La co-écoute : une manière toute simple de guérir ses blessures

  • La co-écoute, c’est une pratique si simple et fructueuse ! C’est…

    10 Juin
    10 Juin
  • Mireille JosselinLa répression émotionnelle, c’est vraiment notre plus grand ennemi pour entrer vraiment en relation et progresser dans la communication avec ceux que l’on aime. Elle est le poison insidieux qui pourrit nos relations. Vous vous demandez pourquoi ? Parce qu’il est tout à fait impossible de réprimer l’émotion. Ce que nous réprimons, alors, c’est son expression, sans savoir qu’elle est en fait une libération de l’émotion.

    La répression émotionnelle : un processus « naturel » mais toxique

    Chacun d’entre nous, qu’il soit adulte, adolescent, enfant, bambin ou encore bébé, éprouve des émotions qui se traduisent par des modifications biochimiques dans notre corps. C’est ce qui explique que nous éprouvions des sensations physiques liées aux émotions. Qui n’a jamais rougi ? Sué de peur ? Tremblé sur ses cannes ?

    Les émotions ont besoin d’être évacuées pour être libérées, sans quoi elles deviennent des poisons toxiques pour notre organisme qui doit les digérer, créant alors des maux de ventre, des insomnies, de l’agitation, des angoisses, des maux de tête,…

    Il est tout à fait impossible de réprimer l’émotion.

    Ce que nous réprimons, alors, c’est son expression, sans savoir qu’elle est en fait une libération de l’émotion.

    Nous réprimons l’expression de nos émotions chaque fois que nous nions la tristesse, la souffrance, la colère, la peur – en la réfutant, en s’en moquant, en l’ignorant, ou pire encore, en la punissant.

    Qui n’a jamais entendu dire, face à un bambin ou un jeune enfant qui chute, crie, pleure ou geint : « Ce n’est rien, tu n’as rien, relèves-toi, allez, arrête de pleurer ! »  Qui est rassuré par le « ce n’est rien » ? L’adulte, sans doute soulagé que l’incident soit bénin. Mais l’enfant, lui, est nié dans son ressenti ; le plus souvent il pleure donc de plus belle ! Du moins, tant qu’il n’a pas intérorisé l’interdiction de s’exprimer (et je crois qu’il abdique, par là, toute velléité d’exister vraiment auprès de ceux qui prétendent l’aimer)… Pourtant, il suffit que l’adulte dise « Tu t’es fait mal ? Montres-moi ça » pour que l’enfant s’arrête très vite si effectivement, selon notre barème d’adulte, ce n’est rien.

    Ouvrir nos coffres plein de monstres… et nous libérer !

    Sur le plan émotionnel, nos enfants sont au moins nos égaux ; je pense même qu’ils sont plutôt nos maîtres. Car là où, bien souvent, nous avons du grandir en cachant, maîtrisant, réprimant nos émotions, ils nous apprennent à renouer avec nous-mêmes et avec nos propres ressentis. Les enfants ont en effet cette faculté merveilleuse de mettre le doigt sur nos blessures émotionnelles profondes et de les réveiller par leurs comportements.

    Dans ses livres, Alice Miller explique qu’il y a en chacun de nous un coffre plein de monstres, et que les seuls à en détenir la clé sont les enfants.

    Nous devrions considérer cela comme une grande chance lorsque nous sommes parents, car en réveillant nos propres émotions et en les exprimant enfin ils nous offrent une chance de grandir en libérant nos vieilles blessures enfouies, refoulées dans le corps depuis parfois très longtemps – blessures qui, à défaut d’être entendues, génèrent tensions, douleurs et maladies…

    Écoutons donc. Écoutons nos enfants. Écoutons-nous. Écoutons vraiment.

    Avec le cœur grand ouvert, en oubliant tout jugement, tout conseil, toute critique… en nous taisant et en observant ce que cette écoute silencieuse réveille en nous. Apprenons à parler de nous sans passer par l’autre. Employons le « JE » en lieu et place du « TU/VOUS » qui agresse et accuse. Oublions le « ON » aussi car il n’implique jamais personne. Acceptons toutes les émotions qui surviennent, sans jamais les juger négativement, sans jamais se reprocher de les ressentir, et faisons de même avec les autres.

    De mon point de vue, si les émotions s’expriment ainsi maintenant c’est que nous sommes prêts à les vivre et à les libérer enfin ! Lorsque nous éprouvons des émotions intenses, nous n’avons que faire des conseils, des suggestions, des critiques, des leçons de morale ou encore de la pitié ; ce dont nous avons besoin c’est d’une oreille capable d’entendre ce que nous avons à déverser, sans aucun jugement, mais pleine d’empathie et de compassion. C’est dans ces circonstances que nous sommes capables d’affronter la situation pour trouver nos propres solutions, celles qui nous conviennent vraiment.

    C’est aussi le principe de la co-écoute.

    Écouter nos enfants et, naturellement, nous écouter enfin !

    Nos enfants ne sont pas différents. Ils ont, eux aussi, juste besoin d’une écoute empathique qui les respecte pour ce qu’ils sont : un être unique, merveilleux, capable – comme chacun d’entre nous.

    Sortir de l’habitude de la répression émotionnelle demande une grande détermination, surtout quand nous y avons été habitué depuis notre plus tendre enfance. Car pour la plupart d’entre nous, c’est un automatisme !

    Ce qui m’a vraiment aidée, c’est d’affirmer ma détermination à ne plus nuire à mes enfants, tout en restant le guide que tout parent doit être.

    Au début, mes enfants ont manifesté fort et fréquemment leurs émotions pour liquider leur collection d’émotions refoulées. Puis, avec le temps, l’expression de leurs émotions s’est réajustée, elle ne dépendait plus que de l’émotion présente et non du stock des émotions refoulées du passé.

    Ce que je trouve merveilleux, c’est qu’en écoutant et en respectant les émotions de nos enfants nous apprenons peu à peu à écouter et à respecter les nôtres, ce qui ne peut que nous rendre meilleurs et plus justes. Nous pouvons alors progressivement développer une relation basée sur toujours plus de respect et de confiance plutôt que sur la soumission par la peur, la violence ou l’humiliation. Et cela retentit positivement sur toutes nos relations.

    Article écrit par Emmanuelle Sallustro

    illustration : Mireille Josselin

    Pour aller plus loin :

      C est pour ton bien Alice Miller


    C’est pour ton bien d’Alice Miller
     ; « Qu’est-ce-que j’ai pleuré en lisant « C’est pour ton bien » pendant ma dépression, faisant ainsi remonter mes blessures de bambin puis enfant aimé toujours sous condition, subissant la répression émotionnelle et la soumission à l’arbitraire » , se souvient Emmanuelle.

     

     

     

    10 Juin
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