Les notes à l’école, à quoi ça sert ?

  • les notes à l'école

    Les notes à l’école, c’était ma hantise, la source de maux de ventre récurrents. J’étais pourtant bon élève, mais je me suis toujours sentie coincée dans ce système.
    Bonnes, elles m’excluaient des autres. Moyennes ou mauvaises, elles me rendaient malheureuse comme la petite sylvie (1) qui, après raté sa dernière interrogation, se sent si honteuse qu’elle ne voit pas d’autre issue que de se faire dévorer par un dragon. Dans l’histoire, l’animal, qui est végétarien et baryton, devra déployer mille trésors de bienveillance et d’humour pour libérer l’enfant du carcan de la notation et l’aider à s’épanouir dans la joie et la liberté de cultiver ses propres dons. Mais un dragon baryton végétarien, ça ne se trouve pas à chaque coin de rue !

    Les autres élèves de ma classe n’avaient pas l’air de les digérer beaucoup mieux. Chacun avait sa tactique ; certains, par dépit, n’en attendaient plus rien et ne travaillaient plus pour ne pas saper ce qu’il leur restait de capital confiance : ainsi, ils pouvaient se désolidariser du jugement de la note, arguant que puisqu’ils n’avaient pas travaillé, elle ne pouvait rien dire de leur valeur et de leurs compétences.

    (1) Le dragon Baryton et la petite Sylvie trop sérieuse, livre jeunesse de Jacqueline et Claude Held, chez Magnard

    Tout système de notation est injuste

    Dans les « vendredis intellos« , nous venons d’écrire un article qui synthétise différents travaux de recherche effectués sur les notes : ils montrent tous qu’elles sont injustes. L’analyse des nombreux biais des systèmes de notation vous intéressera sans doute : les notes dépendent de l’ordre de correction des copies, du niveau de la précédente, du niveau moyen des copies corrigées, du statut scolaire, de l’origine sociale, du genre et de l’apparence physique des élèves.

    Les notes, même pas bonnes à motiver les élèves ?

    D’après différentes études (2), plus les individus sont récompensés pour faire quelque chose, moins ils ont tendance à y porter intérêt.

    En remplaçant une motivation  » intrinsèque » (qui est celle de l’enfant qui apprend à marcher et à parler pour prendre part au monde, parce que d’autres autour de lui marchent et parlent) par un stimulant extérieur, on réduit la motivation à peau de chagrin. Le sujet qui pourrait susciter de l’intérêt devient un devoir, une corvée.

    Il arrive bien sûr que des élèves apprécient une matière malgré l’usage des notes, mais la recherche montre qu’ils auraient davantage appris, cherché à relever des défis et retenu s’ils n’avaient pas eu de notes.
    « Nos travaux récents, en comparant de façon expérimentale les buts des élèves qui attendent une note à leur travail aux buts de ceux qui n’en attendent pas, montrent que les notes motivent à faire « profil bas », à éviter l’échec, à apprendre juste ce qu’il faut pour passer, analyse Fabrizio Butera, directeur du laboratoire de psychologie sociale de Lausanne. Leur motivation ( n’est) pas celle qu’on espérerait. Contrairement à une idée reçue qui voudrait que les notes rendent les élèves plus aguerris, il apparaît quelles les rendent plus opportunistes. (…)  »

    Alors vraiment, il n’aurait rien à attendre de bon des notes ? Non, affirme Fabrizio Butera, aucune étude n’a jamais trouvé un impact positif aux notes :  » Positif pour l’apprentissage ? Non. Positif pour la motivation à apprendre ? Non plus. Ce n’est pas un parti pris : il n’y en a pas ».

    D’ailleurs, les études PISA ( » Program for International Student Assessment » – Programme international pour le suivi des acquis des élève, ensemble d’études menées par l’OCDE visant à mesurer des performances des systèmes éducatifs des pays membres et non membres) attestent que les pays qui ont éliminé les notes de l’école primaire ont de bons résultats scolaires (qui sont mesurés autrement).

