Sommeil et maternité : un mix tisane « Molotov »

  • Début d’allaitement difficile, nuits hachées, douleurs post-natales, fatigue intense, doutes, … il n’en faut pas beaucoup pour que tout bascule. Sergine retrace pour nous son parcours de jeune mère épuisée, de la traversée de la dépression à l’équilibre et la confiance.

    Enfant, je me voyais mère à 27 ans. J’aurai 3 enfants. Une tribu unie, célébrant la vie et respectant la nature de chacun, dans l’amour simple et la complicité bienveillante, dans la joie et le jeu. J’avais 36 ans quand Noé Ange Komomé, mon fils, est venu au monde, fruit d’une union jeune et magique.
    Ma grossesse a été merveilleuse physiquement. Sur le plan émotionnel, le passage initiatique à la maternité faisait son oeuvre : « ça brassait», comme on dit au Québec (anxiété et peurs) ! Nous nous sommes offerts le précieux présent d’un accouchement naturel, en maison de naissance. Un enfantement pleinement accueilli physiquement et si défiant mentalement ! Que de doutes durant les sept heures entre une dilatation à 9cm et l’arrivée de bébé ! À 5h55 le 27 mars 2012, Noé est né.
    Le soir-même, l’aventure sommeil commençait.

    Avec ou sans lait ? L’allaitement au fil du sommeil

    yoann lambert sommeil maternitéBébé ne buvait pas. Alors la nuit suivante, à la maison de naissance, une accompagnante venait nous réveiller toutes les heures pour que nous lui donnions le colostrum au doigt. De retour à la maison, nous, si confiants dans la vie, nous retrouvions désemparés, seuls et déjà épuisés. Je souffrais d’une plaie au périnée qui rendait la position assise insoutenable. J’étais stressée et anxieuse avec mon petit qui avait perdu trop de poids. Comme le papa, je n’aurais jamais envisagé que l’allaitement serait un parcours du combattant de plusieurs mois, drainant beaucoup d’énergie.

    « De retour à la maison, nous, si confiants dans la vie, nous retrouvions désemparés, seuls et déjà épuisés »

    Une infusion chronométrée : un sommeil en pointillés

    L’enjeu de l’allaitement ponctuait le quotidien d’une discipline et d’un suivi qui nous empêchaient de nous laisser-aller dans le mouvement simple de la vie. Les nuits se découpaient en une succession de réveils programmés pour répondre au besoin vital de nourrir notre fils. Je me
    réveillais toutes les deux heures pour l’allaiter, puis j’allais tirer mon lait. Je dormais ainsi par tranches d’une heure, ne rejoignant jamais le sommeil profond.
    Trois ou quatre mois plus tard, l’allaitement était fluide. Joie ! Et aujourd’hui, deux ans plus tard, nous partageons encore ce bonheur savoureux et complice. Mais pour le sommeil, c’était une autre « tasse de thé ». À 8 mois, Noé se réveillait encore toutes les heures ou les deux heures. Je vivais les couchers avec une grande appréhension : l’endormissement prenait une heure, voire davantage, avant que je quitte la chambre, la boule au ventre. Noé se réveillait une demi-heure plus tard. Pas de répit. Et le jour, Noé résistait au sommeil. La sieste, pour lui, rimait avec balade en poussette.

    « J’ai compris, quand Noé avait huit mois, qu’il se réveillait pour prendre soin de moi »

    La plante anxiogène : maternité et dépression

    yoann lambert sommeil maternitéLa dépression, latente en moi depuis quelques années, s’est pleinement révélée avec la maternité. Magie de ce passage initiatique qui met en lumière tout ce qui nous habite afin que nous puissions faire le ménage et créer pour soi, et pour nos enfants, une vie pleine du sens, tissée avec notre cœur et nos valeurs ! Cette dépression, j’ai mis du temps à l’identifier clairement, mais elle a très nettement teinté mon expérience. J’ai compris, quand Noé avait huit mois, qu’il se réveillait pour prendre soin de moi. Il suffisait d’observer son comportement : il n’y avait aucun doute. Il était parfaitement capable de dormir. Il avait besoin que sa mère s’endorme avec lui et de se s’assurer régulièrement qu’elle allait bien.
    La dépression nous coupe de notre intuition. Elle interfère sur la façon dont nous voyons la vie, et dont nous en appréhendons les événements. Je vivais dans ma tête, en proie aux doutes, constamment. J’accueillais les événements avec anxiété, déconnectée de mon « centre » et de mon conjoint. C’est à dix-huit mois que Noé a commencé à expérimenter des nuits continues. La dépression et l’épuisement étaient à leur apogée.
    Aujourd’hui, je me sens encore vulnérable, mais je suis centrée et connectée à ma sagesse intérieure. Noé a aujourd’hui deux ans et demi. Chaque soir, nous prenons le train du sommeil ensemble, quel qu’en soit le voyage. Depuis deux mois, il a besoin de dormir dans mon lit.
    J’accueille ce qui est : je suis le flot de la vie, pleinement dans le « maintenant ». Je suis à l’écoute de ses besoins, des miens du mieux que je peux, et je remets en question mes résistances. Je crée mes réponses avec mon intuition et celle de mon fils, dans la confiance.

