Sommeil et maternité : un mix tisane « Molotov »

  • Début d’allaitement difficile, nuits hachées, douleurs post-natales, fatigue intense, doutes, … il n’en faut pas beaucoup pour que tout bascule. Sergine retrace pour nous son parcours de jeune mère épuisée, de la traversée de la dépression à l’équilibre et la confiance.

    Enfant, je me voyais mère à 27 ans. J’aurai 3 enfants. Une tribu unie, célébrant la vie et respectant la nature de chacun, dans l’amour simple et la complicité bienveillante, dans la joie et le jeu. J’avais 36 ans quand Noé Ange Komomé, mon fils, est venu au monde, fruit d’une union jeune et magique.
    Ma grossesse a été merveilleuse physiquement. Sur le plan émotionnel, le passage initiatique à la maternité faisait son oeuvre : « ça brassait», comme on dit au Québec (anxiété et peurs) ! Nous nous sommes offerts le précieux présent d’un accouchement naturel, en maison de naissance. Un enfantement pleinement accueilli physiquement et si défiant mentalement ! Que de doutes durant les sept heures entre une dilatation à 9cm et l’arrivée de bébé ! À 5h55 le 27 mars 2012, Noé est né.
    Le soir-même, l’aventure sommeil commençait.

    Avec ou sans lait ? L’allaitement au fil du sommeil

    yoann lambert sommeil maternitéBébé ne buvait pas. Alors la nuit suivante, à la maison de naissance, une accompagnante venait nous réveiller toutes les heures pour que nous lui donnions le colostrum au doigt. De retour à la maison, nous, si confiants dans la vie, nous retrouvions désemparés, seuls et déjà épuisés. Je souffrais d’une plaie au périnée qui rendait la position assise insoutenable. J’étais stressée et anxieuse avec mon petit qui avait perdu trop de poids. Comme le papa, je n’aurais jamais envisagé que l’allaitement serait un parcours du combattant de plusieurs mois, drainant beaucoup d’énergie.

    « De retour à la maison, nous, si confiants dans la vie, nous retrouvions désemparés, seuls et déjà épuisés »

    Une infusion chronométrée : un sommeil en pointillés

    L’enjeu de l’allaitement ponctuait le quotidien d’une discipline et d’un suivi qui nous empêchaient de nous laisser-aller dans le mouvement simple de la vie. Les nuits se découpaient en une succession de réveils programmés pour répondre au besoin vital de nourrir notre fils. Je me
    réveillais toutes les deux heures pour l’allaiter, puis j’allais tirer mon lait. Je dormais ainsi par tranches d’une heure, ne rejoignant jamais le sommeil profond.
    Trois ou quatre mois plus tard, l’allaitement était fluide. Joie ! Et aujourd’hui, deux ans plus tard, nous partageons encore ce bonheur savoureux et complice. Mais pour le sommeil, c’était une autre « tasse de thé ». À 8 mois, Noé se réveillait encore toutes les heures ou les deux heures. Je vivais les couchers avec une grande appréhension : l’endormissement prenait une heure, voire davantage, avant que je quitte la chambre, la boule au ventre. Noé se réveillait une demi-heure plus tard. Pas de répit. Et le jour, Noé résistait au sommeil. La sieste, pour lui, rimait avec balade en poussette.

    « J’ai compris, quand Noé avait huit mois, qu’il se réveillait pour prendre soin de moi »

    La plante anxiogène : maternité et dépression

    yoann lambert sommeil maternitéLa dépression, latente en moi depuis quelques années, s’est pleinement révélée avec la maternité. Magie de ce passage initiatique qui met en lumière tout ce qui nous habite afin que nous puissions faire le ménage et créer pour soi, et pour nos enfants, une vie pleine du sens, tissée avec notre cœur et nos valeurs ! Cette dépression, j’ai mis du temps à l’identifier clairement, mais elle a très nettement teinté mon expérience. J’ai compris, quand Noé avait huit mois, qu’il se réveillait pour prendre soin de moi. Il suffisait d’observer son comportement : il n’y avait aucun doute. Il était parfaitement capable de dormir. Il avait besoin que sa mère s’endorme avec lui et de se s’assurer régulièrement qu’elle allait bien.
    La dépression nous coupe de notre intuition. Elle interfère sur la façon dont nous voyons la vie, et dont nous en appréhendons les événements. Je vivais dans ma tête, en proie aux doutes, constamment. J’accueillais les événements avec anxiété, déconnectée de mon « centre » et de mon conjoint. C’est à dix-huit mois que Noé a commencé à expérimenter des nuits continues. La dépression et l’épuisement étaient à leur apogée.
    Aujourd’hui, je me sens encore vulnérable, mais je suis centrée et connectée à ma sagesse intérieure. Noé a aujourd’hui deux ans et demi. Chaque soir, nous prenons le train du sommeil ensemble, quel qu’en soit le voyage. Depuis deux mois, il a besoin de dormir dans mon lit.
    J’accueille ce qui est : je suis le flot de la vie, pleinement dans le « maintenant ». Je suis à l’écoute de ses besoins, des miens du mieux que je peux, et je remets en question mes résistances. Je crée mes réponses avec mon intuition et celle de mon fils, dans la confiance.