    (1) entre autres Kohn A. Punished by Rewards : The Trouble with Gold Stars, Incentive Plans, A’s, Praise, and Other Bribes, Boston, Houghton Mifflin, 1993

    Alors à quoi servent les notes ?

    D’après Fabrizio Butera, «  les notes contribuent à la discrimination et à la reproduction sociale (…) Elles résument bien la valeur sociale que les enseignants attribuent à un élève, mais ne reflètent que de façon partielle et partiale ses apprentissages. C’est une distinction très importante. Si on considère que l’école a comme mission principale d’enseigner, et que les notes sont une mesure de ce que les élèves ont appris, alors on fait fausse route. Les notes ne mesurent que très rarement l’apprentissage, c’est à dire l’incrément de connaissances, savoirs et compétences entre avant et après une leçon, un cours ou un exercice ».
    « En revanche, elles sont très efficaces pour réifier, rendre visibles, les différences entre élèves – quelle que soit l’origine de ces différences (classe sociale, statut d’immigré, genre, compétences sociales, etc.) – et les utiliser par la suite dans un but de sélection », avertit Fabrizio Butera.

    Les notes, pointe émergée de l’iceberg ?

    Supprimer les notes ne suffirait évidemment pas à rendre l’école égalitaire, passionnante et performante. Leur existence sous tend toute une organisation qui les légitime et s’en nourrit. D’ailleurs, quand on a voulu remplacer les notes sur 20 par un système de lettres plus simple, des A+ et des D- n’ont pas mis longtemps à surgir !

    Car les notes influencent non seulement les élèves, mais aussi leurs professeurs, de sorte que leurs effets s’enchaînent en cercle vicieux.
    Cherchant à comprendre de quoi il retournait, la recherche a livré différentes analyses des biais de l’évaluation :
    effet de halo : la réputation d’un élève dans une matière améliore ses chances d’être bien vu dans une autre,
    effet Pygmalion : les résultats des élèves dépendent des attentes et des préjugés de leurs enseignants, ce qui renvoie à la notion de « prophétie auto réalisatrice ».

    Dans les années 1950, les chercheurs Rosenthal et Jacobson soumettent 650 élèves à un test de QI classique puis font croire à leurs enseignants que certains d’entre eux (qu’ils désignent) apprendront plus vite que d’autres. Ce après quoi les chercheurs font à nouveau passer les tests de QI : les élèves ayant bénéficié de préjugés positifs ont gagné 15 points supplémentaires au test. (Cette expérience a été renouvelée de nombreuses fois depuis, et ses résultats ont été confirmés).

    Les a priori influencent l’attitude des enseignants, le temps et l’attention qu’ils accordent aux élèves, les opportunités qu’ils leur offrent de s’exprimer, les punitions et les récompenses qu’ils leur donnent. Et c’est ainsi qu’un système qui vise à l’égalité des chances renforce les inégalités, à l’insu des professeurs eux mêmes.

    Faire autrement avec les notes ?

    Reste que certains enseignants font un usage intéressant des notes : « Pour ma part, je note toujours deux fois : une première fois quand on me rend la copie et en assortissant ma note de trois conseils pour améliorer le travail, une deuxième fois après que l’élève ou l’étudiant a retravaillé son devoir. Et c’est, bien évidemment, la deuxième note que je retiens », analyse Philippe Merieu.

    Xavier, professeur d’université, met en place des évaluations d’un autre type : à la fin de l’interrogation, il propose une discussion collective et une correction, puis les élèves échangent leurs copies et se corrigent les uns les autres. Il ne conserve pas ces notes, mais elles permettent aux élèves de mesurer leurs compétences. Xavier s’est vite rendu compte que ses étudiants étaient perdus sans notes. Sa démarche elle même fonctionne bien avec les élèves les plus mûrs, mais moins bien avec les plus  » scolaires » qui ont beaucoup de mal à intégrer cette logique différente.

