La co-écoute : une manière toute simple de guérir ses blessures

  • La co-écoute, c’est une pratique si simple et fructueuse ! C’est…

    10 Juin
    10 Juin
  • RoberteMondeenbas700510
    Nous venons d’entamer une discussion sur la Communication NonViolente. Ici, je vous propose de la poursuivre en envisageant, cette fois, nos différents interlocuteurs et la communication non verbale. Là encore, sentez-vous libre d’apporter votre contribution !

    Si vous voulez voir ou revoir comment nous avons défini la CNV, ce qu’elle peut être, ce qu’elle n’est pas, comme elle peut servir d’outil de manipulation à son corps défendant, je vous invite à vous rendre ici.

    Si vous connaissez la CNV, l’utilisez-vous avec vos enfants ? Et qu’en tirez-vous ?

    La Communication NonViolente, un bon outil avec les enfants ?

    Avec mes enfants, je vous avoue que je ne l’utilise guère de manière formelle. A tort ou à raison, peut-être parce que je ne me la suis pas encore assez appropriée, mais pas seulement. En fait, je me sers essentiellement de la Communication Non Violente (CNV) comme d’un outil d’exploration intérieure.
    Et je remarque que quand je vais bien, quand je me sens bien, dans la majorité des situations, la communication et les relations avec mes enfants sont fluides.

    La CNV m’aide à me retrouver (notamment quand je suis en colère), ce qui me permet d’être davantage à leur écoute. Mais quand mes enfants vivent des émotions fortes, intuitivement, j’ai tendance à faire primer le non verbal, le toucher, la présence, les yeux dans les yeux, la douceur dans le ton, …

    Quand ses enfants sont en colère, Sophie, elle aussi, cherche plutôt à rester accessible, à être proche, présente, à les toucher ou à les prendre dans ses bras (selon ce qui paraît pouvoir les aider), plutôt que d’utiliser une formulation en mode CNV.

    Et vous, comment procédez-vous ?

    La CNV avec les ados

    Avec les adolescents, Cécile a tenté d’utiliser la Communication Non Violente comme mode de communication, puis, voyant que ça ne lui rendait pas les services qu’elle avait imaginés, elle a cessé d’utiliser ce mode là pour se rendre plus proche d’eux. Elle a adapté sa façon de parler, elle utilise davantage l’humour tout en restant le plus authentique possible. Et elle est beaucoup plus satisfaite de ses relations avec eux. Mais elle continue à se servir de la CNV pour comprendre ses besoins à elle.

    Nathalie, au contraire, utilise des formules CNV au collège où elle travaille. Communiquer en mode CNV, dire, par exemple, « j’ai confiance que vous allez pouvoir trouver une solution qui vous convienne à tous » (en y croyant vraiment), lui offre un cadre sécurisant quand elle craint de perdre pied au milieu des adultes qui crient autour d’elle. Elle en tire bénéfice dans ses relations avec les élèves comme avec ses collègues.

    La CNV, un bon outil pour qui ?

    Sans doute, il est bien plus facile de communiquer en mode CNV si notre interlocuteur est capable d’aller écouter ce qu’il ressent et de travailler sur lui. Sans doute aussi, l’authenticité prime sur le mode de communication et les mots prononcés (ce qui n’empêche pas d’y faire attention). 80% de notre communication étant non verbale, il reste tout un continent à explorer au-delà des mots !

    Ce midi, sur France Inter, j’entendais Jean Claude Ameisen évoquer les travaux, qui, depuis plus de 15 ans, montrent que nous pouvons percevoir les émotions exprimées par un visage sans même en être conscients, que nous pouvons ressentir et partager ces émotions sans même savoir que nous les avons ressenties et partagées, et même que nous pouvons reconnaître des visages, exprimer des émotions en les reconnaissant, sans même avoir conscience que nous les avons vus. Cela donne une idée des milliards d’informations non verbales que nous captons et traitons, sans même en avoir conscience !

