de jardin, d’un accès à la bibliothèque et/ou à internet, de chouettes livres, de quelques crayons pastel ou tubes de peinture pour passer des journées fort enrichissantes. Mais glaner des idées ailleurs, voir le monde par d’autres perspectives, c’est rudement intéressant aussi !

    C’est pour cela que nous aimons particulièrement les ateliers. Ponctuels, sur des sujets qui plaisent à nos enfants, ils stimulent la créativité, les échanges et les réflexions.

    Des ateliers toute l’année… et dès maintenant

    Expo arts et métiers d'arts Révélations Grand Palais Parents à ParentsCe mois de septembre, par exemple, des ateliers sont proposés dans le cadre du salon des métiers de l’art et de la création au Grand Palais, à Paris. Ils sont gratuits et ça donne bigrement envie. Cette année, l’exposition Le Banquet met à l’honneur la Corée du Sud et présente des pièces d’exception de 15 pays : Chili, Corée du sud, Danemark, Finlande, France, Italie, Islande, Japon, Norvège, Pays-Bas, République Tchèque, Sénégal, Suède, Taïwan et Tunisie.

    Un programme d’activités pédagogiques pour les 5-7 ans et les 8-12 ans, est proposé aux enfants, qui partiront à la découverte de l’exposition puis s’attèleront à des ateliers ludiques évoquant le pays du matin calme. Une belle occasion pour découvrir des pratiques nouvelles, sans frais.
    Au programme : peinture sur porcelaine, masque-dragon en papier, marque-pages dans le style des paravents coréens ou encore atelier bojagi.

     

    Ateliers d'art de découverte des métiers d'art pour les enfants Parents à Parents

     

    Photos : ©PHOTOPROEVENT puis Pavlina Cambalov © Petr Fiala; Hervé Walhen © DR; Antoine Poncet © DR; Cecilie Lind © Frederik H; Yokiya Izumita © DR; Hsiao-Ying Li, Lin Jiang-Cheng © Jesse Chen puis ©PHOTOPROEVENT

    02 Sep
    02 Sep
  • Adèle a toujours aimé dormir et rêver ; le sommeil, elle y consacrait plus de dix heures par nuit avant que ses enfants viennent au monde, avant qu’elle traverse une période d’épuisement et d’abattement dont de nombreux parents font l’expérience : les réveils nocturnes, fréquents, de ses deux garçons n’étaient pas conciliables avec la pression d’un travail à temps plein.

    « c’est en travaillant sur les espaces de sommeil des différents membres de la famille que chacun a pu trouver le repos dont il avait besoin »

    Il fallait trouver une solution. Finalement, c’est en travaillant sur les espaces de sommeil des différents membres de la famille que chacun a pu trouver le repos dont il avait besoin. Ce témoignage d’une maman qui met son métier d’architecte d’intérieur au service de sa famille sera sans doute source d’inspiration !
    Notre deuxième enfant est arrivé dans un contexte de grande fatigue et de sommeil fragilisé, où personne n’avait encore trouvé sa place. Mon premier bébé s’était réveillé cinq à sept fois par nuit et il ne dormait pas encore bien. Nos scénarios nocturnes frisaient le délire : chacun se couchait dans son lit, le bébé pleurait vers minuit, je le prenais au sein et m’endormais avec ; quand l’aîné pleurait, mon mari allait le rassurer et finissait par s’endormir sur le parquet à côté du petit lit ; notre aîné en profitait alors pour s’échapper et me rejoindre dans le lit conjugal ; réveillée par leur présence (je n’avais plus de place), je partais finir la nuit sur le canapé. Le matin venu, chacun se réveillait, étonné de se trouver là, et nous étions, mon mari et moi, toujours plus fatigués.

    Qu’est-ce qui leur manque ?

    Les années passant, nous décidons de trouver une issue à ce co-dodo imposé. Notre lit passe de 140 cm de large à 180cm. Pendant un certain temps, nous nous sentons un peu mieux. Il y a un réel plaisir à dormir ensemble, à sentir les petits corps de nos enfants près de nous … mais nous dormons toujours mal et nos petits se réveillent ronchons.

    « C’est parce que dans votre lit, il y a de l’amour »

    Un jour, par un heureux hasard, notre aîné passe une nuit entière dans son lit. Il se réveille frais et dispos. Le petit déjeuner est agréable et sans tension. Alors un peu plus tard, je lui demande pourquoi il aime être dans notre lit. Il me répond : « C’est parce que dans votre lit, il y a de l’amour » Les choses étaient dites ! Mais comment mettre de l’amour dans leur propre lit ?

    « Il fallait maintenant redéfinir, non pas un lit, mais un univers assez sécurisant pour que l’enfant ait envie d’y créer sa propre histoire ».

    Un nouveau regard sensoriel

    Il fallait maintenant redéfinir, non pas un lit, mais un univers assez sécurisant pour que l’enfant ait envie d’y créer sa propre histoire.
    Je me suis donc mise à détricoter notre histoire familiale en adoptant un nouveau regard, celui de la professionnelle (je suis architecte d’intérieur). Successivement, nous avions utilisé couffin, berceau, lit à barreau, lit escamotable et lit superposé. Avoir dormi avec mes enfants un peu partout me donnait des pistes pour appréhender avec mes sens ce qu’ils vivaient.
    Je comprenais peu à peu l’importance de se sentir au chaud, comme contre le sein de sa mère ; l’importance du son, étouffé et cotonneux comme dans le ventre pendant la grossesse ; l’importance du contenant, comme les bras rassurants d’un papa.
    Il fallait maintenant redéfinir, non pas un lit, mais un univers assez sécurisant pour que l’enfant ait envie d’y créer sa propre histoire.

