Tonalis, une méthode d’apprentissage de la musique qui accompagne le développement harmonieux de l’enfant

  • La méthode Tonalis enseigne que, si elle est appropriée, la musique cultive l’état d’âme naturel de l’enfant en s’ancrant dans toutes les dimensions de son être. En sachant où en est l’enfant dans son développement et de quoi il a besoin, on va donc lui proposer des tonalités, des instruments, des rythmes qui vont accompagner son développement harmonieux. Pour vous en convaincre, vous pouvez tester l’effet de différents types de musique sur l’attitude et le bien-être de vos enfants (et de vous aussi) : c’est bluffant ! La méthode Tonalis remet en cause nombre de nos idées préconçues sur la musique, c’est aussi pour cela qu’elle m’a tant intriguée et intéressée.

    Entretien Rachel Stehli, formatrice à la méthode Tonalis et professeur de musique. Rachel Stehli, formatrice à la méthode Tonalis et professeur de musique et avec Mariane Farooq, art thérapeute par la voix formée à la méthode Tonalis.

    Le musicien anglais  Michael Deason-Barrow, ancien professeur de musique dans les écoles Steiner-Waldorf, a développé la méthode Tonalis à partir de recherches de pédagogues et psychologues, en particulier celles de Rudolf Steiner sur la musique et sur le développement de l’enfant. Selon lui, Tonalis permet de découvrir que « dans la musique il y a davantage que ce que l’oreille perçoit ».

    Dans l’approche Tonalis, l‘apprentissage de la musique se fait en musique et tout s’enseigne « en le faisant », en passant par le corps.

    méthode Tonalis apprendre la musique Steiner Walfdorf pour Parents à Parents Rachel Stehli« L’enseignement reprend chronologiquement l’histoire de la musique, en commençant par les modes pentatoniques, utilisés dans le monde entier, puis les modes médiévaux qui sont parfaitement en phase avec l’état d’être d’un enfant d’environ neuf ans. Dans notre histoire, l’être humain a vécu dans l’esprit de ces modes pendant 800 ans.

    Le Baroque est proposé bien plus tard. A la renaissance sont nées les modes majeur et mineur, des tonalités qui poussent à aller au bout d’une gamme, d’une idée, d’un sentiment triste ou joyeux. C’est ce dont un enfant de douze ans a besoin.

    Ces périodes musicales suivent donc parfaitement les besoins et le stade de développement de l’enfant. En outre, il vit ainsi en accéléré l’histoire de la musique qu’il ancre dans son être, un peu comme l’embryon revit les grandes étapes de l’évolution des espèces avant de devenir fœtus » explique Rachel Stehli.

    Comme on reste longtemps en mode pentatonique, les instruments harmoniques sont beaucoup utilisés. Les enfants de six ou sept ans aiment particulièrement les lyres, les cordes, les tubes harmoniques, ils en ont vraiment besoin pour développer leur oreille et se camper dans leur corps. Ils peuvent tout jouer en créant des harmoniques et on constate qu’ils développent une écoute remarquable. Ils sont si concentrés et attentifs qu’on peut alors parler au groupe simplement en chuchotant !

    Dans la même logique, Rachel Stehli suit d’abord le rythme de la respiration de l’enfant, à l’instar de ce que font les chants grégoriens, avant de faire entrer l’enfant dans le rythme d’une pulsation régulière (extérieure), vers neuf ou dix ans. Introduire trop tôt cette rythmique couperait l’enfant dans son élan et dans son développement, un peu comme si on forçait un enfant à marcher avant qu’il ne soit prêt.

    Le rythme est marché, vécu. Il n’est pas écrit avec les notes classiques (comme la noire, la croche qui n’illustrent pas naturellement la durée). A partir de neuf ans les enfants marquent les rythmes d’abord avec les tirés qu’ils tracent en sentant la longueur des notes. On ne parle pas de solfège ni de partitions avant neuf ans. Là encore, l’écriture de la musique suit l’histoire : d’abord les neumes puis les tirés, puis enfin le système de notation qu’on utilise de nos jours.

    Quels conseils donner aux familles pour aborder la musique avec leurs enfants ?

    « Faire découvméthode Tonalis apprendre la musique Steiner Walfdorf pour Parents à Parents Rachel Stehlirir la musique par l’oreille, donc par le cœur, pas par la vue ! » précise Rachel Stehli.

