Traverser les crises, réussir sa vie

  • Je vais vous dire quelque chose qui vous étonnera peut-être : j’aime bien le chaos, il suscite en moi une sorte d’excitation comme les illuminations des villes le soir de Noël. Je n’aime pourtant ni les disputes, ni la violence, ni les cris, mais le chaos, quand il est léger, résonne en moi comme une invitation à imaginer que quelque chose de bon et de beau est à construire ou à venir. En quelque sorte je le vis comme les contractions pendant l’accouchement : une ouverture du cœur et du corps qui prépare la naissance.

    Toute crise personnelle est un point de bascule

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parents Un certain degré de chaos, d’incertitude, d’inconnu, c’est un peu comme une brise après deux jours pleins de canicule. C’est le mouvement de la vie qui nous traverse, la perspective d’un nouveau champ de possibles qui s’ouvre, d’une nouvelle façon de voir le monde et de l’habiter qui se révèle. Tout le contraire de la stagnation et de la mort.

    J’aime sortir des cadres de référence, imaginer d’autres angles de vue qui sont autant de voies nouvelles pour expérimenter la vie, et je préfère la liberté et l’authenticité à la sécurité et au confort. Alors les périodes de chaos, je ne les cherche pas, mais elles ne me font pas vraiment paniquer a priori.

    Pourtant des crises, j’en ai connues. Mais justement. Je sais, pour avoir traversé un certain nombre d’épreuves depuis ma plus tendre enfance, que j’ai en moi et autour de moi des ressources pour passer à l’étape suivante sans y laisser ma peau ou mon âme. J’ai grandi, j’ai bien plus de pouvoir sur ma vie qu’à six ans et demi. De toutes façons, la vie n’est une autoroute pour personne, et elle serait bien monotone si elle l’était. Des crises, nous en traversons tous. Je ne crois donc pas, vous m’avez compris, qu’elles ne sont qu’un mauvais moment à passer, comme le disent de nombreux parents en parlant de leurs adolescents à fleur de peau. Je crois qu’elles représentent au contraire une formidable opportunité de renaissance qui appelle toute notre attention et notre clairvoyance.

    Nos vulnérabilités et nos élans profonds sont nos forces

    L’adolescence est une sorte de mue, les séparations sont autant d’occasions de transformation. Il ne s’agit pas de changer pour changer, mais d’aller chaque fois un peu plus profondément vers soi et vers les autres, il s’agit de se trouver, de prendre avec nous tout ce qui peut nous être utile et de nous défaire de tout ce qui ne l’est plus pour poursuivre notre voyage, avec de nouveaux compagnons.

    La majorité de mes amis a mon âge, une jeune quarantaine. Et pour la plupart d’entre nous, quelque chose a changé ces dernières années, comme si nous avions rebattu toutes les cartes de notre jeu, même si nous étions déjà bien à l’écoute de nos intuitions et de notre vie intérieure. 40 ans a été pour nous un point de bascule, l’occasion d’un nouveau saut joyeux ou inquiet (parfois les deux à la fois) vers l’inconnu.

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gioia albano parents à parents A 30 ans, je me suis embarquée dans la maternité corps et âme, comme dans tout ce que j’entreprends, mais là, avec une intensité dont je n’avais jamais fait l’expérience auparavant. J’ai eu la sensation de renaître à chaque accouchement, même le jour où le bébé que je portais est décédé. En accompagnant mes enfants au plus près de ce qu’ils étaient, j’ai naturellement été invitée à faire le même chemin vers moi même. A un moment, je crus même m’être pleinement trouvée. Je savais pourtant bien que dans ce domaine, rien n’est fini tant qu’on est vivant.

    La maternité m’a fait développer des capacités physiques que je n’imaginais pas possibles : trouver le moyen de dormir et de me régénérer tout en étant réveillée toutes les quinze minutes ou en restant assise toute la nuit, travailler tout en étant présente pour mes enfants, passer sans cesse d’une chose à l’autre sans rien oublier,…

    J’ai également développé des qualités d’écoute, d’empathie encore plus fortes, une compréhension du langage non verbal que je n’avais pas imaginée et qui me sert dans bien des situations.