    Illustration à la une : Hiroki Sakaï. Deuxième photo : Adèle Damoiseau

    Il vous reste 80% de l’article d’Adèle Damoiseau à lire : deux étapes pour trouver la solution qui convient vraiment à toute la famille + une fiche technique pour créer un espace vraiment adapté aux enfants. Lisez la suite ici

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    30 Août
    30 Août
  • L’angoisse des occidentaux à l’idée d’une nuit sans sommeil est culturelle. Si en occident, le sommeil, la chambre et le confort du sommeil sont importants, ils ne suscitent aucun intérêt particulier chez les inuits.

    Guy Bordin, ethnologue, membre associé du Centre d’études et de recherche sur les littératures et les oralités du monde de l’Inalco, évoque les moeurs d’un village arctique : pour les inuits des hautes latitudes, ne pas dormir la nuit, c’est un plaisir immense, quasi irrépressible !

    « les enfants dorment quand et où ils en ont envie, sans que personne ne s’en soucie »

    En été comme en hiver, les villages sont généralement très calmes le matin et ils s’animent de plus en plus à mesure que le jour et la nuit avancent. Les inuits aiment énormément pêcher la nuit ; même les salariés, contraints à des horaires de travail strict, peuvent passer la nuit à pêcher, jusqu’au moment de partir travailler. Dans ce cas, ils dorment quelque heures en fin d’après-midi avant de retourner pêcher.
    Ceux qui partent chasser peuvent rester plusieurs jours à courir le caribou sans prendre aucun repos ; au retour ils dormiront dix-huit heures d’affilée s’ils en ont besoin, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. De leur côté, les enfants dorment quand et où ils en ont envie, sans que personne ne s’en soucie.

    Dans de très nombreux pays, l’alternance entre période de veille et de sommeil est intrinsèquement liée à l’alternance jour/nuit.
    Ce n’est pas du tout le cas au delà du cercle polaire.

    Un certain nombre d’activités ont toujours été associées à la nuit : les migrations se faisaient la nuit parce que la glace était plus ferme et les fêtes ont toujours lieu la nuit. Cette pratique n’est pas liée au soleil de minuit qui persiste en été : même avant la christianisation, la fin de l’année était déjà une grande période de fêtes et de rituels nocturnes (elle l’est donc restée).

    dormir autrement la nuit chez les inuits regards croisés sur le sommeil Parents à ParentsLes périodes d’équinoxe (quand partout sur la planète, les nuits et les jours durent douze heures) correspondent à des semaines de «rephasage» du sommeil : au lieu de se coucher au milieu de la nuit, les inuits se couchent plutôt à minuit ou une heure du matin.

    En fait, les inuits valorisent peu le sommeil. Ils dorment n’importe où, assis sur un canapé si c’est là qu’ils se sentent fatigués. Ils aiment dormir tous ensemble, aujourd’hui encore. Alors si quelqu’un rentre, sort, mange, les autres se réveillent, mangent ou sortent ensemble avant de se recoucher : le sommeil est souvent fractionné.

    Car tout est bon pour ne pas dormir : chasser, pêcher, danser, être ensemble,… chez les inuits, on ne va dormir tôt la nuit que si on a quelque chose
    d’important à faire le lendemain matin, sinon autant faire autre chose de plus intéressant !

    Une façon de voir le sommeil qui peut nous inciter à nous sentir moins stressés quand nous nous réveillons de nous-mêmes la nuit, quand nous avons du mal à dormir ou que nos enfants ou nos bébés nous réveillent, non ?

    La nuit chez les autres : les Inuit du haut… par mnhn

    Cette conférence a eu lieu en 2013 dans le cadre des Rendez-vous du Muséum et avec l’Université permanente de Paris. Guy Bordin, ethnologue, est membre associé du Centre d’études et de recherche sur les littératures et les oralités du monde de l’Inalco
    À la différence des autres populations de la planète, celles installées au-delà du cercle arctique doivent composer avec une réalité physique particulière : l’alternance obscurité/lumière n’y est pas systématiquement circadienne, comme à nos latitudes, mais saisonnière. Plusieurs mois par an, l’environnement baigne dans une obscurité continue (période centrée sur le solstice d’hiver) ou dans une lumière permanente (période centrée sur le solstice d’été). Dans un tel univers, on peut se demander ce que recouvre la notion de nuit au quotidien, lorsque les cycles jour/nuit et lumière/obscurité sont, sauf aux périodes équinoxiales, régulièrement déphasés. A-t-elle même encore un sens lorsque le soleil reste en permanence au dessus de l’horizon ? Dans cette conférence, nous verrons comment les Inuit des hautes latitudes conçoivent la nuit et comment ils la vivent, en particulier au niveau du cycle veille/sommeil, là encore bien différent de celui auquel nous sommes majoritairement accoutumés.

    photo à la une : Ghislaine Meicler
    seconde photo : @DR

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    20 Août
    20 Août
  • A l’âge de douze ans, Marion Cuerq a compris les ressorts de la violence éducative ordinaire et son lien inextricable avec toutes les formes de maltraitance aggravée. Depuis, la jeune femme ne cesse de la combattre. Loin des paroles lénifiantes qui poussent à tout accepter sans rien dire et sans rien faire, elle a quitté la France à dix-neuf ans pour voir comment grandissent les enfants dans un pays où les droits de l’homme s’appliquent pleinement à eux. Deux mois après son arrivée en Suède, elle a eu l’idée d’en faire le film « Si j’aurais su, … je serais né en Suède ! », qu’elle a tourné, réalisé et produit avec ses propres moyens, avant de le mettre gracieusement à la disposition de tous sur le site de l’OVEO (Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire). Un très beau documentaire, à voir !

    Le respect de l’enfant : un droit inaliénable

    Pour Marion, c’est évident : un enfant est un être humain qui a droit au respect de son intégrité, exactement comme n’importe quel adulte. De la même manière que la plupart des gens jugeraient inadmissible qu’un patron batte ses salariés ou qu’un homme frappe sa femme, personne ne doit s’autoriser à humilier ou à frapper un enfant (1). C’est l’une des raisons pour lesquelles en Suède, Marion s’est tout de suite sentie chez elle : les suédois ne comprennent pas les débats français sur la « fessée » car chez eux, ça fait plus de trente-cinq ans que l’éducation des enfants s’entend sans aucune violence.

