L’Espace du Sommeil

  • Adèle a toujours aimé dormir et rêver ; le sommeil, elle y consacrait plus de dix heures par nuit avant que ses enfants viennent au monde, avant qu’elle traverse une période d’épuisement et d’abattement dont de nombreux parents font l’expérience : les réveils nocturnes, fréquents, de ses deux garçons n’étaient pas conciliables avec la pression d’un travail à temps plein.

    « c’est en travaillant sur les espaces de sommeil des différents membres de la famille que chacun a pu trouver le repos dont il avait besoin »

    Il fallait trouver une solution. Finalement, c’est en travaillant sur les espaces de sommeil des différents membres de la famille que chacun a pu trouver le repos dont il avait besoin. Ce témoignage d’une maman qui met son métier d’architecte d’intérieur au service de sa famille sera sans doute source d’inspiration !
    Notre deuxième enfant est arrivé dans un contexte de grande fatigue et de sommeil fragilisé, où personne n’avait encore trouvé sa place. Mon premier bébé s’était réveillé cinq à sept fois par nuit et il ne dormait pas encore bien. Nos scénarios nocturnes frisaient le délire : chacun se couchait dans son lit, le bébé pleurait vers minuit, je le prenais au sein et m’endormais avec ; quand l’aîné pleurait, mon mari allait le rassurer et finissait par s’endormir sur le parquet à côté du petit lit ; notre aîné en profitait alors pour s’échapper et me rejoindre dans le lit conjugal ; réveillée par leur présence (je n’avais plus de place), je partais finir la nuit sur le canapé. Le matin venu, chacun se réveillait, étonné de se trouver là, et nous étions, mon mari et moi, toujours plus fatigués.

    Qu’est-ce qui leur manque ?

    Les années passant, nous décidons de trouver une issue à ce co-dodo imposé. Notre lit passe de 140 cm de large à 180cm. Pendant un certain temps, nous nous sentons un peu mieux. Il y a un réel plaisir à dormir ensemble, à sentir les petits corps de nos enfants près de nous … mais nous dormons toujours mal et nos petits se réveillent ronchons.

    « C’est parce que dans votre lit, il y a de l’amour »

    Un jour, par un heureux hasard, notre aîné passe une nuit entière dans son lit. Il se réveille frais et dispos. Le petit déjeuner est agréable et sans tension. Alors un peu plus tard, je lui demande pourquoi il aime être dans notre lit. Il me répond : « C’est parce que dans votre lit, il y a de l’amour » Les choses étaient dites ! Mais comment mettre de l’amour dans leur propre lit ?

    « Il fallait maintenant redéfinir, non pas un lit, mais un univers assez sécurisant pour que l’enfant ait envie d’y créer sa propre histoire ».

    Un nouveau regard sensoriel

    Il fallait maintenant redéfinir, non pas un lit, mais un univers assez sécurisant pour que l’enfant ait envie d’y créer sa propre histoire.
    Je me suis donc mise à détricoter notre histoire familiale en adoptant un nouveau regard, celui de la professionnelle (je suis architecte d’intérieur). Successivement, nous avions utilisé couffin, berceau, lit à barreau, lit escamotable et lit superposé. Avoir dormi avec mes enfants un peu partout me donnait des pistes pour appréhender avec mes sens ce qu’ils vivaient.
    Je comprenais peu à peu l’importance de se sentir au chaud, comme contre le sein de sa mère ; l’importance du son, étouffé et cotonneux comme dans le ventre pendant la grossesse ; l’importance du contenant, comme les bras rassurants d’un papa.
    Il fallait maintenant redéfinir, non pas un lit, mais un univers assez sécurisant pour que l’enfant ait envie d’y créer sa propre histoire.

