Pourquoi je cours ?

  • Courir, ce n’est pas forcément une fuite en avant. Nous avons tous de bonnes raisons de courir : réussir à concilier les mille impératifs de nos vies, attraper un train, tenter de rattraper un temps que nous croyons perdu, … Et c’est alors, souvent, d’une course un peu forcée qu’il s’agit.
    Nous pouvons aussi courir vers ceux que nous aimons, ou vers nous-mêmes. Retrouver le contact avec notre corps, c’est pour ça que Marie s’est mise à courir.

    Me réapproprier mon corps

    Après trois grossesses, deux jumeaux, elle a eu besoin se réapproprier son corps. La course à pied lui a semblé être le sport le plus facile et le plus accessible (elle pouvait courir juste à côté de chez elle, sans prendre rendez-vous avec quiconque, en pratiquant tout simplement dès que c’était possible), le moins coûteux (une bonne paire de baskets et un short suffisent), tout en étant d’un excellent rapport temps/dépense énergétique : pour générer la même fatigue physique à vélo, elle aurait eu besoin de trois fois plus de temps. Marie s’est donc mise à courir un petit peu vers 39 ans, puis de plus en plus. Elle était fière de pouvoir remettre les vêtements qu’elle portait avant ses grossesses, et beaucoup plus à l’aise dans son corps. A 42 ans, elle a même réussi à courir son âge en kilomètres en réussissant le marathon de Bordeaux. J’étais admirative qu’une telle performance soit possible à 40 ans alors qu’elle ne courait pas si souvent que ça !

    élan courir berger australien parents à parents Son expérience m’a inspirée : j’habite à côté d’une rivière magnifique, le terrain est relativement plat et facile, j’y suis à deux minutes à pied. J’ai décidé courir après ce besoin de me recentrer intérieurement après m’être beaucoup donnée à mes enfants aussi bien physiquement que psychologiquement au cours de mes grossesses et de mes longues années d’allaitement.

    J’avais couru un tout petit peu avec mon compagnon pour préparer un trek en haute montagne, il y a plus de dix ans, et je n’avais pas du tout aimé ça. Mais courir seule, au bord de l’eau, j’ai tout suite adoré : me sentir ainsi respirer en observant les cygnes surgir des flots ou bondir dans l’eau, en découvrant les martin pêcheurs se glisser entre les branches des saules pleureurs pendant que le soleil inondait le ciel, …. J’ai assisté à des aurores magnifiques et des couchers de soleil enivrants et je suis même parfois tombée à force de regarder le ciel plutôt que le sol !
    Puis j’ai eu l’occasion d’adopter un chien et j’ai encore mieux aimé courir. Ce berger australien déborde d’une vitalité contagieuse qui pousse à courir à son tour vers la part la plus vibrante de soi. Depuis qu’il est là, j’ai rarement manqué d’énergie pour sortir !

    Réfléchir, méditer, innover

    pourquoi je cours Mireille josselin parents à parentsJ’ai réalisé au fil du temps que la course, même à petites foulées, même pas très longtemps, m’apportait de nombreux bénéfices secondaires : c’est en courant que j’ai le plus d’idées, que je trouve à des évènements disparates et à un faisceau de causes déconcertant un sens nouveau, c’est en courant que je suis le plus inspirée et qu’en même temps, mon cerveau en perpétuelle ébullition s’apaise un peu en se mettant au rythme de ma respiration.

    Certaines personnes méditent assises et ça leur fait un bien fou. Tant mieux ! J’ai tenté l’expérience plusieurs fois, mais j’avais l’impression de décoller complétement. Il semble que la marche et la course offrent à mes réflexions sans limite un cadre pour ne pas se perdre totalement.

    Mais la course a encore un autre bénéfice : comme pendant ces moments privilégiés, je vais à mon rythme, je peux bien plus m’adapter à celui des autres le reste du temps. Je mets encore moins de pression à mes enfants et écoute mieux leur rythme à eux. Un peu comme Adèle, c’est ma façon de sentir ma liberté d’être mère en mouvement !
    Et vous, comment vous faites pour vous retrouver, pour méditer, pour rêver ?

    En pratique

    Attention à choisir une paire de chaussures adaptée. J’ai commencé à courir avec une vieille paire de baskets, que je trainais depuis au moins dix ans et qui n’était pas du tout adaptée à la course à pied. Résultat, au bout de deux mois je me suis abîmée le tendon d’Achille en me faisant une bursite. Un demi talon pendant trois semaines et une nouvelle paire de chaussures adaptée ont suffi à tout faire rentrer dans l’ordre mais autant éviter !
    Pour choisir une paire de chaussures adaptée, il faut

    • Connaître le type de terrain sur lequel vous vous engagez : route, chemin de terre, trail,..
    • Connaître votre type de foulée : en observant les zones d’usure de vos chaussures habituelles, vous verrez si vous avez une foulée « universelle » (qui concerne plus de la moitié des coureurs), pronatrice (mouvement de pied vers l’intérieur, 40% de coureurs) ou supinatrice (appui sur l’extérieur du pied, 10% des coureurs). Il est alors possible de choisir un type de chaussures adaptée à votre foulée ou d’opter pour une chaussure universelle en ajoutant une semelle compensatrice.