    « La dépression nous coupe de notre intuition »

    Un mélange homogénéisé : le sommeil intriqué avec la vie

    yoann lambert sommeil maternitéIl m’est impossible de dissocier le sommeil, l’allaitement, mes états physique et émotionnel, ceux du père de mon fils et ceux de mon fils. La vie embrasse tout ce qui est et tout ce que nous sommes, dans un même mouvement. Or, j’observe une tendance très marquée dans nos sociétés «modernes» à compartimenter la vie : la famille, le travail, soi, la santé, les loisirs, … En réponse à notre besoin de rationaliser … pour pouvoir contrôler.
    Il en est de même pour la maternité et les bébés : il y a le sommeil, l’allaitement, le langage, etc, que l’on envisage comme des sachets de thé à infuser dans des tasses hermétiquement séparées les unes des autres. Les herbes comme la vie, comme toute vie, conservent leur essence lorsque nous les laissons infuser en vrac, là où leur intégrité est intacte. L’harmonie des saveurs est propre à chacun et à chacune.

    Sergine Martinez

    illustrations : Gioia Albano et Yoann Lambert

    Vous trouverez de nombreuses pistes sur l’endormissement, le sommeil, les réveils nocturnes dans le très beau livre numérique Hors Cadre – Regards Croisés sur le Sommeil

    Parents à Parents livre numérique Regards croisés sur le sommeil

    05 Avr
    05 Avr
  • Enceinte de mon premier enfant, je disais que j’allais « essayer d’allaiter« , que j’allaiterai mon bébé  » si j’y arrive, si tout va bien« … Et voilà que six ans plus tard, j’écris sur l’allaitement, et l’allaitement qui dure…
    J’ai tout appris avec mes enfants, grâce à eux, pour eux, à travers eux ; l’allaitement ne m’était pas du tout familier, autour de moi nul exemple.
    Au contraire, j’entendais beaucoup le discours des femmes qui refusent d’allaiter pour que leur conjoint trouve sa place, puisse nourrir le bébé…

    Alors j’ai découvert l’allaitement comme une intense, belle et remuante aventure.
    – intense : dans le temps, et parce que cela m’a fait grandir, prendre conscience des besoins de mes enfants, de mes propres limites, de notre capacité d’adaptation…
    – belle : le sentiment de donner à mes enfants ce dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin
    – remuante : car les débuts furent mouvementés, difficiles parfois : engorgements, mastites, tirage du lait, co-allaitement à mettre en place
    C’est au cours de ce chemin que j’ai réalisé combien de nombreux professionnels ne connaissent rien à l’allaitement, et de fait, concourent à saboter l’allaitement au lieu de l’encourager, de soutenir les familles, de les informer, et ceci du point de vue médical mais aussi psychologique.

