Quelle liberté d’être mère en mouvement !

  • Je suis devenue mère pour la première fois une nuit d’été et suis redevenue mère 3 ans plus tard un matin d’hiver. Ces années ont été ponctuées par des périodes d’allaitement, des nuits blanches et l’apprentissage laborieux mais joyeux d’une nouvelle parentalité que nous avions à inventer. Trois années d’émerveillement aussi intenses qu’épuisantes. Mon corps s’était alourdi, mon périmètre de promenade rétréci et mes perspectives d’ailleurs évanouies.

    Démarrages difficiles en auto

    Puis vint pour moi le moment de la reprise du travail. Mon petit était à la crèche, mon grand à la maternelle à six kilomètres de là. Le planning du matin étaient serré, il était difficile d’être à trois endroits différents presque en même temps tout en prenant soin des phases de séparation. Je me déplaçais en voiture, accumulant à ces difficultés celles de la circulation routière et des montées et descentes du véhicule.

    Chaque matin, j’étais tendue, je pressais tout le monde et j’étais désolée de si mal accompagner mes enfants dans leur vécu.

    Je pris un jour la décision d’acheter un vélo électrique. Le relief autour de chez nous ajouté à ma fatigue chronique me faisaient pencher pour cette assistance secourable. Un siège enfant fut installé devant pour le petit, un autre derrière pour le grand.

    « Au premier coup de pédale avec mes deux enfants à mes côtés, je compris que j’avais eu là une idée salvatrice »

    La liberté par le vélo

    Au premier coup de pédale avec mes deux enfants à mes côtés, je compris que j’avais eu là une idée salvatrice.

    Ce mode de déplacement me reconnectait comme par magie avec deux choses essentielles.

    • La première était cette liberté de mouvement qui avait suffi à déclencher un élan de liberté de ma tête et de mon corps.

    Toutes les cellules de mon corps happaient goulûment tout ce que le « dehors » pouvait apporter de vivant, de vibrant.

    • La deuxième chose essentielle était de me re-connnecter à tous ces petits riens d’invisible dans la relation à mes enfants.

    J’avais quitté mes rêves de fusion avec eux pour comprendre que nous étions désormais trois corps mais aussi trois cœurs qui pouvaient battre à l’unisson 2x 30 minutes par jour.

    « Ça peut sembler paradoxal : nous devons tirer les enfants plus tôt du lit, les exposer au froid et à la pluie, mais leurs pleurs de séparation ont disparu et les tensions se sont évanouies ».

    Depuis ce jouliberté d'être mère en movement, pourquoi choisir le vélo en famille pour vos déplacements Parents à Parents Adèle Damoiseaur, nous sommes à vélo. Ça peut sembler paradoxal : nous devons tirer les enfants plus tôt du lit, les exposer au froid et à la pluie, mais leurs pleurs de séparation ont disparu et les tensions se sont évanouies. La menace ultime s’ils ne sont pas prêts le matin est devenue : « Nous allons devoir prendre la voiture !! ». Et là, branle-bas de combat, ils s’habillent seuls, avalent leur petit-déjeuner et se brossent les dents rapidement !

    Dans notre rituel cycliste, chacun a son rôle, sa responsabilité pour lui-même et pour le groupe : penser à tout ce qu’il faut pour ne pas avoir froid, lever son bras pour faire le clignotant, garder une attitude calme pour garantir l’équilibre général, avertir avec la sonnette, encourager maman en montée quand la batterie a lâché.

    Cette qualité d’échange, cette communion familiale est toujours récompensée par de petits cadeaux qui tissent la magie du quotidien : la course d’un écureuil, la brume sur un lac endormi, une abeille qui butine au feu rouge, l’envol d’un héron ou le passage, comme dans un rêve, d’un bateau d’aviron.

     

    FICHE PRATIQUE

    Vélo à assistance électrique (VAE)
    Dégager et prioriser vos besoins en terme d’utilisation : quel poids total sur le vélo, quel relief autour de chez vous, pliant ou non, batterie placée sur le porte-bagage, le cadre ou ailleurs pour éventuellement accrocher une remorque plus tard… Cela vous aidera dans le choix du vélo.
    Préférez un achat chez un revendeur indépendant proche de votre domicile. Vous pourrez ainsi bénéficier de vrais conseils et essayer votre vélo dans la rue, le temps nécessaire pour savoir s’il est véritablement adapté à vos besoins. Vous pourrez aussi le faire réviser sans soucis car les réparateurs de vélos du coin ne prennent parfois plus les VAE en réparation.