    Illustration à la une : Hiroki Sakaï. Deuxième photo : Adèle Damoiseau

    Il vous reste 80% de l’article d’Adèle Damoiseau à lire : deux étapes pour trouver la solution qui convient vraiment à toute la famille + une fiche technique pour créer un espace vraiment adapté aux enfants. Lisez la suite ici

    Vous trouverez de nombreuses pistes sur l’endormissement, le sommeil, les cauchemars et des peurs du soir dans le très beau livre numérique Hors Cadre – Regards Croisés sur le Sommeil

    Parents à Parents livre numérique Regards croisés sur le sommeil

    30 Août
    30 Août
  • Hiroko Sakai pour Parents à Parents cauchemars sommeil

    Hiroko Sakai

    Certains adultes, certains enfants font des cauchemars récurrents si terrifiants qu’ils ont peur de s’endormir et en deviennent insomniaques. Pour se libérer du cercle vicieux cauchemar-insomnie, des techniques ont été mises au point, qui semblent aussi efficaces que faciles à mettre en œuvre.

    L’Image Reheasal Therapy

    L’ IRT (Image Rehearsal Therapy) ou thérapie par répétition d’imagerie mentale peut aider à ses soustraire des cauchemars récurrents.

    Elle consiste à se souvenir du cauchemar et à l’écrire en apportant des modifications au thème, à l’histoire, en supprimant les détails effrayants, en changeant la fin,… suivant la nature du cauchemar.

    Le principe est simple : une fois l’histoire réécrite, la personne se repasse mentalement ce nouveau scénario pendant une dizaine de minutes par jour, lorsqu’elle est éveillée.

    Cette technique est efficace pour bon nombre de peurs, de visions nocturnes effrayantes qui rendent difficile l’endormissement,
    « Cette approche a pour effet d’inhiber le cauchemar original en procurant une déplacement cognitif qui réfute de manière empirique le principe original du cauchemar ». D’après « Journal of Clinical Sleep Medecine, Vol.6, N° 4, 2010 »

    « Le principe est simple : une fois l’histoire réécrite, la personne se repasse mentalement ce nouveau scénario pendant une dizaine de minutes par jour, lorsqu’elle est éveillée ».

    La thérapie du rêve lucide

    Une autre technique similaire à l’IRT, la LTD (Lucid Dreaming Thearapy) ou thérapie du rêve lucide, permet à la personne de modifier le cours de son cauchemar pendant qu’elle rêve.
    Elle peut agir sur son rêve à partir du moment où elle prend conscience, qu’elle est en train de rêver, et qu’elle devient donc «lucide».
    D’après « Journal of Clinical Sleep Medecine, Vol.6, N° 4, 2010 »

    Pour creuser la question : http://www.nightmaretreatment.com/

    Agir sur les cauchemars

    A découvrir ici : les méthodes utilisées en Mésopotamie, en Grèce et chez les mayas.

    Illustration : Alexandrine Deve et Hiroko Sakai

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    Parents à Parents livre numérique Regards croisés sur le sommeil

    24 Fév
    24 Fév
  • L'arbre à nuages Mireille Josselin pour Parents à Parents

    L’arbre à nuages, Mireille Josselin

    Quand il avait cinq ans, mon petit frère nous a raconté qu’il était allé sur le mont Blanc. Il nous a décrit le monde là haut, les cordées, le vertige, la neige blanche comme s’il y était allé. Quand nous lui avons expliqué que non, il n’était allé nulle part, il avait juste joué dans la neige du jardin, il a longuement pleuré à chaudes larmes : « mais puisque je vous dis que j’y suis allé ! ».

    La fille de mon amie Lucie a un ami imaginaire – enfin, un ami que les autres ne voient pas. Son image est si précise qu’elle est capable de le dessiner très distinctement. Elle lui parle, elle lui raconte ce qu’elle vit, il la guide et la conseille. Alexia, quant à elle, voit des fées et discute avec des lutins dans les bois et les jardins. Elle passe des heures dans l’herbe, à la fois calme et joyeuse. Ce qui ne l’empêche pas d’être sociable, d’avoir plein d’amis et d’aimer beaucoup sa famille, ses chats et son école.