    allaitement long sans sevrage Agnes Vigouroux Parents à Parents parentsaparents.frÉtant moi-même psychologue, je suis toujours aussi révoltée lorsque j’ai connaissance d’un discours caricatural sur l’allaitement tenu par un psy ( psychologue, psychanalyste). M. Rufo par exemple n’hésite pas à qualifier l’allaitement de sexuel, alors qu’allaiter ce n’est que répondre aux besoins primaires de l’enfant en lait maternel, en proximité affective et physique, en chaleur, en contact…
    Il conseille aux parents dans ses livres de ne surtout pas dormir avec leurs enfants, de les laisser pleurer… C’est toute une vision de l’enfance imprégnée de violence et d’ignorance quant à l’allaitement.
    Certains parents hésitent à consulter un professionnel de peur que celui-ci ne sursaute en apprenant que leur enfant est encore allaité, de peur qu’il ne cherche pas davantage à comprendre la situation familiale, de peur qu’il ne prône le sevrage …
    On entend encore trop souvent des psy parler « d’enfant collé au sein de sa mère  » comme s’ils imaginaient que l’allaitement d’un bambin ressemble à celui d’un nouveau-né. J’en suis arrivée à constater qu’il est difficile pour beaucoup de personnes de se rendre compte qu’elles ignorent tout de l’allaitement, même lorsque la réalité vient s’opposer à leurs clichés.
    Un jour, alors que mon enfant venait de se servir copieusement lors d’un apéritif devant des invités qui commentaient sa gourmandise, on m’a dit « il tète encore ? Mais alors il ne mange pas ? » Le cliché du bébé allaité s’était immédiatement superposé à la réalité du bambin allaité et diversifié dans son alimentation.

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    J’ai donc commencé, dans mon ouvrage, à reprendre les principales théories psy du développement de l’enfant pour les expliquer puis les confronter à la réalité de l’allaitement. S. Freud, par exemple, n’a jamais, à ma connaissance, dénigré l’allaitement ; au contraire il en parle comme d’une activité essentielle pour l’enfant. L’allaitement serait selon ses écrits le premier mode d’attachement à un objet d’amour, c’est-à-dire à une personne avec laquelle l’enfant tisse une relation et se construit.
    Je pense que la plupart des psy ne connaissent pas l’allaitement, mais encore moins l’allaitement qui dure ; le sevrage étant placé le plus souvent comme une étape absolument nécessaire au développement de l’enfant !
    Beaucoup de professionnels considèrent en effet la frustration comme un élément vital à l’enfant pour se construire, et postulent que sans sevrage, il n’y a pas de frustration. C. Halmos, par exemple, développe ces notions, mais il suffit de regarder un petit enfant évoluer pour constater à quel point la vie en soi est pleine de frustrations ! Dès lors, pourquoi vouloir à tout prix priver l’enfant de ce qui le nourrit, l’apaise, le réconforte ?
    Penser donc qu’allaiter plusieurs années sans sevrage précoce concourt à l’épanouissement et à l’équilibre de l’enfant constitue en soi un tout nouveau paradigme pour de nombreux professionnels…
    Alors qu’on entend beaucoup parler de coach pour adultes, de quête d’épanouissement, de course au bonheur, il me parait vital de regarder nos bébés et de penser d’abord à eux, de repenser le credo de l’autonomisation à tout prix, de la séparation précoce… Faisons leur d’abord confiance, apprenons à les écouter, et accompagnons les familles sur ce chemin au lieu de s’ériger en professionnels « qui savent »

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    Article écrit par Agnès Vigouroux

    Retrouver son livre aux éditions du Hêtre

    Illustrations : Gioia Albano

     

    03 Fév
    03 Fév
  • L'ostéopathie vue par Sophie Armagnac  pour Parents à Parents

    L’ostéopathie, vue par Sophie Armagnac

     

     

    C’est parce que les vertiges de son père, qui n’avaient pas pu être résolus par la médecine allopathique, ont totalement disparu grâce à l’ostéopathie, que Sophie a voulu devenir ostéopathe : ce métier lui semblait pouvoir tellement aider à être en bonne santé !

    C’est vrai que le champ de l’ostéopathie est large, au point qu’on s’interroge souvent : quand l’ostéopathie est-elle particulièrement indiquée ? Et comment fonctionne-t-elle ?

    L’ostéopathie en prévention

    On l’oublie souvent, l’ostéopathie est d’abord une médecine préventive. L’idéal, nous explique Sophie, est d’aller consulter son ostéopathe une à deux fois par an pour désamorcer, dès leur origine, toutes les petites compensations qui s’installent dans le corps avant qu’elles ne génèrent des douleurs. D’ailleurs, après avoir été « rechargé » par une séance d’ostéopathie, il est bien plus facile de se remettre des petites épreuves de la vie.

    Reste que la plupart d’entre nous allons consulter un ostéopathe quand nous avons mal et que nous sommes coincés. « Bien sûr, ça marche aussi, mais on ne peut pas utiliser tout le panel des soins ostéopathiques sur quelqu’un qui souffre, ce qui oblige à faire une séance plus longue, voire à en faire plusieurs parce qu’on est obligé de procéder par étapes », prévient Sophie.