    Une amie kiné conseille de choisir des chaussures universelles et de travailler sur la foulée pour ne pas augmenter les compensations, l’idéal étant d’adopter une foulée la plus homogène possible.

    Illustrations : Mireille Josselin

    30 Nov
    30 Nov
  • « Ça y est, je les ai, je fais partie du clan des F.,le clan des femmes !! ». Cette réplique d’une jeune fille qui venait d’avoir ses règles pour la première fois, dans un film que j’ai découvert à l’adolescence, m’avait laissée pantoise. C’était si loin du regard que j’avais porté ! Ce jour là, je venais de me disputer avec une copine, je pleurais, j’avais mal au ventre et on m’avait dit « Tu vois, ça va venir te faire suer tous les mois, et quand tu ne les auras plus, ça voudra dire que tu es devenue vieille ». Un de mes amies avait reçu une mise en garde « Attention, désormais, tu peux être enceinte à tout moment ». C’en avait été fini des sorties libres.

    Pendant des années, la période des menstruations fut pour nous une source exclusive d’agacements : maux de ventre, fatigue, nous nous sentions émotives et peinions à lutter contre. Nous nous trouvions moins performantes, à l’école comme au boulot, et nous prenions sur nous pour lutter contre cet état insensé dont les garçons et les hommes n’avaient pas à pâtir.

    La femme n’était pas « impure », elle était « reliée »

    Puis vint le temps où nous avons voulu un bébé : leur présence répétée chaque mois nous énervait encore plus : elles signifiaient que le ventre était vide, une fois de plus. Absentes, elles disaient que le rêve avait des chances de se réaliser… C’est finalement après mon retour de couches, bien après la naissance de mon premier enfant, que j’ai découvert que cette « période rouge » était une période d‘intuition accrue : je faisais des rêves magnifiques, je voyais arriver dans mon esprit de chouettes idées et je n’avais même plus mal au ventre. C’est alors que j’ai découvert que cet état « intéressant » avait été pensé, théorisé et mis à profit par d’autres cultures. La femme n’était pas « impure », elle était « reliée ». C’est ce que nous explique Claire, pour qui cette période correspond à l’expression du « Féminin Profond ».

    C’est une voie royale pour se laisser inspirer par
    ce qui surgit du plus profond de soi

    Le Féminin Profond est une sensation de complétude que l’on expérimente lorsque l’on est en parfaite osmose avec son moi profond. C’est un état d’être que les femmes comme les hommes peuvent ressentir. On y arrive par la volonté de se donner le temps et l’espace d’aller en soi, et aussi par la non-volonté de laisser faire ce qui se manifeste. C’est une voie royale pour se laisser inspirer par ce qui surgit du plus profond de soi.

    Chez la femme, les règles sont la période idoine pour expérimenter ce Féminin Profond.

    lorsqu’une femme prenait du temps pour elle en vivant ses Lunes
    en pleine conscience,
    la sagesse enfouie en son for intérieur se révélait à elle.

    La Moon Lodge, chez les Amérindiens*, était le lieu dans lequel les femmes se réunissaient durant leur temps de lune.
    Ils savaient que lorsqu’une femme prenait du temps pour elle en vivant ses Lunes en pleine conscience, la sagesse enfouie en son for intérieur se révélait à elle.

    Ils voyaient la vulnérabilité ressentie avant les règles comme un appel pour la femme et aussi un rappel à vivre pleinement sa nature cyclique, régie par le processus de Vie-Mort-Vie.
    Durant ses lunes, ils laissaient la femme se reposer, faire le point, lâcher ce qui n’était plus utile, plus nécessaire pour elle en se connectant à son Féminin Profond. Elle s’autorisait ainsi à vivre pleinement sa vie, prenant chaque mois un nouveau départ pour son bien et celui de son entourage.

     

    roue de la médecine Tente rouge et feminin profond Claire Jozan-Meisel pour Parents à ParentsLe Féminin Profond est également une des composantes de La Roue de la Médecine amérindienne, modèle d’évolution ancestral inspiré des manifestations et des cycles naturels, dont les saisons font partie.
    Sa vie durant, l’homme chemine autour de la Roue de la Médecine.

