Sommeil et maternité : un mix tisane « Molotov »

  • Début d’allaitement difficile, nuits hachées, douleurs post-natales, fatigue intense, doutes, … il n’en faut pas beaucoup pour que tout bascule. Sergine retrace pour nous son parcours de jeune mère épuisée, de la traversée de la dépression à l’équilibre et la confiance.

    Enfant, je me voyais mère à 27 ans. J’aurai 3 enfants. Une tribu unie, célébrant la vie et respectant la nature de chacun, dans l’amour simple et la complicité bienveillante, dans la joie et le jeu. J’avais 36 ans quand Noé Ange Komomé, mon fils, est venu au monde, fruit d’une union jeune et magique.
    Ma grossesse a été merveilleuse physiquement. Sur le plan émotionnel, le passage initiatique à la maternité faisait son oeuvre : « ça brassait», comme on dit au Québec (anxiété et peurs) ! Nous nous sommes offerts le précieux présent d’un accouchement naturel, en maison de naissance. Un enfantement pleinement accueilli physiquement et si défiant mentalement ! Que de doutes durant les sept heures entre une dilatation à 9cm et l’arrivée de bébé ! À 5h55 le 27 mars 2012, Noé est né.
    Le soir-même, l’aventure sommeil commençait.

    Avec ou sans lait ? L’allaitement au fil du sommeil

    yoann lambert sommeil maternitéBébé ne buvait pas. Alors la nuit suivante, à la maison de naissance, une accompagnante venait nous réveiller toutes les heures pour que nous lui donnions le colostrum au doigt. De retour à la maison, nous, si confiants dans la vie, nous retrouvions désemparés, seuls et déjà épuisés. Je souffrais d’une plaie au périnée qui rendait la position assise insoutenable. J’étais stressée et anxieuse avec mon petit qui avait perdu trop de poids. Comme le papa, je n’aurais jamais envisagé que l’allaitement serait un parcours du combattant de plusieurs mois, drainant beaucoup d’énergie.

    « De retour à la maison, nous, si confiants dans la vie, nous retrouvions désemparés, seuls et déjà épuisés »

    Une infusion chronométrée : un sommeil en pointillés

    L’enjeu de l’allaitement ponctuait le quotidien d’une discipline et d’un suivi qui nous empêchaient de nous laisser-aller dans le mouvement simple de la vie. Les nuits se découpaient en une succession de réveils programmés pour répondre au besoin vital de nourrir notre fils. Je me
    réveillais toutes les deux heures pour l’allaiter, puis j’allais tirer mon lait. Je dormais ainsi par tranches d’une heure, ne rejoignant jamais le sommeil profond.
    Trois ou quatre mois plus tard, l’allaitement était fluide. Joie ! Et aujourd’hui, deux ans plus tard, nous partageons encore ce bonheur savoureux et complice. Mais pour le sommeil, c’était une autre « tasse de thé ». À 8 mois, Noé se réveillait encore toutes les heures ou les deux heures. Je vivais les couchers avec une grande appréhension : l’endormissement prenait une heure, voire davantage, avant que je quitte la chambre, la boule au ventre. Noé se réveillait une demi-heure plus tard. Pas de répit. Et le jour, Noé résistait au sommeil. La sieste, pour lui, rimait avec balade en poussette.

    « J’ai compris, quand Noé avait huit mois, qu’il se réveillait pour prendre soin de moi »

    La plante anxiogène : maternité et dépression

    yoann lambert sommeil maternitéLa dépression, latente en moi depuis quelques années, s’est pleinement révélée avec la maternité. Magie de ce passage initiatique qui met en lumière tout ce qui nous habite afin que nous puissions faire le ménage et créer pour soi, et pour nos enfants, une vie pleine du sens, tissée avec notre cœur et nos valeurs ! Cette dépression, j’ai mis du temps à l’identifier clairement, mais elle a très nettement teinté mon expérience. J’ai compris, quand Noé avait huit mois, qu’il se réveillait pour prendre soin de moi. Il suffisait d’observer son comportement : il n’y avait aucun doute. Il était parfaitement capable de dormir. Il avait besoin que sa mère s’endorme avec lui et de se s’assurer régulièrement qu’elle allait bien.
    La dépression nous coupe de notre intuition. Elle interfère sur la façon dont nous voyons la vie, et dont nous en appréhendons les événements. Je vivais dans ma tête, en proie aux doutes, constamment. J’accueillais les événements avec anxiété, déconnectée de mon « centre » et de mon conjoint. C’est à dix-huit mois que Noé a commencé à expérimenter des nuits continues. La dépression et l’épuisement étaient à leur apogée.
    Aujourd’hui, je me sens encore vulnérable, mais je suis centrée et connectée à ma sagesse intérieure. Noé a aujourd’hui deux ans et demi. Chaque soir, nous prenons le train du sommeil ensemble, quel qu’en soit le voyage. Depuis deux mois, il a besoin de dormir dans mon lit.
    J’accueille ce qui est : je suis le flot de la vie, pleinement dans le « maintenant ». Je suis à l’écoute de ses besoins, des miens du mieux que je peux, et je remets en question mes résistances. Je crée mes réponses avec mon intuition et celle de mon fils, dans la confiance.

    « La dépression nous coupe de notre intuition »

    Un mélange homogénéisé : le sommeil intriqué avec la vie

    yoann lambert sommeil maternitéIl m’est impossible de dissocier le sommeil, l’allaitement, mes états physique et émotionnel, ceux du père de mon fils et ceux de mon fils. La vie embrasse tout ce qui est et tout ce que nous sommes, dans un même mouvement. Or, j’observe une tendance très marquée dans nos sociétés «modernes» à compartimenter la vie : la famille, le travail, soi, la santé, les loisirs, … En réponse à notre besoin de rationaliser … pour pouvoir contrôler.
    Il en est de même pour la maternité et les bébés : il y a le sommeil, l’allaitement, le langage, etc, que l’on envisage comme des sachets de thé à infuser dans des tasses hermétiquement séparées les unes des autres. Les herbes comme la vie, comme toute vie, conservent leur essence lorsque nous les laissons infuser en vrac, là où leur intégrité est intacte. L’harmonie des saveurs est propre à chacun et à chacune.

    Sergine Martinez

    illustrations : Gioia Albano et Yoann Lambert

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    Parents à Parents livre numérique Regards croisés sur le sommeil

    05 Avr
    05 Avr
  • Cesser de vouloir décider et contrôler pour être heureux, innover, grandir ensemble et obtenir de bien meilleurs résultats, une drôle d’idée ? Pas tant que ça, je vous assure. En vous proposant de mettre face à face parent et dirigeant, je vous propose que nous réfléchissions ensemble au pouvoir, à ce qu’il nous apporte, et à ce que nous permettons de joyeux, d’innovant, d’épanouissant (pour tous) d’advenir si nous le partageons. Une attitude qui passe par un travail sur soi dont nous sortons tous gagnants.

    Le pouvoir est pourtant grisant

    L’exercice du pouvoir est grisant, ce n’est un secret pour personne. J’en ai fait l’expérience toute jeune : j’étais l’ainée des petits enfants, j’avais pris l’habitude de proposer des idées de jeu qui suscitaient l’engouement de mes cousins et voisins, et tous suivaient mes directives. En jouant les chefs d’orchestre (un métier que je rêvais de faire mien), je ressentais une joie et une puissance immenses à voir les idées que j’avais en tête devenir réalité. Ce pouvoir était d’autant plus grisant pour moi qu’il réparait le sentiment d’impuissance que je ressentais à chaque fois que je voyais mes parents continuer à s’entretuer malgré tous les efforts que je déployais.

    Alors oui, j’ai aimé diriger, mener, conduire, planifier, observer le résultat de nos succès. Mais j’ai aimé ça comme on prend plaisir à dévorer un gâteau au chocolat ou à boire un peu trop de bon vin : sur le moment c’est délicieusement bon, mais après, les maux d’estomac, la nausée ou le tournis nous font réaliser que cette joie n’était qu’à courte vue.

    Un jour, je ne saurais dire pourquoi, les choses se sont passées un peu autrement, je n’ai pas décidé pour tous mais j’ai co-créé avec les autres. En faisant avec eux, en situation d’équivalence, j’ai senti une joie plus intense encore. Nous étions arrivés bien plus loin que là où je serais allée avec mes seules idées. Nous avions ouvert des mondes que je n’avais jamais entrevus, même en rêve. Et c’était bon ! Personne ne râlait, chacun suivait une vision de base qu’il avait enrichi et avait fait sienne.

    Depuis, je n’ai eu de cesse que de retrouver ce sentiment encore plus puissant que le pouvoir sur les autres, celui de la libre appartenance à un collectif dans lequel chacun a sa place, peut exprimer son plein potentiel et sa pleine puissance.

    Chef ou leader ? Une posture qui vaut en entreprise comme avec ses enfants

    Chef ou leader inspirer faire grandir Leandro Lamas Parents à PArents J’ai redécouvert ces sensations enthousiasmantes en entreprise dès que j’ai eu à mener des projets. A la fin de ma première année de vie professionnelle, on m’avait confié un projet de re-organisation dont la durée avait été planifiée à deux ans au moins. Mais en travaillant de concert avec les équipes européennes et les autres parties prenantes, nous avons trouvé une solution qui convenait à tous en moins de trois mois, et elle avait pu être mis en œuvre en deux mois. Cinq mois après mon arrivée, je n’avais plus rien à faire (à part assurer le suivi) et je suis donc partie vers de nouveaux horizons. Cette expérience (faire aboutir un projet bien plus vite pour bien moins cher que prévu) m’est arrivée plusieurs fois ensuite (et à vous aussi sans doute) : c’est fou ce que nous allons vite quand nous mettons nos énergies au service d’un projet commun !
    J’ai aussi tenté d’agir ainsi quand j’ai eu l’occasion de manager des équipes. J’avais des valeurs – transparence, authenticité, écoute de toutes les idées – mais je manquais d’outils, d’expérience et de confiance pour aller plus loin dans une hiérarchie plutôt opaque, sans vision partagée et politicienne au possible. Ce devait être un management plutôt « sympa », mais il était très loin d’être à la hauteur de mes espérances et ne changeait la vie de personne.
    La question du « management » s’est posée autrement quand je suis devenue maman.

    Je n’avais pas envie de contrôler. Je me souvenais que ma mère m’avait laissé relativement libre de mes sorties jusqu’à ce qu’elle me découvre un petit ami un peu sérieux. J’avais seize ans, et là, comme bien des parents, elle avait commencé à surveiller bien davantage mes allers et venues. J’en avais conclu que le contrôle était une réaction face à la peur et qu’elle s’associait à un manque de confiance. Des attitudes que je ne voulais pas cultiver avec mes enfants.
    Je n’avais pas non plus envie de diriger, de penser, de faire à leur place ou de panifier. C’est pourtant ce que font la plupart des parents, mais je savais comme ce comportement empêche la confiance de s’installer, entrave le développement et l’épanouissement et créé des blocages dont une vie entière ne permet pas toujours de venir à bout.

