Faire son potager en famille : 4è épisode de la chronique de Julie

  • Sans jardin, à partir d’un simple balcon, ça doit être…

    31 Mai
    31 Mai
  • Julie habite un appartement à Paris avec ses trois garçons. Sur son balcon, elle tente l’expérience du potager dans des bacs, des caisses en bois qui sont d’anciennes caisses de vin. Voici sa deuxième chronique (le premier épisode est ici), qui sera mise à jour au fil des jours : la quatrième est ici. Et si vous lanciez votre jardin à vous avec elle ? Dîtes nous comment ça marche pour vous !

    L’aventure des semis, la suite

    A J+16 les semis de concombre ont bien grandi. Mais ils sont assez fins et il n’y a toujours que deux petites feuilles fines.
    Et toujours aucune pousse dans les plant de tomates !

    Bouteille plastique pour semer des plantes jardin bio sur un balcon à Paris Parents à Parents

    Comme je ne connais rien aux semis, je cherche des infos sur internet. Je réalise que je ne les ai probablement pas assez couverts, et qu’il faut que je trouve une autre méthode.
    Je tombe sur le blog d’un passionné de jardinage qui me fascine et je passe la soirée de samedi sur ses vidéos, que je trouve hyper didactiques et franchement sympas.

    Il plante ses semis en bouteille… oui oui, en bouteille en plastique!
    Du coup, dimanche matin, me voilà à fouiller les poubelles de notre immeuble pour récupérer des bouteilles (car nous ne buvons que très rarement des boissons en bouteille en plastique).
    Je les rince, je les découpe et les remplis selon la technique indiquée : Billes d’argile, eau, terreau, graines, on scotche et on ne touche plus!
     Par ailleurs, les caisses sont prêtes, elles attendent sur le balcon.

    Youpi ça marche !

    Dans les bouteilles, les plantations poussent super bien.

    1ere pousse plant de tomate Parents à Parents jardiner potager sur un balcon

    A J+23, J+7 pour les semis en bouteille, absolument tout a germé ! Dans chaque bouteille, on a désormais de petites pousses. (photo ci contre : première pousse à travers la bouteille)

    Deux pousses de concombres (sur trois plantées) sont apparues en premier à J+3, des carottes à J+5 (quasiment toutes les graines plantées ont germé) et, enfin, nous avons vu germer un plant de tomates cerises (sur trois plantés) à J+7 !
    Nous avons donc suivi les recommandations du jardinier qui m’a inspirée pour ces plantations en bouteilles et enlevé les bouchons afin de faire entrer de l’air frais. Ce semis en bouteille est assez surprenant, on voit très rapidement la condensation sur les parois de la bouteille et on comprend que cela « arrose » les graines et maintient un bon niveau d’humidité dans le terreau.
    Toute cette émulation a dû entraîner les copines car les graines plantées dans les boites d’oeufs il y a trois semaines, (en même temps que les tout premiers concombres) ont aussi germé ! Il  y en a deux, sur les 6 graines.
    Deux des trois graines concombres plantées il y a trois semaines continuent leur croissance, une troisième feuille est apparue sur les deux plants.
    réussir plants tomates concombres jardin potager sur un balcon petit jardin Parents à ParentsL’expérience de Julie vous donne envie ?
    N’hésitez pas à investir dans ce livre très pratique : Je réussis mes plants du premier coup de Serge Lapouge et Brigotte Lapouge-Déjean, éditions Terre Vivante.
    Nous l’avons vraiment aimé.
    Très clair, il passe en revue différentes techniques toutes simples, économiques et écologiques, puis précise les méthodes et les semences les plus adaptés pour chaque légume et plante aromatique.
    Grâce à ce livre, nous avons enfin trouvé les méthodes adaptées aux plantations que nous souhaitions faire et, comme nous en comprenions l’intérêt et le sens, nous avons pu appliquer la technique proposée, qui semble porter ses fruits, au sens propre !
    Voyez comme c’est beau, la germination des semences-  photographiée ici par Daniel Csobot

    Rachel Berthel, jardinière bio et coordinatrice de l’association Culture(s) en herbe(s), explique en une minute comment entretenir un jardin bio à Reporterre.