    L’idéal, c’est donc d’apprendre à être suffisamment à l’écoute de son corps pour prendre rendez-vous avant que les symptômes ne se déclenchent (ou dès leur commencement, sans attendre).

    L’ostéopathie pour les femmes enceintes

    Sophie soigne beaucoup de femmes enceintes et de bébés : c’est sa spécialité. La grossesse sollicite beaucoup le corps, et les femmes, comme leurs bébés, tirent un grand bénéfice de ces séances.

    Sophie recommande une première séance vers 4 ou 5 mois de grossesse en cas de douleurs, vers 7 mois pour vérifier que l’utérus a bien basculé et au début du 9è mois pour faciliter l’accouchement. Les patientes ayant accouché par césarienne parce que leur bassin avait été jugé trop étroit et qui, après l’avoir consultée, ont faire l’expérience d’une naissance naturelle, sans instrumentation (sans forceps), sans épisiotomie ni déchirure, commencent à être relativement nombreuses !

    L’ostéopathie peut aider à remettre un bébé bien dans l’axe, pour favoriser l’accouchement et supprimer de nombreuses douleurs ; Virginie souffrait ainsi d’une forte sciatique. Au cours de la séance d’ostéopathie, pendant laquelle Sophie a également utilisé l’haptonomie, les deux femmes ont senti le bébé se déplacer et la sciatique a disparu. « Le positionnement du bébé peut occasionner des douleurs chez sa mère, mais pas seulement : il est arrivé plusieurs fois que des retard de croissance in utero soient résolus après une séance d’ostéopathie qui a pu à la fois redonner au bébé de la liberté de mouvement et améliorer sa nutrition en décomprimant les vaisseaux du placenta ». Des contractions prématurées peuvent être aussi le signe que le bébé n’est pas à son aise : dans ce cas, une séance d’ostéopathie peut éviter bien des pathologies et des traitements (type Loxen, qui risque de surcharger le foie des tout-petits).

    Après l’accouchement, l’ostéopathie apporte un grand soutien aux jeunes mamans : douleurs et fatigue s’estompent, le corps retrouve plus facilement son équilibre, c’est comme une cure de jouvence !

    L’ostéopathie pour les bébés et les enfants

    osteopathie bébé Parents à Parents

    Au cours de leur première année de vie, la plupart des bébés tirent un grand profit d’une séance d’ostéopathie à chaque trimestre : cela favorise le bon développement psychomoteur et peut éviter bien des soucis.

    Une naissance difficile comme un accouchement très rapide peuvent être particulièrement traumatisants, un torticolis non traité peut créer, plus ou moins rapidement, une lordose jusqu’au milieu du dos, et le tout-petit se développera d’autant mieux qu’il n’aura pas à mettre en place des compensations.

    Un bébé qui pleure beaucoup se trouvera généralement apaisé, et ses parents avec lui.

    Des tétées et un sommeil difficiles sont fréquemment améliorés par l’ostéopathie : les douleurs d’allaitement ne sont pas normales : elles peuvent être liées (sans que ce ne soit une cause exclusive, la position joue un rôle important également) à des douleurs, à un traumatisme lié à l’accouchement, à un souci de mâchoire du bébé.

    osteopathie bébé Parents à ParentsColiques, régurgitations et reflux gastro-œsophagien sont souvent soulagés par l’ostéopathie, eux aussi.

    Si un bébé tourne la tête surtout d’un côté, dort toujours sur le même côté (ou a les cheveux usés de façon asymétrique), tète très longtemps, s’énerve au sein (ou au biberon), semble asymétrique, crispé, a du mal à tenir sa tête,.. il y a tout intérêt à consulter un ostéopathe.

    Au cours de la deuxième année, une séance tous les six mois continuera de favoriser le développement harmonieux et facile de l’enfant.

    « Entre 5 et 7 ans, il est particulièrement intéressant d’effectuer un travail sur le crane », suggère Sophie, car c’est à cette période, quand les dents de lait tombent, que la mandibule et les maxillaires sont le plus malléables. On évite ainsi que des tensions crâniennes s’impriment sur la mandibule et la colonne vertébrale, engendrant port d’appareils dentaires, scolioses et troubles orthopédiques ».

    L’ostéopathie travaille aussi sur les muscles occulo-moteurs. Sophie se souvient avoir ainsi résolu une ptôse de paupières (« paupières tombantes ») en une seule séance.