    Je ne voulais pas diriger une bande de lutins, je ne voulais pas créer de rapport de force (d’autant que je savais qu’il n’est pas naturel chez l’enfant, il est toujours construit par l’adulte). Bien des spécialistes, quand ils parlent d’autonomie (de l’enfant ou du salarié) ne pensent pas à une véritable autonomie (être auteur de sa vie, entreprendre des actions par soi-même en se donnant ses propres limites et règles de conduite) mais à la capacité à faire seul ce qu’un supérieur (chef ou parent) demande à un inférieur (salarié ou enfant).

    dormir grandir allaiter ensemble parents à parents leandro lamasL’expérience de la grossesse m’avait donné une certitude : je n’avais pas « fait des enfants », j’avais accueilli des êtres dont j’avais tout à apprendre. Je voulais accompagner ces enfants dont la vie m’était confiée, et je voulais qu’ils puissent aller, chacun, vers la plénitude et vers le meilleur d’eux-mêmes (sachant que je n’avais aucune idée de ce que serait ce « meilleur » et qu’il n’était évidemment pas question que je le définisse pour eux). C’est dans cette vision ambitieuse, alimentée par une puissance d’amour illimitée, que nous avons grandi avec nos enfants, pour les aider à devenir autonomes, chargés d’eux-mêmes comme m’avait dit un jour Anne Barth. Et ce fut d’autant plus facile que mon époux était d’accord pour tenter l’expérience en ce sens.
    Je ne pouvais donc pas me positionner comme parent au sens classique, et c’est, entre autres, dans mon enclin naturel à sortir du cadre (favorisé par nos expériences de vie différentes, mon conjoint et moi ayons grandi sur des continents différents), et mes lectures autour de l’empowerment et du leadership que j’ai trouvé des pistes d’exploration. Pour que nos enfants soient autonomes, il fallait que nous le soyons vraiment. Ça semble évident, pourtant les parents le sont rarement, aiguillés ou guidés qu’ils sont sans cesse par des experts de tout poil (de la voisine au pédiatre, de la nourrice au psy, de la grand-mère à la bonne copine) qui pensent à leur place et les alimentent sans cesse de réponses toutes faites à des questions qu’ils n’ont parfois même pas posées.

    Les bienfaits inespérés de cette nouvelle posture

    Quand j’ai découvert la non-violence, la Communication NonViolente, la logique émotionnelle, la co-écoute, la décharge émotionnelle, TIPI et la sociocratie, j’ai eu à ma disposition des idées et des outils pour aller plus loin.

    Je voulais que nous soyons des parents libres, je voulais que mes enfants soient libres, j’étais seulement plus expérimentée qu’eux dans un certain nombre de domaines de la vie et je savais que mon attitude, bien plus que mes paroles, les inspirerait forcément (vers la liberté, l’initiative et l’épanouissement, ou vers la peur, la soumission, la résignation, l’absence d’estime et de confiance en eux-mêmes et dans les autres, …).

    Je savais que mon rôle consistait à les aider à se connaître, à comprendre leurs besoins, à vivre avec leur hypersensibilité, à tirer profit de leurs émotions et à développer des moyens non-violents pour coopérer. Pour le reste, ils devaient expérimenter (sous surveillance, parfois, notamment pour mon ainée qui adore jouer avec le feu – au sens propre du terme), observer le résultat de leurs réactions, inventer des solutions, devenir progressivement responsables de leur vie.
    Nous avions confiance : comme tous les enfants du monde ou presque, ils avaient appris à marcher et à parler sans que nous n’ayons rien à faire qu’à les laisser faire. Ils sauraient bien apprendre et acquérir d’eux-mêmes tout ce qui leur serait utile et tout ce qui susciterait leur envie, si nous leur fournissions un cadre sécurisant et un environnement suffisamment riche et inspirant.
    cesser de décider Parents à PArents Leandro LamasTout cela n’a rien à voir avec la sévérité ou le laxisme. C’est une autre posture, qui dépend de chacun, ne répond à aucun diktat et que nous pouvons qualifier de libératrice. Pour illustrer ce que nous sommes ensemble, j’ai en tête l’image d’une constellation dans laquelle chacun d’entre nous serait une planète : c’est la mise en commun, dans une position qui permet à chacun d’exprimer son plein potentiel, qui permet à notre système de tourner à plein régime et de s’épanouir. Chacun y a sa place, son rôle, son devenir singulier, son autonomie dans un système où nous sommes tous interdépendants. Mais contrairement aux planètes, chacun peut relativement facilement changer de place, de rôle, de mission. « L’humain ne s’offre que dans une relation qui n’est ni de pouvoir, ni de violence » a dit Emmanuel Lévinas.
    Quand je vois aujourd’hui comme nos enfants prennent soin les uns des autres, quand je vois les initiatives qu’ils prennent, quand j’observe la joie qui est la leur, l’amour qui nous lie les uns les autres, je me dis que nous sommes sur un chemin qui nous permet d’avancer chaque jour un peu plus loin.
    Comme nous leur parlons correctement, ils font de même. Comme nous prenons soin d’eux, ils prennent spontanément soin des autres et même de nous quand nous sommes fatigués, irrités. Un jour où je me souviens leur avoir dit « je suis vraiment énervée, j’ai perdu un document important pour moi », je n’ai pas eu besoin de menacer ni même de leur demander d’être calmes, ils se sont immédiatement mis à ma place et ont proposé leur aide. Nos relations sont vraiment joyeuses, c’est un bonheur pour nous de passer du temps ensemble. La parentalité n’est pas source de tensions ni de pression, elle est vecteur de joies infinies.

    Ne pas diriger, c’est reposant, il s’agit d’être présent tout en laissant faire

    Je me souviens avoir passé une après-midi chez des amies de mes filles, dont la maman voulait absolument qu’elle joue au jeu qu’elle avait préparé : c’était épuisant pour elle, agaçant pour moi car elle ne cessait d’interrompre nos échanges, et inutilement contraignant pour les enfants qui n’ont jamais obtempéré : ce jeu-là ne les tentait pas, et puis voilà.

    anniversaire en famille PArents à Parents Leandro LamasJe me souviens de goûters d’anniversaire chez une amie qui avait passé dix soirées à sélectionner et préparer toutes les activités de l’après-midi, qu’elle avait ensuite orchestrées à la façon d’une gentille animatrice. En fin de journée, elle était épuisée. Nous avons souvent eu plus de quinze enfants à la maison pour les anniversaires de nos enfants. A part une piňata et un gâteau (fabriqués avec les enfants et à leur demande), nous n’avons jamais rien préparé. A chaque fois, les enfants se sont très bien débrouillés tout seuls, inventant des jeux dont nous n’aurions jamais eu l’idée et trouvant des solutions lumineuses pour régler leurs conflits, pendant que nous, adultes, faisions connaissance et pouvions nous lancer dans des discussions à bâtons rompus.
    Il ne s’agit pas de laxisme ou d’inconséquence. L’indifférence est une autre forme de maltraitance. Dans ses conférences, Jean-François Zobrist, ancien directeur de l’entreprise FAVI, rappelle souvent cette parole de François Jullien « le bon prince est celui qui en supprimant les contraintes et les exclusions permet à chaque existence de s’épanouir à son gré. Son agir sans agir, qui n’est pas ne rien faire du tout, est une forme de laisser faire pour faire en sorte que les choses se fassent toutes seules ». Je le vis comme une qualité de présence à soi et aux autres qui autorise au sens qu’elle « rend auteur ».

    La question se pose de la même manière si nous sommes éducateurs, professeurs, enseignants, dirigeants. Les enseignants qui ont adopté la philosophie et la posture des pédagogies nouvelles, les parents qui se lancent dans les apprentissages autonomes le disent tous : c’est infiniment plus joyeux et moins stressant que de tenter par tous les moyens de faire rentrer un savoir dans la tête de quelqu’un. Il est impossible « d’apprendre quelque chose à quelqu’un », la seule chose qu’on puisse faire consiste à fournir un environnement (des activités, des stimulations) et des informations qui permettent l’acquisition des connaissances et des compétences. Et celui qui sait n’est pas forcé d’imposer un rapport de force, ni de prendre le pouvoir. Tout est même bien plus facile s’il ne le fait pas.

    L’entreprise libérée, l’autonomie parentale

    J’ai donc été émue quand j’ai entendu Alexandre Gérard, patron d’Inov-on, raconter son parcours au sein de son entreprise. Cette démarche d’intense travail sur soi, d’humilité et de dépouillement qui mène à la joie, nous avions fait un peu la même dans un domaine différent, celui de la parentalité. Je suis donc ravie et peine d’espoir quand je vois des pionniers tenter cette belle expérience, en récolter les fruits et en parler autour d’eux, pour inspirer d’autres dirigeants et susciter un engouement.
    Je trouve inspirant pour les parents d’observer ce qu’ont entrepris ces dirigeants audacieux : ils sont partis de l’hypothèse que la nature humaine et bonne (ce qu’Olivier Maurel et l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire ont montré par un travail de recherche conséquent), ils ont fait confiance, ont cessé de décider seuls pour les autres, de contrôler, et ont ainsi libéré l’initiative, l’autonomie, la responsabilité, l’innovation, l’épanouissement, le bonheur au travail. Plutôt que de réfléchir entre élus, ils utilisent le plein potentiel de leur entreprise (ils font émerger l’intelligence collective) et atteignent des niveaux d’adaptabilité et de performance qui forcent l’admiration.

    Leur attitude est d’autant plus inspirante pour les parents qu’elle ne porte des fruits que si elle est profondément sincère (sinon il s’agit d’un moyen de manipulation totalement contreproductif), qu’elle découle d’un intense travail sur soi, qu’elle met fin aux signes de pouvoir pour traiter les autres non en égaux, mais en équivalents. Pour le parent, cela signifie sortir du rapport de force et de la croyance selon laquelle l’adulte doit dresser l’enfant et quelqu’un doit gagner et un autre perdre. Cela signifie aussi s’agenouiller souvent, se mettre à la hauteur des enfants, les écouter vraiment, les prendre au sérieux et ne jamais minimiser leur capacité à penser, imaginer, rêver, créer, réaliser, faire aboutir quel que soit leur âge, à chaque étape de leur développement.

    cocréer être libres ensemble PArents à Parents Leandro LamasElle ne fonctionne également que si on met fin aux punitions et aux récompenses externes (en entreprise, le contrôle, les objectifs fixés en haut, …) et si on valorise la puissance de l’erreur (celui qui ne se trompe pas n’a pas assez osé). J’ai été amusée aussi d’entendre Christophe Collignon, dirigeant de IMA Technologies, dire « quand on ne sait pas on ne dit pas non, on dit oui et on observe ce qui se passe » : c’est aussi ce que nous pouvons faire en tant que parent, d’autant que les enfants évoluent à une vitesse folle et que ce qui était impossible hier peut être faisable aujourd’hui.

    Cette perspective parentale me semble d’autant plus pertinente aujourd’hui que nous n’avons aucune idée de ce à quoi ressemblera le monde de demain. Si nous répétons l’éducation que nous avons reçu, nous les préparons au monde d’avant-hier, qui n’existe plus.

    Les « entrepreneurs libérés » ne seront pas forcément séduits au premier abord par ce parallèle entre la posture de parent et celle du leader, car c’est justement du management paternaliste dont ils veulent s’extraire. Mais ici, il est question d’une autre façon d’être parent, qui ne répond à aucun dogme, qui se cherche et se trouve « chemin faisant ». La distanciation, le décalage suggérés par ce parallèle a priori inapproprié susciteront peut-être une idée au manager-leader-animateur qui nous lira. Cet article pourra aussi les conforter qu’ici et ailleurs, des parents sont en train de préparer de futurs adultes à ce nouveau monde qu’ils sont en train de créer, et c’est toujours exaltant de savoir que dans d’autres milieux, d’autres agissent de concert, que tous les efforts se rejoignent.