    « La dépression nous coupe de notre intuition »

    Un mélange homogénéisé : le sommeil intriqué avec la vie

    yoann lambert sommeil maternitéIl m’est impossible de dissocier le sommeil, l’allaitement, mes états physique et émotionnel, ceux du père de mon fils et ceux de mon fils. La vie embrasse tout ce qui est et tout ce que nous sommes, dans un même mouvement. Or, j’observe une tendance très marquée dans nos sociétés «modernes» à compartimenter la vie : la famille, le travail, soi, la santé, les loisirs, … En réponse à notre besoin de rationaliser … pour pouvoir contrôler.
    Il en est de même pour la maternité et les bébés : il y a le sommeil, l’allaitement, le langage, etc, que l’on envisage comme des sachets de thé à infuser dans des tasses hermétiquement séparées les unes des autres. Les herbes comme la vie, comme toute vie, conservent leur essence lorsque nous les laissons infuser en vrac, là où leur intégrité est intacte. L’harmonie des saveurs est propre à chacun et à chacune.

    Sergine Martinez

    illustrations : Gioia Albano et Yoann Lambert

    Vous trouverez de nombreuses pistes sur l’endormissement, le sommeil, les réveils nocturnes dans le très beau livre numérique Hors Cadre – Regards Croisés sur le Sommeil

    Parents à Parents livre numérique Regards croisés sur le sommeil

    05 Avr
    05 Avr
  • A l’occasion de la journée de la non violence éducative, nous avons préparé un magazine numérique, téléchargeable et consultable gratuitement sur ce site.

    Sortir de la violence éducative : les pères témoignent – Édito

    Y a-t-il un rapport entre les violences faites aux femmes (sept femmes sur dix dans le monde en sont victimes) et celles faites aux enfants (un enfant sur dix en France) ? Et y a-t-il un lien entre les violences graves (crimes, homicide, viol, guerre, …) et les plus « légères »  (fessées, humiliations, … qui concernent 80 à 90% des enfants)*1 ? C’est ce que nous vous proposons de voir dans ce numéro. Notre objectif n’est pas d’accumuler les constats alarmistes, mais de montrer que rien de tout cela n’est inéluctable.

    La violence n’est pas qu’une affaire de « mâle » (ils en sont victimes, eux aussi*²) ; les hommes et les pères qui sortent des modèles archaïques de domination sont de plus en plus nombreux. Nous avons eu envie de leur donner la parole, de les voir se détacher de leur héritage culturel, laissant le manteau/fardeau de l’autorité paternelle pour entrer dans des liens joyeux et vivants, dont, disent-ils, ils sont les premiers bénéficiaires. Voyez plutôt…

    Gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Sommaire

    Au sommaire de ce beau numéro, illustré par des artistes, à télécharger ou feuilleter en ligne après avoir cliqué sur le lien ci-dessous

     

    Hors Cadre Parents à Parents Hommes et Bienveillance

     

     

     

     

     

    sommaire magazine webzine Parents à Parents avril 2014sommaire magazine webzine Parents à Parents avril 2014

     

     

     

    *1 Dans le monde, sept femmes sur dix subissent des violences physiques ou sexuelles – dans bien des cas, depuis leur plus tendre enfance. Rien qu’en France, au moins 10 % des enfants sont victimes de violences physiques, d’agressions sexuelles, de négligences graves, d’abandon affectif, d’humiliations et d’insultes. Mais si on étend le champ de la violence reçue à toutes les « violences ordinaires » (menaces, fessées, humiliations verbales), ce sont 80 à 90% des enfants, en France et dans les pays où cette méthode éducative n’a pas été remise en cause, qui subissent encore ce mode de dressage.
    Sources : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/25/sept-femmes-sur-dix-dans-le-monde-sont-confrontees-a-des-violences-physique-ou-sexuelles_3519684_3244.html
    http://maltraitancedesenfantsgrandecausenationale2014.wordpress.com/pourquoi-un-colloque-sur-les-violences-faites-aux-enfants/
    http://www.oveo.org/fichiers/DiaporamaMaurel.pdf

    *2 Si les femmes font deux fois plus de tentatives de suicide que les hommes, les hommes se suicident trois fois plus que les femmes, ont trois fois plus de risque de sombrer dans l’alcoolisme et la drogue (moyenne mondiale : 10 hommes pour une femme) et sont bien plus en échec scolaire (cf. notre article sur le site parentsaparents.fr)
    sources : http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/er488.pdf, http://www.inpes.sante.fr/70000/dp/03/dp030122.pdf , http://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/WDR2012/WDR_2012_French_web.pdf

     