     

    Quelques idées pour jardiner avec ou sans terrain et créer un potager sur son balcon par l’association Manger Santé bio

    A voir aussi : la semaine sans pesticides

    Idées de lecture

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    Mon potager bio en ville, sur cour, sur terrasse, sur un balcon, Franck David et Eric Prédine, éditions Terre Vivante

    Je réussis mes plants du premier coup de Serge Lapouge et Brigitte Lapouge-Déjean, éditions Terre Vivante

    4 saisons du jardin bio, n°211 mars-avril 2015  Jardiner partout, éditions Terre Vivante

    Jardiner bio c’est facile, collectif, éditions Terre Vivante

    Je démarre mon potager bio, éditions Terre Vivante

    Je réussis mon compost et lombri-compost, éditions Terre Vivante

    Le guide Terre Vivante du potager bio, cultiver, soigner, conserver, par Jean-Paul Thorez et Christian Boué, éditions Terre Vivante

    Un potager bio sur un balcon ou un appui de fenêtre, Michael Guerra, éditions Marabout

    Pour trouver des graines autrement :

    Troquer des graines dans les grainothèques : 110 sont répertoriées en France métropolitaine à ce jour

    L’association Kokopelli rassemble des semences potagères bio, de culture ancienne, libres de droit, reproductibles, sans OGM et sans hybride-F1

    Graines de vie lance un mouvement citoyen pour la sauvegarde des variétés potagères et fruitières menacées de disparition, qui nous invite à nous réapproprier les bases de notre souveraineté alimentaire pour une nourriture saine et responsable

    illustration : Didier Eudes

    photos : Julie Cadé

    30 Mar
    30 Mar
  • Julie vit à Paris avec ses trois garçons (4, 6 et 10 ans). Ensemble, ils créent et entretiennent un petit jardin sur leur balcon.Julie partage avec nous le fruit de ses expériences. Une initiative inspirante : on peut jardiner presque partout, même en plein Paris ! Une chronique à suivre au fil des semaines. La deuxième et la troisième partie sont ici, la quatrième là.

    Une envie de nature à Paris

    Mes enfants sont nés à Paris, moi non. Petite, j’habitais en appartement mais j’étais en contact avec la nature par de nombreuses balades dans les vignobles et montagnes alsaciennes. Mon grand-père maternel faisait partie du club vosgien et nous faisait marcher à travers les sentiers qu’il avait contribué à baliser, et avait un immense potager ainsi qu’un jardin fruitier qui avait nourri sa grande famille.  Je savais donc, en gros, comment poussent les fruits et les légumes. Et cela faisait partie des choses que je voulais transmettre à mes enfants…

    Un jardin sur un balcon

    Nous avons un petit balcon, sur lequel j’ai des plantes d’ornement que j’apprends à soigner (clématites, glycine, véronique, jasmin), ainsi que des succulentes depuis cet hiver… Lorsque mes fils ont eu l’âge, nous avons commencé par acheter des plants pour les mettre sur notre balcon. Fraises, framboises, tomates cerise. Cela a donné quelques fruits, plus ou moins bon, mais surtout, de grands moments d’émerveillement lorsque les fruits apparaissaient, de grandes discussions pour savoir quand les manger, et des partages de fraises en 4 vraiment mignon. 

    Mais nous n’avions jamais planté de graine et démarré le cycle de zéro…Il est important pour moi que mes enfant sachent d’où vient la nourriture qu’ils mangent, et qu’ils aient quelques notions de jardinage. J’ai donc décidé de semer quelques légumes cette année. Surtout que nous disposons pour la première fois d’un beau compost, fruit d’une chouette aventure collective commencée l’an dernier dans notre immeuble!

    Pour planter sur le balcon : de beaux bacs récupérés !

    LLH Design pour Parents à Parents, un potager dans des caisses en bois, des caisses de vinVu la place dont nous disposons, j’ai fait quelques recherches afin de savoir dans quoi planter, et opté pour des bacs faits à partis de caisses de vin. Mes enfants ont donc eu pour mission d’en trouver chacun une, en expliquant leur projet aux cavistes sollicités. Je ne sais pas si c’était leur joli discours, leurs bonnes bouilles ou le projet, mais nous en avons eu 3 en un rien de temps.
    Nous les avons enduites d’huile de lin afin d’éviter qu’elles pourrissent. C’était très amusant et rapide à faire et c’est sans aucun danger pour les enfants !
    Puis, elles ont été percées par mon grand, sous mon contrôle et avec des lunettes de protection (il était fier!!!) et nous avons cloué des demi bouchons de liège en dessous pour que l’eau puisse s’écouler.
    L’étape suivante : consolider les coins avec des petites équerres en fer, puis il faudra mettre un liner dans le fond, percé de trous, puis déposer des billes d’argiles, du feutre géotextile pour qu’il garde l’eau, et enfin ajouter le mélange terreau/compost…C’est un projet en plusieurs étapes que nous avons prévu de terminer en avril car nos semis devraient pouvoir aller dedans… Un tutoriel trouvé sur internet ici, ici du site LLH Design – là bien entendu je n’invente rien et je ne fais que copier des trucs qui marchent.