    Ce mouvement de libération, si on le retrouve en entreprise, dans certaines écoles, dans l’instruction en famille, dans la posture parentale, peut être le signe qu’un vrai mouvement sociétal est en train de prendre forme et qu’une nouvelle ère est en train d’émerger. Quel espoir et quelle énergie cela donne à tous ceux qui ont envie de s’engager dans cette dynamique que nous pouvons tous, chacun à notre mesure et selon nos talents, co-construire ensemble. Il n’y a rien de plus galvanisant pour moi que de réaliser que je peux, avec d’autres, aiguillonner l’avenir du monde et agir pour que celui dans lequel grandiront nos enfants soit un peu sain, agréable, respectueux, joyeux, épanouissant.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Nous avons co-créé l’association Parents à Parents pour partager et susciter chez d’autres ce projet d’autonomie, de cocréation quotidienne, qui se passe des diktats et des injonctions de tout poil, qui cherche en soi ses pistes de solution et ses réponses – et se nourrissant des idées des autres mais sans jamais qu’elles soient imposées comme des vérités suprêmes-.
    Je suis intimement convaincue que si nous appliquons la solution d’un autre, aussi pertinente soit-elle, nous ne sommes plus présents à ce qui se vit sous nos yeux, nous perdons un peu de notre capacité à imaginer, impulser, agir. C’est pour ça qu’au sein de Parents à Parents, nous n’avons pas et nous n’aurons jamais de gourous, de penseur fétiche. Ce qui nous nourrit peut venir de partout.

    Illustrations : Leandro Lamas

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    28 Déc
    28 Déc
  • Je vais vous dire quelque chose qui vous étonnera peut-être : j’aime bien le chaos, il suscite en moi une sorte d’excitation comme les illuminations des villes le soir de Noël. Je n’aime pourtant ni les disputes, ni la violence, ni les cris, mais le chaos, quand il est léger, résonne en moi comme une invitation à imaginer que quelque chose de bon et de beau est à construire ou à venir. En quelque sorte je le vis comme les contractions pendant l’accouchement : une ouverture du cœur et du corps qui prépare la naissance.

    Toute crise personnelle est un point de bascule

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parents Un certain degré de chaos, d’incertitude, d’inconnu, c’est un peu comme une brise après deux jours pleins de canicule. C’est le mouvement de la vie qui nous traverse, la perspective d’un nouveau champ de possibles qui s’ouvre, d’une nouvelle façon de voir le monde et de l’habiter qui se révèle. Tout le contraire de la stagnation et de la mort.

    J’aime sortir des cadres de référence, imaginer d’autres angles de vue qui sont autant de voies nouvelles pour expérimenter la vie, et je préfère la liberté et l’authenticité à la sécurité et au confort. Alors les périodes de chaos, je ne les cherche pas, mais elles ne me font pas vraiment paniquer a priori.

    Pourtant des crises, j’en ai connues. Mais justement. Je sais, pour avoir traversé un certain nombre d’épreuves depuis ma plus tendre enfance, que j’ai en moi et autour de moi des ressources pour passer à l’étape suivante sans y laisser ma peau ou mon âme. J’ai grandi, j’ai bien plus de pouvoir sur ma vie qu’à six ans et demi. De toutes façons, la vie n’est une autoroute pour personne, et elle serait bien monotone si elle l’était. Des crises, nous en traversons tous. Je ne crois donc pas, vous m’avez compris, qu’elles ne sont qu’un mauvais moment à passer, comme le disent de nombreux parents en parlant de leurs adolescents à fleur de peau. Je crois qu’elles représentent au contraire une formidable opportunité de renaissance qui appelle toute notre attention et notre clairvoyance.

    Nos vulnérabilités et nos élans profonds sont nos forces

    L’adolescence est une sorte de mue, les séparations sont autant d’occasions de transformation. Il ne s’agit pas de changer pour changer, mais d’aller chaque fois un peu plus profondément vers soi et vers les autres, il s’agit de se trouver, de prendre avec nous tout ce qui peut nous être utile et de nous défaire de tout ce qui ne l’est plus pour poursuivre notre voyage, avec de nouveaux compagnons.

    La majorité de mes amis a mon âge, une jeune quarantaine. Et pour la plupart d’entre nous, quelque chose a changé ces dernières années, comme si nous avions rebattu toutes les cartes de notre jeu, même si nous étions déjà bien à l’écoute de nos intuitions et de notre vie intérieure. 40 ans a été pour nous un point de bascule, l’occasion d’un nouveau saut joyeux ou inquiet (parfois les deux à la fois) vers l’inconnu.

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gioia albano parents à parents A 30 ans, je me suis embarquée dans la maternité corps et âme, comme dans tout ce que j’entreprends, mais là, avec une intensité dont je n’avais jamais fait l’expérience auparavant. J’ai eu la sensation de renaître à chaque accouchement, même le jour où le bébé que je portais est décédé. En accompagnant mes enfants au plus près de ce qu’ils étaient, j’ai naturellement été invitée à faire le même chemin vers moi même. A un moment, je crus même m’être pleinement trouvée. Je savais pourtant bien que dans ce domaine, rien n’est fini tant qu’on est vivant.

    La maternité m’a fait développer des capacités physiques que je n’imaginais pas possibles : trouver le moyen de dormir et de me régénérer tout en étant réveillée toutes les quinze minutes ou en restant assise toute la nuit, travailler tout en étant présente pour mes enfants, passer sans cesse d’une chose à l’autre sans rien oublier,…

    J’ai également développé des qualités d’écoute, d’empathie encore plus fortes, une compréhension du langage non verbal que je n’avais pas imaginée et qui me sert dans bien des situations.

    J’ai eu l’opportunité de mettre pleinement à profit mon hypersensibilité : j’ai vu à quel point elle me permettait notamment de percevoir les « signaux faibles », ces petits indices à peine identifiables et souvent inaccessibles au raisonnement, qui nous ont évité bien des soucis et nous ont permis de vivre bien des joies. Cette forme d’anticipation m’est précieuse, elle permet aussi de voir les crises venir avant de les prendre de plein fouet.

    J’ai décuplé ma capacité à aimer. Je n’ai pourtant jamais rien négocié avec la vie, j’ai toujours aimé de tout mon cœur, sans jamais me protéger, mais je vois bien que cette capacité à donner, à aimer les êtres dans leur plus grande profondeur quoi qu’il advienne, sans chercher à les changer, a encore augmenté, et je le dois sans doute à mes enfants.

    Mais ce n’est pas tout. Avec mes enfants, avec ceux des autres, avec les adultes avec qui j’ai eu l’occasion de coopérer, j’ai expérimenté mille manières de vivre, de co-construire et de trouver des solutions paradoxales, étonnantes et réellement efficaces. Je suis sûre que vous aussi, si vous regardez un peu en arrière, non ?

    Ne pas choisir, ne rien sacrifier

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parentsComme d’autres jeunes mères, je n’ai pas choisi entre vie familiale et vie professionnelle. J’ai décidé de tout relier et de tout faire ensemble, contrairement à l’idée reçue qui professe la nécessité de cloisonner nos différentes sphères (familiale, sociale, professionnelle,…). J’ai souvent pensé à ma grand mère qui avait sacrifié ses projets de carrière à l’entretien de sa famille et à la génération de nos mères qui, pour réussir professionnellement, avaient peu savouré leur maternité.

    Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin d’être en tension entre la femme et la mère. Nous pouvons tout être à la fois.

    De mon expérience, l’allaitement n’enlève rien au désir ni aux capacités psychiques, et la grossesse non plus. Au contraire, c’est comme si tous ces élans d’amour se rejoignaient pour s’intensifier les uns les autres.

    Il peut aussi y avoir un temps pour tout, et nous pouvons nous épanouir dans toutes nos dimensions. Je suis pleine de gratitude quand je réalise à quel point nous sommes chanceuses.

    Mais voilà, rien n’est jamais définitif et un jour, cet équilibre presque parfait qui avait été le mien pendant huit ans ne m’a plus du tout convenu. J’avais un job qui m’intéressait vraiment (j’en avais même plusieurs), je ne perdais pas de temps en transport, je travaillais de chez moi la plupart du temps, je pouvais choisir quand et où faire mon travail, je pouvais aller courir, jouer du piano ou du violoncelle, poursuivre mon roman en cours, garder un enfant malade ou fatigué à la maison et voir des amis ou des expositions en plein milieu de l’après midi, quand tout le monde est au boulot (une chance que je savoure et qui m’a longtemps donné la sensation d’être vivante). À toute heure du jour ou de la nuit, ou presque, j’étais disponible pour les miens.

    Mais du coup, je travaillais souvent seule, et début septembre, quand mon petit dernier est rentré à l’école, dans le même environnement joyeux que ses deux aînés, j’ai ressenti le besoin impérieux de tout changer. Enfin pas tout à fait tout, mais mes priorités, ma disponibilité, mes ambitions, mon positionnement au service des autres, et même mon métier. Une part de moi se réveillait et semait un tel chaos que je n’étais plus sûre de rien.

    J’ai ressenti le besoin de revisiter tout mon passé, comme si j’avais laissé des miettes, des morceaux de moi un peu partout.

    Il m’a semblé que mon regard s’élargissait soudain de manière extraordinaire. Mes sources d’intérêt également. Je me suis mise à dévorer les livres de philosophie que j’avais mis de côté quelques années plus tôt et ce qui m’avait paru essentiel pendant une décennie me sembla soudain juste important ou intéressant, mais sans plus. J’ai eu la sensation d’être à un point culminant (même si je pense que nous en avons plusieurs). J’avais bien plus de connaissance de moi, de la vie et des autres qu’à vingt ans, je n’avais pas encore l’impression d’avoir perdu en capacité physique, j’étais pleine d’une énergie incroyable, mes intuitions étaient plus fortes que jamais. La vie tambourinait à l’intérieur. Alors j’ai écouté, je me suis écoutée comme j’avais appris à le faire avec mes enfants. Et j’ai beaucoup appris en écoutant mes amies.

    Élargir le champ et prendre conscience du chaos intérieur

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parents L’une me racontait comme elle avait senti son intérêt pour le monde autour d’elle s’élargir progressivement quand ses enfants ont eu 8 ou 10 ans. « Au début toute ma vie était centrée sur eux, puis ca s’est élargi, élargi, élargi, comme un mouvement en spirale qui part du centre et qui se consolide au fil du temps », se souvient cette maman de deux adolescents.

    Elle sentait physiquement sa sortie du monde maternel avec tous les gestes qui s’enchaînent dans le soin d’une tout petit : le corps qui berce dès qu’il est debout, la tête qui se penche pour embrasser, les bras qui s’ouvrent pour accueillir… Isabelle a mis ses mots sur ces périodes de mue qui sont des crise mais pas seulement : ce sont des points de bascule que nous vivons autant physiquement que psychiquement, analyse-t-elle.

    C’est toute notre vie qui s’en trouve renouvelée. Tout doit être remanié, reconsidéré, réorganisé.

    « Le changement n’est pas seulement dans nos têtes, il est aussi dans nos corps« , avertit isabelle. Et c’est aussi vrai quand les enfants quittent le foyer parental à l’âge adulte. Leur départ crée un vide physique, énergétique. Deux femmes pourtant très conscientes de ce qu’elles vivaient n’arrivaient pas à faire des courses pour elles seules, se souvient elle par exemple. Ce n’est pas seulement leur vie pratique, mais toute leur vie intérieure, toute leur existence qu’elles sentaient qu’elles devaient réaménager face au départ pourtant bien accepté de leurs enfants.

    Suivre son intuition et prendre soin de soi

    Pour Raphaëlle, la crise était un phénomène étranger jusqu’à ce qu’après vingt ans de mariage, à 44 ans, elle réalise soudain qu’elle se sentait trop en décalage avec son conjoint pour pouvoir poursuivre la route avec lui. Ce constat n’a pas, d’abord, été le fruit d’une réflexion, il s’est imposé à elle.

    Cette idée tombée du ciel comme une vérité certaine s’est accompagnée d’une telle sensation de plénitude, a réveillé en elle un tel élan vital qu’elle n’a pas pu reculer, faire comme si de rien était.

