Splendeur

  • 01 Jan
    01 Jan
  • Quelles activités vont faire vos enfants cette année ? Certains ont de telles envies de découverte et d’expérimentation qu’ils voudraient tout faire, mais vont-ils tenir le rythme toute l’année (et vous avec eux) ?  D’autres ont surtout envie de rester chez eux, surtout s’ils passent déjà de grosses journées à l’école. Si l’environnement est propice, ça peut d’ailleurs être bien suffisant : la plupart des enfants ont beaucoup à gagner à aller tranquillement, à leur rythme, vers des activités qui les intéressent sur le moment. Il suffit d’un petit bout de jardin, d’un accès à la bibliothèque et/ou à internet, de chouettes livres, de quelques crayons pastel ou tubes de peinture pour passer des journées fort enrichissantes. Mais glaner des idées ailleurs, voir le monde par d’autres perspectives, c’est rudement intéressant aussi !

    C’est pour cela que nous aimons particulièrement les ateliers. Ponctuels, sur des sujets qui plaisent à nos enfants, ils stimulent la créativité, les échanges et les réflexions.

    Des ateliers toute l’année… et dès maintenant

    Expo arts et métiers d'arts Révélations Grand Palais Parents à ParentsCe mois de septembre, par exemple, des ateliers sont proposés dans le cadre du salon des métiers de l’art et de la création au Grand Palais, à Paris. Ils sont gratuits et ça donne bigrement envie. Cette année, l’exposition Le Banquet met à l’honneur la Corée du Sud et présente des pièces d’exception de 15 pays : Chili, Corée du sud, Danemark, Finlande, France, Italie, Islande, Japon, Norvège, Pays-Bas, République Tchèque, Sénégal, Suède, Taïwan et Tunisie.

    Un programme d’activités pédagogiques pour les 5-7 ans et les 8-12 ans, est proposé aux enfants, qui partiront à la découverte de l’exposition puis s’attèleront à des ateliers ludiques évoquant le pays du matin calme. Une belle occasion pour découvrir des pratiques nouvelles, sans frais.
    Au programme : peinture sur porcelaine, masque-dragon en papier, marque-pages dans le style des paravents coréens ou encore atelier bojagi.

     

    Ateliers d'art de découverte des métiers d'art pour les enfants Parents à Parents

     

    Photos : ©PHOTOPROEVENT puis Pavlina Cambalov © Petr Fiala; Hervé Walhen © DR; Antoine Poncet © DR; Cecilie Lind © Frederik H; Yokiya Izumita © DR; Hsiao-Ying Li, Lin Jiang-Cheng © Jesse Chen puis ©PHOTOPROEVENT

    02 Sep
    02 Sep
  • la violence éducative ordinaire

    Photo Yoann Lambert

     

    La violence éducative ordinaire, ce sont ces fessées, ces gifles, ces menaces, ces punitions, ces railleries et moqueries que nous avons subies quand nous étions enfant et que nous faisons subir à nos enfants tant que nous n’avons pas conscience de leur impact et tant que nous n’avons pas déconstruit nos conditionnements. Ce sont tous ces traitements infligés « pour notre bien » et qui ne semblent normaux, ordinaires, que parce qu’ils sont subis et transmis de génération en génération.

    Cet article a été co-écrit avec Olivier Maurel*

     

     

     

    « Ces effets peuvent paraître invraisemblables et disproportionnés, mais pour les comprendre il suffit de se rappeler
    que notre organisme est doté de deux systèmes d’autoprotection : le système immunitaire et le stress »

    Non, ces gestes et ces mots ne sont pas anodins : la preuve (scientifique)

    De nombreuses études, sérieuses, documentées, longitudinales ont été réalisées, sur les impacts des « petites violences ordinaires » , celles qu’on pourrait croire anodines, qui montrent que les fessées, même peu fréquentes, suffisent à altérer les capacités intellectuelles et sociales : les enfants fessés de moins d’un an sont plus susceptibles d’être agressifs à l’âge de trois ans et plus déprimés ou anxieux à l’âge de cinq ans(1). Les fessées ont, entre autres, un impact sur le QI des enfants(2), qui est d’autant plus réduit que les enfants sont fessés à un âge précoce, ainsi que sur la compréhension du langage (3).
    Ces châtiments ne se contentent pas d’imprégner l’enfant, ils ont encore des répercussions sur sa santé physique et mentale à l’âge adulte. Cancer, troubles cardiaques et asthme à l’âge adulte (4) sont plus fréquents chez les personnes qui en ont reçu, tout comme les troubles du comportement, de la personnalité, les maladies mentales, la dépression, les problèmes d’alcool ou de drogue (5) et les suicides (6).

