Sortir de la violence éducative : les pères témoignent

  • A l’occasion de la journée de la non violence éducative, nous avons préparé un magazine numérique, téléchargeable et consultable gratuitement sur ce site.

    Sortir de la violence éducative : les pères témoignent – Édito

    Y a-t-il un rapport entre les violences faites aux femmes (sept femmes sur dix dans le monde en sont victimes) et celles faites aux enfants (un enfant sur dix en France) ? Et y a-t-il un lien entre les violences graves (crimes, homicide, viol, guerre, …) et les plus « légères »  (fessées, humiliations, … qui concernent 80 à 90% des enfants)*1 ? C’est ce que nous vous proposons de voir dans ce numéro. Notre objectif n’est pas d’accumuler les constats alarmistes, mais de montrer que rien de tout cela n’est inéluctable.

    La violence n’est pas qu’une affaire de « mâle » (ils en sont victimes, eux aussi*²) ; les hommes et les pères qui sortent des modèles archaïques de domination sont de plus en plus nombreux. Nous avons eu envie de leur donner la parole, de les voir se détacher de leur héritage culturel, laissant le manteau/fardeau de l’autorité paternelle pour entrer dans des liens joyeux et vivants, dont, disent-ils, ils sont les premiers bénéficiaires. Voyez plutôt…

    Gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Sommaire

    Au sommaire de ce beau numéro, illustré par des artistes, à télécharger ou feuilleter en ligne après avoir cliqué sur le lien ci-dessous

     

    Hors Cadre Parents à Parents Hommes et Bienveillance

     

     

     

     

     

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    *1 Dans le monde, sept femmes sur dix subissent des violences physiques ou sexuelles – dans bien des cas, depuis leur plus tendre enfance. Rien qu’en France, au moins 10 % des enfants sont victimes de violences physiques, d’agressions sexuelles, de négligences graves, d’abandon affectif, d’humiliations et d’insultes. Mais si on étend le champ de la violence reçue à toutes les « violences ordinaires » (menaces, fessées, humiliations verbales), ce sont 80 à 90% des enfants, en France et dans les pays où cette méthode éducative n’a pas été remise en cause, qui subissent encore ce mode de dressage.
    Sources : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/25/sept-femmes-sur-dix-dans-le-monde-sont-confrontees-a-des-violences-physique-ou-sexuelles_3519684_3244.html
    http://maltraitancedesenfantsgrandecausenationale2014.wordpress.com/pourquoi-un-colloque-sur-les-violences-faites-aux-enfants/
    http://www.oveo.org/fichiers/DiaporamaMaurel.pdf

    *2 Si les femmes font deux fois plus de tentatives de suicide que les hommes, les hommes se suicident trois fois plus que les femmes, ont trois fois plus de risque de sombrer dans l’alcoolisme et la drogue (moyenne mondiale : 10 hommes pour une femme) et sont bien plus en échec scolaire (cf. notre article sur le site parentsaparents.fr)
    sources : http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/er488.pdf, http://www.inpes.sante.fr/70000/dp/03/dp030122.pdf , http://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/WDR2012/WDR_2012_French_web.pdf

     

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    30 Avr
    30 Avr
  • la violence éducative ordinaire

    Photo Yoann Lambert

     

    La violence éducative ordinaire, ce sont ces fessées, ces gifles, ces menaces, ces punitions, ces railleries et moqueries que nous avons subies quand nous étions enfant et que nous faisons subir à nos enfants tant que nous n’avons pas conscience de leur impact et tant que nous n’avons pas déconstruit nos conditionnements. Ce sont tous ces traitements infligés « pour notre bien » et qui ne semblent normaux, ordinaires, que parce qu’ils sont subis et transmis de génération en génération.

    Cet article a été co-écrit avec Olivier Maurel*

     

     

     

    « Ces effets peuvent paraître invraisemblables et disproportionnés, mais pour les comprendre il suffit de se rappeler
    que notre organisme est doté de deux systèmes d’autoprotection : le système immunitaire et le stress »

    Non, ces gestes et ces mots ne sont pas anodins : la preuve (scientifique)