    Elle trouve aujourd’hui la force d’organiser sa séparation avec beaucoup de tendresse et de respect, pour détruire le moins possible sans rien sacrifier. Elle sait que ce ne sera ni facile ni confortable, mais sa décision est le fruit d’un tel mouvement de vérité intérieure qu’elle le traverse avec confiance, une confiance qu’elle n’avait jamais ressentie auparavant.

    Il ne s’agit pas d’une crise qui signerait une rupture de survie, mais plutôt d’un point de bascule qui prépare une vie nouvelle, plus vraie, plus profonde et plus authentique que jamais.

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie yoann lambert parents à parents Pour Anna, les crises font partie de sa vie depuis toujours. Dans le sillage d’une rupture amoureuse avec l’homme avec qui elle rêvait d’avoir un enfant, elle a perdu son travail et son domicile. N’ayant plus rien à quoi se raccrocher, elle a amassé ses affaires dans le garage d’une amie et s’est assise par terre à côté de ses valises pour réfléchir. Elle s’est alors mise au défi : « tu bougeras de là quand tu sauras ce que tu veux faire ». Elle est restée ainsi trois jours, ne se levant que pour boire et faire pipi.

    Au troisième jour, une idée émergea en elle d’une profondeur indéfinissable, elle sut quoi entreprendre et partit. Depuis, elle a trouvé d’autres modalités moins éprouvantes pour traverser ses crises, elle sait que la beauté la régénère, la réconforte et la rééquilibre, elle sait qu’un bain chaud lui offre un soutien réparateur, et elle n’a pas peur : quelque part en elle, elle sait qu’elle ne manquera jamais de rien, que la crise est pour elle un appel à la transformation et qu’elle fait partie de sa vie.

    Aller chercher de l’aide à l’extérieur

    La dernière crise de Morgane a eu lieu il y a huit ans, quand elle a eu soixante ans. Elle se retrouvait retraitée après une vie de formatrice et de comédienne qui la remplissait d’autant plus qu’elle vivait seule et n’avait pas eu d’enfants. C’est l’idée qu’elle se faisait de la retraite qui lui faisait le plus de mal. Elle s’imaginait une période ennuyeuse à mourir, qui la verrait se dégrader de plus en plus en attendant la mort. Elle était effrayée par les statistiques qu’elle lisait sur la santé des retraités.

    A cette sensation de vide et d’inutilité s’ajoutait une peur légitime de l’avenir : sa retraite ne lui permettrait pas de payer un loyer suffisant et elle n’avait pas l’apport nécessaire pour acheter. Morgane eut peur de la pauvreté. C’est en travaillant sur elle et en se faisant aider qu’elle a trouvé ses solutionsun bon thérapeute l’a aidée à se débarrasser de ses images négatives, une amie l’a aidée à trouver un beau petit appartement et son frère a contribué à son financement. Enfin, le temps lui a montré que la retraite, ce n’est plus ce que c’était. Elle n’avait pas à choisir entre retraite et activité, elle pouvait percevoir une petite retraite et continuer à exercer un métier.

    Depuis, elle est en pleine activité professionnelle et en pleine expertise. Elle a de plus en plus de belles choses à transmettre, et jamais, en la voyant, vous ne lui donneriez son âge. La crise de la soixantaine l’a rajeunie.

     
    traverser les crises réussir sa vie Gille Levrier Parents à ParentsMême s’il semble que certaines périodes de la vie se prêtent plus particulièrement aux crises, chacun vit les siennes à sa manière et fonction de son identité, de son parcours et de ses besoins. Mais dans tous les cas, il me semble qu’on peut les voir non pas comme des problèmes à régler, mais comme d’incroyables opportunités à saisir, avec le cœur ouvert et les yeux émerveillés d’un enfant qui se demande quel cadeau il va découvrir devant le sapin. Et cette ouverture là a sans doute une importance fondamentale sur la façon dont nous allons pouvoir gérer, traverser des périodes chaotiques pour aller chaque fois davantage là où notre cœur nous porte, là où le plus profond et le plus vivant de nous nous entraîne.

    C’est tout le bien que je vous souhaite, en cette période un peu chaotique pour tous, quel que soit notre âge et quelle que soit notre vie. C’est l’occasion d’y prendre notre part, de ne rien laisser faire qui ne nous convienne, et de construire le monde dans lequel nous avons envie de vivre en y mettant tout notre amour et tous nos talents.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Illustrations : photo à la une Gilles Levrier, puis tableau Gioia Albano puis photos de mer Gilles Levrier, photo d’accro-branches Yoann Lambert, photo d’entrée au spectacle Gilles Levrier.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    21 Déc
    21 Déc
  • Courir, ce n’est pas forcément une fuite en avant. Nous avons tous de bonnes raisons de courir : réussir à concilier les mille impératifs de nos vies, attraper un train, tenter de rattraper un temps que nous croyons perdu, … Et c’est alors, souvent, d’une course un peu forcée qu’il s’agit.
    Nous pouvons aussi courir vers ceux que nous aimons, ou vers nous-mêmes. Retrouver le contact avec notre corps, c’est pour ça que Marie s’est mise à courir.

    Me réapproprier mon corps

    Après trois grossesses, deux jumeaux, elle a eu besoin se réapproprier son corps. La course à pied lui a semblé être le sport le plus facile et le plus accessible (elle pouvait courir juste à côté de chez elle, sans prendre rendez-vous avec quiconque, en pratiquant tout simplement dès que c’était possible), le moins coûteux (une bonne paire de baskets et un short suffisent), tout en étant d’un excellent rapport temps/dépense énergétique : pour générer la même fatigue physique à vélo, elle aurait eu besoin de trois fois plus de temps. Marie s’est donc mise à courir un petit peu vers 39 ans, puis de plus en plus. Elle était fière de pouvoir remettre les vêtements qu’elle portait avant ses grossesses, et beaucoup plus à l’aise dans son corps. A 42 ans, elle a même réussi à courir son âge en kilomètres en réussissant le marathon de Bordeaux. J’étais admirative qu’une telle performance soit possible à 40 ans alors qu’elle ne courait pas si souvent que ça !

    élan courir berger australien parents à parents Son expérience m’a inspirée : j’habite à côté d’une rivière magnifique, le terrain est relativement plat et facile, j’y suis à deux minutes à pied. J’ai décidé courir après ce besoin de me recentrer intérieurement après m’être beaucoup donnée à mes enfants aussi bien physiquement que psychologiquement au cours de mes grossesses et de mes longues années d’allaitement.

    J’avais couru un tout petit peu avec mon compagnon pour préparer un trek en haute montagne, il y a plus de dix ans, et je n’avais pas du tout aimé ça. Mais courir seule, au bord de l’eau, j’ai tout suite adoré : me sentir ainsi respirer en observant les cygnes surgir des flots ou bondir dans l’eau, en découvrant les martin pêcheurs se glisser entre les branches des saules pleureurs pendant que le soleil inondait le ciel, …. J’ai assisté à des aurores magnifiques et des couchers de soleil enivrants et je suis même parfois tombée à force de regarder le ciel plutôt que le sol !
    Puis j’ai eu l’occasion d’adopter un chien et j’ai encore mieux aimé courir. Ce berger australien déborde d’une vitalité contagieuse qui pousse à courir à son tour vers la part la plus vibrante de soi. Depuis qu’il est là, j’ai rarement manqué d’énergie pour sortir !

    Réfléchir, méditer, innover

    pourquoi je cours Mireille josselin parents à parentsJ’ai réalisé au fil du temps que la course, même à petites foulées, même pas très longtemps, m’apportait de nombreux bénéfices secondaires : c’est en courant que j’ai le plus d’idées, que je trouve à des évènements disparates et à un faisceau de causes déconcertant un sens nouveau, c’est en courant que je suis le plus inspirée et qu’en même temps, mon cerveau en perpétuelle ébullition s’apaise un peu en se mettant au rythme de ma respiration.

    Certaines personnes méditent assises et ça leur fait un bien fou. Tant mieux ! J’ai tenté l’expérience plusieurs fois, mais j’avais l’impression de décoller complétement. Il semble que la marche et la course offrent à mes réflexions sans limite un cadre pour ne pas se perdre totalement.

    Mais la course a encore un autre bénéfice : comme pendant ces moments privilégiés, je vais à mon rythme, je peux bien plus m’adapter à celui des autres le reste du temps. Je mets encore moins de pression à mes enfants et écoute mieux leur rythme à eux. Un peu comme Adèle, c’est ma façon de sentir ma liberté d’être mère en mouvement !
    Et vous, comment vous faites pour vous retrouver, pour méditer, pour rêver ?

    En pratique

    Attention à choisir une paire de chaussures adaptée. J’ai commencé à courir avec une vieille paire de baskets, que je trainais depuis au moins dix ans et qui n’était pas du tout adaptée à la course à pied. Résultat, au bout de deux mois je me suis abîmée le tendon d’Achille en me faisant une bursite. Un demi talon pendant trois semaines et une nouvelle paire de chaussures adaptée ont suffi à tout faire rentrer dans l’ordre mais autant éviter !
    Pour choisir une paire de chaussures adaptée, il faut

    • Connaître le type de terrain sur lequel vous vous engagez : route, chemin de terre, trail,..
    • Connaître votre type de foulée : en observant les zones d’usure de vos chaussures habituelles, vous verrez si vous avez une foulée « universelle » (qui concerne plus de la moitié des coureurs), pronatrice (mouvement de pied vers l’intérieur, 40% de coureurs) ou supinatrice (appui sur l’extérieur du pied, 10% des coureurs). Il est alors possible de choisir un type de chaussures adaptée à votre foulée ou d’opter pour une chaussure universelle en ajoutant une semelle compensatrice.

    Une amie kiné conseille de choisir des chaussures universelles et de travailler sur la foulée pour ne pas augmenter les compensations, l’idéal étant d’adopter une foulée la plus homogène possible.

    Illustrations : Mireille Josselin

    30 Nov
    30 Nov
  • coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsCoralie a un talent fou pour révéler l’ombre et la lumière, les blessures et la joie. Ses photos m’ont tellement touchée que j’ai eu envie de savoir qui se cachait derrière l‘objectif. Comme Coralie écrit aussi, nous vous offrons le fruit de notre échange à deux voix. Vous allez voir que Coralie est une jeune femme qui sait déjà bien ce qu’elle veut et où elle va et qui s’en va joyeuse, partout où son art peut lutter contre les violences de la vie, et tout particulièrement contre celles faites aux enfants.

    Ces violences là, celles qu’on minimise, celles qu’on banalise, celles qui rétrécissent l’âme, rabougrissent l’estime de soi et nous préparent à accepter l’inacceptable si nous n’en prenons garde, elle les connaît si bien, pour les avoir vécues elle-même, qu’elle les reconnaît intuitivement chez les autres. Mais « ça prend un temps fou de soigner ses blessures », observe-t-elle. Alors aider les enfants avant qu’ils ne soient adultes, faire prendre conscience aux adultes de leur influence sur le devenir des enfants, pour Coralie, c’est plus qu’un travail, c’est une mission.

    Avec reconnaissance

    coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsC’est avec confiance et une grande sensibilité que Gaëlle m’a invitée à m’exprimer sur un site bienveillant, qu’elle orchestre merveilleusement. Je fête mes 29 ans en ce milieu du mois de novembre et, parce que je suis avant tout une auteur, c’est un vrai cadeau de mêler mon écriture à la sienne. Les projets artistiques évoqués ici, sources de belles rencontres, me remplissent d’amour et j’imagine toujours qu’à un moment, ça débordera tellement d’amour que je serai capable de mener le projet le plus passionnant : être maman ! Écrire sur le site « parentsaparents » sans être « parent » est quelque peu ironique. Et pourtant ! C’est peut être l’occasion de tordre définitivement le cou à la phrase « on en reparlera quand tu sera maman! » Parce qu’être parent de l’enfant qu’on a été, l’écouter et prendre soin de lui au quotidien, c’est déjà assurément être parent!