    Violence psychique versus violence physique

    En France, de nombreuses personnes craignent qu’une loi sur l’interdiction des châtiments corporels fasse basculer les parents et les adultes de la violence physique à la violence psychologique.

    En Suède, la violence psychologique n’a pas remplacé la violence physique.
    Les suédois sont sortis du rapport de force, un point c’est tout.

    Contre la Violence Educative Ordinaire Marion Cuerq pour Parents à ParentsCe n’est pourtant pas du tout automatique, explique Marion : en Suède par exemple, la violence psychologique n’a pas remplacé la violence physique. Les suédois sont sortis du rapport de force, un point c’est tout. Les adultes ne disent pas que les enfants les « cherchent », les « testent » juste par défi. En fait ils n’ont pas besoin de le faire car ils n’ont pas subi de violences. Réalisons que ces attitudes de rébellion sont une réaction à la violence subie !

    « Si on met cette idée de rapport de force en place, l’enfant rentre dans la logique, atteste Marion. Le rapport de force n’est pas inné, il est construit par les parents, dès les premiers mois de l’enfant ». La jeune femme perçoit d’ailleurs une nette différence entre l’attitude des enfants dont elle s’occupait en centre de loisirs en France et ceux avec qui elle interagit en Suède (Marion a été fille au pair trois ans auprès de sept enfants dans trois familles différentes et continue, depuis, à animer des activités pour des enfants en Suède). En France, il faut souvent reconstruire la confiance. En Suède, elle pre-existe aux relations et les facilite.

    « Les enfants sont compétents et ont besoin d’être traités avec dignité pour pouvoir s’épanouir pleinement. » Jesper Juul

    L’impact de la culture

    Contre la Violence Educative Ordinaire Marion Cuerq pour Parents à ParentsLa culture joue forcément un rôle dans la capacité des individus à adopter de nouvelles attitudes.

    La langue suédoise est naturellement axée vers la non-violence, analyse Marion. Les suédois parlent beaucoup d’empathie ; à tout âge, ils expriment facilement leurs émotions et utilisent des expressions comme « tu as de la peine? » , « tu es triste ? » qui pourraient sembler enfantines à un français privilégiant un mode de communication plus cérébral et analytique. Quand les français disent « je pense que… » « que penses-tu de ? », les suédois « ressentent ».

    En outre, ils ne prennent pas les sentiments des autres pour ou contre eux. Ils sont conscients que leurs propres sentiments leur appartiennent et qu’il en est ainsi des autres. Ils ne se sentent donc pas attaqués quand quelqu’un se sent triste ou en colère autour d’eux, « alors qu’en France, on est dans l’attaque constante », soupire Marion.

    Enfin, la culture scandinave est bien plus égalitaire que la culture latine. Dans les pays nordiques, le pater familias n’a pas du tout le poids qu’il a encore en France.

    Reste que même si la Suède est le premier pays à avoir légiféré sur l’interdiction des châtiments corporels en 1979, un texte de loi de 1800 exigeait qu’ils corrigent leurs enfants. La non-violence envers les enfants n’était pas inscrite dans les gênes, elle a été le fruit d’un cheminement ! La réforme législative en Suède a commencé en 1958 avec l’interdiction des châtiments corporels dans l’enseignement avant que le droit de « correction parental raisonnable » soit retiré du code parental suédois en 1966. La loi est intervenue treize ans plus tard. Un chemin que peut faire la France, comme d’autres pays.

    L’éducation sans violence ne doit pas être réservée à ceux qui ont les moyens de s’offrir des ateliers coûteux, elle doit être accessible à tous

    « Le changement demande un vrai courage politique, il doit passer par une loi, défend Marion. La non violence envers les enfants n’est ni un courant d’éducation ni une mode, c’est une base, c’est le strict minimum vital de respecter ce droit a l’intégrité physique fondamental de tout être humain !

    Ce changement ne doit pas être réservé à ceux qui ont les moyens de s’offrir des ateliers coûteux de communication ou de nouvelles pratiques éducatives. Il doit être accessible à tous. La loi contre les châtiments corporels, c’est un petit pas pour les droits des enfants, et un grand pas pour l’humanité, sourit Marion. Et c’est un fait : un environnement axé vers la non-violence incite tout le monde à agir dans ce sens. C’est l’expérience que nous avons faite une fois de plus en Norvège.

    Prévenir la violence dès la naissance

    « Puisque c’est au cours de notre première année de vie que nous construisons notre rapport au monde – c’est ce que montrent, entre autres, les travaux de Catherine Gueguen (5) -, les 480 jours de congé parental en Suède ne sont pas pour rien dans la qualité du rapport qu’entretiennent parents et enfants», analyse Marion.

    Contre la Violence Educative Ordinaire Marion Cuerq pour Parents à ParentsLe tout-petit, qui passe sa première année auprès de ses parents, grandit dans l’idée d’un monde amical, qui nourrit sa confiance. Et les adultes peuvent d’autant plus rester sereinement auprès de lui qu’ils n’ont pas à faire de sacrifices financiers (le congé parental est calculé en fonction des revenus des parents qui perdent relativement peu en pouvoir d’achat).

    La prévention de la violence commence là, dans ces premiers temps de vie, et même avant, dès la grossesse, quand est proposé un accompagnement respectueux de la mère, de l’enfant et du père. Des naissances moins médicalisées (6), des parents mieux soutenus dans leurs compétences dès la naissance, une meilleur récupération physique après l’accouchement, tout ceci peut favoriser l’attachement, limiter l’épuisement parental, le sentiment d’impuissance et par là les violences sur les enfants. Et comme un enfant qui n’a pas été frappé ne frappe pas à son tour une fois devenu adulte, comme un enfant qui n’a pas été humilié n’humilie pas à son tour, mettre fin aux châtiments sur les enfants, c’est mettre fin à la violence intergénérationnelle et c’est s’entreprendre à déconstruire la logique de la violence et du rapport de force dans les relations humaines.