    Sans les notes

    D’autres enseignants, d’autres écoles se passent de notes. Ce qui ne signifie pas qu’ils ne suivent pas leurs élèves, qu’ils n’évaluent pas leurs compétences et leurs apprentissages. Dans les écoles qui mettent en œuvre des pédagogies dites  » actives » ( centrées sur l’intérêt des enfants), les notes sont remplacées par un dialogue entre les enseignants, les élèves et les parents. Il s’agit de suivre l’évolution des apprentissages et de chercher des moyens d’aider l’enfant (ou l’étudiant) à s’améliorer.
    Ce dialogue prend du temps, mais la correction des copies, l’attribution de notes en prend aussi et ne rend pas moins utiles les échanges avec les parents et les élèves (et que ceux qui craignent sur leur performance soient rassurés : les élèves de l’école Decroly de Saint Mandé, par exemple, qui n’ont pas de note de la maternelle à la fin du collège, ne s’en tirent pas moins bien que les autres au lycée, quand ils rejoignent le système classique).

    Nous sommes tous impliqués : les enseignants ne sont pas seuls responsables de ce climat de compétition. Ceux qui tentent de mettre en place d’autres modes de fonctionnement plus joyeux, coopératifs et vertueux se heurtent souvent à des parents qui ne sont pas toujours prêts à voir leurs enfants prendre plaisir à apprendre – tant l’école est restée pour eux, sans doute, un lieu de labeur pénible les préparant à un autre, guère plus excitant : le monde du travail.

    La compétition est aussi délétère que les notes

    D’après Fabrizio Butera, la compétition qu’introduisent les notes réduit les capacités potentielles des élèves – même des bons ! « la compétition réduit la probabilité d’apprendre et augmente la probabilité de tricher, comme le montrent un grand nombre de travaux depuis plus de dix ans. (…) Et des travaux montrent aussi que le niveau d’utilisation de la triche à l’école prédit le niveau d’utilisation de la triche ou d’autres comportements frauduleux plus tard en milieu professionnel ».

    Albert Jacquard, polytechnicien et philosophie décédé en 2013, nous prévenait, dans un entretien à la RTBF en 1994 : »pour devenir moi j’ai besoin du regard de l’autre, j’ai besoin de tisser des liens avec lui. Dès que je suis en compétition, je ne tisse plus de liens, je suis en train de me suicider : toute compétition est une forme de suicide ».

    À propos des grandes écoles, qui forment les élites françaises, il formule l’analyse suivante : « être parmi les meilleurs pour entrer à Polytechnique, c’est être capable de consacrer toute son intelligence à étudier des choses qui ne vous intéressent pas mais qui sont au programme. C’est faire acte de soumission, faire preuve de conformisme.

    Le système de la compétition ne fait que sélectionner les plus conformes. On entre dans un monde qui a besoin de se renouveler. Les individus les plus conformes sont les plus dangereux, ce sont ceux qui ne sont pas capables d’imaginer« .

    Francine, travailleur social à la retraite, propose un autre étalon d’évaluation : « Noter c’est réduire l’autre, c’est paralyser son élan de vie dans un système sensé le mettre en valeur… Il y a une tache beaucoup plus importante et beaucoup plus urgente à accomplir: le travail de la liberté« . Bergson, dans L’Énergie spirituelle, « La conscience et la vie », explicite cette perspective : « La nature… nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe est la joie. Je dis la joie, je ne dis pas le plaisir. Le plaisir n’est qu’un artifice imaginé par la nature pour obtenir de l’être vivant la conservation de la vie ; il n’indique pas la direction où la vie est lancée. Mais la joie annonce toujours que la vie a réussi, qu’elle a gagné du terrain, qu’elle a remporté une victoire: toute grande joie a un accent triomphal… »

    « Apprenons à cultiver la joie des apprentissages, c’est le meilleur indicateur de l’agrandissement de l’être, de sa progression vers toujours plus de liberté, celle qui conduit à la sagesse…

    Pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on porte naturellement en soi » conclut Francine !