    La violence éducative : un constat

    Coralie : La fois où j’ai demandé aux enfants  » Qui a déjà reçu des coups? », 31 mains d’une salle de classe se sont levées ! L’un d’entre eux a ajouté « maman m’a tapé mais je l’avais mérité » je lui ai dis  » tu avais fais quoi? Il m’a répondu « j’avais cassé un vase. Mais je ne l’avais pas fais exprès! « 
    Quelle leçon les enfants peuvent tirer de cela? Les enfants ne sont pas la goutte qui fait déborder nos vases. Ce sont nos frustrations, nos tensions, qui engendrent la violence et les enfants le payent cher, trop cher ! Thomas Ansembourg disait que c’est « un génocide quotidien qui n’est pas dans les journaux! »
    Il convient alors de balayer un peu devant nos portes, de ne pas photocopier bêtement l’éducation reçue, d’apprendre à faire autrement. Une éducation malmenée ou inconsciente peut entrainer de nombreux dégâts, une fois adulte, sur la vie quotidienne, les relations, les capacités et les rêves. Pour beaucoup c’est inscrit et « c’est comme ça » ! C’est une idée contre laquelle je me suis battue, dans des séries photographiques telles que « Troubleuses » ou « Tête d’affiche » et contre laquelle je me bats encore à travers la série « Les enfants fichus », exposée en mai 2016 au Carré d’Art de Chartres de Bretagne. Mais aussi dans l’écriture du livre que je viens de terminer  » Arrête de faire ton intéressante! »  et dans l’écriture d’une comédie musicale « On a tous besoin d’être touchés » que je mettrai en scène l’année prochaine. Choisir les bons mots, au plus juste de sa pensée, comme si on l’habillait, faire rimer les phrases comme une mélodie, entendre d’autres voix murmurer ses tirades, trouver la bonne replique, choisir le bon cadrage, la bonne expression, ajuster la lumière, ajouter du son, quelques etincelles ou confettis, denicher des decors, des costumes, trouver la bonne matière…plume, crépon, coton, carton…mettre en scène, c’est plus qu’un combat, c’est une vrai source de joie.

    Libérée de son enfance

    coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsGaëlle : La plupart des enfances ne sont pas seulement faites de plaisirs, de câlins, d’insouciance et de joie. Elles sont aussi pleines de frustrations, d’injustice, d’incompréhension, de manques, de souffrances et de traumatismes plus ou moins grands. L’indifférence de nos parents, trop occupés, dépressifs ou incapables de voir nos besoins parce qu’eux-mêmes n’avaient pas été écoutés dans les leurs ; la violence de nos parents, qui, physiquement et/ou psychologiquement, ont déversé sur nous tout ce qui débordait chez eux, parce qu’ils avaient appris à décharger leurs émotions sur plus petit et plus fragile qu’eux-mêmes au lieu de faire l’inverse : se décharger sur un plus solide qui aurait pu accueillir sans s’en trouver détruit … Ces violences peuvent aller très loin, on le voit sur ces « enfants fichus » notamment. Heureusement que la plupart des enfants ont une aptitude naturelle à la joie et à l’optimisme, sinon ils ne survivraient pas à leur propre enfance !

    Coralie : J’ai de moi des images d’enfant : je me revois dans un coin de ma chambre, au fond d’une salle de classe ou au fond de la campagne. J’ai du me battre contre le formatage, contre les idées reçues, contre le principe de silence, contre l’idée d‘associer la vie à la souffrance et contre la violence aussi. Se défaire d’une vision familiale et aussi sociétale demande de la force et de l’endurance. Je connais la difficulté de la réparation. J’imagine que c’est cette conscience qui confère à mon travail et mon témoignage son importance.
    G. : Travailler avec des enfants, être parents nous pousse à une exigence : revenir sur notre enfance, sur l’enfant que nous avons été, pour ne pas reproduire la violence de génération en génération. Les enfants sont d’incroyables miroirs, ils peuvent nous faire grandir de manière impressionnante si nous attrapons les perches qu’ils nous lancent sans cesse. Mon ainée est particulièrement douée pour me montrer tout ce qui achoppe chez moi, et elle le fait avec un certain tact finalement. Je ne prétends pas empêcher toute forme de souffrance, de frustration, d’incompréhension, mais je peux éviter le pire ; je crois fermement que nous, en tant que parents, avons dans les mains un pouvoir incroyable car il suffit qu’une seule génération cesse de reproduire la violence reçue dans l’enfance pour qu’elle s’arrête enfin, car toutes les études le montrent : l’enfant est naturellement empathique et altruiste . Un enfant qui n’est pas tapé ne frappera pas ses propres enfants, un enfant qui n’est pas humilié n’humiliera pas les siens quand il sera adulte. Je crois comme Coralie qu’il est grand temps de revoir toutes les croyances et théories contraires, qui n’ont jamais été prouvées et forment des écrans dans nos relations.

    Un métier sur mesure

    G. Au sein de Parents à Parents, nous avons déjà interviewé des personnes qui vivent leur vie en s’épanouissant pleinement. Leur exemple est stimulant, inspirant, il nous donne envie de chercher en nous ce qui nous conviendrait vraiment, ce qui nous permettrait de nous réaliser pleinement. A 29 ans, Coralie en est déjà là.
    coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsC. Mon métier, je le taille sur mesure, avec mes propres envies et mes propre limites. Il commence à me ressembler, il est optimiste et engagé, sensible et spontané. J’ai une grande liberté dans mes projets et je gère mon temps. Je tente de ne pas m’en imposer plus que nécessaire. Je m’amuse beaucoup aussi ; à vrai dire,  je ne conçois pas le travail autrement que dans une certaine forme d’engagement et d’amusement.
    S’engager dans son art c’est jouissif. C’est lier l’utile à l’agréable, avoir la sensation de faire partie de ce monde et d’avoir quelque chose à y faire. S’engager c’est aussi s’exposer à la critique, à des personnes qui ont peur d’y regarder de plus près – Et il y en a beaucoup! C’est parfois décourageant. Mais alors je repense à cette héroïne suédoise, « fifi brindacier », avec ses cheveux roux tressé et ses taches de rousseur; de son insolence et son audace ! Et je me dis que c’est un devoir de changer ce qui peut l’être, de lutter contre l’ignorance qui engendre et perpétue la violence.
    Fifi brindacier est le personnage principal d’une série de romans pour enfants écrits à partir de 1945 par l’auteur suédoise Astrid Lindgren. Le personnage de Fifi a contribué à lutter contre les représentations stéréotypées et sexistes des enfants dans les livres pour la jeunesse. Les quatre premiers romans de cette série ont été adaptés pour la télévision  et Fifi Brindacier existe également en dessin animé.

    « Les enfants fichus »

    C. Le projet « Les enfants fichus » réunit tout ce que je suis et qui me tient à cœur actuellement . C’est un abécédaire photographique qui met en scène des enfants en danger. Un abécédaire qui interroge les limites entre rêve et réalité, entre documentaire et mise en scène, entre fatalité et optimisme. Mon intention est de mettre en lumière des enfants dont on ne parle pas ou très peu, qui ont perdu leur dignité, leur intégrité, leur élan vital, quelque part dans l’enfance. Et de souligner la force qu’il leur faut pour survivre aux coups tant physiques que psychologiques. Je m’appuie pour cela sur mon ressenti, sur celui d’enfants que j’implique dans le processus de création. Et sur des techniques  d’éclairages, de scénographie, des éléments de décors et de costumes.

    Un contexte

    les enfants fichus coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsC. Mon  travail se situe dans un contexte ou la France a été condamnée par le conseil européen des droits de l’homme pour ne pas avoir interdit gifles et fessés à l’égard de ses enfants. Je crois fermement qu’une loi contre les châtiments corporels, comme elle existe dans de nombreux pays voisins, pourrait sauver des centaines d’enfants chaque année en France.
    Je tente d’interpeller, avec mes moyens, les politiques de Rennes, ville dans laquelle je vis. Avec le désir qu’une « charte de la bientraitance » puisse être signée, afin de prendre davantage au sérieux le statut de l’enfant.

    Mais je pense aussi que le changement vient davantage de personnes et d’artistes engagées que d’hommes politiques. C’est la raison pour laquelle j’ai invité des écrivains, des réalisateurs, des artistes, des psychologues à écrire une lettre à l’attention de ces « enfants fichus ».
    J’en ai reçu des États unis, de la Finlande, du Maroc, du Canada, de la Suisse, de France, de Belgique, de Suède… Des lettres bouleversantes d’optimisme et de poésie et riches d’expériences, présentées lors de l’exposition. Cela a donné lieu à des voyages : en Suisse, chez une écrivain qui écrit actuellement un livre sur le développement de l’enfant et, en Suède, à la rencontre d’une talentueuse réalisatrice dont l’engagement m’a conforté.

    Développer la conscience de ses émotions dans l’art

    C. Je porte en moi la conviction que les émotions sont la base de tout : à la base de la création, à la base de relations solide, à la base d’une connaissance de soi profonde. La conscience de ses émotions, leur expression, leur acception c’est essentiel dans l’éducation des enfants ! Dans chaque projet que je mène auprès d’eux, notamment en milieu scolaire, je véhicule ce message, en espérant que les enfants prennent conscience de l’étendue de leurs possibilités, de leurs capacités, et de leur beauté.

    coralie salaun art photo arme contre violence et pour liberation des emotions parents à parentsCertains se trouvent moches sur les photographies, ils ont une estime d’eux très faible. En tant qu’intervenante, je me sens parfois impuissante vis à vis des messages dévalorisants qui les inondent dans leurs propres foyers – des foyers qui sont pourtant censés les protéger et les aider à affronter le monde extérieur! C’est un gâchis sans nom ! Il y a tellement à faire pour changer de regard sur les enfants. C’est ce qui m’a motivé à créer une page facebook positive et rempli de belles idées  « lumière sur la non violence éducative ».

    G. Merci de tout cœur à toi Coralie, pour tout ce que tu entreprends, réalises et partages. Nous continuerons à suivre tes projets, tu nous as offert la possibilité d’utiliser tes œuvres pour illustrer nos articles, comme ici, et nous t’en sommes très reconnaissants. Sans doute aussi, nous mènerons d’autres projets ensemble …. A suivre donc ! Et belle route d’ici là.

    Illustrations : photos Coralie Salaün

    Pour en savoir plus

    Le site de Coralie Salaün

    Deux documentaires:

    Contre la Violence Educative Ordinaire Marion Cuerq pour Parents à Parents

    Celui de Marion Cuerq «  Si j’aurais su je serais né en Suède »
    Et celui de Zana Briski « Camera Kids »

    Le film de Peter Docter, Vice et Versa

     

     

     

     

     

    Un livre pour enfla puissance des emotions Michelle Larivey parents à parentsants : Cécile Gabriel « Quelle émotion ?! »

    Et pour les grands: Michelle Larivey « La puissance des émotions »

     

     

    Coralie salaun est auteur et photographe. Elle écrit autant qu’elle photographie et mêle avec enthousiasme les deux médiums pour atteindre un équilibre au plus juste de ses émotions. Chacune de ses séries viennent rendre compte d’un travail de fond. Sur l’inconscient, l’intimité, la violence. Sur l’humanité, avec son lot de souffrance, de culpabilité et de nons dits… et d’amusement aussi. La mise en scène devient son terrain d’expression et l’appareil le témoin de performances ( décors, costumes, fumigènes, lumière…). L’art est son meilleur allié; pour se trouver, se libérer, se dépasser, exister et s’engager. Très engagée dans la défense des droits de l’enfant, elle mène également des projets pédagogiques et, actuellement, le projet « les enfants fichus ».