    Si l’on commence trop tôt le solfège, c’est l’intellect qui sera stimulé au détriment de la créativité. Pour les mêmes raisons, Rachel Stehli conseille de ne pas commencer l’apprentissage d’un instrument « technique » comme le violon ou la flûte traversière avant neuf ans. Avant, on peut proposer des instruments dont on peut jouer facilement et qui forment un joli son, des instruments de qualité qui offriront une nourriture riche aux enfants comme les instruments médiévaux ou africains : le tambour pentatonique en bois, la lyre, le balafon (xylophone africain).

    Les enfants que Rachel suit à l’école depuis sept ans, qui en ont maintenant quatorze, n’ont jamais perdu le goût et la joie de faire de la musique. Ils ont tous envie de continuer et sont heureux des belles œuvres qu’ils ont créées pendant le cours.

    Rachel est persuadée que ce goût et cette joie sont liées au fait qu’ils ont reçu à chaque stade de leur développement ce dont ils avaient besoin, et que cette « nourriture » musicale les à touchés jusqu’au fond de l’âme.

    En thérapie, les sons appropriés peuvent être très relaxants pour les enfants. Dans sa pratique, Mariane Farooq voit des enfants de six ans très actifs rester allongés quarante cinq minutes quand elle leur propose des sons préconisés par Tonalis. Dans les jours qui suivent, les parents les sentent apaisés, plus concentrés.

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    gaëlle Brunetaud-Zaïd

     

    Illustrations : Rachel Stehli et Instruments de musique Choroi

    Cet article a été publié dans le numéro 169 de l’Enfant et la Vie. Il faisait suite au cahier « Ma vie de famille en musique ».

    méthode Tonalis apprendre la musique Steiner Walfdorf pour Parents à Parents flute pentatoniquePour en savoir plus sur Tonalis

    Rachel Stehli travaille dans la région d’Avignon. Elle pourra donner les coordonnées des professeurs formés en France. Pour contacter Rachel Stehli : rachelstehli@gmail.com. Par ailleurs, elle propose régulièrement des formations à la méthode Tonalis. Renseignements sur le site didascali. 

    Un site parmi d’autres pour trouver des instruments harmoniques de belle qualité

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    14 Mai
    14 Mai
  • Apprendre un instrument, apprendre à jouer de la musique, la plupart des parents en ont envie pour leurs enfants. Et l’immense majorité des enfants aussi, tant qu’on ne casse pas la magie de la rencontre avec la musique par des méthodes sèches et ardues.

    Celle que nous vous présentons ici est tout le contraire de cela : joyeuse, chaleureuse, colorée, vivante, bon marché, et facile à prendre en main tant elle est bien conçue: quelques jolis livres, un petit clavier, tout peut se faire chez soi et le tour est joué. Ça vous dit ?

    Apprendre la musique

    Les expériences simples et joyeuses que mes enfants avaient eu avec la musique, j’avais envie de les poursuivre avec eux. Mais le conservatoire classique ne propose pas toujours un apprentissage de ce type là (1), je n’ai pas envie de jouer les taxis tous les mercredis et mes enfants ont encore du mal à s’astreindre à pratiquer une activité à heure fixe.

    Ma fille ayant émis l’idée de jouer avec le piano qui est là, à la maison, à sa disposition, j’ai ressorti la méthode rose de mon enfance. Mais ça ne nous tentait qu’à moitié. C’est alors que j’ai découvert Le Tout Petit Conservatoire de Paris et la méthode musicale mise en place par Philippe Kaczmarek.
    Riche idée qui mélange écriture, dessin, coloriage, danse, chant, questions réponses avec les enfants, connu et inconnu, découvertes et retrouvailles avec des airs d’enfance.

    Une méthode d’apprentissage du solfège et du piano aussi colorée que vivante, imprégnée de l’esprit Montessori

    Philippe Kaczmarek a enseigné l’éveil musical dans l’école Montessori de Paris 19è ; cette expérience, parmi d’autres pleines de richesse, a contribué à la fraîcheur et au caractère très concret et vivant de cette belle méthode.

