Oui, nos enfants apprennent naturellement !

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    La première fois que j’ai rencontré Cécile, elle était en train de dessiner au milieu d’un groupe d’enfants. Chacun faisait quelque chose de différent, tout le monde était concentré. J’ai été surprise que la personne chargée d’animer le groupe soit elle-même en train de dessiner plutôt que de surveiller, aider, organiser… Puis j’ai trouvé sa posture excellente ; elle m’a inspirée de très doux moments avec mes propres enfants.

    Quitter l’école pour y revenir … autrement

    Si Cécile avait gardé de l’école l’idée d’un lieu qui permet de « s’en sortir dans la vie », elle avait été marquée par les jugements des adultes, vous savez, ceux qui s’égrainent au fil de certains bulletins scolaires, comme « intelligence scolaire, moyenne, ou mécanique, enfant immature ou paresseux » … Le genre de propos, qui, répétés, sapent l’estime de soi et l’envie d’apprendre.

    Elle est malgré tout entrée à l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) après avoir jugé plus sympathique d’être avec des enfants que dans un laboratoire (elle avait entamé des études de biochimie). Sans doute cherchait-elle à offrir ce qu’elle n’avait pas reçu, à trouver comment l’école pouvait être un endroit où il ferait bon vivre, apprendre et grandir ; Cécile avait donc pris une orientation : si elle enseignait, c’était pour faire différemment de ce qu’elle avait vécu.

    La pédagogie, une discipline encore si jeune !

    Sa formation en sciences de l’éducation est l’occasion d’une joyeuse révélation : cette discipline n’en est qu’à ses balbutiements ! Les premiers pédagogues ont moins de 150 ans, le terrain est encore presque vierge. C’est donc une démarche de recherche qu’elle va entreprendre, pas une doctrine qu’elle va suivre. Cécile prend alors son bâton de pèlerin et parcourt la France à la recherche d’initiatives vertueuses dans l’enseignement public. Elle rencontre des enseignants passionnés, réellement au service d’enfants heureux d’apprendre.

    Son diplôme en poche, elle se lance dans la pédagogie de Célestin Freinet, les apprentissages naturels de Paul Lebohec et la démarche du troisième type de Bernard Collot (nous en reparlerons bientôt ).
    Dans sa classe de ZEP, l’inspectrice qui vient la contrôler (suite à l’interpellation des conseillers pédagogiques) observe des enfants travailler seuls ou en petits groupes à des activités différentes. Elle ne parvient pas à comprendre le fonctionnement de cette classe et pense que Cécile a perdu la tête. Il faut dire qu’au même moment, le mari de Cécile, qui n’avait pas 30 ans, vient de décéder d’un cancer. Convoquée par l’inspection académique, la jeune enseignante explique sa démarche … et rentre chez elle avec le soutien de l’inspecteur académique.
    Très sensible à tout ce que vivent les enfants, elle entreprend un gros travail d’introspection et va encore plus loin dans sa démarche.

    Car contrairement à toute attente, le départ de son époux la porte

    On lui propose une nouvelle classe, à priori difficile, en milieu rural. Cette fois, ce n’est plus l’inspection, mais les parents qui ont du mal à adhérer à sa démarche. Cécile ne se sent pas assez libre : elle démissionne de l’éducation nationale. Cette jeune femme passionnée par les relations a besoin d’un espace plus vaste, moins contraignant pour construire sa propre démarche et se mettre vraiment au service des enfants.

    Elle poursuit sa recherche personnelle, travaille avec de très jeunes enfants, des adolescents et des personnes en fin de vie pour trouver sa voie dans le sillage de la pédagogie du 3ème type, initiée par Bernard Collot. Dans cette approche, l’école est au service des enfants qui s’approprient l’environnement à leur disposition pour construire leurs apprentissages à partir de leur élan plutôt que d’un programme scolaire ou d’une attente des adultes.

    Cécile tente de mettre en œuvre ce projet dans une structure existante. Elle développe son écoute, son attention aux relations ainsi qu’au vécu individuel de chaque enfant, de chaque adulte. L’initiative prend suffisamment pour lui donner confiance dans sa pertinence, mais le contexte n’est pas totalement propice. Avec des parents, elle imagine alors la Maison des Apprentissages Naturels (MANa*), qui s’établira dans un lieu neuf et sera le fruit d’une co-création avec les parents.

    La co-création : une démarche pour les enfants comme pour leurs parents

    En fait, au sein de ce projet, les parents travaillent ensemble exactement comme leurs enfants construisent leurs apprentissages : dans la co création. Cette manière de développer un projet n’est pas simple à mettre en œuvre a priori, tant elle semble éloignée des pratiques habituelles, mais elle porte de beaux fruits dès que les adultes prennent le risque d’être vraiment eux-mêmes et de se mettre au service du collectif.

    Cécile ne se positionne pas comme directrice mais comme garante de la vision, de l’esprit du projet. Une perspective qui a quelque chose à voir avec la démarche holocratique (nous en reparlerons) mais qui est plus encore le fruit d’une recherche personnelle de cohérence aussi globale que profonde, vécue sur tous les plans de sa vie. En attendant que l’école trouve des locaux pour l’accueillir, Cécile vit déjà son projet en animant des ateliers de création mathématique, d’ecri-lecture, des journées d’accompagnement des enfants et des groupes de parole de parents. Les parents et les enfants qui en profitent sont ravis !

    *Pour en savoir plus, vous pouvez contacter Cécile Priou : cecilepriou@gmail.com.

     

    22 Jan
    22 Jan

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