    Parents à Parents #1

    A découvrir aussi
    Regards croisés sur le sommeil : en finir avec ses soucis de sommeil, sommeil bébés, ados, adultes, insomnies, peur du soir, réveils nocturnes, cauchemars pour Parents à Parents

    30 Avr
    30 Avr
  • Pendant que j’attendais mon bébé, je me suis souvent imaginée le regardant dormir à points fermés dans son petit lit (que je n’avais pas encore acheté !) puis retournant vaquer à mes occupations, quelles qu’elles puissent être. «On» me l’avait dit et redit, « un bébé «ça dort» tout le temps », «plus vite il/elle ferait ses nuits, mieux ce serait » , « il y avait des méthodes pour qu’ils apprennent à s’endormir tout seuls toute la nuit »…. c’était donc sûr que, moi, j’allais gérer. Mais il y a les résolutions que l’on prend avant la naissance et puis les solutions que l’on adopte après !

    Pourquoi les bébés se réveillent-ils souvent quand on les pose?

    Je découvrais Gioia Albano le sommeil des bébés pour Parents à Parentsun petit être qui semblait perdu hors de mes bras, et qui, le jour comme la nuit, ne dormait pas plus de vingt minutes d’affilé dans son couffin. C’était bien loin du nombre d’heures qu’est sensé dormir un nouveau-né. Quand ma fille s’était endormie à la fin de la tétée, je m’appliquais à la coucher, avec toutes les contorsions nécessaires pour ne pas la réveiller. Mais malgré toute la délicatesse de mes gestes accomplis au ralenti, elle se réveillait en pleurant, au mieux dans le quart d’heure, au pire dans les minutes qui suivaient. Alors le scénario se répétait : tétée, endormissent, contorsions pour la poser … ; nous y passions nos matinées, nos après-midis, nos soirées, nos nuits…. Mon bébé ne dormait pas, c’était épuisant et frustrant pour nous deux, je commençais à me décourager et à perdre confiance en mes capacités de mère.

    «On» m’avait pourtant dit qu’un bébé ça dormait! «On» ne m’avait pas dit qu’un bébé ça dormait bien mieux et plus longtemps sur sa maman (ou sur son papa, son frère, sa soeur, sa mamie, son papi …) et qu’en plus c’était très bon pour sa santé de dormir près d’une personne sécurisante (1).

    mon bébé avait bien des rythmes de sommeil, certes irréguliers, mais faits de «phases» différentes qu’il me fallait deviner.

     

    (1) D’après une étude publiée dans le Biological Psychiatry Journal : http://www.biologicalpsychiatryjournal.com/article/S0006-3223(11)00639-1/abstract

    Illustrations :  Gioia Albano

    Au sommaire dans cet article à lire dans le Hors Cadre « Regards Croisés sur le sommeil » :

    le train de sommeil des nourrissons – Le train de sommeil des bébés – Les variations des trains de sommeil au fil des âge –

    Adapter nos rythmes de sommeil pour se reposer – Quels risques à laisser pleurer son bébé?

    Regards croisés sur le sommeil : en finir avec ses soucis de sommeil, sommeil bébés, ados, adultes, insomnies, peur du soir, réveils nocturnes, cauchemars pour Parents à Parents

    14 Fév
    14 Fév
  • Comment éduquer, élever nos enfants, comment les accompagner dans la vie, sur quelle base développer nos relations ? Y a-t-il une règle qui vaudrait pour tout, tout le temps, qui pourrait nous éviter des centaines d’heures de lecture et d’intenses élucubrations intellectuelles ? Je crois que oui.

    Il n’y a peut être rien qui nous mette autant « au travail » que la naissance de nos enfants, ces petits êtres qui nous sont à la fois « si loin et si proche », chair de notre chair dont l’identité semble nous échapper.

    Noémie, jeune maman de 24 ans, me le disait tout à l’heure : « la naissance de ma fille a tout changé. Depuis qu’elle est là, je ne vois plus la vie pareil. Je ne peux plus voir un film d’horreur, je ne veux plus prendre autant de risques pour moi et je ne supporte plus mon métier (elle est policière). Je n’aurais jamais imaginé tout ça avant son arrivée ». Un tel volte face de nos préférences peut nous désarçonner au point qu’il est possible que nous ayons encore plus de mal à nous faire confiance, dans la mesure où d’un certain point de vue, nous ne nous reconnaissons plus vraiment.

    Où trouver les réponses ?

    l'arbre de vie Gioia Albano pour Parents à ParentsComme vous sans doute, j’ai lu des livres pour savoir comment me comporter avec mes enfants, comment réagir à telle ou telle situation et puiser des idées nouvelles.