    • Avec cette méthode, l’enfant a SON livre. Ça n’est pas un ouvrage froid qu’il ne faut pas abîmer, c’est un livre plein de couleurs qu’il s’approprie et qui lui devient tout personnel.
    • La méthode permet de travailler mélodie et rythme en même temps, aussi naturellement que la musique est faite de tout cela : espace, mesure, tempo, synchronisation. On rentre dans le solfège comme dans tout autre langage, comme on a appris à parler : par l’expérience, par l’échange et par l’expression.

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    Comment procéder ?

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    • Les séquences sont courtes, pas le temps de s’ennuyer. Certains jours, mes enfants ont font même plusieurs !
    • Je ne mets jamais la sourdine : je me souviens des conseils de mon professeur de violoncelle qui disait qu’il fallait y aller, quitte à jouer faux, oser, prendre le risques.
    • Pour le reste, cette méthode est tellement bien faite que je pense qu’elle peut être suivie par un parent qui n’a jamais fait de musique. Mais il est aussi tout à fait possible de faire appel à un enseignant qui la suivra avec l’enfant – certains le font.

     

    A quel âge ?

    • Avec cette collection, on peut débuter très tôt un instrument, à partir de quatre ans.
    • Philippe Kaczmarek propose, en sus de la méthode d’apprentissage de la musique, une méthode d’apprentissage du piano accessible à partir de cinq ans (mais je vous avoue que mon fils qui a trois ans suit avec ses soeurs).
    • Si on n’a pas un piano chez soi, Philippe Kaczmarek propose de bons petits pianos électriques à 75€.

    Le piano, c’est facile, la note est toute faite et toujours juste, il suffit d’appuyer sur une touche pour créer le son : le lien entre l’enfant et la note est immédiat !

    Les propositions du Tout Petit Conservatoire

    Philippe Kaczmarek propose des cours d’éveil musical pour les enfants de 2 à 7 ans. Il s’agit en fait d’un éveil musical, psychomoteur, qui stimule également réflexion, déduction, sensations… Les acquisitions psychomotrices accompagnent avec bonheur l’apprentissage de la musique qui se déroule dans une ambiance ludique

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    La boutique du Tout Petit Conservatoire propose aussi les fameuses clochettes musicales Montessori ainsi que des accessoires et instruments qui sont testés, utilisés, manipulés pendant les cours au Tout Petit Conservatoire par des enfants de 2 à 7 ans depuis plusieurs années.
    Ces instruments robustes permettent aussi aux enfants de réfléchir à leur manipulation, leur montage, leur démontage,….

    Illustration : Leandro Lamas

    Photos : Philippe Kaczmarek Le Tout Petit Conservatoire de Paris

    (1) à ce titre, voir l’article et le livre de Muriel Radault L’enseignement de la musique et du solfège, un naufrage français

    06 Mai
    06 Mai
  • Pourquoi jouer un instrument plutôt que d’écouter de la musique ? Qu’avons-nous à gagner à nous lancer dans l’apprentissage d’un instrument ? Quelques éléments de réflexion… à poursuivre ensemble  !

    A cinq ans, ma fille aînée voulait faire de la harpe celtique. Il faut dire qu’à la maison, elle entend essentiellement des musiques du monde, de la musique pentatonique, et que nous aimons tous la harpe celtique. Merveilleux instrument, mais pas fréquemment enseigné près de chez nous. Alors nous avons laissé évoluer le désir… et elle a continué à écouter de la musique, toujours très présente à la maison, comme chez vous sans doute. Quand mes enfants commencent à s’énerver et qu’il ne fait pas un temps à courir dehors, par exemple, nous choisissons un CD, nous nous mettons à danser et le climat s’harmonise en un instant.

    activités

    La rencontre de nos petits avec la musique

    J’ai joué du vijouer du piano en famille Gaëlle Zaïd pour Parents à Parentsoloncelle et du piano pendant toutes mes grossesses. J’ai, eu, pendant ces moments sacrés, un temps que je n’ai plus guère en ce moment (mais qui reviendra au moins quand mes enfants seront grands).

    J’ai également eu pour chacun une chanson qui m’est venue et qui leur était dédiée, que je leur chantonne encore à présent pour leur dire combien je les aime et comme nous sommes heureux ensemble.