    De nombreuses études, sérieuses, documentées, longitudinales ont été réalisées, sur les impacts des « petites violences ordinaires » , celles qu’on pourrait croire anodines, qui montrent que les fessées, même peu fréquentes, suffisent à altérer les capacités intellectuelles et sociales : les enfants fessés de moins d’un an sont plus susceptibles d’être agressifs à l’âge de trois ans et plus déprimés ou anxieux à l’âge de cinq ans(1). Les fessées ont, entre autres, un impact sur le QI des enfants(2), qui est d’autant plus réduit que les enfants sont fessés à un âge précoce, ainsi que sur la compréhension du langage (3).
    Ces châtiments ne se contentent pas d’imprégner l’enfant, ils ont encore des répercussions sur sa santé physique et mentale à l’âge adulte. Cancer, troubles cardiaques et asthme à l’âge adulte (4) sont plus fréquents chez les personnes qui en ont reçu, tout comme les troubles du comportement, de la personnalité, les maladies mentales, la dépression, les problèmes d’alcool ou de drogue (5) et les suicides (6).

    Comprendre les effets de la violence éducative ordinaire

    Ces effets peuvent paraître invraisemblables et disproportionnés, mais pour les comprendre il suffit de se rappeler que notre organisme est doté de deux systèmes d’autoprotection : le système d’alarme qui nous protège des agressions extérieures et le système immunitaire qui nous protège des agressions intérieures (microbes, virus…). Notre système d’alarme, le stress, déclenche, en cas de danger ou d’agression, un flot d’hormones destiné à permettre à notre organisme de fuir ou de s e défendre efficacement.

    • La réaction d’alarme est en fait le premier stade du stress.
    • Ensuite vient le stade de résistance, d’adaptation à l’agent stressant, puis le stade d’épuisement, si l’action de l’agent stressant est excessive ou dure trop longtemps.

    Pour obtenir cette résistance et cette adaptation, le système d’alarme désactive toutes les fonctions qui ne sont pas indispensables à la fuite ou à la défense, comme, par exemple, la digestion, la croissance et le système immunitaire. Plus les agressions sont fréquentes, plus le système immunitaire est désactivé et réactivé, moins il devient efficace et moins il protège des maladies.
    Or, l’organisme des enfants ressent gifles, fessées et menaces comme des agressions, quelle que soit l’intention avec laquelle on donne ces punitions.

    Et les gifles et fessées, quand on a commencé à en donner, deviennent très vite des habitudes. Ainsi, en croyant donner des gifles et fessées « qui n’ont jamais fait de mal à personne », on affaiblit, sans en avoir la moindre conscience, la capacité de résistance des enfants aux maladies, ainsi que leur système digestif, voire leur croissance.
    Mais les effets de la violence éducative ne s’arrêtent pas là. Le traumatisme s’inscrit dans notre génome à travers les modifications épigénétiques des gènes récepteurs et peut se perpétuer sur au moins trois générations (7) ; les chercheurs ont aussi observé que les femmes ayant subi des violences dans leur enfance ont un risque trois fois supérieur aux autres d’avoir un enfant autiste (8).

     « Pour mettre fin au cycle de la violence, nous sommes invités à changer notre regard sur nos enfants, ce qui nous oblige presque automatiquement à regarder l’enfant que nous avons été »

     La suite est ici, dans ce magazine numérique, illustré par des artistes, à télécharger ou feuilleter gratuitement en ligne après avoir cliqué sur le lien ci-dessous

     

    Parents à Parents Webzine#1

    illustration de l’article : Yoann Lambert ; page de couverture du magazine : Gilles Levrier

     

    * Bibliographie d’Olivier Maurel : La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines, éditions l’Instant Présent, 2012. Oui la nature humaine est bonne !, Robert Laffont, 2009. La Fessée : questions sur la violence
    éducative, La Plage, 2004, préface par Alice Miller. OEdipe et Laïos : Dialogue sur l’origine de la violence, Éditions L’Harmattan, 2003.
    ** L’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire est à la fois une association et un site créés dans le but d’informer le plus largement possible l’opinion publique et les responsables politiques sur la pratique de la violence
    éducative ordinaire, c’est-à-dire les diverses formes de violence utilisées quotidiennement pour éduquer les enfants dans les familles et les institutions.
    Pour en savoir plus : voir le numéro 176 du magazine l’Enfant et la Vie et son dossier sur « l’autorité : un pas vers l’autre », dont cet article est partiellement issu. http://www.lenfantetlavie.fr
    Les études scientifiques présentées ici proviennent du site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire, où il est possible de lire les conclusions documentées et de trouver les sources dans leur intégralité.
    (1) Andrea N. Gromoske, Kathryn Maguire-Jack, University of Wisconsin–Madison, étude publiée dans le Journal of Marriage and Family, octobre 2012, p. 1054-1068. À ceux qui pensent qu’« une bonne fessée n’a jamais
    fait de mal à personne », une nouvelle étude réalisée en 2012 sur 3 870 familles a montré que les enfants fessés (spanked) de moins d’un an étaient plus susceptibles d’être agressifs à l’âge de trois ans et plus déprimés ou
    anxieux à l’âge de cinq ans.