    Avant 12 ans, il est intéressant de retourner voir son ostéopathe pour vérifier et améliorer la mobilité des maxillaires alors que toutes les dents de lait sont tombées.

    L’ostéopathie donne également de bons résultats sur les troubles orthophoniques. Elle peut ainsi apporter une aide intéressante aux autres démarches mises en place dans ce domaine.

    Les différentes techniques ostéopathiques

    • L’ostéopathie structurelle, c’est celle qui utilise des techniques de « crac » ; Sophie ne l’utilise guère que sur des vieilles entorses qui résistent aux autres techniques.
    • Les techniques musculaires, qui agissent sur la mécanique articulaire également, sont plus douces, plus respectueuses des tissus et plus durables : elles consistent à faire contre-force pour allonger une fibre musculaire, par exemple, et relâchent ainsi l’articulation.
    • Les techniques fasciales, qui interviennent sur les tissus, les enveloppes et membranes qui entourent vaisseaux, muscles et organes (appelées fascias, qu’on peut se figurer comme la fine peau blanche qui sépare les quartiers d’une orange), sont celles que Sophie privilégie. Elles agissent en profondeur et sont très douces. Leur mise en mouvement favorise de belles guérisons.
    • Les techniques viscérales et crâniennes en font partie.
    • L’ostéopathie crânienne part du principe que tout ce qui se passe dans notre corps se reflète sur la structure des os du crâne ; elle plaît tant à certains thérapeutes qu’ils en ont fait leur spécialité.

     

    Choisir son ostéopathe

    Si la formation des ostéopathes est longue (6 ans), reconnue, et garantit donc une certaine compétence, chaque praticien est unique ; comme la plupart de ses confrères, Sophie continue à se former en continu : pédiatrie somato-émotionnelle, neurologie, embryologie, posturologie, haptonomie, nutrition….

    Pour trouver celui qui vous convient, n’hésitez pas à demander conseil autour de vous !

    Sophie Armagnac consulte à Saint Maurice, dans le Val de Marne (près du bois de Vincennes).

    Pour la contacter : 06 86 85 09 98

    23 Sep
    23 Sep
  • gioia l'accueil du bébéA chaque fois qu’un bébé naît dans la famille de Sonia, tout le monde se précipite à la maternité. Ça doit être épuisant pour les mères, ai-je pensé. Pas tant que ça, m’a expliqué Sonia. Et son témoignage m’a vraiment émue.

    Quand mes enfants sont nés, j’ai chaque fois été bien contente que les visites restent très limitées : j’avais tellement hâte de découvrir ce petit être qui venait de naître chez nous que tout le reste me semblait très secondaire ! Alors quand Sonia m’a raconté ses premiers jours à la maternité, j’ai d’abord été très surprise.

    A peine son bébé était-il né que sa maman était arrivée avec les traditionnels œufs au miel, qu’on sert aux jeunes accouchées. Elle avait été aussitôt suivie par sa belle-mère et ses tantes, qui étaient entrées dans la chambre avec le fameux « Djouez » de lentilles (supposé favoriser la montée et lait et l’allaitement) et le « tavourt », des gâteaux de semoule au miel. Et pour Sonia, quelle joie c’était !

    « Quand une femme vient d’accoucher, elle est sacralisée » m’explique-t-elle : elle a donné la vie, elle est au centre de toutes les attentions et elle est traitée comme une reine, ce qui lui procure une confiance immense dans ses capacités de femme et de mère.

    D’autant qu’au moindre doute, la mère, la tante, ou la cousine partagent leur expérience, évoquent les solutions qu’elles ont mis en place et qui les ont aidées, rient de bon cœur pour dédramatiser les difficultés de démarrage et racontent la joie, le plaisir qu’elles ont eu à nourrir leurs bébés.

    Cette communauté de femmes apporte un soutien sans failles, qui se poursuit bien après le séjour à la maternité. Et devant elles, pas besoin de cacher ses seins, ni de faire la conversation, juste le bonheur de cette naissance et la joie de célébrer le pouvoir des femmes à donner la vie. Bien sûr, Sonia se souvient aussi de la visite des quelques hommes devant lesquels elle se sentait moins libre d’avoir les seins à l’air, mais ils se sont vite retirés.