    Après leur naissance, il m’est encore arrivé souvent de bercer ou d’endormir*.mes petits agrippés comme des koala sur mon dos, en jouant au piano des petites choses toutes douces, des improvisations toutes simples que je mêlais au chant de ma voix et qui nous apaisaient tous, parents et enfants.

    la musique a cette capacité à nous relier à notre joie la plus profonde, au-delà de tous les soucis

    jouer de la musique en famille Darbuka en Kabylie Gaëlle Zaïd pour Parents à ParentsQuand nous allons en Kabylie, la musique, là aussi, est accessible, simple et vivante. Elle a, en sus, cet instinct collectif qui manque souvent à nos maisonnées européennes.

    A la moindre occasion (et toujours, l’occasion est bonne), l’une de mes belles sœurs prend un bidon qui, sous ses mains agiles, se transforme en darbouka et met tout le monde en mouvement. Les autres activités s’arrêtent, et en quelques minutes, toute la famille est debout, à rire et à danser, la joie plein les visages.

    Là bas, la musique a cette capacité à nous relier à notre joie la plus profonde, au-delà de tous les soucis. La musique balaie tout. Elle est et nous sommes avec elle.

    Au cours de nos différents voyages, en particulier quand nous ne connaissions pas la langue de ceux que nous rencontrions, nous avons toujours utilisé le langage universel de la musique – comme la plupart des voyageurs. Un tambour, une flûte, un simple chant et le lien s’établit comme par magie !

    Pourquoi jouer d’un instrument ?

    La musique, c’est la mise en mouvement d’un sens qui, comme les odeurs peut-être, nous renvoie à la part la plus sensible de nous-mêmes.

     jouer d’un instrument, chanter, c’est faire émerger la musique qui est en nous

    C’est dire la place qu’elle a dans nos vies, dans notre façon de nous tenir au monde et d’y prendre notre place. Le son entendu à l’extérieur nous parle de ce qui nous anime à l’intérieur. Ce n’est pas pour rien qu’au moyen-âge, on disait que la musique était la porte de l’âme et qu’elle devait dire l’harmonie du monde. C’est pour cela, aussi, qu’il ne suffit pas d’écouter la musique composée et interprétée par d’autres.

    Car jouer d’un instrument, chanter, c’est faire émerger la musique qui est en nous.

    Qu’importe que nous le fassions moins bien que les musiciens les plus virtuoses. Qu’importe tant que nous y prenons du plaisir et que ce jeu, sérieux s’il en est, nous permet de faire un peu mieux connaissance avec nous-mêmes, avec les autres et avec le monde. Voilà pourquoi je suis de l’avis des parents qui pensent que jouer d’un instrument, c’est important. Oui, mais pas dans n’importe quelles conditions parce que j’ai à cœur qu’une vraie rencontre musicale survienne !

    Comment la musique améliore les apprentissages

    Jouer de la musique en famille Anais Schenke pour Parents à ParentsL’apprentissage de la musique et d’un instrument a aussi des vertus extrêmement concrètes.

    L’effet de l’apprentissage de la musique sur les mathématiques

    Paul Lebohec (1), qui aimait beaucoup le chant libre et l’avait développé dans ses classes, avait remarqué que la musique améliorait et ouvrait le champ à bien d’autres apprentissages, et notamment aux mathématiques. C’est logique : la musique est un langage de ce type. Et pas besoin de se noyer dans le solfège pour y parvenir ! C’est tout naturellement que la musique fait travailler l’oreille et les mathématiques. « Écoutez, regardez des partitions, faites de l’harmonie, vous comprendrez les notions d’équilibre, de symétrie, des notes qui vont bien ensemble et pourquoi, explique Philippe Kaczmarek ! Les petits exercices de reconnaissance de notes, de lecture de notes sont aussi une façon « d’agiter les neurones », d’apprendre à reconnaître de nouveaux signes, de nouvelles formes, de stimuler l’esprit, de développer rapidité, précision, réflexe tout cela dans une ambiance ludique ».

    L’effet de l’apprentissage de la musique sur les facultés cognitives

    Si l’écoute de la musique suffit déjà à développer la concentration ainsi que certaines facultés cognitives (2) (c’est ce qu’on appelle « l’effet Mozart »), il a été montré que les enfants qui jouent d’un instrument, augmentent également leur mémoire et développent une meilleure coordination motrice.