    Subventions
    Profitez de l’aide financière alloué par certaines villes de France

    Siège enfant
    liberté d'être mère en movement, pourquoi choisir le vélo en famille pour vos déplacements Parents à Parents Adèle Damoiseau siège vélo bébé avantTrès convaincue du siège bébé avant pour le transport dès tout petit jusqu’à l’âge de 3 ans (il arrive encore à mon grand de 6 ans d’aller dessus). La relation est merveilleuse. L’enfant est beaucoup plus acteur de son aventure et subit moins les chocs dans le dos.
    Beaucoup de références pour les offres de sièges bébé arrière. A vous de définir vos critères (poids, sécurité, facilité d’installation).

    Par exemple : amsterdamer, weeride,….

    Accessoires
    Casque, cape de pluie, sacoches, lumières… Voir par exemple le site cyclo

     

     

     

     

    Adèle nous a déjà fait le plaisir et la joie d’un bel article consacré à l’espace du Sommeil, à retrouver ici.

    Photos : Adèle Damoiseau

    29 Oct
    29 Oct
  • J’aime beaucoup la peinture de Gioia. Il y a tant d’harmonie, de douceur et de tendresse dans ses tableaux que les regarder suffit à faire émerger en moi ces qualités là, même si, quelques secondes avant, je me sentais triste ou maussade. Quelle joie pour moi de vous présenter la jolie femme qui sait si bien représenter la volupté !

    Gioia peint depuis qu’elle est toute petite. Pendant toute son enfance, elle a énormément dessiné ; puis plus tard, elle a fait les beaux arts où elle a été initiée à la peinture à l’huile. La photo l’intéressait aussi beaucoup, mais c’est finalement dans l’informatique qu’elle a usé ses journées : il lui fallait gagner sa vie très vite. Elle a laissé ses pinceaux, et plus le temps passait, moins Gioia osait reprendre ses crayons et sa palette. Comme beaucoup d’entre nous, elle manquait terriblement de confiance en elle.

    Donner la vie et redonner vie à ses talents

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    C’est à la naissance de son premier enfant, en 2006, que tout a changé. Au Danemark où ils vivaient, son mari lui a offert du matériel. Sa fille avait quelques mois, et Gioia s’est dit « c’est maintenant ou jamais ».

    « Je voulais que mes enfants puissent avoir la confiance de suivre leurs inspirations. Il fallait que je montre l’exemple ! » explique-t-elle. En 2007, la belle artiste avait retrouvé tout son potentiel.

    Naturellement, ce sont des images de maternage qu’elle a eu envie de représenter. Il faut dire que Gioia avait toujours aimé peindre les corps, et en particulier les personnages féminins, réels ou imaginaires, que de très brèves rencontres pouvaient suffire à inspirer.

    Son expérience du maternage proximal (allaitement maternel, portage, cododo) a ainsi rejoint son travail artistique : son art est en parfaite cohérence avec sa vie, il nourrit son intention profonde de faire émerger, de la douceur des relations maternelles, la confiance qui permet à chacun de développer son plein potentiel en étant plus attentif à ses émotions. Gioia espère ainsi contribuer à la naissance d’un monde plus humain.

    Tant de joie à porter

    Dans ses peintures,Gioia Albano pour Parents à Parents portage enceinte les femmes qui portent leurs bébés rayonnent de joie : libres d’aller et de faire ce qu’elles veulent, elles semblent elles-mêmes portées par la joie d’évoluer en harmonie avec leur bébé.

    Le portage, c’est l’une des expériences du maternage qui a le plus touché Gioia. Son troisième bébé a quasi vécu dans l’écharpe pendant les premiers mois de sa vie, et elle le porte encore aujourd’hui. Combien d’heures elle a ainsi peint, son bébé contre elle, devant ou derrière ! Il y a deux ans, se souvient Gioia, « j’ai peint le gros ventre d’une amie quelques jours avant son accouchement, pendant que ma fille de huit mois dormait sur mon dos et qu’une amie photographe immortalisait la scène ».
    Gioia est pourtant née à une époque où de nombreuses mères, comme la sienne, voyaient l’allaitement comme une forme d’esclavage et pensaient qu’il était bon de laisser pleurer les bébés. Mais en remettant en cause ses croyances, en traversant ses peurs et en écoutant son cœur, elle a pu materner ses enfants sereinement.