    Marion Cuerq contre la violence éducative ordinaire pour Parents à Parents

     

    Marion Cuerq démarre cette année ses études à l’Institut des Media de Stockholm et prépare un deuxième film sur la Suède. Nous lui souhaitons de beaux succès!

     

     

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

     

    A lire pour approfondir

    Pour une enfance heureuse Catherine Gueguen pour Parents à ParentsRegarde ton enfant est compétent Jesper Juul pour Parents à Parents

    Sere moi fort Elever nos enfants avec amour Carlos Gonzalez pour Parents à Parents Acheter chez Decitre

     

     

     

     

     

     

    Jesper Juul voulez vous des enfants forts en bonne santé pour Parents à ParentsJesper Juul Me voilà qui es tu Proximité respect et limites entre parents et enfants pour Parents à Parents

     

     

     

     

     

    Pour une enfance heureuse, Catherine Gueguen, Pocket mars 2015

    Serre-moi fort – Comment élever vos enfants avec amour, Carlos Gonzalez, Editions du Hêtre, 2013

    Voulons-nous vraiment des enfants forts et en bonne santé ? Jesper Juul, Fabert mars 2015

    Regarde… ton enfant est compétent – Renouveler la parentalité et l’éducation, Jesper Juul, Chroniques sociales, 2012

    Me voilà ! Qui es-tu ? – Sur la proximité, le respect et les limites entre adultes et enfants, Jesper Juul, Fabert mars 2015

    contre VEO Marion Cuerq Parents à Parents (1) Pour y parvenir, chacun peut puiser dans les ressources de l’éducation positive, consciente, non-violente…. tout en restant vigilant sur ses intentions. Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises, toute technique de communication peut être bonne ou mauvaise selon l’intention avec laquelle on l’applique. Si la Communication NonViolente peut constituer un formidable outil pour connaître ses besoins et ceux des autres, pour entrer en empathie avec soi et les autres, il n’empêche pas certaines personnes de s’en emparer pour affirmer leurs besoins de manière péremptoire aux dépens des autres. Et c’est ainsi que contrairement à la philosophie qui a présidé à sa création, la Communication NonViolente peut apparaître comme un outil de manipulation. Et si nous manipulons nos enfants pour parvenir à nos fins, nous ne les respectons pas.

    contre VEO Marion Cuerq Parents à Parents
    (2) Depuis quelques années, plusieurs médias ont publié des enquêtes selon lesquelles la maltraitance aurait augmenté en Suède depuis le vote de la loi de 1979 interdisant les châtiments corporels. Cette argumentation, encore reprise récemment dans la discussion sur la constitutionalité de l’article 43 du Code criminel canadien [le droit de « correction raisonnable »], est totalement fausse. Toutes les données disponibles indiquent que la Suède a remarquablement réussi à faire baisser les chiffres de la maltraitance des enfants dans les dernières décennies, et que cette réduction a continué après le vote de l’interdiction des châtiments corporels. (…) La fréquence des homicides d’enfants de moins de 5 ans fournit une bonne estimation du taux de mortalité de ces enfants par maltraitance, ces enfants étant plus exposés à la mortalité par blessure, et les autres formes de violence extérieure beaucoup plus rares dans ce groupe d’âge. Les statistiques montrent qu’elle n’a fait que diminuer. Alors que 700 enfants meurent chaque année sous le coup des violences, majoritairement de leurs parents, en France, ils sont moins de 4 par an en Suède.

    STOP VEO Parents à Parents

    (3) Voir le rapport de l’OMS, voir aussi celui de l’UNICEF
    (4) A propos des racines de la violence, n’hésitez pas à lire ou relire Alice Miller

    (5) Pour une enfance heureuse, Catherine Gueguen, Pocket mars 2015

    (6) voir le rapport de l’assemblée nationale

     Photos : Marion Cuerq : Pamela Ferrazzini. Les autres clichés sont tirés de son film « Si j’aurais su,… je serais né en Suède »

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    07 Août
    07 Août
  • Les vacances et la période d’été sont souvent l’occasion de sortir de chez soi, de partir ailleurs, d’aller rencontrer d’autres paysages, de vivre autrement, de faire d’autres choses. Et l’idéal, c’est que cet ailleurs soit à la fois lieu de découverte et de ressourcement ; c’est que tout le monde y trouve son compte et s’y sente bien. Partout sur la terre, on peut rencontrer des gens merveilleux à l’accueil chaleureux et au cœur grand ouvert. Mais certains pays sont, a priori, vraiment plus faciles à vivre quand on a des enfants. C’est, entre autres, du fait de cette intime conviction que nous sommes partis en Norvège cet été. J’y avais vécu il y a vingt ans, Sigrid avait plusieurs fois évoqué le mode de vie là bas. Et nous n’avons pas été déçus.

    Partout, des aires de jeux et des accueils pour les familles

    Prendre l'avion avec des enfants où passer de bonnes vacances en famille en Norvège Parents à ParentsPrenez l’avion en France : pas d’accès ni de file d’attente pour les familles, les enfants n’ont qu’à bien se tenir, coincés qu’ils sont entre un paquet d’adultes dont ils ont les fesses à hauteur du visage.

    Dans d’autres pays, comme en Algérie par exemple*, il y a des accès rapides pour les familles lors du passage aux douanes et on nous a souvent proposé d’utiliser les files réservées aux classes affaires lors des enregistrements.