    Comme vous sans doute, j’ai douté, je me suis demandée comment faire avec ces bébés qui me réveillaient la nuit, avec cet enfant qui avait si peu d’appétit quelquefois, j’ai cherché à savoir comment aider mes filles, souvent si complices, à ne pas se crêper le chignon, comment aider mon fils à traverser ses colères, comment aider ma fille à accepter de lâcher les petites roues du vélo ou d‘apprendre à lire,…

    Alors que mon aînée va avoir sept ans, je me rends compte que la seule règle qui ait vraiment fonctionné chez nous, c’est l’amour. L’impératif d’amour, le faire passer en premier. C’est là où la maternité m’a le plus transformée : elle m’a rendue plus proche de moi, plus sûre de mes intuitions, et plus à l’écoute de mon cœur. J’ai vu des médecins se tromper, j’ai vu des amis me raconter des balivernes sur mes enfants. Mais je n’ai jamais entendu ma petite voix intérieure me duper.

    Les réponses n’ont jamais été dehors, elles sont toutes dedans.
    Mais comme vous j’ai parfois besoin de passer par l’extérieur pour retrouver le chemin vers moi-même, que j’avais un peu perdu en n’apprenant pas à faire confiance à mes émotions et à mes intuitions.

     

    Les livres, au fond, n’ont servi qu’à me conforter quand ils abondaient dans mon sens pour rassurer mon cerveau qui avait du mal à accepter mes intuitions, ce qui n’est pas rien, mais qui n’est pas tout non plus.

    Les réponses n’ont jamais été au dehors, elles sont toutes au dedans. Mais comme vous j’ai parfois besoin de passer par l’extérieur pour retrouver le chemin vers moi-même, que j’avais un peu perdu en n’apprenant pas à faire confiance à mes émotions et à mes intuitions.

    Suivre son cœur

    Comme vous pHarmonie mere bébé Gioia Albano pour Parents à Parentseut être, je doute quinze fois par jour et je me trompe souvent quand je réagis aux sirènes de ces idées toutes faites qui me traversent l’esprit (« il faut absolument qu’un enfant mange ceci et cela chaque jour trois fois par jour » ; « ces colères ne sont pas normales, il faut les faire taire »), mais à chaque fois que je me mets dans mes meilleures dispositions d’amour et qu’alors, je suis l’élan de mon cœur, je ne fais jamais de mauvais choix.

    Faire passer l’amour en premier, ce n’est pas, pour moi, tout accepter, tendre la joue droite quand on s’est fait gifler la gauche. C’est prendre le point de vue de l’amour, c’est voir plus loin que le bout de mon nez et de mon émotion de l’instant pour aller vers ce que je veux vraiment. C’est me reconnecter à tout l’amour que j’ai pour mes enfants et mon mari avant de leur adresser la parole. Et c’est fou comme ça marche, comme le message passe, comme les solutions s’imposent d’elles-mêmes.

    Vous vous direz peut être qu’il n’est pas si simple de distinguer, en nous, la petite voix de la pensée toute faite du mental. Ça m’a longtemps posé question, mais finalement je crois que c’est relativement simple : ma petite voix est douce et légère, elle ne rabâche pas, elle met en joie et elle laisse sur son passage une belle sensation de liberté. La voix de mon mental se répète, elle se nourrit des peurs et des expériences passées. Mais elle a des choses à dire, alors souvent, je laisse les deux se parler. Le processus prend très peu de temps : en quelques secondes c’est plié et j’accepte de suivre mon cœur… ou je prends la liberté de faire autrement.

     

     Ne soyez pas ferme, soyez vrai

    Ce que j’aime aussi, avec cette manière de voir le monde, c’est qu’elle nous libère. Je suis toujours mal à l’aise quand je lis dans les livres « là, soyez fermes ».

    l’amour est mon seul maître, parce qu’il suscite toujours le meilleur et me comble de joie

    Rester ferme (fermé?) sur une position quelle que soit la situation, par principe, alors qu’on n’y croit pas vraiment, quel sens ça a ? Si une attitude nous semble juste et bonne, nous la tiendrons forcément, sans avoir besoin de nous l’imposer, de nous y arc-bouter, de nous la répéter. Si nous avons besoin d’user de fermeté, c’est peut être qu’au fond, nous n’y croyons pas vraiment. Nous avons envie que la situation actuelle change, mais une part de nous doute un peu, voire beaucoup que cette pratique là soit la bonne. Car c’est la technique d’un autre que nous essayons. Nos enfants ne sont pas idiots, ils sont même bigrement lucides. Pas moyen de les duper. Le parent, c’est nous, ce n’est pas le pédiatre, la tante, la voisine ou la grand-mère, ce n’est pas l’auteur de ce livre qui ne vous a jamais vu et ne vous verra sans doute jamais. Le parent c’est nous, et la relation c’est tout de suite, ici et maintenant. C’est pour ça que l’amour est mon seul maître, parce qu’il suscite toujours le meilleur et me comble de joie. Car oui, le seul indicateur qui vaille, sur la qualité de nos relations, c’est la joie !