    « La rencontre avec le visage de l’autre, explique Jean Claude Ameisen, fait naître des impressions profondes qui changent en fonction du contexte, de nos souvenirs, de nos attentes, il y a l’invention en nous du monde intérieur de l’autre, le lien entre ce monde intérieur et le nôtre, et l’inscription de ce lien dans le temps, dans une histoire, dans une narration qui donne son sens à cette rencontre ».

    Cela n’enlève rien à l’impact immense de la communication par les mots, mais cela me conforte dans l’envie d’explorer, aussi, ce qui se passe autour des mots, à la périphérie de nos expressions, dans tout ce qui se dégage des personnes que je rencontre. Ainsi, avec ceux que j’ai peur de blesser, avec les personnes particulièrement intuitives, avec mes enfants comme dans mes relations amoureuses, j’aime explorer d’autres modalités de communication, comme le regard, le toucher, l’humour, le conte, le symbole, la métaphore,…

    Là encore, il ne s’agit pas d’adopter une technique qui ferait écran à ce que nous sommes en train de vivre,
    mais juste de se mettre à l’écoute, de se rendre disponible à ce qui pourrait se passer si nous tentions d’explorer ce champ là.

    Le tout est de rester profondément en accord avec notre intention profonde : maintenir le lien.

    Et parfois, ça n’est pas du tout notre objectif ! Une amie de Morgane l’avait mise en garde : le risque de la CNV n’est-il pas de maintenir le lien à tout prix, même quand nous n’en avons aucune envie ? Alors, ce ne serait pas l’autre que nous manipulons, mais nous-mêmes, en nous obligeant à nous cantonner dans une relation qui ne nous convient pas et nous fait du mal ? Je ne sais pas.

    Finalement, les méthodes de communication sont peut être comme les méthodes pédagogiques : des outils qui se nourrissent d’abord de notre intention et de notre posture, vous ne croyez pas ?

     illustration : Roberte Degosse

    Poursuivez la lecture sur le webzine Parents à Parents

    Parents à Parents Webzine#1

     

    Pour aller plus loin :

    * Cessez d’être gentils, soyez vrai, être en lien avec les autres tout en restant soi-même, Thomas D’Asembourg, chez Decitre, en livre papier ou audio

    *Être heureux, ça n’est pas nécessairement confortable, Thomas D’Asembourg, disponible en livre de poche

    Les mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs, introduction à la Communication Non Violente, Marshall Rosenberg

     Élever nos enfants avec bienveillance, l’approche de la Communication Non Violente, Marshall Rosenberg en poche à  moins de 5 €

     Les ressources insoupçonnées de la colère, approche de la Communication Non Violente, Marshall Rosenberg, en poche à moins de 5€

     

    08 Mar
    08 Mar
  • RoberteGrandeBouche
    Une de mes amies ayant souffert de l’attitude d’une collègue qui disait utiliser la Communication NonViolente (CNV) avec elle, je me suis interrogée sur ce que ce mode de communication pouvait susciter.

    La CNV, conçue par Marshall B. Rosenberg pour établir une communication bienveillante avec soi-même et avec les autres, pouvait-elle être violente ? Pouvait-elle être manipulatoire ?

    Pour ébaucher une réponse à ces questions, je vous présente le début d’une discussion entamée avec trois amies. Si vous en sentez l’élan, rejoignez-nous et poursuivez-là avec nous !

    Est-ce de la Communication Non Violente ?

    Peut être avez vous entendu ce type de formules, prononcées par des personnes qui pensaient s’exprimer de façon non violente ?

    • Quand tu me dis que tu ne peux répondre à mes messages qu’à partir de ton téléphone portable et que du coup, tu ne peux pas utiliser de formules de politesse, c’est insupportable pour moi. J’ai besoin de respect. Donc, je te demande de répondre par courriel avec le respect dont j’ai besoin, sinon je te demande de quitter ce projet !
    • Quand tu me dis que tu es trop fatigué pour me répondre, je me sens dévalorisé, méprisé, par pris en considération. C’est très violent pour moi.
    • Oui, je vois bien que tu es en colère, mais moi j’ai besoin de calme (une mère à son enfant en pleine colère, qui quitte la pièce sans le regarder).