    13 Nov
    13 Nov
  • Confier son tout petit, son bambin ou son enfant à un tiers, ça n’est souvent pas facile, surtout quand c’est la toute première fois, mais de nombreux parents ne peuvent tout simplement pas faire autrement. Heureusement, un certain nombre de progrès ont été faits ces dernières décennies dans la prise en charge des bébés et des bambins, et il existe des lieux où ils peuvent vraiment se sentir bien. Pour vous en convaincre et plus encore pour vous donner des clés lors les moments où vous ferez vos choix, vous invitons ici à rencontrer avec six femmes formidables, animées d’une même urgence intérieure à accompagner les enfants vers le meilleur d’eux mêmes et dans les meilleures conditions possibles.
    Un jour ou l’autre, nous sommes presque tous confrontés à la nécessité de confier notre enfant à un tiers. Certains le font les larmes aux yeux, l’estomac noué, la peur au ventre ; ou bien s’en réjouissent autant qu’ils en souffrent, pris dans des sentiments mêlés et contradictoires. D’autres vivent cette première séparation de façon plus paisible, parce qu’ils ont attendu le moment où elle leur semblait à la fois possible et bénéfique, mais, surtout, qu’ils ont trouvé un lieu et des personnes qui leur ont donné l’intime conviction qu’on prendrait vraiment leur enfant en considération et que leur petit trouverait là un environnement et des êtres avec qui développer son plein potentiel sous les meilleurs auspices.

    faire place à l'enfant coralie salaun creche multi accueil parents à parents

    Coralie Salaün

    Car si je m’insurge contre tous les discours qui encensent la séparation mère-enfant comme un bienfait en soi alors qu’elle n’est, je crois, qu’une enième injonction culturelle, je constate qu’ils existent, ces lieux et ces êtres qui sont vraiment bons pour nos enfants. A Champigny sur marne, les six femmes que j’ai eu la chance de rencontrer et qui, par bonheur, travaillent en crèche, portent sur l’enfant un regard plein de bienveillance qu’elles transmettent autour d’elles, autant aux professionnels qu’aux parents : Brigitte et Annick, deux pionnières enthousiasmées par la démarche de Loczy, qui ont mis toute leur énergie au service des tout petits, se battant pour qu’on tienne compte de leurs besoins en priorité devant ceux des adultes et qu’on leur fasse une vraie place en collectivité ; Laurence et Sandrine, qui ont accompagné les enfants dans leurs détresses en foyer d’accueil d’urgence, en néonatalité et à l’hôpital ; Samira et Élodie, qui sont arrivées en crèche après s’être beaucoup interrogées sur la prise en charge des enfants, l’écoute et l’accueil qu’on leur réservait ailleurs, et qui ont senti leur place ici, au plus près des tout petits, là où elles pouvaient leur accorder toute l’écoute qui leur semblait nécessaire.

    Faire place à l’enfant

    faire place à l'enfant coralie salaun creche multi accueil parents à parentsEn France, l’enfant a longtemps été l’absent. Il a d’abord été celui qui, parce qu’il commençait par ne pas parler, n’avait rien à dire. « Et parce que tout ce qui ne pouvait se dire n’existait pas, il a fallu du travail pour arriver à ne pas voir dans l’enfance qu’un (mauvais ?) moment à passer », analyse Annick Joubert, qui a créé et ouvert les premières crèches de Champigny sur Marne en 1983. A l’époque, on n’anesthésiait pas les enfants opérés et de nombreux décideurs pensaient qu’aucune formation n’était nécessaire pour s’occuper de jeunes enfants. Prendre soin des enfants n’était même pas vraiment un travail, et c’était une occupation qui allait de soi. « Je n’avais alors aucune envie de travailler en crèche, se souvient Annick Joubert. On ne s’y occupait que des besoins des adultes ».

    La jeune femme avait assisté à des déjeuners épiques, au cours desquels les bébés étaient rassemblés à heure fixe pour qu’on leur donne à tous à manger en même temps. Et pour les nourrir tous simultanément, il n’y avait qu’un moyen : mettre à contribution tout le personnel de la structure, de la direction aux agents de ménage. « C’était la débandade, se souvient Annick : chaque adulte s’attribuait un bébé, celui qui lui plaisait, qu’elle avait envie de prendre dans les bras. A la fin du repas, il restait un bavoir propre. Un petit n’avait donc pas mangé. Mais lequel était-ce ? »
    Heureusement, le vent était en train de tourner : les travaux de Françoise Dolto sur les enfants et de Frédéric Leboyer sur la naissance commençaient à se démocratiser. Annick a alors découvert l’expérience d’Emi Pikler dans la pouponnière hongroise Loczy, dont elle s’est inspirée pour proposer la mise en place de conditions de travail qui allaient changer radicalement le mode de fonctionnement des lieux d’accueil des tout petits.
    « Il a fallu batailler, à l’intérieur des crèches comme avec les parents et les élus, pour faire porter haut le message de la place de l’enfant, avec deux éléments forts : d’une part, une référente pour cinq enfants avec qui pourraient se nouer des liens de confiance nécessaires et suffisants, et, d’autre part, une autre manière de parler aux enfants. Désormais, il s’agissait de considérer les tout-petits, dès leur plus jeune âge, comme de vrais sujets à qui tout ce qui les concernait pouvait et devait être verbalisé et qu’on devait prévenir pour qu’ils puissent anticiper toutes les situations » explique Annick. « Avant, changer une couche était considéré comme un acte dégradant, se souvient Brigitte Canta. Le jour où les auxiliaires m’ont vue changer un bébé en lui parlant et en lui expliquant « je vais enlever ta couche, tu es prêt, tu lèves ta jambe ? On va enlever ton boddy, tu veux tendre ton bras ?  Elles ont d’abord ri, elles devaient me prendre pour une demeurée, puis ça leur a semblé magique : les bébés traités ainsi restaient calmes et étaient capables de faire leur part bien au delà de ce qu’on avait imaginé : c’était incroyable ! »
    « Les tout-petits n’ont rien à faire en collectivité sauf s’il y a une vraie adaptation à leurs besoins , conclut Annick. Avec les plus petits, les crèches de champigny sur marne privilégient les liens individuels. « Une collectivité bien pensée apporte même aux tout-petits. Elle fournit tout un champ d’expérimentation et le regard de l’adulte peut les aider à aller au bout de leur expérience. Nous nous émerveillons chaque jour face à tout ce qu’ils entreprennent et réussissent ».

    Ensemble au service des enfants

    faire place à l'enfant coralie salaun creche multi accueil parents à parentsMais ça ne suffit pas. Car s’occuper de tout petits, ça remue ! Mes six interlocutrices sont toutes d’accord sur ce point : être en relation avec un enfant implique forcément un travail personnel sur ce qu’on a reçu, ce qu’on n’a pas envie de reproduire,… En matière d‘alimentation par exemple, certains adultes ont envie de forcer les enfants à goûter de tout, et c’est difficile pour eux de se défaire de cette attitude. « C’est un travail quotidien de reprendre ensemble les événements, les micro-actions de chacun pour favoriser la prise de conscience », analyse Brigitte. Et ce sont des échanges qui, pour être vraiment constructifs, doivent se dérouler ne restant focalisé sur l’objectif qui consiste à se demander comment répondre aux besoins de l’enfant en collectivité. « C’est toujours au partir de là qu’on dialogue, précise Brigitte. C’est un travail énorme d’introspection et de réflexion collective qui a pour but de se mettre à la hauteur des enfants ».

    Un travail dont j’ai pu admirer les beaux fruits pendant les deux ans que mon fils a passé au Multi-Accueil de Champigny. Pour asseoir ce travail, le projet éducatif décrit les valeurs du lieu et les formations internes nourrissent intellectuellement les équipes.
    Mais ça ne suffit pas encore. Un enfant ne vient pas seul à la crèche : il y a toute une famille derrière lui. C’est encore pour partir des besoins des enfants que les équipes éducatives ont été amenées à se mettre de plus en plus à l’écoute des familles, en travaillant de concert avec elles pour éviter que les enfants ne soient pris dans un conflit de loyauté. « Mais il s’agit, là aussi, de prendre en compte les familles et les questions de parentalité sans oublier ce qui est pour nous l’essentiel : l’enfant », précise Annick.

    Accompagner aussi les familles

    Au fil de ces échanges avec les familles, les parents se sont mis à poser de plus en plus de questions, en espérant obtenir des réponses tranchées et définitives à leurs préoccupations. « Mais nous ne donnons pas de réponse toute faite, explique Brigitte. Ce serait faire à leur place, les mettre en situation de dépendance. Nous sommes très vigilantes à ne pas tomber dans la toute puissance. Notre positionnement consiste à apporter un éclairage, à donner des pistes de réflexion, à porter un regard différent pour que les parents puissent faire leur chemin. Comme avec les professionnels, nous cherchons à favoriser la prise de conscience, plutôt que de penser à leur place en leur disant quoi faire, ce qui ne porterait pas forcément de fruits car leur nouveau comportement ne viendrait pas de leur plus intime conviction ».

    « Pendant ma formation d’Educatrice de Jeunes Enfants, je ne me suis jamais sentie jugée, je n’ai jamais été notée, on m’a rendue autonome en m’accompagnant avec beaucoup d’empathie, de sorte qu’aujourd’hui, je peux transmettre ce qui m’a été transmis et accompagner les autres avec la même empathie », explique Samia.

    C’est que l’empathie et la bienveillance peuvent être contagieuses ! Et c’est dans ce cadre que chaque personne peut le mieux développer son intelligence, son potentiel, son autonomie. Cela vaut pour les adultes comme pour les enfants.

    L’adaptation : c’est la clé, mais qui s’adapte ?

    Entre un et trois ans, les enfants sont souvent prêts et ont envie de faire des rencontres. C’est à cet âge qu’ils rentrent au multi-accueil de Champigny sur marne, qui accueille les enfants sur quelques jours ou quelques demi-journées par semaine. La plupart des parents pensent que les semaines d’adaptation sont un temps donné à l’enfant pour se faire à ce nouveau lieu.

    Ce n’est pas tout à fait exact. « Ce sont les adultes qui doivent s’adapter aux enfants, pas l’inverse », affirme Brigitte. Et la structure s’adapte le plus possible aux demandes des parents. « L’adaptation est très personnalisée, car c’est là que tout se joue, précise Brigitte. Ce n’est donc pas l’enfant qui s’adapte, tout le monde s’adapte : parents, professionnels, et enfant. Avec les enfants porteurs de handicap, par exemple, l’adaptation s’est naturellement faite en fonction des parents, qui avaient des besoins et des peurs spécifiques. Et finalement, le fait de nous adapter très particulièrement aux spécificités de ces familles nous a aidées à mieux accompagner toutes les autres familles, auxquelles nous nous sommes alors adaptées de la même manière ».

    faire place à l'enfant coralie salaun creche multi accueil parents à parentsCar l’échange avec les parents ne se fait pas que dans un sens ; c’est aussi en écoutant les parents que les professionnels remettent en question certaines de leurs habitudes et attitudes. C’est ainsi qu’au moment de la sieste, des lits ont été mis à l’extérieur pour un ou deux enfants qui y étaient mieux pour dormir. « L’idée s’est étendue, on s’est rendu compte que les tout-petits se reposaient mieux dehors Progressivement le sommeil des bébés s’est alors organisé dehors, puis ce temps de sommeil en extérieur a été offert à tous les autres. C’est devenu une spécificité à Champigny ».
    Merci à ces femmes de cœur dont la présence me remplit de joie, parce que je sais que partout où elles sont passées, des enfants ont trouvé ce témoin lucide dont parlait Alice Miller, ces phares dans la tempête où puiser la matière et la source de leur résilience, cette confiance qui abat les frontières et repousse les limites, ce regard qui dit « tu as de la valeur, tu as ta place, tu es unique et c’est une chance pour le monde que tu sois là».