    Que cette journée vous soit, à tous, très très bonne et douce ….

    illustrations : Gioia Albano

    27 Nov
    27 Nov
  • la violence éducative ordinaire

    Photo Yoann Lambert

     

    La violence éducative ordinaire, ce sont ces fessées, ces gifles, ces menaces, ces punitions, ces railleries et moqueries que nous avons subies quand nous étions enfant et que nous faisons subir à nos enfants tant que nous n’avons pas conscience de leur impact et tant que nous n’avons pas déconstruit nos conditionnements. Ce sont tous ces traitements infligés « pour notre bien » et qui ne semblent normaux, ordinaires, que parce qu’ils sont subis et transmis de génération en génération.

    Cet article a été co-écrit avec Olivier Maurel*

     

     

     

    « Ces effets peuvent paraître invraisemblables et disproportionnés, mais pour les comprendre il suffit de se rappeler
    que notre organisme est doté de deux systèmes d’autoprotection : le système immunitaire et le stress »

    Non, ces gestes et ces mots ne sont pas anodins : la preuve (scientifique)

    De nombreuses études, sérieuses, documentées, longitudinales ont été réalisées, sur les impacts des « petites violences ordinaires » , celles qu’on pourrait croire anodines, qui montrent que les fessées, même peu fréquentes, suffisent à altérer les capacités intellectuelles et sociales : les enfants fessés de moins d’un an sont plus susceptibles d’être agressifs à l’âge de trois ans et plus déprimés ou anxieux à l’âge de cinq ans(1). Les fessées ont, entre autres, un impact sur le QI des enfants(2), qui est d’autant plus réduit que les enfants sont fessés à un âge précoce, ainsi que sur la compréhension du langage (3).
    Ces châtiments ne se contentent pas d’imprégner l’enfant, ils ont encore des répercussions sur sa santé physique et mentale à l’âge adulte. Cancer, troubles cardiaques et asthme à l’âge adulte (4) sont plus fréquents chez les personnes qui en ont reçu, tout comme les troubles du comportement, de la personnalité, les maladies mentales, la dépression, les problèmes d’alcool ou de drogue (5) et les suicides (6).

    Comprendre les effets de la violence éducative ordinaire

    Ces effets peuvent paraître invraisemblables et disproportionnés, mais pour les comprendre il suffit de se rappeler que notre organisme est doté de deux systèmes d’autoprotection : le système d’alarme qui nous protège des agressions extérieures et le système immunitaire qui nous protège des agressions intérieures (microbes, virus…). Notre système d’alarme, le stress, déclenche, en cas de danger ou d’agression, un flot d’hormones destiné à permettre à notre organisme de fuir ou de s e défendre efficacement.

    • La réaction d’alarme est en fait le premier stade du stress.
    • Ensuite vient le stade de résistance, d’adaptation à l’agent stressant, puis le stade d’épuisement, si l’action de l’agent stressant est excessive ou dure trop longtemps.

    Pour obtenir cette résistance et cette adaptation, le système d’alarme désactive toutes les fonctions qui ne sont pas indispensables à la fuite ou à la défense, comme, par exemple, la digestion, la croissance et le système immunitaire. Plus les agressions sont fréquentes, plus le système immunitaire est désactivé et réactivé, moins il devient efficace et moins il protège des maladies.
    Or, l’organisme des enfants ressent gifles, fessées et menaces comme des agressions, quelle que soit l’intention avec laquelle on donne ces punitions.

    Et les gifles et fessées, quand on a commencé à en donner, deviennent très vite des habitudes. Ainsi, en croyant donner des gifles et fessées « qui n’ont jamais fait de mal à personne », on affaiblit, sans en avoir la moindre conscience, la capacité de résistance des enfants aux maladies, ainsi que leur système digestif, voire leur croissance.
    Mais les effets de la violence éducative ne s’arrêtent pas là. Le traumatisme s’inscrit dans notre génome à travers les modifications épigénétiques des gènes récepteurs et peut se perpétuer sur au moins trois générations (7) ; les chercheurs ont aussi observé que les femmes ayant subi des violences dans leur enfance ont un risque trois fois supérieur aux autres d’avoir un enfant autiste (8).

     « Pour mettre fin au cycle de la violence, nous sommes invités à changer notre regard sur nos enfants, ce qui nous oblige presque automatiquement à regarder l’enfant que nous avons été »

     La suite est ici, dans ce magazine numérique, illustré par des artistes, à télécharger ou feuilleter gratuitement en ligne après avoir cliqué sur le lien ci-dessous

     

    Parents à Parents Webzine#1

    illustration de l’article : Yoann Lambert ; page de couverture du magazine : Gilles Levrier

     