    J’ai eu l’opportunité de mettre pleinement à profit mon hypersensibilité : j’ai vu à quel point elle me permettait notamment de percevoir les « signaux faibles », ces petits indices à peine identifiables et souvent inaccessibles au raisonnement, qui nous ont évité bien des soucis et nous ont permis de vivre bien des joies. Cette forme d’anticipation m’est précieuse, elle permet aussi de voir les crises venir avant de les prendre de plein fouet.

    J’ai décuplé ma capacité à aimer. Je n’ai pourtant jamais rien négocié avec la vie, j’ai toujours aimé de tout mon cœur, sans jamais me protéger, mais je vois bien que cette capacité à donner, à aimer les êtres dans leur plus grande profondeur quoi qu’il advienne, sans chercher à les changer, a encore augmenté, et je le dois sans doute à mes enfants.

    Mais ce n’est pas tout. Avec mes enfants, avec ceux des autres, avec les adultes avec qui j’ai eu l’occasion de coopérer, j’ai expérimenté mille manières de vivre, de co-construire et de trouver des solutions paradoxales, étonnantes et réellement efficaces. Je suis sûre que vous aussi, si vous regardez un peu en arrière, non ?

    Ne pas choisir, ne rien sacrifier

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parentsComme d’autres jeunes mères, je n’ai pas choisi entre vie familiale et vie professionnelle. J’ai décidé de tout relier et de tout faire ensemble, contrairement à l’idée reçue qui professe la nécessité de cloisonner nos différentes sphères (familiale, sociale, professionnelle,…). J’ai souvent pensé à ma grand mère qui avait sacrifié ses projets de carrière à l’entretien de sa famille et à la génération de nos mères qui, pour réussir professionnellement, avaient peu savouré leur maternité.

    Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin d’être en tension entre la femme et la mère. Nous pouvons tout être à la fois.

    De mon expérience, l’allaitement n’enlève rien au désir ni aux capacités psychiques, et la grossesse non plus. Au contraire, c’est comme si tous ces élans d’amour se rejoignaient pour s’intensifier les uns les autres.

    Il peut aussi y avoir un temps pour tout, et nous pouvons nous épanouir dans toutes nos dimensions. Je suis pleine de gratitude quand je réalise à quel point nous sommes chanceuses.

    Mais voilà, rien n’est jamais définitif et un jour, cet équilibre presque parfait qui avait été le mien pendant huit ans ne m’a plus du tout convenu. J’avais un job qui m’intéressait vraiment (j’en avais même plusieurs), je ne perdais pas de temps en transport, je travaillais de chez moi la plupart du temps, je pouvais choisir quand et où faire mon travail, je pouvais aller courir, jouer du piano ou du violoncelle, poursuivre mon roman en cours, garder un enfant malade ou fatigué à la maison et voir des amis ou des expositions en plein milieu de l’après midi, quand tout le monde est au boulot (une chance que je savoure et qui m’a longtemps donné la sensation d’être vivante). À toute heure du jour ou de la nuit, ou presque, j’étais disponible pour les miens.

    Mais du coup, je travaillais souvent seule, et début septembre, quand mon petit dernier est rentré à l’école, dans le même environnement joyeux que ses deux aînés, j’ai ressenti le besoin impérieux de tout changer. Enfin pas tout à fait tout, mais mes priorités, ma disponibilité, mes ambitions, mon positionnement au service des autres, et même mon métier. Une part de moi se réveillait et semait un tel chaos que je n’étais plus sûre de rien.

    J’ai ressenti le besoin de revisiter tout mon passé, comme si j’avais laissé des miettes, des morceaux de moi un peu partout.

    Il m’a semblé que mon regard s’élargissait soudain de manière extraordinaire. Mes sources d’intérêt également. Je me suis mise à dévorer les livres de philosophie que j’avais mis de côté quelques années plus tôt et ce qui m’avait paru essentiel pendant une décennie me sembla soudain juste important ou intéressant, mais sans plus. J’ai eu la sensation d’être à un point culminant (même si je pense que nous en avons plusieurs). J’avais bien plus de connaissance de moi, de la vie et des autres qu’à vingt ans, je n’avais pas encore l’impression d’avoir perdu en capacité physique, j’étais pleine d’une énergie incroyable, mes intuitions étaient plus fortes que jamais. La vie tambourinait à l’intérieur. Alors j’ai écouté, je me suis écoutée comme j’avais appris à le faire avec mes enfants. Et j’ai beaucoup appris en écoutant mes amies.