    Illustrations  : Coralie Salaün puis photos du Multi-Accueil de Champigny sur marne

    10 Nov
    10 Nov
  • Je suis devenue mère pour la première fois une nuit d’été et suis redevenue mère 3 ans plus tard un matin d’hiver. Ces années ont été ponctuées par des périodes d’allaitement, des nuits blanches et l’apprentissage laborieux mais joyeux d’une nouvelle parentalité que nous avions à inventer. Trois années d’émerveillement aussi intenses qu’épuisantes. Mon corps s’était alourdi, mon périmètre de promenade rétréci et mes perspectives d’ailleurs évanouies.

    Démarrages difficiles en auto

    Puis vint pour moi le moment de la reprise du travail. Mon petit était à la crèche, mon grand à la maternelle à six kilomètres de là. Le planning du matin étaient serré, il était difficile d’être à trois endroits différents presque en même temps tout en prenant soin des phases de séparation. Je me déplaçais en voiture, accumulant à ces difficultés celles de la circulation routière et des montées et descentes du véhicule.

    Chaque matin, j’étais tendue, je pressais tout le monde et j’étais désolée de si mal accompagner mes enfants dans leur vécu.

    Je pris un jour la décision d’acheter un vélo électrique. Le relief autour de chez nous ajouté à ma fatigue chronique me faisaient pencher pour cette assistance secourable. Un siège enfant fut installé devant pour le petit, un autre derrière pour le grand.

    « Au premier coup de pédale avec mes deux enfants à mes côtés, je compris que j’avais eu là une idée salvatrice »

    La liberté par le vélo

    Au premier coup de pédale avec mes deux enfants à mes côtés, je compris que j’avais eu là une idée salvatrice.

    Ce mode de déplacement me reconnectait comme par magie avec deux choses essentielles.

    • La première était cette liberté de mouvement qui avait suffi à déclencher un élan de liberté de ma tête et de mon corps.

    Toutes les cellules de mon corps happaient goulûment tout ce que le « dehors » pouvait apporter de vivant, de vibrant.

    • La deuxième chose essentielle était de me re-connnecter à tous ces petits riens d’invisible dans la relation à mes enfants.

    J’avais quitté mes rêves de fusion avec eux pour comprendre que nous étions désormais trois corps mais aussi trois cœurs qui pouvaient battre à l’unisson 2x 30 minutes par jour.

    « Ça peut sembler paradoxal : nous devons tirer les enfants plus tôt du lit, les exposer au froid et à la pluie, mais leurs pleurs de séparation ont disparu et les tensions se sont évanouies ».

    Depuis ce jouliberté d'être mère en movement, pourquoi choisir le vélo en famille pour vos déplacements Parents à Parents Adèle Damoiseaur, nous sommes à vélo. Ça peut sembler paradoxal : nous devons tirer les enfants plus tôt du lit, les exposer au froid et à la pluie, mais leurs pleurs de séparation ont disparu et les tensions se sont évanouies. La menace ultime s’ils ne sont pas prêts le matin est devenue : « Nous allons devoir prendre la voiture !! ». Et là, branle-bas de combat, ils s’habillent seuls, avalent leur petit-déjeuner et se brossent les dents rapidement !

    Dans notre rituel cycliste, chacun a son rôle, sa responsabilité pour lui-même et pour le groupe : penser à tout ce qu’il faut pour ne pas avoir froid, lever son bras pour faire le clignotant, garder une attitude calme pour garantir l’équilibre général, avertir avec la sonnette, encourager maman en montée quand la batterie a lâché.

    Cette qualité d’échange, cette communion familiale est toujours récompensée par de petits cadeaux qui tissent la magie du quotidien : la course d’un écureuil, la brume sur un lac endormi, une abeille qui butine au feu rouge, l’envol d’un héron ou le passage, comme dans un rêve, d’un bateau d’aviron.

     

    FICHE PRATIQUE

    Vélo à assistance électrique (VAE)
    Dégager et prioriser vos besoins en terme d’utilisation : quel poids total sur le vélo, quel relief autour de chez vous, pliant ou non, batterie placée sur le porte-bagage, le cadre ou ailleurs pour éventuellement accrocher une remorque plus tard… Cela vous aidera dans le choix du vélo.
    Préférez un achat chez un revendeur indépendant proche de votre domicile. Vous pourrez ainsi bénéficier de vrais conseils et essayer votre vélo dans la rue, le temps nécessaire pour savoir s’il est véritablement adapté à vos besoins. Vous pourrez aussi le faire réviser sans soucis car les réparateurs de vélos du coin ne prennent parfois plus les VAE en réparation.

    Subventions
    Profitez de l’aide financière alloué par certaines villes de France

    Siège enfant
    liberté d'être mère en movement, pourquoi choisir le vélo en famille pour vos déplacements Parents à Parents Adèle Damoiseau siège vélo bébé avantTrès convaincue du siège bébé avant pour le transport dès tout petit jusqu’à l’âge de 3 ans (il arrive encore à mon grand de 6 ans d’aller dessus). La relation est merveilleuse. L’enfant est beaucoup plus acteur de son aventure et subit moins les chocs dans le dos.
    Beaucoup de références pour les offres de sièges bébé arrière. A vous de définir vos critères (poids, sécurité, facilité d’installation).

    Par exemple : amsterdamer, weeride,….

    Accessoires
    Casque, cape de pluie, sacoches, lumières… Voir par exemple le site cyclo

     

     

     

     

    Adèle nous a déjà fait le plaisir et la joie d’un bel article consacré à l’espace du Sommeil, à retrouver ici.

    Photos : Adèle Damoiseau

    29 Oct
    29 Oct
  • Tout le monde le sait, nos enfants nous imitent, c’est ainsi qu’ils apprennent.
    Ainsi, un enfant qu’on tape apprend à taper, et un enfant qui voit son père frapper sa mère risque davantage, une fois adulte, de frapper sa femme. Mais un enfant qui endure des violences éducatives
    a-t-il plus de chance qu’un autre de vivre et d’accepter des violences conjugales ?
    Valérie témoigne.

    « Je ne comprenais pas pourquoi cet homme que j’aimais tant, qui pouvait me témoigner tant d’amour et de générosité, pouvait aussi déverser autant de violence ».

    Mes parents m’aimaient beaucoup tous les deux et ma mère était tendre, mais mon père était très pointilleux sur les règles, et il pouvait devenir violent quand nous les transgressions.
    A quatre ans, je me souviens m’être interposée entre mon père hurlant pour prendre de force ma petite soeur en larmes que ma mère portait dans ses bras : il voulait lui donner une fessée pour la
    faire taire.

    Mon père avait la main leste, ceinture et fessées répliquaient à la moindre bêtise d’enfant.
    Et il nous semblait immense, incontrôlable. Il se déchaînait sur nous puis nous interdisait de pleurer.
    L’injustice que je ressentais me faisait parfois oublier ma peur : je me revois lui « tenir tête », du haut de mes 6 ans, refusant de baisser les yeux comme il me l’ordonnait… et le faire enrager davantage.

    violence éducative violence conjugale Parents à Parents Thierry SamuelJe ne comprenais pas pourquoi cet homme que j’aimais tant, qui pouvait me témoigner tant d’amour
    et de générosité, pouvait aussi déverser autant de violence.

    La dernière fois qu’il a tenté de me
    « corriger », j’avais 15 ans. Il considérait que ma chambre était une « véritable porcherie ». Je me suis
    interposée : désormais, je ne l’autorisais plus à me battre et je me défendrai s’il osait me toucher. Il ne m’a plus jamais frappée.

    « J’ai fini par comprendre que cette relation amoureuse s’inscrivait dans le sillage de celle qui m’avait liée à mon père, où amour et violence étaient intimement mêlés ».

    A 17 ans, j’ai rencontré le jeune homme qui est resté mon compagnon pendant huit ans. Cet
    idylle adolescente m’a amenée en Angleterre où je me suis installée avec lui. Mais s’en est suivi une
    véritable descente aux enfers : une fois encore, je me retrouvais avec un homme que j’aimais
    profondément, qui pouvait me témoigner amour et générosité, mais qui avait instauré un climat de peur, d’oppression, et me faisait subir humiliations et mauvais traitements.

    J’ai fini par comprendre que cette relation amoureuse s’inscrivait dans le sillage de celle qui m’avait liée à mon père, où amour et violence étaient intimement mêlés.
    La violence éducative que j’avais reçue pendant mon enfance avait pourri (comme un fruit qui
    se gâte de l’intérieur) mes relations amoureuses.

    J’ai eu énormément de mal à m’extirper de cette relation. Intellectuellement, je savais bien qu’elle était
    inacceptable, mais, émotionnellement j’étais incapable de rompre. Je suis aujourd’hui intimement convaincue qu’en pratiquant une éducation basée sur la violence, un père peut transmettre à sa fille un modèle de relation homme-femme qui cautionne la violence conjugale.

    Illustrations : Gilles Levrier puis Thierry Samuel

    Un article à suivre et retrouver ici

    Hors Cadre Parents à Parents Hommes et Bienveillance

    21 Oct
    21 Oct
  • Avant de devenir parents, on se projette, on a des idées, on fait des choix. On ne veut surtout pas reproduire ce qu’on a vécu, ou, inversement, on tient à préserver les valeurs familiales. Bref, on a des principes. Ensuite, on a des enfants…

    Argh, je suis en train de faire mon père », réalise Bruno alors qu’il est confronté à sa fille de six ans. Ce père là n’était pas particulièrement violent, mais il avait des principes auxquels il tenait dur comme fer. Bruno aimerait bien ne pas reproduire ses façons de parler, mais il arrive encore que ce soit irrépressible !

    Réactions impulsives

    La violence intérieure qu’il ressent parfois n’est pas un principe éducatif, c’est « du débordement », une réaction automatique, presque logique si on considère, comme l’explique Per Isdal*, psychologue norvégien, qu’elle est une réponse à notre sentiment d’impuissance. Cette réaction est d’autant plus forte que nous avons, nous-mêmes, reçu une éducation violente (cf. l’article d’Olivier Maurel).

    Ça n’est évidemment pas qu’une affaire de père : hommes autant que femmes y sont confrontés. Xavier, père d’un bébé de huit mois, témoigne : « j’ai eu, et j’ai encore des réactions épidermiques plutôt violentes lorsque je suis très fatigué, et que je ne comprends pas. Mais elles diminuent progressivement et j’arrive presque à les endiguer maintenant. C’est ma femme qui m’a donné la clé, en m’expliquant qu’un enfant en souffrance a besoin d’attention. Cependant, donner de l’attention ne veut pas dire tout laisser passer, ça veut dire prendre le temps d’essayer de comprendre et tenter de trouver la solution adaptée ».