    * Bibliographie d’Olivier Maurel : La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines, éditions l’Instant Présent, 2012. Oui la nature humaine est bonne !, Robert Laffont, 2009. La Fessée : questions sur la violence
    éducative, La Plage, 2004, préface par Alice Miller. OEdipe et Laïos : Dialogue sur l’origine de la violence, Éditions L’Harmattan, 2003.
    ** L’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire est à la fois une association et un site créés dans le but d’informer le plus largement possible l’opinion publique et les responsables politiques sur la pratique de la violence
    éducative ordinaire, c’est-à-dire les diverses formes de violence utilisées quotidiennement pour éduquer les enfants dans les familles et les institutions.
    Pour en savoir plus : voir le numéro 176 du magazine l’Enfant et la Vie et son dossier sur « l’autorité : un pas vers l’autre », dont cet article est partiellement issu. http://www.lenfantetlavie.fr
    Les études scientifiques présentées ici proviennent du site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire, où il est possible de lire les conclusions documentées et de trouver les sources dans leur intégralité.
    (1) Andrea N. Gromoske, Kathryn Maguire-Jack, University of Wisconsin–Madison, étude publiée dans le Journal of Marriage and Family, octobre 2012, p. 1054-1068. À ceux qui pensent qu’« une bonne fessée n’a jamais
    fait de mal à personne », une nouvelle étude réalisée en 2012 sur 3 870 familles a montré que les enfants fessés (spanked) de moins d’un an étaient plus susceptibles d’être agressifs à l’âge de trois ans et plus déprimés ou
    anxieux à l’âge de cinq ans.

    (2) Selon l’une étude présentée en 2009 par le Pr Murray Straus, sociologue et codirecteur du Family Research Laboratory de l’université du New Hampshire, les châtiments corporels réduisent le quotient intellectuel des enfants. Mesuré
    quatre ans plus tard, le QI des enfants qui avaient reçu des fessées de leur mère entre l’âge de 2 et 4 ans était inférieur de 5 points à celui des enfants qui n’en avaient pas reçu, tandis que le QI des enfants qui avaient reçu des fessées
    entre 5 et 9 ans était inférieur de 2,8 points à celui des enfants qui n’en avaient pas reçu au même âge.
    (3) Etude longitudinale menée par Michael J. MacKenzie, Eric Nicklas et Jane Waldfogel de la School of Social Work, et Jeanne Brooks-Gunn du College of Physicians and Surgeons and Teacher’s College, Columbia University, New York,
    publiée dans la revue Pediatrics sous le titre Spanking and Child Development Across the First Decade of Life mesure les effets jusqu’à l’âge de 9 ans. Elle montre que les fessées données par la mère à l’âge de 5 ans, même peu fréquentes, sont associées à un haut niveau de comportements d’externalisation de l’enfant à 9 ans. Les fessées fréquentes données par le père à l’âge de 5 ans sont corrélées avec un niveau plus bas de compréhension du langage à l’âge de 9 ans.
    (4) D’après l’étude de Michael E. Hyland, Ahmed M. Alkhalaf et Ben Whalley, université de Plymouth, Royaume-Uni, étude publiée dans le Journal of Behavorial Medicine, septembre 2012, les coups et les insultes reçus dans l’enfance accroissent les risques de cancer, de troubles cardiaques et d’asthme à l’âge adulte.
    (5) Le 2 juillet 2012 ont paru dans la revue Pediatrics les résultats d’une importante étude sur les effets des punitions corporelles. Cette étude, menée aux Etats-Unis auprès de 34 653 adultes âgés de 20 ans et plus par une équipe de chercheurs canadiens, a porté uniquement sur les fessées et châtiments corporels légers. Les sévices sévères, c’est-à-dire ceux qui causent des hématomes ou d’autres blessures, et les sévices sexuels en ont été exclus. Autrement dit, il s’agit bien des effets de la violence éducative ordinaire telle qu’on l’entend au Canada et en France. Or, il résulte de cette étude que les personnes ayant reçu des fessées et d’autres mauvais traitements physiques ne relevant pas de la
    « maltraitance grave » ont entre 2 et 7 % de risques supplémentaires de présenter à l’âge adulte des pathologies mentales allant des troubles du comportement aux troubles de la personnalité et aux maladies mentales graves, en passant par la dépression et les problèmes d’alcool ou de drogue.

    (6) Selon l’étude menée par Patrick O McGowan, Aya Sasaki, Ana C D’Alessio, Sergiy Dymov, Benoit Labonté, Moshe Szyf, Gustavo Turecki et Michael J Meaney, publiée dans la revue Nature Neuroscience le 22 février 2009, la maltraitance dans l’enfance, à travers le stress induit, modifie l’expression des gènes régulant les récepteurs aux glucocorticoïdes dans l’hippocampe et accroît le risque de suicide.
    (7) D’après l’étude menée par N. Perroud, A. Paoloni-Giacobino, P. Prada, E. Olié, A. Salzmann1, R. Nicastro, S. Guillaume, D. Mouthon, C. Stouder, K. Dieben, P. Huguelet, P. Courtet et A. Malafosse, universités hospitalières de Genève (Suisse) et de Montpellier (France), publiée dans Translational Psychiatry , le 13 décembre 2011, le traumatisme (maltraitance ou négligence physique ou psychologique, abus sexuel) s’inscrit dans notre génome à travers les modifications épigénétiques des gènes
    récepteurs et peut se perpétuer sur trois générations (ou plus, l’étude ayant porté sur trois générations seulement)

     

    04 Août
    04 Août
  • gioia peau à peau naissanceEn 2009, la menace d’épidémie de grippe A amène les maternités à limiter les visites. Les grands-parents et les proches se plaignent (la mesure est tellement impopulaire que certaines maternités s’entourent de videurs),… mais pour certaines jeunes mamans, cette solitude inattendue est une bénédiction.