    Élargir le champ et prendre conscience du chaos intérieur

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie gilles levrier parents à parents L’une me racontait comme elle avait senti son intérêt pour le monde autour d’elle s’élargir progressivement quand ses enfants ont eu 8 ou 10 ans. « Au début toute ma vie était centrée sur eux, puis ca s’est élargi, élargi, élargi, comme un mouvement en spirale qui part du centre et qui se consolide au fil du temps », se souvient cette maman de deux adolescents.

    Elle sentait physiquement sa sortie du monde maternel avec tous les gestes qui s’enchaînent dans le soin d’une tout petit : le corps qui berce dès qu’il est debout, la tête qui se penche pour embrasser, les bras qui s’ouvrent pour accueillir… Isabelle a mis ses mots sur ces périodes de mue qui sont des crise mais pas seulement : ce sont des points de bascule que nous vivons autant physiquement que psychiquement, analyse-t-elle.

    C’est toute notre vie qui s’en trouve renouvelée. Tout doit être remanié, reconsidéré, réorganisé.

    « Le changement n’est pas seulement dans nos têtes, il est aussi dans nos corps« , avertit isabelle. Et c’est aussi vrai quand les enfants quittent le foyer parental à l’âge adulte. Leur départ crée un vide physique, énergétique. Deux femmes pourtant très conscientes de ce qu’elles vivaient n’arrivaient pas à faire des courses pour elles seules, se souvient elle par exemple. Ce n’est pas seulement leur vie pratique, mais toute leur vie intérieure, toute leur existence qu’elles sentaient qu’elles devaient réaménager face au départ pourtant bien accepté de leurs enfants.

    Suivre son intuition et prendre soin de soi

    Pour Raphaëlle, la crise était un phénomène étranger jusqu’à ce qu’après vingt ans de mariage, à 44 ans, elle réalise soudain qu’elle se sentait trop en décalage avec son conjoint pour pouvoir poursuivre la route avec lui. Ce constat n’a pas, d’abord, été le fruit d’une réflexion, il s’est imposé à elle.

    Cette idée tombée du ciel comme une vérité certaine s’est accompagnée d’une telle sensation de plénitude, a réveillé en elle un tel élan vital qu’elle n’a pas pu reculer, faire comme si de rien était.

    Elle trouve aujourd’hui la force d’organiser sa séparation avec beaucoup de tendresse et de respect, pour détruire le moins possible sans rien sacrifier. Elle sait que ce ne sera ni facile ni confortable, mais sa décision est le fruit d’un tel mouvement de vérité intérieure qu’elle le traverse avec confiance, une confiance qu’elle n’avait jamais ressentie auparavant.

    Il ne s’agit pas d’une crise qui signerait une rupture de survie, mais plutôt d’un point de bascule qui prépare une vie nouvelle, plus vraie, plus profonde et plus authentique que jamais.

    traverser une crise de la quarantaine réussir sa vie yoann lambert parents à parents Pour Anna, les crises font partie de sa vie depuis toujours. Dans le sillage d’une rupture amoureuse avec l’homme avec qui elle rêvait d’avoir un enfant, elle a perdu son travail et son domicile. N’ayant plus rien à quoi se raccrocher, elle a amassé ses affaires dans le garage d’une amie et s’est assise par terre à côté de ses valises pour réfléchir. Elle s’est alors mise au défi : « tu bougeras de là quand tu sauras ce que tu veux faire ». Elle est restée ainsi trois jours, ne se levant que pour boire et faire pipi.