    Adrien, qui vient d’avoir trois ans, voit désormais des fantômes le soir à l’heure de se coucher, et lui qui n’avait pas peur de grand chose, ne supporte plus le noir. Mon fils, qui a le même âge, a eu des visions de ce genre pendant quelques jours. C’était toujours au même endroit qu’il prenait peur : en haut de l’escalier, une fois la nuit tombée.

     

    Face aux fantômes

    Je pensais à tous ces enfants hier soir en imaginant différentes réponses qu’il serait possible de leur apporter :

    • Version claire et nette : Les fantômes et les lutins n’existent pas, allez, on pense à autre chose !
    • Version cartésienne : Regarde (en ouvrant les rideaux, les placards, les armoires), tu vois quelque chose, il n’y a rien là !
    • Version médicale : Peut être tu ne vois pas clair, est-ce que tu as mal aux yeux ? Je prends un rendez-vous chez un ophtalmologue pour vérifier ta vue. Oh mon Dieu, et s’il devenait schizophrène ou épileptique?
    • Version paramédicale : Tiens, prends ces granules homéopathiques, ce mélange de fleurs de Bach, ou d’huiles essentielles, ça va aller mieux.
    • Version hypnotique : Il est comment, ton fantôme ? Il a de grands yeux qui te font peur, et si on rétrécissait ses yeux, et si on le rendait tout riquiqui, il te fait encore peur ainsi ?
    • Version Halloween : Chouette, on va jouer avec lui ! Allez, tout le monde se met un drap sur la tête !
    • Version chevaleresque : Prends garde, fantôme, j’ai tiré mon épée de son fourreau !
    • Version spirituelle : Tu sais, certaines personnes voient des choses que d’autres ne voient pas. On va allumer une bougie et faire une prière pour que des anges viennent chercher le fantôme, comme ça il deviendra une âme et il ne te dérangera plus.
    • Version paranormale : un parent appelle un medium pour faire partir le fantôme.
    • Version enveloppante : Viens tout contre moi, je te protège du fantôme.
    • Version Communication NonViolente, sociocratique : Qu’est ce qui te ferait du bien pour te sentir mieux ? (et on trouve, à plusieurs, une solution pour que l’enfant n’ait plus peur, qui peut consister à fermer la porte, à l’ouvrir, à laisser une veilleuse, à placer au bon endroit un doudou protecteur, un camion de police ou un loup en peluche,…).

    Des réponses possibles, vous en avez sans doute beaucoup d’autres en tête (vous nous les faites partager en commentaire?) et vous les avez peut-être combinées !

    Prendre tout au sérieux ?

    Chez nous, le « fantôme » est resté trois jours et doit avoir disparu puisqu’on n’en entend plus parler. Je dois avouer que nous n’avons rien fait de spécial. Nous avons juste écouté notre fils nous raconter le fantôme, sans prendre peur avec lui, sans nier sa peur, sans la rétrécir ni la minimiser (encore que j’ai déjà utilisé avec profit, à d’autres occasions, les techniques d’hypnose eriksoniennes et d’autres méthodes de traitement des cauchemars qui sont décrites ici). Si j’analyse notre réaction, elle a été, en fait, celle que j’adopte le plus souvent : prendre tout ce que mes enfants me disent avec sérieux, mais sans gravité.

    Prendre les choses avec sérieux, mais sans gravité, c’est au fond l’attitude que j’essaie d’adopter dans tous les événements de la vie en ce moment.

    Sigrid, notre amie norvégienne, m’avait expliqué qu’elle était très touchée par le peu de sérieux que la plupart de parents français accordaient aux propos de leurs enfants, même quand ils étaient totalement concrets (regarde mon dessin / mon frère m’a tapé / j’ai faim / je veux rentrer,….).