    La Voie Rouge de la Roue de la Médecine amérindienne (voir schéma) incite les êtres humains à partir du Féminin Profond (l’Hiver) pour aller vers le Grand Masculin (l’Eté). Selon ce modèle, une action doit être mûrement réfléchie en amont dans le Féminin Profond avant d’être planifiée dans le Petit Masculin (le Printemps), puis concrétisée dans le Grand Masculin.
    Il est intéressant de constater que ce modèle a un caractère universel : il se retrouve à des degrés divers dans beaucoup de philosophies notamment orientales.

    A l’heure actuelle où tout s’accélère et se base sur l’instantanéité, on ne prend pas le temps de vivre ce processus : on a tendance à constamment faire des allers-retours rapides entre le Petit et le Grand Masculin. Le temps de l’introspection et des bilans du Petit Féminin (l’Automne) tout comme le temps de la sagesse et de la vision du Féminin Profond sont souvent laissés pour compte.
    Plus particulièrement, jusqu’à la ménopause, la Femme a la chance de vivre tous les mois ce cycle complet des 4 saisons à travers son cycle menstruel. Elle ressentira ainsi la complétude si elle respecte ces 4 saisons de façon équitable : célébrer aussi bien la plantation (Printemps) que la récolte (Automne) et autant la joie de l’action (Eté) que le goût du repos et de l’inaction (Hiver).

    le premier saignement marque le passage vers la Femme, porteuse de vie et
    capable d’avoir des visions pour servir sa communauté.

    Le fil rouge de DeAnna roue de la médecine Tente rouge et feminin profond Claire Jozan-Meisel pour Parents à ParentsDans son ouvrage « Le Fil Rouge, manuel de tes premières lunes », DeAnna L’am, créatrice du mouvement « Une tente rouge dans chaque quartier », renoue avec ces traditions indigènes nord-américaines et nous montre combien il est important de célébrer les premières lunes des jeunes filles. En effet, le premier saignement marque pour elles le passage vers la Femme, porteuse de vie et capable d’avoir des visions pour servir sa communauté.

    Le deuxième aspect important dans ce manuel est l’incitation à prendre du temps pour soi lors de ses « temps de lune ». Pendant cette période, l’expérimentation ne passe plus par le corps physique : en prenant le temps de se poser et de faire silence en soi, la part spirituelle de notre être (le corps spirituel) prend le relai, laissant émerger le message de l’inconscient à travers la vision et l’intuition.

     


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    Se réunir lors de Moon Lodges ou de Tentes Rouges est pour nous un moyen d’évoluer et de faire évoluer le monde.

    En tant que « précur-soeur » en France des cercles de femmes autour de la menstruation, l’autoédition de ce livret s’est imposée à moi.
    Cette réémergence des cercles de femmes est la preuve que nous voulons nous réapproprier ce savoir et aussi marquer notre différence par rapport à l’image que veut donner de nous notre société patriarcale. Se réunir lors de Moon Lodges ou de Tentes Rouges est pour nous un moyen d’évoluer et de faire évoluer le monde.

    Inciter les femmes à aller à la rencontre de leur sagesse profonde est très important à mes yeux. En ces temps de transformation, ne devrions-nous d’ailleurs pas tous ensemble, femmes et hommes, nous connecter à ce Féminin Profond ? Et ainsi nous approprier le message délivré par ces sagesses ancestrales en libérant, lâchant ce qui n’est plus approprié en nous et autour de nous, pour faire ainsi place au changement, au meilleur pour une Terre plus belle, plus florissante et pour une Humanité plus consciente ?

    Claire Jozan-Meisel LunafeminaClaire Jozan-Meisel
    www.lunafemina.com
    Le Fil Rouge, manuel de tes premières lunes a été illustré par Marie Yamoona  Il est en vente ici

    Par ailleurs, DeAnna L’am animera deux ateliers « Tente Rouge » à Paris et à Lyon en juillet prochain. Pour en savoir plus, c’est ici.

     

    *Les Amérindiens ont une vision de la femme bien différente de celle que nous avons dans notre société judéo-chrétienne. Depuis la nuit des temps, les femmes amérindiennes synchronisaient leur vie avec le rythme lunaire. La tribu toute entière permettait aux femmes d’être alternativement tournées vers les autres puis tournées vers elles-mêmes. Vivant proches de la nature, leur cycle menstruel suivait d’ailleurs celui de la lune et leur période menstruelle correspondait à la nouvelle lune. Les anciens savaient que les femmes, durant leur période de saignement, avaient un niveau de perception beaucoup plus élevé. Par conséquent, elles s’éloignaient de la communauté et optimisaient ce temps en se reposant entre elles dans un lieu dédié, la Moon Lodge. Cette pause dans leur vie quotidienne leur permettait de faire le point et de laisser émerger des idées nouvelles pour répondre au mieux aux besoins de leur famille ou de la tribu en général. Les hommes respectaient ce que les femmes préconisaient et appliquaient leurs conseils à la lettre. Source : « Buffalo woman comes singing » de Brooke Medicine Eagle

    Illustrations : Marie Yamoona

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