    En Norvège également, mais c’est encore mieux : un accès spécifique, avec vérification des bagages et passage aux douanes, est réservé aux familles. Et ce n’est pas tout : dans les salles d’embarquement, il y avait des aires de jeux en forme d’avion ! Vous comprenez que depuis notre retour, nos enfants demandent « quand on reprend l’avion pour la Norvège »
    Prendre l'avion le train avec des enfants où passer de bonnes vacances en famille en Norvège Parents à ParentsD’autant que des aires de jeux, il y en a partout : dans les jardins publics bien sûr, mais aussi dans les gares, dans les bateaux, et dans les trains : lors de chacun de nos déplacements, nous avons bénéficié d’un wagon spécial famille, avec des rangées très larges et des aires de jeux de la taille de notre salon, avec échelles d’escalade, tunnel, coussins, livres, jeux,… C’est ainsi que nous avons pu passer presque sept heures puis cinq heures d’affilée dans le train sans que nos enfants ne s’ennuient ni se chamaillent. Cerise sur le gâteau, par la fenêtre, les paysages étaient magnifiques et variés.

     

    Un bel accès à la nature et à ses habitants

    La Norvège, nous y allons bien plus pour les paysages que pour les villes. Ça tombe bien, c’est ce qui touche et convient le plus les enfants. Nous avons passé quelques jours merveilleux dans un chalet sans eau courante, au bord d’une rivière, tout près d’un lac magnifique, au bord de montagnes partiellement enneigées qui ont suscité de multiples envies de balades. L’une d’entre elles nous a conduits jusqu’à une jolie ferme pédagogique. Bien nous en a pris ! Comme partout dans le monde ou presque, les animaux étaient dans des enclos. Mais les clôtures étaient basses et surmontées d’échelles faites pour que les enfants puissent rejoindre les animaux. Les nôtres ont beaucoup aimé cette expérience. Pour un norvégien, c’était naturel : comment une ferme pouvait-elle être pédagogique si enfants et animaux n’avaient pas de réelles interactions ? Rentrer dans les enclos, c’est pourtant rarement possible dans les fermes pédagogiques en France, il me semble.

    Une bienveillance inscrite dans l’ADN du pays

    voyager avec ses enfants en Norvège Parents à ParentsAvec la Suède, la Norvège fait partie des premiers pays à avoir voté la loi contre les châtiments sur les enfants. En partant là bas, nous imaginions donc vivre moins de scènes de violence qu’en France. Ce fut le cas : notre expérience n’est pas statistiquement représentative mais nous n’avons pas assisté à une seule scène de cris, d’humiliation, de violence, ni de punition.

    Beaucoup de gens se gaussent en France, arguant que sans fessées, sans punition et sans humiliations, les enfants font n’importe quoi et prennent le pouvoir. Voyant toute relation humaine comme le jeu et le résultat d’un rapport de force, ils n’imaginent pas de communication sans gagnant et sans perdant. L’expérience scandinave et les études réalisées sur le sujet montrent pourtant le contraire : éduqués sans violence, les enfants n’ont pas besoin de mentir (ils n’ont pas à craindre coups et représailles), ils n’ont pas besoin de se rebeller ni d’exercer de violence (puisqu’ils n’en subissent pas) et ils peuvent développer leur altruisme et leur bienveillance innées (car contrairement aux préjugés qui ont la vie dure en France, de nombreuses études montrent que la nature humaine est bonne… tant qu’elle n’a pas été contrariée). Comme ils sont respectés pour ce qu’ils sont et pris en considération, ils ont moins besoin de crier, de vivre des crises de colère de compensation,… Et comme les parents sont accueillis avec sourire et bienveillance quand ils arrivent quelque part avec un enfant (c’est plutôt le contraire qui se produit), ils sont plus détendus et leurs enfants le sont aussi, automatiquement.

    Ce qui peut paraître secondaire ne l’est pas : nous nous sommes vraiment sentis en paix là bas. Car porter en nous l’évidence qu’être non-violent avec nos enfants est aussi naturel que l’être avec notre conjoint, notre famille et nos voisins, ce n’est pas toujours simple quand notre environnement va dans le sens contraire. Et il est bien plus facile d’adopter une attitude non-violente quand l’environnement est adapté aux enfants et à leurs besoins spécifiques et que les adultes autour de nous partagent notre intime conviction !

    Du coup, nous rêvons d’y repartir un jour. De votre côté, où vous êtes-vous sentis bien avec vos enfants ?

     

    *N’hésitez pas à citer ceux que vous connaissez en commentaire

    n.b. : Cet article n’évoque pas les aspects financiers d’un tel voyage. Pour ne pas évincer totalement le sujet, je tiens à souligner que la vie en Norvège, de prime abord, est chère, très chère pour un français aux revenus modestes.

    • L‘alimentation coûte cher, on ne trouve pas aussi facilement qu’en France des légumes et des fruits sains, locaux et bon marché. Le poisson est délicieux et pas dispendieux.
    • Bien que le pays soit un gros producteur de pétrole, l‘essence et le gasoil sont très taxés, ils ne sont pas meilleur marché qu’en France.
    • En revanche, dans les villes que nous avons traversées les transports en commun étaient gratuits pour les enfants accompagnés par un adulte, de même que les trains que nous avons pris. Le prix des billets de train nous a semblé bien moins élevé qu’au Royaume Uni par exemple, ou en France avec le TGV. Avec trois enfants, de tels trajets en train auraient coûté bien plus cher en France, et nous n’aurions pas eu le confort d’un super wagon familial à la fois calme et joyeux.
    • Les musées proposent des tarifs familiaux, le billet famille est moins cher qu’une entrée pour deux adultes. C’est donc intéressant !
    • En outre, si les hôtels sont chers, on trouve des chalets, des « rorbus » et des auberges de jeunesse très propres, agréables et bon marché.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Pour aller plus loin
    Hors Cadre Parents à Parents Hommes et BienveillanceRegards croisés sur le sommeil : en finir avec ses soucis de sommeil, sommeil bébés, ados, adultes, insomnies, peur du soir, réveils nocturnes, cauchemars pour Parents à Parents

    06 Août
    06 Août
  • Apprendre l’heure, se familiariser avec les différentes notions du temps, c’est toute une histoire. Nos enfants réalisent bien l’impact de l’heure sur nos vies : c’est une vraie contrainte, il faut se dépêcher, encore et encore … et rien de tout ce temps qui passe sur nos horloges n’a de rapport avec la durée ressentie, perçue par nos corps et nos cœurs, nos joies et nos envies. Alors comment les aider à appréhender l’heure ? Avec une belle histoire, et une vraie montre adaptée !