    Comment auriez-vous envie de réagir dans ces situations ? Pour moi, ces propos ressemblent autant à de la Communication NonViolente que le champony ressemble au champagne (et au plan viticole, je m’y connais un peu mieux qu’en CNV), ou l’aspartame au miel ; et ça ne me paraît pas commode de construire ou de maintenir une relation entamée sur ces bases là.

    Alors la CNV, au fond, c’est quoi ?

    Pour Marshall B. Rosenberg, « Les jugements que nous portons sur les autres sont l’expression tragique de nos besoins non satisfaits. » C’est de cette intime conviction qu’est né le processus qu’il a développé.

    Le processus de communication non violente : un langage du cœur

    Dans ma compréhension, avant toute chose, c’est notre intention qui compte : avons-nous envie d’établir des relations bienveillantes avec les autres, de maintenir le lien, de trouver des solutions pacifiques, ou pas ?

    Si nous voulons établir des relations satisfaisantes avec nos interlocuteurs, Marshall B. Rosenberg nous propose de nous écouter, nous-mêmes, avec empathie, en commençant par démêler l’observation de la situation réelle de nos sentiments et jugements.

    Par exemple, j’arrive dans le métro avec mon bébé de 12 kilos dans les bras, un sac lourd sur le dos, et personne ne me cède une place assise. Je commence par observer la situation, les gens assis, ceux qui sont debout comme moi, puis vide mon agacement en me faisant part, intérieurement, de ce qui m’énerve, m’agace, me rend triste.

    Ensuite, il s’agit de nous mettre en contact avec notre ressenti intérieur, corporel (ce qui peut ne prendre que quelques secondes).

    Dans mon exemple, je me sens en colère, une boule me noue sous ma poitrine, je bouillonne, ça m’oppresse, ensuite je sens une tristesse monter, cette situation me renvoie à ma difficulté à prendre ma place, à oser demander, à trouver mes besoins légitimes.

    Quand nous avons suffisamment écouté nos émotions, nous pouvons tenter de voir de quoi nous aurions besoin pour nous sentir mieux.

    Dans mon exemple, c’est assez simple, j’ai surtout besoin de me reposer parce que je commence à avoir mal partout.

    Mais parfois, nous devons creuser un peu pour trouver notre véritable besoin.

    Là, rien n’aide mieux que notre ressenti corporel :
    écouter les tensions de notre corps nous guide très concrètement vers la solution.

    L’avoir trouvée nous procure une nette sensation d’apaisement.

    Une fois cette étape accomplie, il est alors possible de faire une demande – à nous-mêmes ou à quelqu’un d’autre.
    Dans mon exemple, c’est ainsi que j’ai pu demander une place assise tout à fait calmement, une fois que j’aie été intérieurement rassurée sur ma légitimité à le faire. Le message n’étant plus parasité par mes émotions, il a été bien plus facile à mon interlocuteur d’y répondre sans se sentir jugé ou culpabilisé parce qu’il ne m’avait pas remarquée avant.

    Est-il possible d’être authentique et de manipuler ?

    Vécue comme Marshall B. Rosenberg le suggère, « la Communication NonViolente ne peut pas manipuler, car elle repose sur une sincérité et une honnêteté totales« , me rétorque mon amie Morgane, avec qui j’ai eu envie de réfléchir à ce sujet.

    Reste que le processus n’est pas toujours simple à mettre en œuvre, c’est comme une nouvelle langue à acquérir ! Alors, tant qu’il n’est pas intégré, nous pouvons conserver notre tendance à rejeter la faute sur les autres ou sur nous-mêmes, comme nous l’avons toujours fait auparavant.

    Ceci n’est pas de la Communication Non Violente !

    Pour l’éviter ou la déceler, voici une astuce toute simple :

    Un besoin est « un besoin de » (de repos, de lien, d’attention, …) mais jamais un « besoin que tu » (fasses, dises quelque chose).

    Si quelqu’un vous dit « j’ai besoin que tu quittes la pièce pour me sentir tranquille », cette personne ne vous parle absolument pas en mode Communication NonViolente (c’est d’ailleurs très violent, vous ne trouvez pas?). Face à une telle situation, Morgane dirait : « Stop, je ne suis pas là pour régler ton besoin. Quand tu me parles ainsi, je me sens en colère, mon cœur se ferme« .