     

    Peindre et materner, tour à tour

    Au Danemark, tout le monde se couchait tôt et comme sa fille mettait beaucoup de temps à s’endormir, Gioia peignait la nuit, une fois la maison assoupie. Une fois arrivée en France, elle a gardé l’habitude de travailler le soir, une fois ses enfants endormis : peindre avec trois petits autour d’elle, c’est impossible !
    Reste que si elle lui permet de vivre en cohérence avec elle-même, la vie d’artiste n’est pas une sinécure. D’une part, explique Gioia : « c’est difficile, d’imposer la peinture comme source de revenu à la famille ; cette activité est aléatoire, imprévisible ». D’autre part, à travailler jour et nuit, Gioia s’est épuisée au point qu’elle a fait un burn-out maternel. A cinq ans, deux ans et trois mois, ses trois enfants étaient tous petits et elle n’avait aucune aide, à part son mari. Perfectionniste, Gioia avait du mal à tout concilier, mais elle ne pouvait pas renoncer à la peinture. Il lui a donc fallu revoir son organisation et changer ce qui pouvait l’être. Elle a gardé  l’habitude de travailler le soir mais elle est de plus en plus à l’écoute de son corps et de ses limites, « je sais que si je suis trop fatiguée je serai infecte, alors je me ménage » analyse-t-elle.
    Aujourd’hui, Gioia peint de sa propre initiative et sur commande. Tableaux inspirés d’une photo ou d’une scène racontée dont Gioia retracera toute l’émotion… Comme celle d’un accouchement à la maison qui n’a pas pu être photographié. La jeune maman voulait laisser quelque chose de cet instant magique à sa fille. C’est le tableau de Gioia qui servira de mémoire.

    illustrations : Gioia Albano

    Pour contacter Gioia http://www.albanogioia.com/index_fr.html
    La page facebook de Gioia

    gioiaalb@hotmail.com ; mobile 06 20 62 56 39

    24 Nov
    24 Nov
  • Quand la maladie ouvre à une vie plus proche de soi

    Sigrid pour Parents à ParentsJ’ai découvert Sigrid au printemps : j’ai été séduite par ses belles créations. Les vêtements qu’elle coud sont vraiment beaux, originaux, gais et colorés, hyper agréables à porter. J’étais si bien dedans que j’ai eu envie de découvrir qui se cachait derrière ces belles réalisations.
    Sigrid naît en Norvège dans une famille de cinq enfants. Elle débarque en France à 17 ans, à Bayeux, dans le cadre d’un échange scolaire au lycée. Amoureuse, elle décide de poursuivre ses études d’ingénieur à Toulouse plutôt que de retourner en Norvège. Jeune diplômée, elle débute alors une carrière d’ingénieur micro-électronicien à la française : elle travaille beaucoup. Les années passant, elle déclare une sclérose en plaques. Elle se fatigue plus vite que ses collègues, forcément, mais elle ne tient pas compte de sa maladie : elle veut en faire autant que les autres.

    Finalement, elle est tellement épuisée qu’elle en vient à appréhender les mercredis où elle se retrouve seule avec ses deux filles. C’est alors qu’elle fait un burn-out.
    Au moment où elle va un peu mieux, et avant qu’elle envisage de reprendre son travail, sa passion se réveille, une passion la taraude et lui brille dans le cœur depuis qu’elle est toute petite : c’est la couture.

    robe lyrique Maud et Carla pour Parents à Parents image1

    Aussi loin qu’elle se souvienne, Sigrid a toujours créé et cousu. Après avoir usé la machine à coudre de sa mère, elle s’est acheté sa première machine avec son argent de poche. Et au fil des ans, elle en a encore usé trois autres. Car dès qu’elle a un peu de temps, elle coud : des tas de choses, et notamment des tenues de scène magnifiques pour sa sœur chanteuse lyrique, dotées d’un corset spécial, posé sur les hanches, qui lui permet de chanter sans entrave.
    Sigrid pour Parents à ParentsSa famille et sa maladie lui donnent l’élan de réaliser ses rêves. Avec son mari et ses filles, elle déménage dans une nouvelle maison, crée un bel atelier de 30m² où elle accumule des centaines de rouleaux de tissus, et, après 25 ans d’expérience, ouvre sa première boutique en ligne : c’est un beau succès ! Il y a quelques mois, Sigrid a décidé de partager, sur une autre boutique, les beaux tissus qu’elle a accumulés. Et elle propose aussi de beaux patrons sur mesure, qui permettent aux couturier(e)s amateurs de réaliser leurs propres rêves.