    (2) Selon l’une étude présentée en 2009 par le Pr Murray Straus, sociologue et codirecteur du Family Research Laboratory de l’université du New Hampshire, les châtiments corporels réduisent le quotient intellectuel des enfants. Mesuré
    quatre ans plus tard, le QI des enfants qui avaient reçu des fessées de leur mère entre l’âge de 2 et 4 ans était inférieur de 5 points à celui des enfants qui n’en avaient pas reçu, tandis que le QI des enfants qui avaient reçu des fessées
    entre 5 et 9 ans était inférieur de 2,8 points à celui des enfants qui n’en avaient pas reçu au même âge.
    (3) Etude longitudinale menée par Michael J. MacKenzie, Eric Nicklas et Jane Waldfogel de la School of Social Work, et Jeanne Brooks-Gunn du College of Physicians and Surgeons and Teacher’s College, Columbia University, New York,
    publiée dans la revue Pediatrics sous le titre Spanking and Child Development Across the First Decade of Life mesure les effets jusqu’à l’âge de 9 ans. Elle montre que les fessées données par la mère à l’âge de 5 ans, même peu fréquentes, sont associées à un haut niveau de comportements d’externalisation de l’enfant à 9 ans. Les fessées fréquentes données par le père à l’âge de 5 ans sont corrélées avec un niveau plus bas de compréhension du langage à l’âge de 9 ans.
    (4) D’après l’étude de Michael E. Hyland, Ahmed M. Alkhalaf et Ben Whalley, université de Plymouth, Royaume-Uni, étude publiée dans le Journal of Behavorial Medicine, septembre 2012, les coups et les insultes reçus dans l’enfance accroissent les risques de cancer, de troubles cardiaques et d’asthme à l’âge adulte.
    (5) Le 2 juillet 2012 ont paru dans la revue Pediatrics les résultats d’une importante étude sur les effets des punitions corporelles. Cette étude, menée aux Etats-Unis auprès de 34 653 adultes âgés de 20 ans et plus par une équipe de chercheurs canadiens, a porté uniquement sur les fessées et châtiments corporels légers. Les sévices sévères, c’est-à-dire ceux qui causent des hématomes ou d’autres blessures, et les sévices sexuels en ont été exclus. Autrement dit, il s’agit bien des effets de la violence éducative ordinaire telle qu’on l’entend au Canada et en France. Or, il résulte de cette étude que les personnes ayant reçu des fessées et d’autres mauvais traitements physiques ne relevant pas de la
    « maltraitance grave » ont entre 2 et 7 % de risques supplémentaires de présenter à l’âge adulte des pathologies mentales allant des troubles du comportement aux troubles de la personnalité et aux maladies mentales graves, en passant par la dépression et les problèmes d’alcool ou de drogue.

    (6) Selon l’étude menée par Patrick O McGowan, Aya Sasaki, Ana C D’Alessio, Sergiy Dymov, Benoit Labonté, Moshe Szyf, Gustavo Turecki et Michael J Meaney, publiée dans la revue Nature Neuroscience le 22 février 2009, la maltraitance dans l’enfance, à travers le stress induit, modifie l’expression des gènes régulant les récepteurs aux glucocorticoïdes dans l’hippocampe et accroît le risque de suicide.
    (7) D’après l’étude menée par N. Perroud, A. Paoloni-Giacobino, P. Prada, E. Olié, A. Salzmann1, R. Nicastro, S. Guillaume, D. Mouthon, C. Stouder, K. Dieben, P. Huguelet, P. Courtet et A. Malafosse, universités hospitalières de Genève (Suisse) et de Montpellier (France), publiée dans Translational Psychiatry , le 13 décembre 2011, le traumatisme (maltraitance ou négligence physique ou psychologique, abus sexuel) s’inscrit dans notre génome à travers les modifications épigénétiques des gènes
    récepteurs et peut se perpétuer sur trois générations (ou plus, l’étude ayant porté sur trois générations seulement)

     

    04 Août
    04 Août

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