    L’apprentissage naturel du temps et de la mesure

    Un certain nombre d’apprentissages se font relativement spontanément, en s’inspirant des autres ou en observant la nature. Je me rappelle comment ma fille aînée a découvert la mesure, en réalisant, avec ses amis de classe, qu’il y avait des arbres dont on pouvait faire le tour avec les bras, et d’autres qui étaient trop larges pour que ce soit possible – ou bien il fallait s’y mettre à plusieurs. Ensemble, les enfants avaient émis l’idée de tracer ces différences, et de les mesurer, ce qu’ils avaient fini par faire avec des cordes et des kapla.

    Leur enseignant n’avait fait qu’animer les débats, m’avait-il expliqué. C’est ensemble qu’ils avaient trouvé des solutions, et c’est de la même façon qu’ils sont entrés dans la magie de la lecture et l’écriture l’année suivante : en écrivant des phrases qui décrivaient les événements signifiant de leurs vies et dont ils ont cherché à percer le mystère. La lecture et l’écriture ne sont pas forcément « intuitives », mais le fait qu’on trouve des mots partout autour de nous favorise la rencontre avec l’écrit.
    La notion du temps « large », ils l’ont appréhendée de la même façon, en observant la nature. La nuit qui suit irrémédiablement le jour, les mouvements de la lune qu’on voit grandir et rétrécir, les saisons qui passent sous nos yeux : nous sentons les changements sur nos corps et dans nos vies. Mais le découpage du temps dans une journée, c’est une autre affaire.

    Le temps objectif et la durée ressentie

    Quand nous disons à nos enfants « dans dix minutes on part », pour les prévenir, leur permettons-nous vraiment d’anticiper ? Pas si sûr, quand ils sont petits. Est ce qu’en dix minutes on a juste le temps de mettre ses chaussures, d’aller faire dix tours de toboggan ou de faire un grand puzzle ? Le temps ressenti n’a pas de rapport avec le temps objectif, ce qui fait de l’heure un apprentissage un peu compliqué, contre-intuitif. Attendre le bus dix minutes, si on ne parle pas, c’est très long, mais jouer une après-midi entière avec les copains au bois, ça ne semble durer qu’un instant ! Et ça ne s’arrange pas avec l’âge : chercher son enfant dans une foule en craignant l’avoir perdu, même si ça ne dure que deux minutes, ça semble durer une éternité : nous avons le temps d’imaginer mille scenari et de nous faire un sang d’encre.

    Appréhender l’heure de la montre

    Regarder défiler les heures, les minutes et les secondes sur un cadran numérique n’aide en rien : ça ne veut pas dire grand chose tant qu’on n’a pas compris le mécanisme sur lequel reposent ces numéros. Pour apprendre l’heure, il faut une montre à aiguilles. Mais ça ne suffit pas. Je ne me souviens plus comment j’ai appris à lire l’heure, mais j’ai bien vu que ces heures qui correspondent à des minutes, ce « 2h » qui veut dire aussi « 10 minutes » quand il est désigné avec la grande aiguille laissait mes enfants bien perplexes.

    mademoiselle anne apprendre l'heure parents à parentsC’est quoi cette histoire de fous ? Pourquoi on découpe en heure, en minutes, en secondes ? Quand le temps commence-t-il ? Est-ce que l’heure qu’on compte vient de la toute première minute de l’univers ? Nous avons partagé nos interrogations sans trop aboutir. L’une de mes filles s’est d’abord braquée : c’est quoi, cette heure qui veut nous obliger à croire quelque chose qui ne vient pas du début du monde et qui ne correspond à aucun de nos ressentis ? Pourquoi est ce qu’un élément extérieur qui n’a pas de sens devrait imposer des contraintes à nos vies ? Elle aurait bien inventé son heure à elle. Mais ça n’aurait pas été pratique pour arriver à l’heure aux rendez-vous fixés à l’école, au sport ou avec les copains.

    Une vraie montre faite pour apprendre l’heure

    1ereMontreMleAnneC’est dans cette ébullition philosophique et quasi politique que nous avons découvert la montre de Mademoiselle Anne. Dans un petit coffret comme une boite à trésor, la clé de l’heure était donnée : un petit livre à spirales joli et résistant à la taille idéale pour des mains d’enfants, et, dedans, une histoire de course bienveillante entre une tortue, un mouton et un lapin dont les prénoms commencent par la même lettre que Heure, Minute et Seconde.

    L’histoire est aussi simple qu’efficace, vous pouvez vous l’approprier : les animaux organisent une course, choisissent de courir autour d’un pommier puis décident de modifier la taille des parcours pour que tout le monde se retrouve, en tenant compte de la vitesse de chacun. Il faut beaucoup de temps à la tortue pour faire son tour, mais elle a la chance d’être avec un mouton et un lapin pleins de sollicitude qui acceptent de continuer à l’accompagner vaille que vaille, même une fois la nuit tombée. Une fois l’histoire finie, c’était clair pour tout le monde : le plus éloigné du pommier, le lapin court les secondes et à chaque fois qu’il fait un tour le mouton avance d’une minute. Et à chaque fois que le mouton fait un tour complet, la tortue a avancé d’une heure. La tortue n’est pas la plus rapide, mais c’est la plus importante.

    L’histoire va à l’essentiel. Les quarts d’heure sont abordés un peu plus loin dans le livre, avec les jeux, et c’est logique aussi : ils se sont qu’une façon de parler, pas la peine de s’embrouiller avec ça dès le début ! Maman de deux enfants de cinq et huit ans, Anne a trouvé les mots qu’il fallait.