    Ça doit faire un bien immense, quand on vient juste d’accoucher, qu’on se sent fatiguée ou pas sûre de soi, d’être ainsi galvanisée par un groupe de femmes chaleureuses, vous ne trouvez pas ? J’imagine l’énergie et la confiance qui doivent se dégager d’une telle atmosphère !

    Ceci dit, est ce que toutes les femmes tireraient un même bénéfice d’un tel nombre de visites ?

    Peut-être, peut-être pas … car d’autres mettent en place leur allaitement et l’attachement à leur bébé dans des conditions toutes autres.

    Finalement, l’idéal serait peut-être d’avoir l’occasion de réfléchir aux conditions qui nous semblent les plus propices pour choisir (et faire respecter) la manière dont nous voulons vivre les premiers temps avec notre bébé ?

     

    article écrit par Gaëlle et Valérie

    illustration Gioia Albano

     

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    Parents à Parents Webzine#1

    Et en particulier, l’article sur l’accueil du nouveau-né

    27 Fév
    27 Fév
  • gioia peau à peau naissanceEn 2009, la menace d’épidémie de grippe A amène les maternités à limiter les visites. Les grands-parents et les proches se plaignent (la mesure est tellement impopulaire que certaines maternités s’entourent de videurs),… mais pour certaines jeunes mamans, cette solitude inattendue est une bénédiction.

    Quelle influence les visites à la maternité ont-elles sur la mise en place des liens entre le bébé et sa mère ? C’est la question que nous nous sommes posées en nous souvenant de l’épisode de la grippe A.

    Aurélie avait bien essayé d’allaiter son premier bébé, mais la mise en sein étant difficile, elle avait vite abandonné. A sa grande surprise, avec son deuxième bébé né pendant les restrictions de visites de la grippe A, la mise en route de l’allaitement s’est faite naturellement et n’a posé aucun souci.

    Pourtant, Aurélie n’avais pas tellement plus d’expérience et ne s’était pas préparée davantage. L’équipe soignante était la même, elle n’a pas donné de meilleurs conseils. L’accouchement s’était déroulé, lui aussi, à peu près de la même manière.

    Simplement, comme Aurélie était seule avec son conjoint, elle n’avait eu à « rester présentable » ni à tenir une conversation de salon quand son bébé dormait et qu’elle avait envie de se reposer. Elle n’avait pas eu à fournir d’explications à ses proches sur la façon dont elle comptait s’occuper de son bébé, elle n’avait pas eu à cacher ses seins, elle n’avait pas eu à retarder une tétée en attendant que l’oncle, le père, la belle-mère ou le copain quittent la chambre. Elle avait pu rester concentrée sur son bébé, qui, lové contre elle, allait d’un sein à l’autre à son rythme, sans être distrait ou dérangé. Et c’est ainsi que la « connexion » s’était établie : imperceptiblement, elle avait calé son rythme sur le sien, elle pouvait s’assoupir quand il s’endormait, et elle sentait ses seins se remplir quand il se réveillait. Depuis la grossesse, le lien physique n’avait pas été rompu: il continuait à se tisser après la naissance.

    Selon Aurélie,

    c’est l’absence de visiteurs qui a favorisé son allaitement
    et permis à cette connexion particulièrement efficace de s’établir entre elle et son nouveau né
    .

    Somme toute, c’est assez logique : l’allaitement, l’attachement sont liés à la production d’ocytocine, qui est l’hormone de l’amour. Cette hormone a besoin de calme et se sécurité pour s’exprimer.

    Et certaines femmes sont plus sensibles que d’autres. De la même manière qu’elles ont besoin d’une grande intimité pour faire l’amour ou accoucher, elles ont besoin d’intimité pour que leur allaitement se mette en place. Nous avons échangé avec d’autres femmes, qui ont fait le même témoignage.

    Intéressant, ce lien entre intimité et allaitement, non ? Cela vous parle, ou pas ? Cela dit, d’autres facteurs doivent entrer en jeu, car pour certaines femmes, les visites, au contraire, favorisent l’allaitement … mais ce ne sont pas n’importe quelles visites, et cet article sur la présence des femmes après la naissance complète notre questionnement. Et vous, que pensez-vous de ce lien entre intimité et allaitement, et comment avez-vous vécu (ou voulez vous vivre) les visites à la maternité ?

    article écrit par Valérie et Gaëlle

    illustration Gioia Albano

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    27 Fév
    27 Fév

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