    • Des scientifiques israéliens et danois ont prouvé que la musique accélère le développement de la parole, la communication non verbale et permet un apprentissage plus rapide et plus facile non seulement de la langue maternelle, mais aussi des langues étrangères (3).
    • D’autres études montrent que l’apprentissage de la musique modifie la structure et le fonctionnement de différentes zones du cerveau. Jouer d’un instrument améliore la sensibilité auditive, les capacités motrices et l’attention des enfants. La musique constitue aussi un beau moyen de développer sa créativité (3) (4).
    • Des études montrent aussi son effet sur la plasticité cérébrale (3).

    Et il reste sans doute énormément à dire sur l’effet de la musique sur le développement des facultés émotionnelles et de l’identité !

    Illustrations : Anaïs Schenke

    Photos : Gaëlle Brunetaud Zaïd

    Gaëlle Brunetaud-Zaïd 06 86 84 96 82

    *livre numérique « Regards Croisés » sur le sommeil que vous pouvez télécharger ici
    (1) Paul Lebohec développait des situations « d’expression-création » en se saisissant de toutes les occasions pour faire percevoir et intégrer les codes des différents langages – des mathématiques à l’écrit en passant par le dessin et la musique. Pour en savoir plus sur Paul le Bohec : http://www.amisdefreinet.org/lebohec ; http://www.meirieu.com/PREFACES/lebohec.htm. Pour en savoir plus sur la Méthode Naturelle de musique : http://www.icem-freinet.fr/archives/educ/73-74/14/educ_73_74_14.pdf
    (2) L’écoute de la musique classique est bénéfique à la capacité de la concentration et développe certaines facultés cognitives. C’est ce qu’avait montré Frances Rauscher de l’Université de Wisconsin avec un article paru en 1993 dans la revu scientifique « Nature » sous le titre « Music and spatial task performance ». Découverte qui a été appelée « l’effet Mozart »

    (3) perspective on the power of music
    (4) A propos des bénéfices liés à l’apprentissage de la musique, ce document rassemble différentes études et articles.

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    06 Mai
    06 Mai
  • Chanter partoutDans toutes les régions du monde, on chante pour endormir ou apaiser les tout petits : des berceuses qui se transmettent de génération en génération, des chansons écoutées quelque part, que nous avons mémorisées sans y prêter garde, ou des mélodies qui nous viennent à la bouche naturellement, inventées de toutes pièces ou brodées sur des airs connus. Avez-vous fait l’expérience de ces chants improvisés ?

     Avant de me lancer spontanément, je n’aurais pas imaginé m’amuser autant avec les mots et les sons. Enfant, ado, j’avais peur de chanter faux, de ne pas être en rythme ou d’être mal reçue par les autres. La maternité, heureusement, m’a désinhibée. Quand j’étais enceinte, je me suis mise à chanter pour mon bébé spontanément, je ne saurais dire pourquoi. Il n’y avait personne pour donner un avis ou émettre un jugement, le chant remplissait l’espace et disait la joie que j’avais à porter ce petit être.

    Quelques notes qui tissent le lien

    Ce n’étaient que quelques notes, un refrain et deux couplets tout simples sortis de je ne sais où, il n’y avait pas de quoi en faire une chanson dont j’aurais pu être fière, mais c’est devenu, peu à peu, au fil des mois, un lien de plus entre ce bébé et moi. Quand ma fille est née, j’ai continué à fredonner cet air qui n’appartenait qu’à nous, et qui, le plus naturellement du monde, avait le don de l’apaiser. Six ans plus tard, il nous arrive encore de l’entonner, quand elle a mal, qu’elle s’est blessée, qu’elle est chagrin ou fatiguée. Quand j’étais enceinte de sa sœur et son frère, d’autres sons et d’autres mots sont nés pour eux, rien que pour eux. Ces chansons là aussi, je les reprends fréquemment, à toute occasion.

     

    Un chant pour la vie

     Il y a quelques mois, j’ai lu que dans une tribu africaine,

    un chant nait pour chaque enfant,

    avant même qu’il ne soit conçu,

    et ce chant là l’accompagne toute sa vie.