    Nous lui souhaitons belle continuation !

     

     

    SigSigrid pour Parents à Parentsrid a créé la boutique en ligne Maud et Carla , où elle vend des vêtements aussi beaux que confortables, qu’elle confectionne elle-même du début à la fin. De l’alliance du grand Nord et de la Méditerranée, de la rencontre des cultures, notre amie norvégienne a tiré un style bien à elle.

    Ses beaux tissus sont également à vendre sur cette boutique.

    J’aime beaucoup sa dernière trouvaille : Sigrid nous propose des patrons sur mesure, qu’elle prépare pour nous, qui nous permettent de réaliser nous-mêmes les vêtements de nos rêves. En bonus, elle répond à toutes nos questions pour que nos réalisations soient aussi belles que les siennes (ou presque) !

     

    Illustration en tête d’article : Gioia Albano. Photos : Sigrid Westvik

    Sigrid pour Parents à ParentsSigrid pour Parents à Parentssalopette Maud et Carla pour Parents à ParentsSigrid pour Parents à Parents Sigrid pour Parents à Parents

     

     

     

     

    18 Nov
    18 Nov
  • leandro lamas
    Qui n’a jamais été déçu, au sein d’un projet collectif, une association, un groupe d’entre-aide, de constater que « ça » n’avançait pas et que des résistance, des questions de pouvoir et de rapport de force surgissaient pernicieusement, sans que tout le monde parvienne à prendre ses responsabilités ? Car malgré nos meilleures volontés, il n’est pas toujours facile de créer et de développer des projets avec d’autres. Pour ne pas tomber dans les travers habituels, nous avons besoin d’outils et de processus nouveaux, comme la sociocratie, une approche dont les processus s’inspirent du vivant.

    Le consensus, c’est bien, mais c’est long, ça peut être même être sans fin s’il n’y a rien pour le canaliser. Et finalement, ce n’est pas toujours un consensus : par lassitude ou par habitude, on finit parfois par s’en remettre à ceux qui parlent le plus fort ou qui semblent faire autorité. La démocratie n’est pas plus satisfaisante : la majorité n’a pas forcément raison et elle laisse les minoritaires frustrés, sur le carreau, sans que leur contribution ait été prise en compte. La Sociocratie ouvre une troisième voie, qui réconcilie les contraires pour décupler les possibles. C’est après avoir été profondément déçue par l’énergie énorme que j’avais dépensé, presque en pure perte, dans une association, que je me suis formée à cette approche. Elle a été très salvatrice pour moi ; je l’utilise presque partout désormais, même en famille, avec mes enfants quelquefois. Elle n’est pas toujours formalisée, mais l’esprit est là. Nous l’avons également intégrée aux statuts, au règlement intérieur et au mode de fonctionnement quotidien de l’association Parents à Parents.

    La Sociocratie, d’où ça vient ?

    La sociocratie est un modèle de management participatif venu de Hollande, créé par Gérard Endenbourg* et Kees Boeke*, dans lequel le pouvoir est partagé par tous les membres d’un groupe. Cette approche favorise l’expression de chaque membre, et, par là, l’émergence de l’intelligence collective, qui permet de faire à plusieurs bien plus que la somme de ce que les parties pourraient faire chacune de leur côté.
    Ilia Prigogine* et Hermann Haken* ont démontré que, pour s’auto-organiser, un système doit remplir deux conditions.

    • Premièrement, les éléments du système qui s’auto-organise doivent être équivalents, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas exercer de contrôle les uns sur les autres.
    • Deuxièmement, pour s’auto-organiser, un système doit avoir une source d’énergie externe.

    Ces conditions valent pour tous les systèmes qui s’auto-organisent, qu’on parle de personnes qui se réunissent librement autour d’une table pour un projet commun ou des atomes qui s’harmonisent sur une fréquence dans un laser.