    Quelle influence les visites à la maternité ont-elles sur la mise en place des liens entre le bébé et sa mère ? C’est la question que nous nous sommes posées en nous souvenant de l’épisode de la grippe A.

    Aurélie avait bien essayé d’allaiter son premier bébé, mais la mise en sein étant difficile, elle avait vite abandonné. A sa grande surprise, avec son deuxième bébé né pendant les restrictions de visites de la grippe A, la mise en route de l’allaitement s’est faite naturellement et n’a posé aucun souci.

    Pourtant, Aurélie n’avais pas tellement plus d’expérience et ne s’était pas préparée davantage. L’équipe soignante était la même, elle n’a pas donné de meilleurs conseils. L’accouchement s’était déroulé, lui aussi, à peu près de la même manière.

    Simplement, comme Aurélie était seule avec son conjoint, elle n’avait eu à « rester présentable » ni à tenir une conversation de salon quand son bébé dormait et qu’elle avait envie de se reposer. Elle n’avait pas eu à fournir d’explications à ses proches sur la façon dont elle comptait s’occuper de son bébé, elle n’avait pas eu à cacher ses seins, elle n’avait pas eu à retarder une tétée en attendant que l’oncle, le père, la belle-mère ou le copain quittent la chambre. Elle avait pu rester concentrée sur son bébé, qui, lové contre elle, allait d’un sein à l’autre à son rythme, sans être distrait ou dérangé. Et c’est ainsi que la « connexion » s’était établie : imperceptiblement, elle avait calé son rythme sur le sien, elle pouvait s’assoupir quand il s’endormait, et elle sentait ses seins se remplir quand il se réveillait. Depuis la grossesse, le lien physique n’avait pas été rompu: il continuait à se tisser après la naissance.

    Selon Aurélie,

    c’est l’absence de visiteurs qui a favorisé son allaitement
    et permis à cette connexion particulièrement efficace de s’établir entre elle et son nouveau né
    .

    Somme toute, c’est assez logique : l’allaitement, l’attachement sont liés à la production d’ocytocine, qui est l’hormone de l’amour. Cette hormone a besoin de calme et se sécurité pour s’exprimer.

    Et certaines femmes sont plus sensibles que d’autres. De la même manière qu’elles ont besoin d’une grande intimité pour faire l’amour ou accoucher, elles ont besoin d’intimité pour que leur allaitement se mette en place. Nous avons échangé avec d’autres femmes, qui ont fait le même témoignage.

    Intéressant, ce lien entre intimité et allaitement, non ? Cela vous parle, ou pas ? Cela dit, d’autres facteurs doivent entrer en jeu, car pour certaines femmes, les visites, au contraire, favorisent l’allaitement … mais ce ne sont pas n’importe quelles visites, et cet article sur la présence des femmes après la naissance complète notre questionnement. Et vous, que pensez-vous de ce lien entre intimité et allaitement, et comment avez-vous vécu (ou voulez vous vivre) les visites à la maternité ?

    article écrit par Valérie et Gaëlle

    illustration Gioia Albano

    Poursuivez la lecture sur le webzine Parents à Parents

    Parents à Parents Webzine#1

    Et en particulier, l’article sur l’accueil du nouveau-né

    27 Fév
    27 Fév
  • Chanter partoutDans toutes les régions du monde, on chante pour endormir ou apaiser les tout petits : des berceuses qui se transmettent de génération en génération, des chansons écoutées quelque part, que nous avons mémorisées sans y prêter garde, ou des mélodies qui nous viennent à la bouche naturellement, inventées de toutes pièces ou brodées sur des airs connus. Avez-vous fait l’expérience de ces chants improvisés ?

     Avant de me lancer spontanément, je n’aurais pas imaginé m’amuser autant avec les mots et les sons. Enfant, ado, j’avais peur de chanter faux, de ne pas être en rythme ou d’être mal reçue par les autres. La maternité, heureusement, m’a désinhibée. Quand j’étais enceinte, je me suis mise à chanter pour mon bébé spontanément, je ne saurais dire pourquoi. Il n’y avait personne pour donner un avis ou émettre un jugement, le chant remplissait l’espace et disait la joie que j’avais à porter ce petit être.

    Quelques notes qui tissent le lien

    Ce n’étaient que quelques notes, un refrain et deux couplets tout simples sortis de je ne sais où, il n’y avait pas de quoi en faire une chanson dont j’aurais pu être fière, mais c’est devenu, peu à peu, au fil des mois, un lien de plus entre ce bébé et moi. Quand ma fille est née, j’ai continué à fredonner cet air qui n’appartenait qu’à nous, et qui, le plus naturellement du monde, avait le don de l’apaiser. Six ans plus tard, il nous arrive encore de l’entonner, quand elle a mal, qu’elle s’est blessée, qu’elle est chagrin ou fatiguée. Quand j’étais enceinte de sa sœur et son frère, d’autres sons et d’autres mots sont nés pour eux, rien que pour eux. Ces chansons là aussi, je les reprends fréquemment, à toute occasion.