    Au troisième jour, une idée émergea en elle d’une profondeur indéfinissable, elle sut quoi entreprendre et partit. Depuis, elle a trouvé d’autres modalités moins éprouvantes pour traverser ses crises, elle sait que la beauté la régénère, la réconforte et la rééquilibre, elle sait qu’un bain chaud lui offre un soutien réparateur, et elle n’a pas peur : quelque part en elle, elle sait qu’elle ne manquera jamais de rien, que la crise est pour elle un appel à la transformation et qu’elle fait partie de sa vie.

    Aller chercher de l’aide à l’extérieur

    La dernière crise de Morgane a eu lieu il y a huit ans, quand elle a eu soixante ans. Elle se retrouvait retraitée après une vie de formatrice et de comédienne qui la remplissait d’autant plus qu’elle vivait seule et n’avait pas eu d’enfants. C’est l’idée qu’elle se faisait de la retraite qui lui faisait le plus de mal. Elle s’imaginait une période ennuyeuse à mourir, qui la verrait se dégrader de plus en plus en attendant la mort. Elle était effrayée par les statistiques qu’elle lisait sur la santé des retraités.

    A cette sensation de vide et d’inutilité s’ajoutait une peur légitime de l’avenir : sa retraite ne lui permettrait pas de payer un loyer suffisant et elle n’avait pas l’apport nécessaire pour acheter. Morgane eut peur de la pauvreté. C’est en travaillant sur elle et en se faisant aider qu’elle a trouvé ses solutionsun bon thérapeute l’a aidée à se débarrasser de ses images négatives, une amie l’a aidée à trouver un beau petit appartement et son frère a contribué à son financement. Enfin, le temps lui a montré que la retraite, ce n’est plus ce que c’était. Elle n’avait pas à choisir entre retraite et activité, elle pouvait percevoir une petite retraite et continuer à exercer un métier.

    Depuis, elle est en pleine activité professionnelle et en pleine expertise. Elle a de plus en plus de belles choses à transmettre, et jamais, en la voyant, vous ne lui donneriez son âge. La crise de la soixantaine l’a rajeunie.

     
    traverser les crises réussir sa vie Gille Levrier Parents à ParentsMême s’il semble que certaines périodes de la vie se prêtent plus particulièrement aux crises, chacun vit les siennes à sa manière et fonction de son identité, de son parcours et de ses besoins. Mais dans tous les cas, il me semble qu’on peut les voir non pas comme des problèmes à régler, mais comme d’incroyables opportunités à saisir, avec le cœur ouvert et les yeux émerveillés d’un enfant qui se demande quel cadeau il va découvrir devant le sapin. Et cette ouverture là a sans doute une importance fondamentale sur la façon dont nous allons pouvoir gérer, traverser des périodes chaotiques pour aller chaque fois davantage là où notre cœur nous porte, là où le plus profond et le plus vivant de nous nous entraîne.

    C’est tout le bien que je vous souhaite, en cette période un peu chaotique pour tous, quel que soit notre âge et quelle que soit notre vie. C’est l’occasion d’y prendre notre part, de ne rien laisser faire qui ne nous convienne, et de construire le monde dans lequel nous avons envie de vivre en y mettant tout notre amour et tous nos talents.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    Illustrations : photo à la une Gilles Levrier, puis tableau Gioia Albano puis photos de mer Gilles Levrier, photo d’accro-branches Yoann Lambert, photo d’entrée au spectacle Gilles Levrier.

    gaëlle Brunetaud-Zaïd

    21 Déc
    21 Déc
  • Harmonie Roberte Degosse

    J’ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec Emmanuelle. Elle semble tellement à l’aise dans sa vie, bien dans sa peau et dans sa tête que c’en est presque contagieux : en sa présence, on a l’impression d’être heureux !

    Ça n’était pourtant pas très bien parti pour elle. Ses parents, accaparés par leurs propres problèmes, sont peu présents et affectueux. Violée à l’adolescence, elle devient toxicomane, et une septicémie qui lui vaut une expérience de mort imminente.

     

    Aimer c’est aussi toucher

    Quand elle devient mère, Emmanuelle est convaincue que l’amour passe par le toucher avec les enfants ; elle veut donc absolument allaiter les siens. Et c’est ce qu’elle fera, malgré les difficultés de démarrage et la césarienne qu’elle subit à la naissance de ses deux filles aînées.