     

    La berceuse du jour, celle qui vient spontanément et qui endort à coup sûr

     Chemin faisant, nous ne nous sommes pas limités à un chant par enfant. Quand j’aide mes petits à s’endormir le soir (surtout le plus jeune), je cherche souvent un refrain pour les accompagner dans leur sommeil. Parfois, c’est un air connu, une berceuse, un chant spirituel, et, plus souvent encore, ce sont quelques notes répétées, des variations qui se tissent sur un air, puis des mots qui les rejoignent.

    Je ne saurais pas dire d’où ils viennent, ils disent l’ambiance du moment, ce que nous avons sur le cœur, ils parlent de la lune, des étoiles et de la nuit, ils évoquent notre place dans l’univers.

    Parfois, un chant naît à plusieurs voix. Un enfant entonne quelques notes ou dit quelques mots que nous reprenons spontanément.

    C’est un jeu tout simple, et c’est fou ce qu’il nous rassemble !

     Nous y jouons parfois en plein jour, quand un mot nous amuse ou nous trouble, pour alléger l’ambiance ou la peine, ou juste parce ça nous enchante.

     

     Le chant « naturel », celui qui nous rassemble

     C’est vraiment simple comme bonjour, et c’est dans cette simplicité là que naît la joie.

    C’est en lisant Paul Lebohec* que j’ai compris comment s’opérait cette jolie magie, comment naissait ce qu’il appelle la « musique naturelle ». Paul le Bohec n’était pas musicien (il était instituteur). Et c’est tant mieux, explique-t-il : « Si j’avais été chanteur, j’aurais été amoureux de ma voix, et on serait resté dans la même voie de consommation des chansons des autres… En fait, il s’agit seulement d’être pédagogue, même si on n’y connaît pratiquement rien** ». A l’école, dans sa classe, il arrivait ainsi ce qui se produit fréquemment chez nous, et sans doute chez vous : spontanément, un enfant en train de jouer se met à chantonner sur quelques notes pour raconter ses vacances, sa peine, sa joie. Le chant libre, souvent, dit davantage que le texte oral sans notes, car « la dominante, c’est le plaisir, c’est le rire thérapeutique et même le fou-rire à propos des essais de voix, des messages syncopés, des chants à deux, des textes bizarres : « la goélette et le cacatois », « Un jour, deux souris Tobus », … Cela ne semble pas du tout sérieux ; cependant on travaille au moins à la santé des enfants puisque les rires et les émotions délivrent des endorphines **», analysait Paul Le Bohec.

    Faire émerger la musique qui est en soi

    Dans son école, l’instituteur avait remarqué que l’expression la plus « engagée » de ses élèves s’appuyait seulement sur trois ou quatre notes. « La pensée à exprimer n’était alors pas perturbée par des accidents mélodiques qui auraient remis l’intellect en marche. Il fallait qu’il y eut une sorte d’abandon pour que les choses puissent remonter des profondeurs. Comme tous les peuples l’ont fait dans des complaintes, des mélopées, des « goualantes »** ».

     C’est un exercice qu’on peut provoquer en répétant des sons rigolos, en écoutant les bruits autour de nous, en fabriquant des instruments de musique tout simples (comme une petite bouteille qu’on remplit à demi de légumineuses ou de cailloux, un tube dans lequel on perce quelques trous pour en faire un pipeau,…). « N’hésitons pas, nous, les adultes, à chanter, fredonner… c’est généralement joyeux et c’est une graine planté dans la tête et le cœur d’un enfant. Un jour, il essaiera à son tour, à un moment qui sera le sien » me dit Francine Tétu, qui a longtemps animé des ateliers de musique naturelle et qui m’a fait connaître Paul Lebohec.

     

    illustration : Leandro Lamas

     *Paul Le Bohec (1921-2009), instituteur à Trégastel (côtes d’Armor) pendant 23 ans, fut l’un des plus proches collaborateurs de Célestin Freinet. Il est resté fidèle aux principes de la Méthode Naturelle de la pédagogie Freinet plus qu’aux outils développés par la suite. Pour faire sa connaissance : http://www.amisdefreinet.org/lebohec/ ; et le livre : « L’école réparatrice de destins, sur les pas de la méthode », L’harmattan 2007 .

     **pour lire le texte en entier : le texte de Paul Lebohec sur le chant libre 

     

     

     

    18 Fév
    18 Fév

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