    Nous avons eu un vrai coup de cœur pour cette montre. Autour de nous, ceux qui l’ont vue en ont tous voulu une aussi ! Il faut dire qu’en plus d’être jolie, elle est très cohérente : les heures sur fond vert comme la tortue verte, les minutes en rouge comme l’aiguille et la tête du mouton, et avec les secondes, le lapin tourne et tourne… La première fois qu’il l’a mise à son poignet, mon fils de 3 ans est resté concentré sur la cadran un très long moment, jusqu’à ce qu’il dise « ça y est, je sais ». Il n’est pas encore capable de lire les minutes mais il voit bien comment elles s’articulent avec l’heure. Et pour lui comme pour sa soeur qui a découvert l’heure avec cette montre, j’ai l’impression qu’ils garderont l’impression qu’ils ont réalisé là un apprentissage facile, évident, quasi naturel.

    Une fabrication éthique, durable et locale

    Mademoiselle Anne montre enfant pour apprendre l'heure Parents à ParentsIl y a autre chose que j’aime beaucoup dans cette montre : elle est fabriquée localement, dans le Doubs, dans le fief historique de l’horlogerie et tous ces fournisseurs sont en France. L’imprimeur est à 5km, l’horloger et le fabricant d’aiguilles à 60 km de chez Anne ! En fabricant au niveau local, elle connaît ses différents interlocuteurs et elle s’assure une qualité irréprochable. Ce souci d’intégrité est si fort chez elle qu’en augmentant ses ventes, Anne ne va pas chercher à augmenter ses marges, mais à améliorer encore la qualité : l’un de ses objectifs, c’est de faire faire les bracelets complètement en France, par exemple. Car si cette montre coûte plus chère que les autres faites au bout du monde, il faut savoir que si les produits made in China semblent coûter peu cher en euros ou en dollars, ils ont en fait un coût écologique et social énorme ! Voilà donc un cadeau durable, qui a une belle histoire et que nos enfants pourront garder longtemps : leur première montre, celle qu’ils pourront, qui sait, transmettre à leurs propres enfants ?

    comprendre le temps qui passe balthazar et le temps qui passe parents à parentsEt pour apprendre la notion du temps, un très bon livre ici dans lequel, à chaque événement, l’enfant prend conscience concrètement du temps qui passe. Une frise du temps est pliée à la fin du livre, pour pouvoir marquer les actions et le temps qui passe selon la même démarche que Balthazar.

    « Aide-moi à faire seul » est une collection de livres d’apprentissage interactif qui intègrent la pédagogie de Maria Montessori en appliquant l’un de ses principes fondamentaux : permettre à l’enfant, accompagné par l’adulte, de « faire pour comprendre » et ainsi « l’aider à faire seul ». Balthazar et le temps qui passe, Marie-Hélène Place, Féodora Stancioff et Caroline Fontaine-Riquier, Hatier Jeunesse.

    Pour la commander c’est ici.

    Illustration à la une : Claudia Tremblay

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    16 Juin
    16 Juin
  • « Ça y est, je les ai, je fais partie du clan des F.,le clan des femmes !! ». Cette réplique d’une jeune fille qui venait d’avoir ses règles pour la première fois, dans un film que j’ai découvert à l’adolescence, m’avait laissée pantoise. C’était si loin du regard que j’avais porté ! Ce jour là, je venais de me disputer avec une copine, je pleurais, j’avais mal au ventre et on m’avait dit « Tu vois, ça va venir te faire suer tous les mois, et quand tu ne les auras plus, ça voudra dire que tu es devenue vieille ». Un de mes amies avait reçu une mise en garde « Attention, désormais, tu peux être enceinte à tout moment ». C’en avait été fini des sorties libres.

    Pendant des années, la période des menstruations fut pour nous une source exclusive d’agacements : maux de ventre, fatigue, nous nous sentions émotives et peinions à lutter contre. Nous nous trouvions moins performantes, à l’école comme au boulot, et nous prenions sur nous pour lutter contre cet état insensé dont les garçons et les hommes n’avaient pas à pâtir.

    La femme n’était pas « impure », elle était « reliée »

    Puis vint le temps où nous avons voulu un bébé : leur présence répétée chaque mois nous énervait encore plus : elles signifiaient que le ventre était vide, une fois de plus. Absentes, elles disaient que le rêve avait des chances de se réaliser… C’est finalement après mon retour de couches, bien après la naissance de mon premier enfant, que j’ai découvert que cette « période rouge » était une période d‘intuition accrue : je faisais des rêves magnifiques, je voyais arriver dans mon esprit de chouettes idées et je n’avais même plus mal au ventre. C’est alors que j’ai découvert que cet état « intéressant » avait été pensé, théorisé et mis à profit par d’autres cultures. La femme n’était pas « impure », elle était « reliée ». C’est ce que nous explique Claire, pour qui cette période correspond à l’expression du « Féminin Profond ».

    C’est une voie royale pour se laisser inspirer par
    ce qui surgit du plus profond de soi

    Le Féminin Profond est une sensation de complétude que l’on expérimente lorsque l’on est en parfaite osmose avec son moi profond. C’est un état d’être que les femmes comme les hommes peuvent ressentir. On y arrive par la volonté de se donner le temps et l’espace d’aller en soi, et aussi par la non-volonté de laisser faire ce qui se manifeste. C’est une voie royale pour se laisser inspirer par ce qui surgit du plus profond de soi.

    Chez la femme, les règles sont la période idoine pour expérimenter ce Féminin Profond.

    lorsqu’une femme prenait du temps pour elle en vivant ses Lunes
    en pleine conscience,
    la sagesse enfouie en son for intérieur se révélait à elle.

    La Moon Lodge, chez les Amérindiens*, était le lieu dans lequel les femmes se réunissaient durant leur temps de lune.
    Ils savaient que lorsqu’une femme prenait du temps pour elle en vivant ses Lunes en pleine conscience, la sagesse enfouie en son for intérieur se révélait à elle.