    « le corps à corps de l’allaitement fait partie des choses qui m’ont guérie », analyse Emmanuelle.

    Elle choisit aussi de porter ses filles, avec les porte-bébés qu’elle trouve à l’époque (en 1989 et 1992).

    Avant de donner naissance à son troisième bébé, Emmanuelle passe le concours d’Éducatrice de Jeunes Enfants. Changement de cap professionnel, elle doit démarrer la formation à l’issue de son congé maternité ! Mais une césarienne est programmée trois mois avant le terme ; la jeune maman la vivra encore plus mal que les précédentes, l’attitude des deux chirurgiens qui racontent leurs frasques de la veille pendant qu’elle pleure et vomit est insupportable.

    Finalement, Emmanuelle ne suivra jamais la formation d’Éducatrice.

     

    La dépression, chemin de transformation

    Ce troisième enfant est un garçon, ce qui la confronte à son propre père. Elle ne comprend pas cet enfant, elle se sent sans cesse en décalage. Alors que son bébé a quatre mois, son compagnon est contraint de s’absenter plusieurs semaines pour un tournage, la laissant seule avec leurs trois jeunes enfants. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : n’ayant plus personne devant qui tenir debout, Emmanuelle s’effondre.

     

    « Elle ne comprend pas cet enfant, elle se sent sans cesse en décalage »

     

    Elle s’enfonce dans une dépression qui va durer trois ans et qu’elle analysera rétrospectivement comme une mue.

    Elle ne prend aucun médicament, consulte différents thérapeutes et pleure beaucoup.

    Progressivement, elle sent ses carapaces s’ouvrir, elle se retrouve, se découvre même.

    Elle reprend alors sont appareil photo et fait, pendant un an, le tour de la France pour réaliser une magnifique exposition de photos de bambins allaités. Elle tire ses photos argentiques elle-même et donne quelques expositions.

     

    « Il n’est jamais trop tard, on peut toujours tout changer avec nos enfants »

     

    Elle est guérie. Léa, la deuxième fille d’Emmanuelle, peut alors se lover dans les bras d’une maman rassérénée et vider tout le chagrin qu’elle a accumulé.

    « Il n’est jamais trop tard, on peut toujours tout changer avec nos enfants », analyse Emmanuelle en réalisant comment leur relation est devenue belle et bonne à l’issue de ces deux heures de tendresse pleines de larmes.

     

    Un accouchement vaginal après trois césariennes ?

    Enceinte de son quatrième enfant, Emmanuelle rêve d’un accouchement naturel, à la maison. Elle s’informe, veut comprendre ce qu’est un accouchement physiologique, non déclenché, par voie basse. Elle trouve une sage-femme pour l’accompagner chez elle. Finalement, cette quatrième naissance passera, une fois encore, par une césarienne (le viol a sans doute laissé des traces indélébiles), mais Emmanuelle aura vécu un vrai travail d’accouchement avec une mise en route spontanée, et son compagnon verra son bébé naître (il n’avait pas pu entrer au bloc pour la naissance de ses trois premiers enfants ; cette fois, il réussit à s’imposer).

     

    Une immense énergie au service du maternage

    La relation avec ce quatrième bébé est facile et harmonieuse. Alors que sa fille a tout juste un mois, Emmanuelle crée l’association de soutien à la parentalité Idées Parents, celle qu’elle aurait aimé avoir eu à sa disposition à la naissance de son fils.

    La jeune maman se forme au portage et rejoint le réseau Peau à peau comme animatrice bénévole.

    Elle partage la foultitude d’informations qu’elle a rassemblées sur le maternage, la naissance et l’allaitement sur le site « maternage » qu’elle développe elle-même, devient formatrice en portage et consultante en périnatalité.

    Invitée à assister à une naissance qui doit se dérouler à la maison, elle réalise le film « Donner la vie chez soi » grâce aux compétences développées au cours de ses dix années d’expérience dans la production audiovisuelle (le site est accessible gratuitement en grande partie sur son site).