    • Pour mettre en œuvre la première condition, la sociocratie propose des processus : décision par consentement, élection sans candidat, construction d’une proposition en écoutant chacun et en évitant les arbitrages,…
    • La vision partagée, de son côté, apporte la source d’énergie extérieure – la deuxième condition.

    Partager une vision

    On pense parfois à tort qu’il n’est pas nécessaire d’y revenir, que si nous sommes ensemble, c’est que nous partageons le même objectif.

    C’est une erreur.

    Nous pouvons rejoindre un projet pour de multiples raisons, sans partager la même intention. En outre, même si c’est déjà le cas, la conscience de cette vision partagée est l’élan vital du groupe, sa source d’énergie primordiale.

    Sérénité et sécurité

    La mise en place d’une charte comportementale apporte la sécurité nécessaire à l’expression de chacun.

    Ne pas se couper la parole, parler chacun son tour, tenir les échanges confidentiels, parler vrai, ne pas juger,…  Ces règles de fonctionnement, ou règles du jeu ( qui ne sont pas propres à la sociocratie), peuvent être créées et évoluer « chemin faisant », au fur et à mesure que les problèmes se posent.

    Enfin, différents rôles sont attribués aux membres pour faciliter la communication et garantir le bon fonctionnement du cercle et du projet.

    Décider ensemble

    En sociocratie, on ne raisonne pas en termes de qui « a raison » et qui « a tort », mais on écoute toutes les voix.

    On part de l’hypothèse que chacun a quelque chose à apporter dans la mesure où, à la base, les personnes réunies partagent une intention et un projet.
    Concrètement, il s’agit, comme en Communication NonViolente, de séparer les faits de nos ressentis pour démêler nos émotions, comprendre nos besoins et pouvoir être entendus et compris les uns par les autres.
    En effet, si, quand vous proposez de choisir un lieu pour les prochaines vacances en famille ou d’organiser une grande fête de quartier, tout le monde vous répond par un « bof » décourageant, ce n’est pas forcément une raison pour abandonner votre idée !

    Commencez par raconter votre rêve, votre vision ( pas votre idée concrète, mais ce qui vous anime – vivre un grand moment de convivialité, faire connaître une pratique joyeuse,…), et voyez si vos interlocuteurs vous rejoignent.

    Si c’est le cas, bravo, vous pouvez y aller !

    D’abord, trouvez quelqu’un pour animer le processus : vous pourrez, ainsi, rester concentré(e) sur la réalisation de votre rêve.
    Ensuite, expliquez votre projet.

    • Dans le premier tour de table ( ou de cercle), chacun va simplement dire s’il a bien compris ou s’il a des questions sur le contenu du projet.

    Ça paraît bête mais ça ne l’est pas : bien souvent, nous sommes en désaccord parce que nous ne parlons pas de la même chose !

    • Ensuite, un second tour permet à chacun de dire ce qui lui plaît dans ce projet, puis ce qui l’inquiète, les freins qu’il perçoit, les idées qui lui viennent. A vous de décider de tenir compte (ou pas) de ces voix, qui se sont exprimées sans jugement, dans la bienveillance.

    En effet, Nos convictions ne sont que des points de vue, une parole qui nous dérange a priori peut finalement constituer une contribution intéressante.

    «Les problèmes importants auxquels nous sommes confrontés ne peuvent pas être résolus avec des habitudes de pensée qui ont été à l’origine de leur apparition», écrivait Albert Einstein

    •  Au troisième tour, c’est alors le temps de la prise de décision : chacun dit s’il est d’accord avec votre proposition (initiale ou corrigée) et, sinon, quelle est son objection.

    Il ne s’agit pas d’un vote. Tout le monde doit être d’accord.

    Il ne s’agit pas non plus d’un consensus total : les objections doivent être suffisamment fortes et contraires à la perception que chacun a de l’intérêt commun.

    Si quelqu’un a une objection, on peut alors lui demander à quelle condition il pourrait être d’accord. Libre à vous d’en tenir compte ou pas.

    En général, si tout le monde est clair, posé, la discussion se dénoue. Sinon, il peut être préférable de la remettre à une autre fois – c’est qu’elle n’est pas mûre. Et pour que ce processus ne dure pas trop longtemps, il est intéressant de se donner un temps maximum et de bien le respecter : c’est un élément de sécurité important qui permet à chacun de rester concentré sans se sentir coincé dans une discussion sans fin.