    Jardin sur un balcon à Paris Parents à Parents Jardin sur un balcon à Paris Parents à Parents Jardin sur un balcon à Paris Parents à Parents

     

     

     

     

     

    L’aventure des semis

    En parallèle j’ai acheté des semis. Je me suis pas mal renseignée parce que c’était une première, et j’ai choisi de les commander chez Kokopelli, parce que leur combat pour défendre la diversité agricole me touche.
    L’étape suivante a été le terreau. Nous avons commencé par planter quelques graines de plants de tomates dans une boite à œufs, dans laquelle j’ai mis un mélange de terre du jardin (récupérée dans le jardin de notre copropriété) et de terreau qu’il me restait de l’an dernier, sur quelques billes d’argiles.
    Ce fut un échec. Rien n’a germé. Désespoir des enfants… J’ai donc refait des recherches, et compris que cette terre était surement trop ancienne, sans nutriment, et surtout, trop épaisse avec des morceaux pour les petites racines fragiles des bébé plantes… J’avais aussi placé la boîte à œufs sur le plan de travail de notre cuisine, à un endroit très ensoleillé… ce qui n’est pas bon non plus ! Ce fut une première leçon !
    Nous avons donc acheté un terreau spécial semis, et recommencé, avec toujours des graines de plants de tomates, mais aussi 3 plants de concombres.
    Noussemis Julie Parents à Parents les avons laissé dans un endroit moins ensoleillé, avec un couvercle en plastique pour faire comme une petite serre.
    En trois jours, des pousses vertes ont apparu dans les pots des concombres.
    En une semaine, elles faisaient 5 cm.
    Chaque matin en se levant, les enfants vont regarder comment les plants de concombre ont poussé pendant la nuit et c’est absolument fascinant car c’est visible à l’œil nu !
    Nous avons eu une petite pousse de tomate de rien du tout, là encore ce fut la danse de la joie, mais après un arrosage (pourtant en mode brumisateur), elle s’est affaissée et ne se relève pas depuis…
     A suivre ici !

    Rachel Berthel, jardinière bio et coordinatrice de l’association Culture(s) en herbe(s), explique en une minute comment entretenir un jardin bio à Reporterre.

     

    Quelques idées pour jardiner avec ou sans terrain et créer un potager sur son balcon par l’association Manger Santé bio

    A voir aussi : la semaine sans pesticides

    Pour trouver des graines autrement :

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    L’association Kokopelli rassemble des semences potagères bio, de culture ancienne, libres de droit, reproductibles, sans OGM et sans hybride-F1

    Graines de vie lance un  mouvement citoyen pour la sauvegarde des variétés potagères et fruitières menacées de disparition, qui nous invite à nous réapproprier les bases de notre souveraineté alimentaire pour une nourriture saine et responsable

    Conseils de lecture

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    Mon potager bio en ville, sur cour, sur terrasse, sur un balcon, Franck David et Eric Prédine, éditions Terre Vivante

    Je réussis mes plants du premier coup de Serge Lapouge et Brigitte Lapouge-Déjean, éditions Terre Vivante

    4 saisons du jardin bio, n°211 mars-avril 2015 Jardiner partout, éditions Terre Vivante

    Jardiner bio c’est facile, collectif, éditions Terre Vivante

    Je démarre mon potager bio, éditions Terre Vivante

    Je réussis mon compost et lombri-compost, éditions Terre Vivante

    Le guide Terre Vivante du potager bio, cultiver, soigner, conserver, par Jean-Paul Thorez et Christian Boué, éditions Terre Vivante

    Un potager bio sur un balcon ou un appui de fenêtre, Michael Guerra, éditions Marabout

    Sikana propose quantité de vidéos gratuites expliquant comment faire son jardin potager, comme celle-ci sur les semis des petites graines

    illustration : Didier Eudes

    photos : Julie Cadé et LLH Design avec l’aimable autorisation de Linsey Hasenbank

    25 Mar
    25 Mar
  • © Yoann Lambert

    ©Yoann Lambert

    La nonviolence, ça n’est pas la fin de la violence, c’est une philosophie de vie dont peuvent découler tous nos autres principes. Isabelle Melin-Daniau1, enseignante de yoga et formatrice à l’école française de yoga nous invite à partager son expérience.

     « Il nous faut apprendre à vivre comme des frères, sinon nous périrons ensemble comme des imbéciles » Martin Luther King

    On imagine parfois la non-violence comme une attitude égale en toutes circonstances, un idéal de lucidité réservé aux tempéraments placides. Ça n’est pas tout à fait juste. La non-violence n’est pas la négation de la violence, elle est l’opposition à la violence.Contrairement au pacifisme, elle n’évite pas le conflit, elle reconnaît son utilité.