    Ils voyaient la vulnérabilité ressentie avant les règles comme un appel pour la femme et aussi un rappel à vivre pleinement sa nature cyclique, régie par le processus de Vie-Mort-Vie.
    Durant ses lunes, ils laissaient la femme se reposer, faire le point, lâcher ce qui n’était plus utile, plus nécessaire pour elle en se connectant à son Féminin Profond. Elle s’autorisait ainsi à vivre pleinement sa vie, prenant chaque mois un nouveau départ pour son bien et celui de son entourage.

     

    roue de la médecine Tente rouge et feminin profond Claire Jozan-Meisel pour Parents à ParentsLe Féminin Profond est également une des composantes de La Roue de la Médecine amérindienne, modèle d’évolution ancestral inspiré des manifestations et des cycles naturels, dont les saisons font partie.
    Sa vie durant, l’homme chemine autour de la Roue de la Médecine.

    La Voie Rouge de la Roue de la Médecine amérindienne (voir schéma) incite les êtres humains à partir du Féminin Profond (l’Hiver) pour aller vers le Grand Masculin (l’Eté). Selon ce modèle, une action doit être mûrement réfléchie en amont dans le Féminin Profond avant d’être planifiée dans le Petit Masculin (le Printemps), puis concrétisée dans le Grand Masculin.
    Il est intéressant de constater que ce modèle a un caractère universel : il se retrouve à des degrés divers dans beaucoup de philosophies notamment orientales.

    A l’heure actuelle où tout s’accélère et se base sur l’instantanéité, on ne prend pas le temps de vivre ce processus : on a tendance à constamment faire des allers-retours rapides entre le Petit et le Grand Masculin. Le temps de l’introspection et des bilans du Petit Féminin (l’Automne) tout comme le temps de la sagesse et de la vision du Féminin Profond sont souvent laissés pour compte.
    Plus particulièrement, jusqu’à la ménopause, la Femme a la chance de vivre tous les mois ce cycle complet des 4 saisons à travers son cycle menstruel. Elle ressentira ainsi la complétude si elle respecte ces 4 saisons de façon équitable : célébrer aussi bien la plantation (Printemps) que la récolte (Automne) et autant la joie de l’action (Eté) que le goût du repos et de l’inaction (Hiver).

    le premier saignement marque le passage vers la Femme, porteuse de vie et
    capable d’avoir des visions pour servir sa communauté.

    Le fil rouge de DeAnna roue de la médecine Tente rouge et feminin profond Claire Jozan-Meisel pour Parents à ParentsDans son ouvrage « Le Fil Rouge, manuel de tes premières lunes », DeAnna L’am, créatrice du mouvement « Une tente rouge dans chaque quartier », renoue avec ces traditions indigènes nord-américaines et nous montre combien il est important de célébrer les premières lunes des jeunes filles. En effet, le premier saignement marque pour elles le passage vers la Femme, porteuse de vie et capable d’avoir des visions pour servir sa communauté.

    Le deuxième aspect important dans ce manuel est l’incitation à prendre du temps pour soi lors de ses « temps de lune ». Pendant cette période, l’expérimentation ne passe plus par le corps physique : en prenant le temps de se poser et de faire silence en soi, la part spirituelle de notre être (le corps spirituel) prend le relai, laissant émerger le message de l’inconscient à travers la vision et l’intuition.

     


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    Se réunir lors de Moon Lodges ou de Tentes Rouges est pour nous un moyen d’évoluer et de faire évoluer le monde.

    En tant que « précur-soeur » en France des cercles de femmes autour de la menstruation, l’autoédition de ce livret s’est imposée à moi.
    Cette réémergence des cercles de femmes est la preuve que nous voulons nous réapproprier ce savoir et aussi marquer notre différence par rapport à l’image que veut donner de nous notre société patriarcale. Se réunir lors de Moon Lodges ou de Tentes Rouges est pour nous un moyen d’évoluer et de faire évoluer le monde.

    Inciter les femmes à aller à la rencontre de leur sagesse profonde est très important à mes yeux. En ces temps de transformation, ne devrions-nous d’ailleurs pas tous ensemble, femmes et hommes, nous connecter à ce Féminin Profond ? Et ainsi nous approprier le message délivré par ces sagesses ancestrales en libérant, lâchant ce qui n’est plus approprié en nous et autour de nous, pour faire ainsi place au changement, au meilleur pour une Terre plus belle, plus florissante et pour une Humanité plus consciente ?

    Claire Jozan-Meisel LunafeminaClaire Jozan-Meisel
    www.lunafemina.com
    Le Fil Rouge, manuel de tes premières lunes a été illustré par Marie Yamoona  Il est en vente ici

    Par ailleurs, DeAnna L’am animera deux ateliers « Tente Rouge » à Paris et à Lyon en juillet prochain. Pour en savoir plus, c’est ici.

     

    *Les Amérindiens ont une vision de la femme bien différente de celle que nous avons dans notre société judéo-chrétienne. Depuis la nuit des temps, les femmes amérindiennes synchronisaient leur vie avec le rythme lunaire. La tribu toute entière permettait aux femmes d’être alternativement tournées vers les autres puis tournées vers elles-mêmes. Vivant proches de la nature, leur cycle menstruel suivait d’ailleurs celui de la lune et leur période menstruelle correspondait à la nouvelle lune. Les anciens savaient que les femmes, durant leur période de saignement, avaient un niveau de perception beaucoup plus élevé. Par conséquent, elles s’éloignaient de la communauté et optimisaient ce temps en se reposant entre elles dans un lieu dédié, la Moon Lodge. Cette pause dans leur vie quotidienne leur permettait de faire le point et de laisser émerger des idées nouvelles pour répondre au mieux aux besoins de leur famille ou de la tribu en général. Les hommes respectaient ce que les femmes préconisaient et appliquaient leurs conseils à la lettre. Source : « Buffalo woman comes singing » de Brooke Medicine Eagle

    Illustrations : Marie Yamoona

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    07 Juin
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