     

    illustration : Leandro Lamas

    28 Juin
    28 Juin
  • Il ne suffit pas de mettre des garçons et des filles ensemble pour obtenir un cours mixte.
    Chercheuse et enseignante en Éducation Physique et Sportive depuis plus de trente ans, Cathy Patinet partage avec nous les démarches qu’elle a mis en place pour permettre aux collégiens de faire des expériences variées, riches et épanouissantes dans un climat de bienveillance.
    Avec elle, performance ne rime pas avec violence, et tout le monde y trouve son compte !

    Yoann Lambert

    Yoann Lambert

    Alors que l’école était mixte depuis longtemps, filles et garçons sont longtemps restés séparés lors des cours d’Éducation Physique et Sportive (EPS). Il faut dire que certains sports sont très associés à un genre (la danse aux filles, le rugby aux garçons) et proposer des activités sportives à la fois masculines et féminines n’est pas une mince affaire.
    Faute de mixité, les filles très dynamiques s’ennuyaient avec leurs congénères, et les garçons peu sportifs, ou ceux qui n’aiment pas les défis, redoutaient les cours d’EPS.

    Mais décréter l’enseignement mixte ne suffit pas à le rendre égalitaire.

    Élèves et enseignants renforcent les stéréotypes

     

     

    rugby collectif

    Cathy Patinet

    D’une part, si l’enseignant laisse faire, les collégiens ont tendance à renforcer les stéréotypes (au foot, un garçon ne passera pas le ballon à une fille bien placée et privilégiera un garçon, par exemple).

    D’autre part, certaines façons d’enseigner peuvent mettre plus facilement en difficulté les filles ou les garçons (voire encadré l’école et les garçons). A leur insu, les adultes adoptent parfois des attitudes non égalitaires qui, à leur tour, renforcent les préjugés.
    Un exemple  :  » les filles sont tout de suite fatiguées et les garçons se battent pour un rien« .
    Un autre : un professeur expliquait en commentant un match de rugby « tu vois, là elle se débarrasse de la balle » ; et mentalement, il se disait « les filles ne sont pas motivées pour le rugby ». Pourtant, en observant la scène attentivement, il aurait pu voir qu’en fait, elle passait la balle parce qu’un grand baraqué était en train de lui foncer dessus et qu’elle avait peur.

     

     

     

    Changer les règles pour regarder la réussite autrement

    Yoann Lambert

    Yoann Lambert

    C’est tout le travail de Cathy Patinet : observer ce qui se joue pour mettre en place des règles et un environnement sécurisant, non violent et épanouissant pour tous.

    Quand elle organise des sports collectifs, elle veille à ce que les règles soient strictement respectées (par exemple, on ne se fonce pas dessus) et met en place des doubles ou triples scores. En proposant de compter non seulement les buts, mais aussi le nombre de passes réussies ou de passes décisives, par exemple, elle invite à adopter d‘autres points de vue sur la réussite et permet à tout le monde de sortir la tête haute.

    Cathy Patinet veille aussi à ce que ses élèves goûtent à tout pour qu’ils développent des compétences variées en mobilisant différentes facettes d’eux-mêmes. En escalade, par exemple, les garçons empruntent plus facilement les voies de dévers, et les filles celles qui ont de petites prises. Avec bienveillance, l’enseignante invite chacun à aller au moins une fois vers ce qui lui semble a priori inconfortable.

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    Cathy Patinet invite à adopter d’autres points de vue sur la réussite et permet à tout le monde de sortir la tête haute.