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    « la non-violence n’évite pas le conflit, elle reconnaît son utilité »

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     La non-violence comme mode d’action

    Elle n’est pas une force passive, elle n’est pas un renoncement, un laisser-faire ou un lâcher-prise, elle est une philosophie de vie et une logique d’action. « La non-violence est une force active » disait Ghandi. Elle a renversé bien des régimes totalitaires², c’est une voie d’émancipation qui porte des fruits.

     «  La vraie démocratie ne viendra pas de la prise de pouvoir par quelques-uns, mais du pouvoir que tous auront un jour de s’opposer aux abus de l’autorité »
    (Gandhi, 1869-1948).

    Dans la tradition indienne, la Bhavagad Gita raconte l’histoire du guerrier Arjuna qui part à la guerre et réalise soudain qu’il va combattre ses cousins. Quel sens ça a, d’aller au combat, se demande-t-il ? C’est alors qu’Arjuna reçoit un enseignement de Krishna, son cocher. Il prend conscience que quelle que soit sa décision, elle produira des effets à la fois bons et mauvais, et que ce qu’il doit trouver, c’est l’acte juste : comment il participe à des actions qui, toujours, auront des impacts.

    Et ici, agir de manière non-violente ne signifie pas refuser la bataille.

     Choisir notre point de départ

    « La non-violence n’est pas un comportement, c’est un processus, que chacun peut initier où il veut », explique Isabelle.

    Une idée peut consister à partir de ce qui fait sens pour nous (parmi les définitions de la non-violence par exemple, sommes-nous davantage sensibles à l’idée de ne pas nuire, à l’innocuité, ou à l’opposition à la violence, …) pour enclencher le processus qui va s’enraciner, se développer et nous transformer de l’intérieur.

    C’est un chemin de longue haleine. « Si je m’occupe de « ne pas être violent », si je mets juste un couvercle sur mes émotions et que je cherche à lutter contre un comportement, ça ne marche pas : à un moment ou un autre, je suis rattrapée par la violence ».

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     « Si je m’occupe de « ne pas être violent », si je mets juste un couvercle sur mes émotions et que je cherche à lutter contre un comportement,
    ça ne marche pas : à un moment ou un autre, je suis rattrapé(e) par la violence
     ».

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    © Yoann Lambert

    © Yoann Lambert

     

    Une démarche pas à pas

    « Ce qui me permet de grandir, c’est le discernement », poursuit Isabelle.

    Il s’agit d’y aller progressivement.

    C’est dans cette simplicité que nous pouvons, pas à pas, défaire nos processus de violence.

    Par exemple, exercer une violence moindre (une petite tape qui effleure la tête plutôt qu’une gifle, hurler « je suis en colère contre vous » plutôt que « vous êtes des imbéciles ») peut être une étape vers la non-violence.

    C’est aussi en étant bienveillant avec nous-mêmes que nous pouvons poursuivre le processus, sinon nous risquons de nous sentir persécutés par l’idéal de non-violence. Pour aller vers la paix, nous avons tout à gagner à accepter que nous ne sommes pas parfaits et que nous n’avons pas toujours de réponse aux problèmes auxquels la vie nous confronte.

    Créer des espaces pour récupérer

    Krishnamurti, dans ses lettres aux écoles, expliquait que pour ne pas céder à la violence, nous avons besoin d’avoir des espaces où nous pouvons nous mettre en retrait pour récupérer et prendre conscience de nos problèmes personnels afin de « ne pas apporter à nos enfants la rumeur et le bruit de notre tumulte intérieur ».

    Ce travail de silence en nous nous permet de nous régénérer pour être vraiment avec nos enfants quand nous sommes avec eux.

     

    Car la violence apparaît quand nous buttons contre quelque chose. Elle indique qu’il y a, en nous, une résistance.

    Réintroduire de l’espace (nous offrir un sas de sécurité, un instant de répit, nous retirer dans un endroit sécurisant) nous permet déjà de nous sentir moins coincés !

    Rester en contact – prendre conscience de notre interdépendance

    L’histoire du guerrier Arjuna en témoigne : le chemin vers la non-violence passe par la conscience de notre interdépendance : « je peux être violent si je me sens coupé de mon interlocuteur. Si je reconnais qu’il m’est semblable, je m’apaise », explique Isabelle (cf. l’article « sortir de la violence » dans le webzine qui sortira dans quelques jours).

