Etre Père : mais que viennent faire nos parents dans les liens que nous tissons avec nos enfants ?

  • Avant de devenir parents, on se projette, on a des idées, on fait des choix. On ne veut surtout pas reproduire ce qu’on a vécu, ou, inversement, on tient à préserver les valeurs familiales. Bref, on a des principes. Ensuite, on a des enfants…

    Argh, je suis en train de faire mon père », réalise Bruno alors qu’il est confronté à sa fille de six ans. Ce père là n’était pas particulièrement violent, mais il avait des principes auxquels il tenait dur comme fer. Bruno aimerait bien ne pas reproduire ses façons de parler, mais il arrive encore que ce soit irrépressible !

    Réactions impulsives

    La violence intérieure qu’il ressent parfois n’est pas un principe éducatif, c’est « du débordement », une réaction automatique, presque logique si on considère, comme l’explique Per Isdal*, psychologue norvégien, qu’elle est une réponse à notre sentiment d’impuissance. Cette réaction est d’autant plus forte que nous avons, nous-mêmes, reçu une éducation violente (cf. l’article d’Olivier Maurel).

    Ça n’est évidemment pas qu’une affaire de père : hommes autant que femmes y sont confrontés. Xavier, père d’un bébé de huit mois, témoigne : « j’ai eu, et j’ai encore des réactions épidermiques plutôt violentes lorsque je suis très fatigué, et que je ne comprends pas. Mais elles diminuent progressivement et j’arrive presque à les endiguer maintenant. C’est ma femme qui m’a donné la clé, en m’expliquant qu’un enfant en souffrance a besoin d’attention. Cependant, donner de l’attention ne veut pas dire tout laisser passer, ça veut dire prendre le temps d’essayer de comprendre et tenter de trouver la solution adaptée ».

    « Pleure mon fils, ça fait du bien », disait le père de Nicolas à son fils, qui accueille maintenant avec la même facilité les larmes de ses propres enfants. Pour Pierre, qui s’est entendu répéter toute son enfance qu’il fallait retenir ses larmes « pour être un homme », c’est plus compliqué. « Accepter les pleurs de mon bébé est loin d’avoir été facile, explique Xavier. Il m’a fallu réaliser qu’un bébé pleure avant tout lorsqu’il est en souffrance, et que cette souffrance,
    indépendamment de sa cause, n’est pas, a priori, soulagée par l’indifférence. Il m’a fallu me mettre à sa place, essayer de le comprendre, faire mienne sa fragilité, et trouver comment apaiser sa souffrance. Ce travail m’a pris plusieurs mois… »

    Construire une relation apaisée avec ses enfants

    Faire face à ses peurs, ses besoins et ses limites, ne pas s’enfermer dans des stéréotypes, ou bien connaître les étapes de développement des enfants, qu’est ce qui aide les pères à construire une relation harmonieuse avec leurs fils et leurs filles ?
    pere l'influence de mon père dans mes relations avec mes enfants Parents à ParentsNous n’arrivons pas tous égaux au stade de la parentalité. Pour Thomas, s’occuper de ses enfants va de soi. La paternité n’a pas réveillé de douleurs d’enfant : il a été élevé sans violence et avait déjà réglé pas mal de motifs de difficultés en thérapie avant d’avoir ses filles. En outre, il sait que sa compagne, très sensible à la violence, lui servirait de garde-fou s’il se laissait déborder.

    Pierre, de son côté, avait reçu une éducation stricte qu’il pensait reproduire avec son fils. Il avait donc décidé de laisser pleurer son bébé pour qu’il fasse ses nuits. Mais une fois son petit né, son regard a changé : instinctivement, il s’est laissé guider par l’empathie spontanée et l’amour qu’il ressentait pour son bébé.
    Dans un second temps, il a pris conscience que ce qu’il avait reçu n’était pas «un bon modèle éducatif pour
    devenir un homme». Alors, depuis, il se laisse guider par son instinct de père.

    La bienveillance, fruit de la liberté

    Bruno, quant à lui, est devenu père à 47 ans ; il relie sa sérénité et son attitude bienveillante à son expérience
    professionnelle et personnelle, qui lui a donné un certain recul. Il n’avait plus à faire ses preuves dans
    son travail quand sa fille est née, et cette pression professionnelle limitée lui a permis de prendre le temps
    de s’occuper de sa famille. Il n’a pas non plus senti de pression de la part de sa famille : ses parents avaient
    déjà huit petits enfants et avaient appris à ne pas s’immiscer dans leur éducation.
    Et comme il n’y avait encore jamais eu de fille dans sa famille proche (Bruno n’a eu qu’un grand frère qui a eu des fils, et dont les fils ont à leur tour eu des fils), il n’avait aucun modèle de fille auquel se conformer. Bruno se sent donc vraiment libre de construire ses relations avec ses enfants comme il l’entend, et quel plaisir il y prend !

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    Illustrations : Gilles Levrier puis Yoann Lambert

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Hors Cadre Parents à Parents Hommes et Bienveillance

     

     

     

     

     

    *Per Isdal, psychologue norvégien et thérapeute à Alternativ till vold -Alternatives à la violence-, un centre d’accueil pour hommes ayant maltraité des femmes.

    19 Oct
    19 Oct
  • Être père est peut-être affaire de désir, souvent de cheminement,…

    22 Avr
    22 Avr
  • Sortir de la dépression


    Les événements qui s’abattent sur nous ont parfois des conséquences inespérées.

    La dépression de Guillaume a été l’occasion d’une triple renaissance : celle de Guillaume, celle de Jean, et celle de leur relation. Père et fils racontent.

    « J’avais réussi les études que j’avais voulu faire, je faisais le métier que j’avais choisi, j’avais apparemment tout pour aller bien. Mais ma vie amoureuse était compliquée, mon attitude froide et ambitieuse m’empêchait de vivre les relations que j’aurais aimé vivre ». Guillaume avait 30 ans, l’âge où de nombreux d’adultes construisent leur vie, se mettent en couple et s’occupent de leur carrière professionnelle. « j’ai pris un long congé sabbatique, j’ai arrêté de travailler et j’ai tout remis en question ».

    La traversée du désert va durer cinq ans.

    Jean, le père de Guillaume, se souvient : « j’ai pris conscience progressivement de la dépression de Guillaume.

    Mon fils était d’une maigreur quasi pathologique, c’était très douloureux pour moi de le voir dans cet état là. Ses postures rigides (crudivorisme, retour à la vie primitive, rejet complet de la société, repli sur soi) amplifiaient son inadaptation au monde et sa détresse.
    Au début, son comportement m’a agacé.

    Je me suis demandé ce qui lui prenait, je me suis dit que ce n’était pas mon problème.

    Mais je ne pouvais pas laisser sombrer le fils que j’aimais.

    Alors peu à peu, par simple empathie, ses souffrances sont devenues les miennes« .

     illustration : Yoann Lambert

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    13 Mai
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