     

    Une nouvelle vie, plus intense encore

    Juste après, Emmanuelle quitte la région parisienne. Elle a des soucis de santé, ne se sent plus bien à Antony. Elle a besoin de se mettre au vert, de voir à nouveau les étoiles dans le ciel la nuit et de prendre le temps d’admirer le soleil se lever et se coucher.

    « par l’éducation que nous recevons, nous construisons des couches de protection.
    Pour nous trouver, nous devons les enlever, et pour ça, nos enfants sont géniaux ! »

     

    Un an plus tard, une belle rencontre change une nouvelle fois sa vie. Elle lui permet de découvrir un lien avec son corps beaucoup plus vibrant, excitant et réjouissant, relié à une spiritualité vivante, qui contribue à son épanouissement.

    Emmanuelle porte un nouveau regard sur sa vie, écoute son instinct et ses intuitions ; elle se sent pleinement reliée, connectée au monde.

    « Nos pensées sont créatrices », affirme-t-elle : sa vie le prouve ! Sa santé revient, sans traitement…

    Et elle rend grâce à ses enfants : « par l’éducation que nous recevons, nous construisons des couches de protection. Pour nous trouver, nous devons les enlever, et pour ça, nos enfants sont géniaux ! ». Et oui, ce sont des miroirs incroyables pour qui veut bien se regarder dedans …

    Illustration : Harmonie, Roberte Degosse

    Pour en savoir plus :

    L’expo photo d’Emmanuelle

    Les 31 premières minutes du film Donner la vie et les interviews.

    Emmanuelle Sallustro est consultante en périnatalité et formatrice en portage. Elle a conçu et réalisé un DVD qui, en 47 séquences, présente toutes les possibilités de nouages permettant de porter un bébé sur le ventre, la hanche ou le dos, mais aussi de nourrir en portant, et de porter deux enfants simultanément. Ce DVD montre même comment on peut utiliser une écharpe pendant la grossesse pour porter un ainé ou soulager son ventre.

    Les livres qu’Emmanuelle aime au sujet de la parentalité :

    Joelle terrien passage de vies
    Passages de vies de Joëlle Terrien
    , sur la naissance.
    Parce que Joëlle Terrien dit des choses très vraies que personne n’ose dire et confronte les futurs parents à ce qu’ils veulent vraiment

     

    Oui la nature humaine est bonneOui, la nature humaine est bonne ! d’Olivier Maurel

    Un livre de fond pour comprendre comment la violence éducative ordinaire pervertit la nature humaine depuis des millénaires.

    C est pour ton bien Alice Miller


    Tous les livres d’Alice Miller
     ; « Qu’est-ce-que j’ai pleuré en lisant « C’est pour ton bien » pendant ma dépression, faisant ainsi remonter mes blessures de bambin puis enfant aimé toujours sous condition, subissant la répression émotionnelle et la soumission à l’arbitraire« , se souvient Emmanuelle.

    Elever son enfant autrement
    Élever son enfant autrement de Catherine Dumonteil Kremer

    Parce que tous les thèmes sont abordés et qu’Emmanuelle aime son style de bienveillance.

    Regarde ton enfant est compétentRegarde, ton enfant est compétent de Jesper Juul, limpide dans ses explications, bien que la traduction rende la lecture difficile parfois

    L'art d'accomoder les bébés
    L’art d’accommoder les bébés
    de Geneviève Delaisi de Parseval, si on aime l’angle historique car il permet de prendre le recul nécessaire face à nos propres normes, avec humour.

    Peau à Peau techniques et pratiques de portage
    Sur le portage, le livre d’Ingrid van den Peereboom : Peau à Peau, techniques et pratique du portage.

    D'amour et de lait
    D’amour et de lait… le n°3 des cahiers du nouveau-né, ouvrage collectif sous la direction d’Etienne Herbine
    t,

    « c’est un livre que j’ai lu alors que j’attendais mon aînée et qui m’a vraiment donné l’envie d’allaiter et de réussir mon allaitement », se rappelle Emmanuelle.

    27 Mai
    27 Mai

Nous répondons au plus vite, en général sous 24h.

Merci de nous avoir contacté, à très bientôt !

Enter a Name

Enter a valid Email

Message cannot be empty