    Dans le même ordre d’idées, une coach d’entreprise conseillait « si votre chef, votre collègue ou votre conjoint vous insupporte, cherchez vous un point commun » : dès qu’un sentiment de proximité s’installe, le contact peut reprendre et un dialogue peut s’instaurer.

    © Yoann Lambert

    © Yoann Lambert

     

    Observer

    Une autre piste qu’Isabelle utilise beaucoup avec ses enfants : se mettre en position d’observateur.

    En effet, quand nous nous mettons à observer ce qui se passe, nous devenons témoin. Nous décollons de nos a-priori, nous pouvons voir les choses autrement.

    L’idéal est d’acquérir une vision holistique, de pouvoir zoomer puis élargir notre champ de vision pour comprendre comment les choses se mettent en place. Ce processus nous invite à travailler sur nous, à démêler le présent du passé (et de son influence sur notre perception du présent) et à ne plus nous identifier à nos comportements.

     La non-violence, fondement du yoga

    « C’est toute l’importance de l’attitude intérieure. Si quelqu’un vit dans un état de non-violence, c’est-à-dire de non-jugement, de respect de l’autre, il va influencer son entourage et il sera très difficile d’être agressif à son égard ou même simplement en sa présence ».
    F. Mazet

     

     

     

    Les textes fondateurs du yoga (voir encadré) font de la non-violence (Ahimsa), le tout premier principe d’où découlent tous les autres : c’est le socle sur lequel s’appuie le yoga (qui inclut non seulement les postures, mais tout un ensemble – cf. encadré), et qu’il est important d’intégrer.

    Ahimsa signifie «ne causer ni souffrance ni dommage» et respecter la vie humaine, animale et végétale. Différentes définitions ont été données au fil des traductions : volonté de ne pas nuire, non-nuisance, qualité qui consiste à refréner l’agressivité, innocuité ; Ahimsa inclut, dans sa nature même, le respect de l’environnement et de la planète.

    La violence n’est pas seulement un acte physique, elle peut être verbale ou psychique. L’indifférence est aussi une forme de violence !

    Même avec celui qui exerce la violence

    La perspective non-violente considère la violence comme une atteinte à l’humanité : celle de ceux qui la reçoivent, mais également à celle de celui qui la prône. Elle dit le respect, en pensée, en parole et en action, de la vie.

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    « La non-violence sous sa forme active consiste en une bienveillance envers tout ce qui existe. C’est lAmour pur. » Gandhi

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     « Alors qu’une bonne action doit appeler l’approbation, et une mauvaise, la réprobation, le fauteur de l’acte, qu’il soit bon ou mauvais, mérite toujours respect ou pitié, selon le cas. « Hais le péché, non le pécheur » – c’est là un précepte que l’on applique rarement, s’il est aisé à comprendre ; et c’est pourquoi le venin de haine se répand si vite dans le monde. L’ahimsâ est le fondement de la quête de vérité. Il n’est pas de jour où je ne m’aperçoive, en réalité, que cette quête est vaine, si elle ne se fonde pas sur l’ahimsâ. S’opposer à un système, l’attaquer, c’est bien ; mais s’opposer à son auteur, et l’attaquer, cela revient à s’opposer à soi-même, à devenir son propre assaillant. Car la même brosse nous a peints ; nous avons pour père le même et unique Créateur, et de ce fait les facultés divines que nous recelons en nous sont infinies. Manquer à un seul être humain, c’est manquer à ces facultés divines, et par là même faire tort non seulement à cet être, mais, avec lui, au monde entier. »
    Gandhi, Autobiographie ou mes expériences de vérité

    Et même si ça nous paraît loin, n’oublions pas que c’est un chemin !

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    L’étude des Yoga Sutra de Patanjali, qui s’enracinent dans la doctrine philosophique du Samkhya Karika, sont des textes de référence dans la tradition du yoga.
    Ils partent d’un constat : l’être humain souffre (Y.S.II.2., les afflictions ou
    kleshas).
    L’origine de ses souffrances est l’absence de conscience de la Réalité, ou l’ignorance (
    avidyâ) de sa séparativité entre la manifestation (Prakriti) et la non manifestation (Purusha).
    Il est possible de sortir de cette ignorance grâce au discernement (
    viveka), qui se développe à travers un système en huit parties nommé ashtânga Yoga :
    – les refrènement: la non-violence (ahimsa), la vérité, le non-vol, la continence et la non possessivité,
    – les observances : la pureté, le contentement, la discipline, l’étude de soi ou l’étude des textes et l’abandon à plus vaste que soi,
    – les postures ou
    asana ,
    – la discipline du souffle ou
    pranayama,
    – le fait de retourner les sens vers l’intérieur (s’écouter, se voir,…) ou
    prathyara,
    – la fixation de l’attention ou
    dharana,
    – la concentration,
    dhyana, traduit aussi par la contemplation ou la méditation,
    – la Conscience ou
    samadhi.