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     Apprendre à se connaître en entier

    Ainsi, elle pousse ses élèves à explorer des territoires vers lesquels ils ne seraient pas allés spontanément, mais grâce auxquels ils peuvent apprendre beaucoup sur eux-mêmes.
    En activité Danse, elle propose régulièrement le jeu de l’aveugle, par exemple. Des duos sont constitués entre un guide et un élève dont les yeux sont bandés.
    La musique est douce et les consignes sont transmises avec la même douceur, pour inviter au calme et à l’intériorité. Cathy Patinet laisse la confiance se développer au sein du duo en invitant les élèves à se promener dans la salle, jusqu’au moment où le guide place son partenaire « aveugle » à l’endroit de son choix pour créer une sculpture en posant trois gestes aussi bienveillants que réalistes sur son alter ego « aveugle ». Alors, le guide se recule, admire son œuvre, puis l’aveugle se remet de lui-même dans une position neutre. Ensuite, il tente de retrouver la pose créée par le guide.
    Cet exercice fait travailler non seulement la mémoire corporelle et la maîtrise, mais aussi l’intériorité, terrain que la plupart des élèves, aussi bien filles que garçons, n’explorent jamais.
    L’exercice leur permet de se mettre à l’écoute de leur ressenti ; ils touchent ce qu’ils sont vraiment au fond d’eux-mêmes. Quand il prend fin, de nombreux élèves sont émus. « Cette connaissance d’eux-mêmes leur servira dans de nombreux domaines, notamment quand ils seront parents à leur tour », pense Cathy Patinet. Et quand ses élèves présentent la chorégraphie qu’ils ont construite dans le sillage de cet exercice, à partir de leur intériorité, les spectateurs sont toujours émus.

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    Cette connaissance d’eux-mêmes leur servira dans de nombreux domaines, notamment quand ils seront parents à leur tour

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     Garçons et filles sont ils égaux face à la performance sportive ?

    Face au ballon, les garçons ont un immense avantage culturel. « Le sens du ballon n’est pas inné, il est acquis, affirme Cathy Patinet ! En matière de sport à l’école, la performance moyenne des filles et des garçons est identique. Certaines filles ont le même niveau sportif que les meilleurs garçons ».

    Même chez les sportifs de haut niveau, il est difficile de dire si l’écart de performance entre les athlètes hommes et femmes est purement physiologique ou pas. En effet, si certaines études affirment que « l’évolution des performances des hommes et des femmes suit une trajectoire parallèle : même si la performance féminine a augmenté sensiblement au point de dépasser la performance masculine d’il y a 50 ans dans certaines disciplines, l’écart physiologique, lui, reste constant »1, d’autres montrent que les écarts hommes / femmes se réduisent progressivement : l’écart de performance homme – femmes serait passé de presque 60% en 1930 à 15% aujourd’hui en athlétisme, et de 50% à 9% en natation2 par exemple, et de 10% en moyenne3.

    1http://www.datajournalismelab.fr/performances-athletiques-vers-la-fin-des-records/
    2-http://franceolympique.com/files/File/actions/sante/documentation/2008/5econference/15.pdf
    3-
    http://www.theatlantic.com/technology/archive/2012/08/we-thought-female-athletes-were-catching-up-to-men-but-theyre-not/260927/#

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    CathyPatinet : Malgré sa forte sensibilité et sa formation à l’égalité, Cathy Patinet, enseignante en EPS, se rend compte qu’elle provoque encore, à son insu, des événements qui ne vont pas dans le sens de l’égalité. Elle consacre donc son doctorat à l’attention portée aux élèves par les enseignants et la façon dont ils peuvent gérer la question des stéréotypes. Elle forme des enseignants et continue d’enseigner à des élèves de collège.

    Poursuivez la lecture sur le hors série n°1 du magazine Parents à Parents (à feuilleter ou télécharger gratuitement)

    Parents à Parents Webzine#1

     

     illustrations : Yoann Lambert

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    16 Avr
    16 Avr

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