    Prendre les choses avec sérieux, mais sans gravité

    Denise, maman de trois enfants et grand-mère de huit petits enfants, m’expliquait l’autre jour : « Mon fils Paul a eu un ami imaginaire pendant des années. Tout le monde prenait ça avec légèreté, chez nous comme ailleurs. On ne posait pas de questions mais on écoutait. Ma fille Brigitte, elle aussi, dialoguait avec un être qui devait ressembler à un animal mythique, vu les dessins qu’elle faisait de lui. Il semblait lui apporter beaucoup de sécurité et de confiance. Avec lui, elle n’avait plus peur de s’endormir seule dans son lit le soir. Un jour, ces amis imaginaires ont disparu comme ils étaient venus.

    Quand notre premier petit-fils s’est mis à parler tout seul à quelqu’un qu’elle ne voyait pas, sa mère a été très inquiète. Une de ses amies avait emmené son propre fils voir un psychiatre parce qu’il parlait à des êtres invisibles. J’ai trouvé ça triste que des parents envisagent de donner un médicament à un enfant qui avait simplement trouvé, par ce biais, un moyen de se donner la stabilité affective dont il avait besoin. Ce dialogue avec l’invisible ne terrifiait pas l’enfant, il faisait juste peur aux parents qui ne maîtrisaient pas cette relation. Ma belle fille a accepté de ne pas faire comme son amie. Son fils a continué à discuter de temps en temps avec cet ami qu’il décrivait comme un lutin, jusqu’au jour où il a dit que le petit être était parti. Aujourd’hui, il fait une grande école d’ingénieur à Paris, cette relation là ne l’a pas du tout empêché de développer son esprit scientifique et il semble aussi équilibré que peut l’être un jeune adulte de son âge ! »

    Souvent, les choses se posent toutes seules, avec le temps

    La frontière entre le réel et l’imaginaire est toute fine, les histoires sont pleines de phénomènes irréels auxquels on croit avant de ne plus y croire et d’y repenser à nouveau, la vie est pleine de principes et d’idées toutes faites auxquelles on croit dur comme fer avant de se rendre compte qu’ailleurs, les choses sont perçues totalement autrement et que ça ne les rend pas moins réelles, les découvertes faites en physique depuis cent ans déjouent nos perceptions visuelles, et les rêves sont parfois si frappants qu’il semble qu’on les a vécus vraiment. Certains enfants croient au Père Noël comme d’autres croient en Dieu avant d’affirmer haut et fort que ni l’un ni l’autre n’existent, puis finissent par se poser des questions. Certains lieux sacrés, certains sites naturels nous inspirent une sensation d’amour infini alors même qu’il n’y a personne autour de nous. J’aime laisser les portes ouvertes, ne pas monter trop haut les barricades, ne pas fermer trop vite la fenêtre des rêves et ne pas tarir la confiance dans nos expériences intérieures. Souvent, les choses se posent toutes seules, avec le temps. Et si ça n’était pas le cas, nous chercherions d’autres solutions, non ?

    Ces deux minutes de vidéo nous rappellent la fertilité de notre imagination d’enfant, et si vous la montrez à vos petits, ils vont sûrement adorer !

    5 MORE MINUTES – animated short from Tom Yaniv on Vimeo.

    le grand fariboleur pour Parents à ParentsL’autre jour, nous avons lu cette belle histoire du Grand fariboleur aux éditions Sarbacane, cette sorte de mage-coule grand fariboleur livre enfants pour Parents à Parentsturier qui récolte les pelures de songes, qui fait provision de chimères et d’illusions pour bricoler des fariboles à réchauffer les cœurs les plus froids. C’est ainsi que, affublés d’un de ses coussins fabuleux, les enfants « tristouilleux » se mettent à faire « des rêves tout sucre et miel, plus tendres et ronds que des bonbons, plus lumineux que des soleils ».

    Illustrations : Mireille Josselin et livre « le grand fariboleur »

    Vous trouverez des pistes sur les cauchemars et des peurs du soir dans le très beau livre numérique Hors Cadre Regards Croisés sur le Sommeil

    Regards croisés sur le sommeil : en finir avec ses soucis de sommeil, sommeil bébés, ados, adultes, insomnies, peur du soir, réveils nocturnes, cauchemars pour Parents à Parents

    19 Fév
    19 Fév

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