    Cet ensemble réabsorbe et réinclut tout ce qui constitue l’être (atmân). L’objectif du Yoga, c’est la libération (moksha) de ces souffrances et l’éveil de la Conscience.

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    Poursuivez la lecture sur le webzine Parents à Parents

    Parents à Parents Webzine#1

    illustrations : Yoann Lambert

    1 Pour contacter Isabelle MELIN-DANIAU : isabellemelin@free.fr

    2 Quelques exemples de révolutions non-violentes ayant mis fin à des dictatures :
    Résistance non-armée des Allemands contre l’occupation franco-belge de la Ruhr, renversement de la dictature à la suite de l’initiative de femmes en Colombie, révolution people power pour renverser la dictature de Marcos aux Philippines, grève de la faim contre la dictature de Banzer en Bolivie, luttes non-violentes aboutissant à la chute des régimes communistes de Pologne, de Tchécoslovaquie et de République Démocratique Allemande, chute du mur de Berlin, révolution des roses en Géorgie : départ du président Chevarnadze, malgré un soutien marqué de la Russie, Le président Lozada acculé à la démission, Bolivie, 2003, malgré un soutien marqué des États-Unis…
    Exemples de luttes non-violentes pour l’indépendance : L’Inde par la longue lutte non-violente de Gandhi, le Congo belge suite à la lutte non violente organisée par Lumumba, la révolution du cèdre au Liban,…

     

    12 Avr
    12 Avr
  • le chat, l'oiseau et le poissonLes enfants ont une affection spontanée pour les animaux. Ils sont les héros de très nombreuses histoires et d’autant de jeux, et de nombreuses études ont prouvé les bienfaits de leur présence auprès des enfants. Et s’ils jouaient un rôle particulier, dans le développement des enfants ?

    Ce matin, j’observais mon petit d’un an et demi dialoguer avec le chat : se faisant face, ils ont esquissé quelques gestes l’un vers l’autre puis, très rapidement, leurs mimiques se sont synchronisées. J’étais touchée par leur jeu, mon fils semblait très concentré et ils avaient vraiment l’air vraiment bien l’un avec l’autre ; ils se sont alors mis à jouer avec une balle, puis mon fils est allé chercher à boire au chat qui a aussitôt lapé le bol. Un peu plus tard, le chat est venu s’installer contre mon fils qui avait besoin de se reposer. Cette scène s’est déroulée quasi sans mots, et pourtant, ces deux êtres se sont apparemment « reçus 5/5 ».

    Avec l’animal, l’enfant nourrit tous les registres de la communication

    80% de la communication entre les hommes est non verbale, pourtant, les adultes se focalisent souvent sur les mots. Avec l’animal, l’enfant peut nourrir tous les registres. « Les rapports entre l’enfant et l’animal s’appuient sur des systèmes de communication qui ne passent pas par la parole. Ces deux êtres ont la capacité de se comprendre sans se parler et cette relation est d’autant plus intense qu’elle est véhiculée par des « outils » que l’adulte a effacés de son registre », explique Hubert Montagner, spécialiste de la relation enfant-animal1.

    Ainsi, c’est beaucoup plus facile pour l’enfant de libérer ses émotions avec un animal familier, d’autant plus facile que ce dernier ne le juge pas, n’exige rien, et ne renvoie pas aux difficultés personnelles et familiales.

    Comment l’animal favorise le développement de l’enfant

    Ce faisant, d’après Hubert Montagner, l’animal permet à l’enfant d’acquérir des compétences qui constituent le socle de son développement affectif, émotionnel, social et cognitif, comme les interactions les yeux dans les yeux, où chacun livre à l’autre ses émotions, s’offre et s’ouvre à tout ce qui le constitue et à tout ce qui constitue l’autre dans sa personnalité, sa profondeur … Éléments qui sont apparemment indispensables à l’installation d’un attachement « secure » (où l’enfant se sent sécurisé ) et au développement de l’empathie.

    L’animal, réel ou imaginaire, apporte une contribution très précieuse à l’élaboration du monde émotionnel, affectif, relationnel, social et cognitif de l’enfant. « Leur capacité à décoder les signaux des humains et à s’ajuster à leurs conduites ainsi que leur flexibilité génèrent le sentiment, ou la certitude, qu’ils s’accordent aux émotions et aux affects. Les enfants de tous âges peuvent ainsi former les représentations et les idées les plus surprenantes, effectuer les transferts les plus délirants, reconstruire leurs raisonnements, élaborer de nouveaux projets »2.