    Dans le même ordre d’idées, imposer ses exigences en réponse à son besoin est aux antipodes de la Communication NonViolente (CNV). En CNV, une demande est ouverte, négociable, ça n’est jamais une exigence.

    Par exemple, Charles, exprimant un besoin de respect, exige que ses collègues le vouvoient sans leur laisser d’alternative : il aura beau dire le contraire, ce n’est pas de la Communication NonViolente !

    Si nous formulons une évaluation sur l’autre, portons des jugements ou apportons notre problématique à l’autre pour qu’il la résolve, c’est que nous ne sommes pas encore allés assez loin dans l’écoute de notre ressenti : la Communication NonViolente ne peut pas s’opérer si nous n’entreprenons pas une grosse partie du nettoyage chez nous !

    Pascale Mohlo, qui nous a présenté la Communication NonViolente et la Logique Émotionnelle, nous avait mis en garde : si la CNV reste un processus intellectuel, si nous ne sommes pas vraiment et pleinement authentiques, ça ne fonctionne pas !

    Mais tout ne se joue pas seulement dans le champ de celui qui s’exprime.

    Arrêtons d’être gentil, soyons vrai* ! Être heureux n’est pas forcément confortable* !

    Reste que même si notre interlocuteur a fait ce nettoyage intérieur et s’exprime clairement en Communication NonViolente, son propos peut tout de même nous paraître rude. C’est peut-être que nous n’avons pas l’habitude qu’on nous parle de manière vraie, authentique. Beaucoup de gens, pour ne pas nous blesser, nous racontent des carabistouilles, nous prennent dans le bon sens du poil, ou nous manipulent.

    Alors, si je réagis fort aux propos de quelqu’un qui me parle de manière authentique, sans intention de me blesser, c’est sans doute que ce qu’il me dit réveille des besoins non satisfaits chez moi. Ce sera plus facile à accepter si mon interlocuteur me rassure, que son intention me paraît vraiment bonne, que son expression non verbale me conforte. Je peux alors prendre la responsabilité de ce qui se passe en moi, me mettre à l’écoute de mon ressenti, quitte à le faire partager à mon interlocuteur (mais souvent, ça n’est même pas nécessaire).

    Les propos partagés dans ce mode de communication authentique peuvent être fort, difficiles à encaisser. Pour les entendre, nous devons dépasser l’illusion que nous sommes responsables du malaise de l’autre et surmonter nos fantasmes de culpabilité. Et ça n’est pas simple ! Pourtant, la personne qui utilise le processus de Communication Non Violente prend un risque en s’exprimant de manière authentique : elle se dévoile, ose parler de son ressenti plutôt que d’évoquer des généralités, des grands principes ou des lieux communs.

    Alors qu’en dites vous ? La Communication NonViolente, est-ce que vous la découvrez, vous l’aimez, vous l’utilisez, vous vous en méfiez ?

    Pour poursuivre votre réflexion, je vous propose une piste alternative, un regard sur les aspects non verbaux, et sur nos interlocuteurs. Vous nous rejoignez là ?

     

     Illustration : Roberte Degosse

    Poursuivez la lecture sur le webzine Parents à Parents

    Parents à Parents Webzine#1

    Pour aller plus loin :

    * Cessez d’être gentils, soyez vrai, être en lien avec les autres tout en restant soi-même, Thomas D’Asembourg, chez Decitre, en livre papier ou audio

    *Être heureux, ça n’est pas nécessairement confortable, Thomas D’Asembourg, disponible en livre de poche

    Les mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs, introduction à la Communication Non Violente, Marshall Rosenberg

     Élever nos enfants avec bienveillance, l’approche de la Communication Non Violente, Marshall Rosenberg en poche à  moins de 5 €

     Les ressources insoupçonnées de la colère, approche de la Communication Non Violente, Marshall Rosenberg, en poche à moins de 5€

     

    08 Mar
    08 Mar

Nous répondons au plus vite, en général sous 24h.

Merci de nous avoir contacté, à très bientôt !

Enter a Name

Enter a valid Email

Message cannot be empty