    « Pleure mon fils, ça fait du bien », disait le père de Nicolas à son fils, qui accueille maintenant avec la même facilité les larmes de ses propres enfants. Pour Pierre, qui s’est entendu répéter toute son enfance qu’il fallait retenir ses larmes « pour être un homme », c’est plus compliqué. « Accepter les pleurs de mon bébé est loin d’avoir été facile, explique Xavier. Il m’a fallu réaliser qu’un bébé pleure avant tout lorsqu’il est en souffrance, et que cette souffrance,
    indépendamment de sa cause, n’est pas, a priori, soulagée par l’indifférence. Il m’a fallu me mettre à sa place, essayer de le comprendre, faire mienne sa fragilité, et trouver comment apaiser sa souffrance. Ce travail m’a pris plusieurs mois… »

    Construire une relation apaisée avec ses enfants

    Faire face à ses peurs, ses besoins et ses limites, ne pas s’enfermer dans des stéréotypes, ou bien connaître les étapes de développement des enfants, qu’est ce qui aide les pères à construire une relation harmonieuse avec leurs fils et leurs filles ?
    pere l'influence de mon père dans mes relations avec mes enfants Parents à ParentsNous n’arrivons pas tous égaux au stade de la parentalité. Pour Thomas, s’occuper de ses enfants va de soi. La paternité n’a pas réveillé de douleurs d’enfant : il a été élevé sans violence et avait déjà réglé pas mal de motifs de difficultés en thérapie avant d’avoir ses filles. En outre, il sait que sa compagne, très sensible à la violence, lui servirait de garde-fou s’il se laissait déborder.

    Pierre, de son côté, avait reçu une éducation stricte qu’il pensait reproduire avec son fils. Il avait donc décidé de laisser pleurer son bébé pour qu’il fasse ses nuits. Mais une fois son petit né, son regard a changé : instinctivement, il s’est laissé guider par l’empathie spontanée et l’amour qu’il ressentait pour son bébé.
    Dans un second temps, il a pris conscience que ce qu’il avait reçu n’était pas «un bon modèle éducatif pour
    devenir un homme». Alors, depuis, il se laisse guider par son instinct de père.

    La bienveillance, fruit de la liberté

    Bruno, quant à lui, est devenu père à 47 ans ; il relie sa sérénité et son attitude bienveillante à son expérience
    professionnelle et personnelle, qui lui a donné un certain recul. Il n’avait plus à faire ses preuves dans
    son travail quand sa fille est née, et cette pression professionnelle limitée lui a permis de prendre le temps
    de s’occuper de sa famille. Il n’a pas non plus senti de pression de la part de sa famille : ses parents avaient
    déjà huit petits enfants et avaient appris à ne pas s’immiscer dans leur éducation.
    Et comme il n’y avait encore jamais eu de fille dans sa famille proche (Bruno n’a eu qu’un grand frère qui a eu des fils, et dont les fils ont à leur tour eu des fils), il n’avait aucun modèle de fille auquel se conformer. Bruno se sent donc vraiment libre de construire ses relations avec ses enfants comme il l’entend, et quel plaisir il y prend !

    La fin de cet article vous attend ici, dans ce très beau livre numérique à télécharger gratuitement. Illustré par des artistes, il peut aussi être feuilleté en ligne après avoir cliqué sur le lien ci-dessous.

    Illustrations : Gilles Levrier puis Yoann Lambert

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Hors Cadre Parents à Parents Hommes et Bienveillance

     

     

     

     

     

    *Per Isdal, psychologue norvégien et thérapeute à Alternativ till vold -Alternatives à la violence-, un centre d’accueil pour hommes ayant maltraité des femmes.

    19 Oct
    19 Oct
  • « Ça y est, je les ai, je fais partie du clan des F.,le clan des femmes !! ». Cette réplique d’une jeune fille qui venait d’avoir ses règles pour la première fois, dans un film que j’ai découvert à l’adolescence, m’avait laissée pantoise. C’était si loin du regard que j’avais porté ! Ce jour là, je venais de me disputer avec une copine, je pleurais, j’avais mal au ventre et on m’avait dit « Tu vois, ça va venir te faire suer tous les mois, et quand tu ne les auras plus, ça voudra dire que tu es devenue vieille ». Un de mes amies avait reçu une mise en garde « Attention, désormais, tu peux être enceinte à tout moment ». C’en avait été fini des sorties libres.

    Pendant des années, la période des menstruations fut pour nous une source exclusive d’agacements : maux de ventre, fatigue, nous nous sentions émotives et peinions à lutter contre. Nous nous trouvions moins performantes, à l’école comme au boulot, et nous prenions sur nous pour lutter contre cet état insensé dont les garçons et les hommes n’avaient pas à pâtir.

    La femme n’était pas « impure », elle était « reliée »

    Puis vint le temps où nous avons voulu un bébé : leur présence répétée chaque mois nous énervait encore plus : elles signifiaient que le ventre était vide, une fois de plus. Absentes, elles disaient que le rêve avait des chances de se réaliser… C’est finalement après mon retour de couches, bien après la naissance de mon premier enfant, que j’ai découvert que cette « période rouge » était une période d‘intuition accrue : je faisais des rêves magnifiques, je voyais arriver dans mon esprit de chouettes idées et je n’avais même plus mal au ventre. C’est alors que j’ai découvert que cet état « intéressant » avait été pensé, théorisé et mis à profit par d’autres cultures. La femme n’était pas « impure », elle était « reliée ». C’est ce que nous explique Claire, pour qui cette période correspond à l’expression du « Féminin Profond ».

    C’est une voie royale pour se laisser inspirer par
    ce qui surgit du plus profond de soi

    Le Féminin Profond est une sensation de complétude que l’on expérimente lorsque l’on est en parfaite osmose avec son moi profond. C’est un état d’être que les femmes comme les hommes peuvent ressentir. On y arrive par la volonté de se donner le temps et l’espace d’aller en soi, et aussi par la non-volonté de laisser faire ce qui se manifeste. C’est une voie royale pour se laisser inspirer par ce qui surgit du plus profond de soi.

    Chez la femme, les règles sont la période idoine pour expérimenter ce Féminin Profond.

    lorsqu’une femme prenait du temps pour elle en vivant ses Lunes
    en pleine conscience,
    la sagesse enfouie en son for intérieur se révélait à elle.

    La Moon Lodge, chez les Amérindiens*, était le lieu dans lequel les femmes se réunissaient durant leur temps de lune.
    Ils savaient que lorsqu’une femme prenait du temps pour elle en vivant ses Lunes en pleine conscience, la sagesse enfouie en son for intérieur se révélait à elle.

    Ils voyaient la vulnérabilité ressentie avant les règles comme un appel pour la femme et aussi un rappel à vivre pleinement sa nature cyclique, régie par le processus de Vie-Mort-Vie.
    Durant ses lunes, ils laissaient la femme se reposer, faire le point, lâcher ce qui n’était plus utile, plus nécessaire pour elle en se connectant à son Féminin Profond. Elle s’autorisait ainsi à vivre pleinement sa vie, prenant chaque mois un nouveau départ pour son bien et celui de son entourage.

     

    roue de la médecine Tente rouge et feminin profond Claire Jozan-Meisel pour Parents à ParentsLe Féminin Profond est également une des composantes de La Roue de la Médecine amérindienne, modèle d’évolution ancestral inspiré des manifestations et des cycles naturels, dont les saisons font partie.
    Sa vie durant, l’homme chemine autour de la Roue de la Médecine.

    La Voie Rouge de la Roue de la Médecine amérindienne (voir schéma) incite les êtres humains à partir du Féminin Profond (l’Hiver) pour aller vers le Grand Masculin (l’Eté). Selon ce modèle, une action doit être mûrement réfléchie en amont dans le Féminin Profond avant d’être planifiée dans le Petit Masculin (le Printemps), puis concrétisée dans le Grand Masculin.
    Il est intéressant de constater que ce modèle a un caractère universel : il se retrouve à des degrés divers dans beaucoup de philosophies notamment orientales.

    A l’heure actuelle où tout s’accélère et se base sur l’instantanéité, on ne prend pas le temps de vivre ce processus : on a tendance à constamment faire des allers-retours rapides entre le Petit et le Grand Masculin. Le temps de l’introspection et des bilans du Petit Féminin (l’Automne) tout comme le temps de la sagesse et de la vision du Féminin Profond sont souvent laissés pour compte.
    Plus particulièrement, jusqu’à la ménopause, la Femme a la chance de vivre tous les mois ce cycle complet des 4 saisons à travers son cycle menstruel. Elle ressentira ainsi la complétude si elle respecte ces 4 saisons de façon équitable : célébrer aussi bien la plantation (Printemps) que la récolte (Automne) et autant la joie de l’action (Eté) que le goût du repos et de l’inaction (Hiver).

    le premier saignement marque le passage vers la Femme, porteuse de vie et
    capable d’avoir des visions pour servir sa communauté.

    Le fil rouge de DeAnna roue de la médecine Tente rouge et feminin profond Claire Jozan-Meisel pour Parents à ParentsDans son ouvrage « Le Fil Rouge, manuel de tes premières lunes », DeAnna L’am, créatrice du mouvement « Une tente rouge dans chaque quartier », renoue avec ces traditions indigènes nord-américaines et nous montre combien il est important de célébrer les premières lunes des jeunes filles. En effet, le premier saignement marque pour elles le passage vers la Femme, porteuse de vie et capable d’avoir des visions pour servir sa communauté.

    Le deuxième aspect important dans ce manuel est l’incitation à prendre du temps pour soi lors de ses « temps de lune ». Pendant cette période, l’expérimentation ne passe plus par le corps physique : en prenant le temps de se poser et de faire silence en soi, la part spirituelle de notre être (le corps spirituel) prend le relai, laissant émerger le message de l’inconscient à travers la vision et l’intuition.

     


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    Se réunir lors de Moon Lodges ou de Tentes Rouges est pour nous un moyen d’évoluer et de faire évoluer le monde.

    En tant que « précur-soeur » en France des cercles de femmes autour de la menstruation, l’autoédition de ce livret s’est imposée à moi.
    Cette réémergence des cercles de femmes est la preuve que nous voulons nous réapproprier ce savoir et aussi marquer notre différence par rapport à l’image que veut donner de nous notre société patriarcale. Se réunir lors de Moon Lodges ou de Tentes Rouges est pour nous un moyen d’évoluer et de faire évoluer le monde.

    Inciter les femmes à aller à la rencontre de leur sagesse profonde est très important à mes yeux. En ces temps de transformation, ne devrions-nous d’ailleurs pas tous ensemble, femmes et hommes, nous connecter à ce Féminin Profond ? Et ainsi nous approprier le message délivré par ces sagesses ancestrales en libérant, lâchant ce qui n’est plus approprié en nous et autour de nous, pour faire ainsi place au changement, au meilleur pour une Terre plus belle, plus florissante et pour une Humanité plus consciente ?

    Claire Jozan-Meisel LunafeminaClaire Jozan-Meisel
    www.lunafemina.com
    Le Fil Rouge, manuel de tes premières lunes a été illustré par Marie Yamoona  Il est en vente ici

    Par ailleurs, DeAnna L’am animera deux ateliers « Tente Rouge » à Paris et à Lyon en juillet prochain. Pour en savoir plus, c’est ici.

     

    *Les Amérindiens ont une vision de la femme bien différente de celle que nous avons dans notre société judéo-chrétienne. Depuis la nuit des temps, les femmes amérindiennes synchronisaient leur vie avec le rythme lunaire. La tribu toute entière permettait aux femmes d’être alternativement tournées vers les autres puis tournées vers elles-mêmes. Vivant proches de la nature, leur cycle menstruel suivait d’ailleurs celui de la lune et leur période menstruelle correspondait à la nouvelle lune. Les anciens savaient que les femmes, durant leur période de saignement, avaient un niveau de perception beaucoup plus élevé. Par conséquent, elles s’éloignaient de la communauté et optimisaient ce temps en se reposant entre elles dans un lieu dédié, la Moon Lodge. Cette pause dans leur vie quotidienne leur permettait de faire le point et de laisser émerger des idées nouvelles pour répondre au mieux aux besoins de leur famille ou de la tribu en général. Les hommes respectaient ce que les femmes préconisaient et appliquaient leurs conseils à la lettre. Source : « Buffalo woman comes singing » de Brooke Medicine Eagle

    Illustrations : Marie Yamoona

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    07 Juin
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