    L’animal ami

    Mais ce n’est pas tout. L’animal est aussi un ami, un thérapeute même3.

    Nous connaissons tous des histoires extraordinaires qui apparaissent dans l’ordinaire de nos vies, où des animaux font preuve d’un comportement maternant, protecteur, éducatif ou amical étonnant.

    Il était deux heures du matin quand ma seconde fille, qui n’avait que quelques mois, a eu un accès de laryngite aiguë. Ma fille aînée se réveillait souvent, parfois toutes les heures (elle se remettait d’une grave maladie) et se réveillait dès qu’elle était seule (elle avait subi deux grosses opérations et en avait gardé une peur bleue des séparations). J’ai emmené la plus petite dans la salle de bains pour qu’elle respire dans un bain de vapeur d’eau et que la crise cesse. Je craignais que l’aînée se réveille, sentant qu’elle était seule, quand j’ai vu notre chat s’approcher de la chambre et venir s’installer près d’elle. Je suis restée plusieurs heures dans la salle de bains auprès de la plus petite, jusqu’à ce qu’elle retrouve une respiration et une voix normales. Quand je suis retournée dans la chambre, j’ai observé ma fille aînée : elle dormait et respirait en rythme avec les ronronnements du chat. Dès que le chat m’a vue, il m’a regardée, a miaulé d’un air de dire « bon, ma mission est finie, je peux aller me dégourdir les jambes maintenant » et il est sorti dans le jardin. Depuis, il a témoigné de nombreuses fois ses compétences de chat protecteur, notamment avec le plus jeune de nos enfants.

    L’animal, compagnon d’âme

    Mais je crois que l’animal est encore plus que ça. C’est Anna Evans4 qui m’a donné les mots que je cherchais pour définir ce lien. Anna est vétérinaire de formation et elle a développé une connaissance et une conscience de l’animal qui me touchent par leur justesse et l’immense respect dont elle témoigne pour tout ce qui vit sur la terre. Comme d’autres, Anna a observé que, quand un enfant n’a pas été éduqué à se méfier des animaux, il entre en lien spontanément avec eux. Pour Anna, c’est tout naturel, l’enfant est un peu comme eux : les premières années, il ne parle pas. Il est spontané, affectif, en lien avec la nature, en prise avec son milieu. Et il ne s’est pas encore construit un mental et des croyances qui sont l’apanage de l’adulte.

    D’après Anna, il n’y a pas de différence de nature entre l’homme et l’animal : tous deux sont semblables jusqu’au développement du mental humain. Ainsi, avec l’animal, l’enfant peut se développer sans perdre le lien avec la nature, ce qui est extrêmement structurant pour lui (et c’est peut-être ce qui explique que l’animal apporte tant au développement de l’enfant, comme l’ont analysé Hubert Montagner et d’autres chercheurs).

    L’animal est présent, ancré, il ne se perd pas dans ses pensées… et il nous rejoint dans notre nature profonde. Je n’ai pas de raisonnement pour définir cela, qui me semble profondément juste cependant : nous avons une sensibilité à l’animal qui est présente au fond de nous. Et les animaux nous rejoignent dans notre nature profonde. Ils réveillent une part de nous qui est intacte, qui n’a pas été traumatisée, parasitée, ou construite par d’autres. Quand je regarde un animal les yeux dans les yeux, je touche à cette part là de moi. Les problèmes ne disparaissent pas, mais je sens que j’ai en moi les ressources pour les résoudre et je retrouve confiance dans les forces de la vie.

    De nombreuses personnes ont fait cette expérience : quand dans une classe, un groupe, des enfants sont agités, il suffit qu’un animal soit présent pour que tout le monde se calme. L’animal apaise notre mental, il nous aide à nous ancrer, à être présents à ce que nous sommes ; plus précisément, il nous permet de rentrer en contact avec tout ce que nous sommes au-delà de l’intellect – ce qui nous permet de nous sentir moins fragmentés. Bref, il nous aide à être des hommes entiers (serait-ce parce que lui est ainsi et que nos neurones miroirs réagissent en sa présence?).

    Ainsi, « la nature sauvage (et les êtres qui la peuplent) est un élément essentiel de la constitution de l’identité des êtres humains, parce qu’elle donne à voir ce qui n’a pas été instrumentalisé et suggère par là ce que pourrait être un individu moins fragmenté, moins éparpillé, moins plongé dans le « désespoir tranquille » qui est le lot d’Homo oeconomicus. La nature sauvage ne nous donne pas des exemples à suivre ; elle nous rappelle, simplement, que toutes les valeurs ne sont pas économiques, même si certaines le sont. Qui comprend cela parvient à un meilleur état de soi-même, et qui parvient à un meilleur état de soi-même, aura certainement du mal à admettre comme de soi bien des usages de l’animal »5.

    illustration : Emilie Vast

     

    1 Hubert Montagner est psychophysiologiste, professeur des Universités honoraire, ancien directeur de recherche à l’Inserm, ancien directeur de l’Unité 70 « Enfance Inadaptée » de l’Inserm.