     

    Un chant pour la vie

     Il y a quelques mois, j’ai lu que dans une tribu africaine,

    un chant nait pour chaque enfant,

    avant même qu’il ne soit conçu,

    et ce chant là l’accompagne toute sa vie.

     

    La berceuse du jour, celle qui vient spontanément et qui endort à coup sûr

     Chemin faisant, nous ne nous sommes pas limités à un chant par enfant. Quand j’aide mes petits à s’endormir le soir (surtout le plus jeune), je cherche souvent un refrain pour les accompagner dans leur sommeil. Parfois, c’est un air connu, une berceuse, un chant spirituel, et, plus souvent encore, ce sont quelques notes répétées, des variations qui se tissent sur un air, puis des mots qui les rejoignent.

    Je ne saurais pas dire d’où ils viennent, ils disent l’ambiance du moment, ce que nous avons sur le cœur, ils parlent de la lune, des étoiles et de la nuit, ils évoquent notre place dans l’univers.

    Parfois, un chant naît à plusieurs voix. Un enfant entonne quelques notes ou dit quelques mots que nous reprenons spontanément.

    C’est un jeu tout simple, et c’est fou ce qu’il nous rassemble !

     Nous y jouons parfois en plein jour, quand un mot nous amuse ou nous trouble, pour alléger l’ambiance ou la peine, ou juste parce ça nous enchante.

     

     Le chant « naturel », celui qui nous rassemble

     C’est vraiment simple comme bonjour, et c’est dans cette simplicité là que naît la joie.

    C’est en lisant Paul Lebohec* que j’ai compris comment s’opérait cette jolie magie, comment naissait ce qu’il appelle la « musique naturelle ». Paul le Bohec n’était pas musicien (il était instituteur). Et c’est tant mieux, explique-t-il : « Si j’avais été chanteur, j’aurais été amoureux de ma voix, et on serait resté dans la même voie de consommation des chansons des autres… En fait, il s’agit seulement d’être pédagogue, même si on n’y connaît pratiquement rien** ». A l’école, dans sa classe, il arrivait ainsi ce qui se produit fréquemment chez nous, et sans doute chez vous : spontanément, un enfant en train de jouer se met à chantonner sur quelques notes pour raconter ses vacances, sa peine, sa joie. Le chant libre, souvent, dit davantage que le texte oral sans notes, car « la dominante, c’est le plaisir, c’est le rire thérapeutique et même le fou-rire à propos des essais de voix, des messages syncopés, des chants à deux, des textes bizarres : « la goélette et le cacatois », « Un jour, deux souris Tobus », … Cela ne semble pas du tout sérieux ; cependant on travaille au moins à la santé des enfants puisque les rires et les émotions délivrent des endorphines **», analysait Paul Le Bohec.

    Faire émerger la musique qui est en soi

    Dans son école, l’instituteur avait remarqué que l’expression la plus « engagée » de ses élèves s’appuyait seulement sur trois ou quatre notes. « La pensée à exprimer n’était alors pas perturbée par des accidents mélodiques qui auraient remis l’intellect en marche. Il fallait qu’il y eut une sorte d’abandon pour que les choses puissent remonter des profondeurs. Comme tous les peuples l’ont fait dans des complaintes, des mélopées, des « goualantes »** ».

     C’est un exercice qu’on peut provoquer en répétant des sons rigolos, en écoutant les bruits autour de nous, en fabriquant des instruments de musique tout simples (comme une petite bouteille qu’on remplit à demi de légumineuses ou de cailloux, un tube dans lequel on perce quelques trous pour en faire un pipeau,…). « N’hésitons pas, nous, les adultes, à chanter, fredonner… c’est généralement joyeux et c’est une graine planté dans la tête et le cœur d’un enfant. Un jour, il essaiera à son tour, à un moment qui sera le sien » me dit Francine Tétu, qui a longtemps animé des ateliers de musique naturelle et qui m’a fait connaître Paul Lebohec.

     

    illustration : Leandro Lamas

     *Paul Le Bohec (1921-2009), instituteur à Trégastel (côtes d’Armor) pendant 23 ans, fut l’un des plus proches collaborateurs de Célestin Freinet. Il est resté fidèle aux principes de la Méthode Naturelle de la pédagogie Freinet plus qu’aux outils développés par la suite. Pour faire sa connaissance : http://www.amisdefreinet.org/lebohec/ ; et le livre : « L’école réparatrice de destins, sur les pas de la méthode », L’harmattan 2007 .

     **pour lire le texte en entier : le texte de Paul Lebohec sur le chant libre 

     

     

     

    18 Fév
    18 Fév

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