    Accepter le chaos

    En sociocratie, on vit souvent des périodes de chaos, qui sont perçues propices à l’émergence d’un ordre nouveau.

    Au cours d’un processus de décision, les positions opposées sont invitées à s’exprimer. Elles sont autant d’éclairages utiles, à partir desquels les membres vont choisir ensemble la meilleure voie du moment. Le processus permet qu’une décision ajustée émerge du chaos. Il incite les personnes à cesser de se battre pour prouver qu’elles ont raison, à faire moins peser leur ego et à se connecter à l’intention partagée pour aller vers ce qui est juste et bon pour le collectif.

    La posture personnelle : elle est cruciale !

    Au départ, ce processus peut être un peu long, le temps que le groupe s’y accoutume. Mais tout sera bien plus rapide ensuite.

    En sus, la longueur et la richesse des échanges dépend beaucoup de la posture personnelle de chacun. C’est un élément primordial.

    Pour être bien posé, on peut prendre un temps d’ancrage, de silence, utiliser toutes les techniques qui nous permettent de nous mettre au service du projet et de ne pas nous laisser parasiter.

    Si quelques personnes ont une posture juste, les autres vont être naturellement incitées à se positionner de la même manière.

    Jean-François Noubel, spécialiste de l’intelligence collective, propose de respirer avant de parler, de parler au centre du cercle, de recevoir la parole du centre et de s’autoriser à demander le silence à tout moment.
    Les processus sociocratiques  aident à sortir des relations bourreau/victime ou décideur/exécutant. Chacun prend sa part et sa responsabilité. En cela, la sociocratie peut être vécue comme un chemin de développement personnel. D’ailleurs, on peut même l’appliquer aux différentes parties qui s’expriment à l’intérieur de soi pour leur donner la parole et prendre des décisions éclairées.
    Ça n’est pas toujours confortable car ça nécessite de se prendre en charge sans prendre le pouvoir sur les autres. Mais c’est tellement plus juste, plus sain et plus fructueux !

    La sociocratie est déjà utilisée au sein des familles, dans des associations, des entreprises, des collectifs citoyens…

    Isabelle Desplats*, formatrice, suggère de ne pas tout appliquer d’un coup, mais d’y aller à petits pas. La sociocratie propose de commencer par agir un tout petit peu sur l’une des forces en présence, là où c’est le plus facile. Ensuite, on recommence.

    Ce n’est pas la politique des grandes manœuvres mais de l’amélioration continue !

     illustration : Leandro Lamas

    *Jean Teské – Kees Boeke (1884-1966) est le fondateur de l’École de la Communauté Werkplaats en Hollande. À la fin de la dernière guerre, il a été emprisonné par les Allemands pour avoir caché des Juifs. Dans sa poche, on trouva une déclaration intitulée « Non à la dictature » qui faillit le faire condamner à mort. Il s’agissait d’un modèle pour une sorte de société démocratique basée sur l’expérience de son école et les réunions des Quakers. Cet article, publié pour la première fois en mai 1945, est une version condensée de la théorie qu’il élabora à partir de son projet initial.
    *Ilia Prigogine a travaillé sur les structures dissipatives et l’auto-organisation des systèmes. Dans La Nouvelle Alliance, La métamorphose de la science, sa théorie sur la thermodynamique réconcilie la physique avec le sens commun (la science classique considérait les phénomènes comme déterminés et réversibles, ce qui est en contradiction avec l’expérience courante).
    *Hermann Haken, professeur de physique et mathématicien, a découvert le principe de l’auto-organisation dans sa théorie sur le laser. Il a réussi à en prouver mathématiquement l’existence.
    *Isabelle Desplats – Les ateliers du devenir humain http://www.ateliersdevenirhumain.org

    Pour aller plus loin :
    L’intelligence collective, la révolution invisible, Jean-François Noubel
    La démocratie se meurt, vive la sociocratie, Gilles Charest, Edizioni Esserci, collection Ecomanagement, (2007).
    La Sociocratie, Les forces créatives de l’auto-organisation, John A. Buck et Gerard Endenburg

     

     

    24 Mar
    24 Mar
  • Les grossesses sont parfois d’intenses périodes de créativité. Ce n’est…

    22 Mar
    22 Mar

Nous répondons au plus vite, en général sous 24h.

Merci de nous avoir contacté, à très bientôt !

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