    2 Rôles et fonctions des animaux familiers dans le développement et la santé des humains, Hubert Montagner  ou sur le site de CAIRN

    3 le web regorge de ressources sur l’apport de l’animal et la zoothérapie. Parmi mille autres : senat.fr

    4 Passionnée par le bien être animal, Anna Evans a créé la Communication Intuitive®

    5 Les relations entre l’homme et l’animal, Jean-Yves Goffi, Qu’est-ce que l’humain, Université de tous les savoirs, sous la direction d’Yves Michaud, Editions Odile Jacob, 2000, p25

    17 Fév
    17 Fév
  • Se sentir bien cheBienChezSoiLeandroLamas70z soi est un besoin universel : nous avons besoin de nous sentir protégé-e-s et détendu-e-s là où nous mangeons, nous lavons, nous reposons, nous regroupons. Les sensations que nous éprouvons dans notre intimité influent sur notre humeur, notre énergie vitale, la qualité des relations avec nos proches. Nous apprécions certaines couleurs plus que d’autres, certaines ambiances nous agressent ou nous apaisent, nous sommes plus ou moins sensibles aux bruits ou aux odeurs, et notre culture prend beaucoup ou peu de place dans notre vie.

    Chez soi, c’est quoi ?

    « Chez soi », c’est le foyer où nous passons beaucoup de notre temps libre, foyer que nous partageons souvent avec un-e conjoint-e, un ou des enfants, des animaux, … et des plantes !

    Mais qu’est ce qui va faire que l’on s’y sent chez soi .. et que l’on se sent chez soi ailleurs ? Une palette d’odeurs, de couleurs, une façon de ranger et aménager l’espace ?

    Lorsque je sens une odeur de lavande, tout mon corps se détend, mes idées s’éclaircissent, je me sens de nouveau la petite fille qui s’endormait en vacances dans un lit fraîchement fait, les draps fleurant l’huile essentielle de lavande généreusement aspergée par ma grand-mère ! Alors aujourd’hui, de l’Huile Essentielle de lavande, j’en ai partout : dans mon sac à main, dans la voiture, dans mon tiroir au bureau, dans la trousse à pharmacie ! Il faut dire qu’elle est tellement polyvalente : je m’en sers pour apaiser les piqûres de moustique, désinfecter les petites coupures, soulager les maux de tête, ….

    Se sentir bien chez soi

    Par ailleurs, nous pouvons améliorer notre sensation de bien-être en étant attentif à la qualité de l’air que nous respirons, au choix des objets qui nous entourent, aux produits d’entretien et d’hygiène que nous utilisons et, de façon générale, à notre rapport global à la consommation ; savez-vous par exemple que le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude et le savon noir remplacent efficacement quasiment tous les produits d’entretien chers et polluants ?

    Et comment mieux gérer et aménager les espaces de chacune des personnes vivant ou travaillant ensemble, même au delà de notre foyer ? La fête des voisins, c’est l’occasion de mieux nous connaître, mais aussi de se montrer plus tolérant aux besoins de calme des uns lorsque nous comprenons que leur bébé a le sommeil tellement léger, ou au fait que notre voisin dont les horaires de travail sont décalées ne passe pas toujours la tondeuse dans le créneau horaire spécifique !

    Est-ce qu’un contact avec la nature peut nous ressourcer ? si c’est le cas, que ce soit en appartement ou en maison, jardinons ! Les animaux nous accompagnent également à leur façon, ils sont les compagnons privilégiés des plus petits et des plus âgés, nous pouvons les intégrer à nos vies en respectant les besoins propres à leur espèce.

    Au-delà du « chez soi » le jour il y a le « chez soi » la nuit, et ces heures de repos sont précieuses pour déterminer la journée à venir, il est donc primordial de protéger et aménager au mieux notre lieu de sommeil. Quel est l’impact des ondes, de la lumière, de la qualité du couchage, de la température sur notre corps de mammifère ?

    Alors, « bien chez soi » on a tous envie de l’être encore mieux, et il y a de nombreuses pistes à explorer, des expériences à tenter, pour toujours améliorer notre « chez nous » !

     

    illustration : Leandro Lamas

    02 Jan
    02 Jan

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