    Comprendre les effets de la violence éducative ordinaire

    Ces effets peuvent paraître invraisemblables et disproportionnés, mais pour les comprendre il suffit de se rappeler que notre organisme est doté de deux systèmes d’autoprotection : le système d’alarme qui nous protège des agressions extérieures et le système immunitaire qui nous protège des agressions intérieures (microbes, virus…). Notre système d’alarme, le stress, déclenche, en cas de danger ou d’agression, un flot d’hormones destiné à permettre à notre organisme de fuir ou de s e défendre efficacement.

    • La réaction d’alarme est en fait le premier stade du stress.
    • Ensuite vient le stade de résistance, d’adaptation à l’agent stressant, puis le stade d’épuisement, si l’action de l’agent stressant est excessive ou dure trop longtemps.

    Pour obtenir cette résistance et cette adaptation, le système d’alarme désactive toutes les fonctions qui ne sont pas indispensables à la fuite ou à la défense, comme, par exemple, la digestion, la croissance et le système immunitaire. Plus les agressions sont fréquentes, plus le système immunitaire est désactivé et réactivé, moins il devient efficace et moins il protège des maladies.
    Or, l’organisme des enfants ressent gifles, fessées et menaces comme des agressions, quelle que soit l’intention avec laquelle on donne ces punitions.

    Et les gifles et fessées, quand on a commencé à en donner, deviennent très vite des habitudes. Ainsi, en croyant donner des gifles et fessées « qui n’ont jamais fait de mal à personne », on affaiblit, sans en avoir la moindre conscience, la capacité de résistance des enfants aux maladies, ainsi que leur système digestif, voire leur croissance.
    Mais les effets de la violence éducative ne s’arrêtent pas là. Le traumatisme s’inscrit dans notre génome à travers les modifications épigénétiques des gènes récepteurs et peut se perpétuer sur au moins trois générations (7) ; les chercheurs ont aussi observé que les femmes ayant subi des violences dans leur enfance ont un risque trois fois supérieur aux autres d’avoir un enfant autiste (8).

     « Pour mettre fin au cycle de la violence, nous sommes invités à changer notre regard sur nos enfants, ce qui nous oblige presque automatiquement à regarder l’enfant que nous avons été »

     La suite est ici, dans ce magazine numérique, illustré par des artistes, à télécharger ou feuilleter gratuitement en ligne après avoir cliqué sur le lien ci-dessous

     

    Parents à Parents Webzine#1

    illustration de l’article : Yoann Lambert ; page de couverture du magazine : Gilles Levrier

     

    * Bibliographie d’Olivier Maurel : La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines, éditions l’Instant Présent, 2012. Oui la nature humaine est bonne !, Robert Laffont, 2009. La Fessée : questions sur la violence
    éducative, La Plage, 2004, préface par Alice Miller. OEdipe et Laïos : Dialogue sur l’origine de la violence, Éditions L’Harmattan, 2003.
    ** L’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire est à la fois une association et un site créés dans le but d’informer le plus largement possible l’opinion publique et les responsables politiques sur la pratique de la violence
    éducative ordinaire, c’est-à-dire les diverses formes de violence utilisées quotidiennement pour éduquer les enfants dans les familles et les institutions.
    Pour en savoir plus : voir le numéro 176 du magazine l’Enfant et la Vie et son dossier sur « l’autorité : un pas vers l’autre », dont cet article est partiellement issu. http://www.lenfantetlavie.fr
    Les études scientifiques présentées ici proviennent du site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire, où il est possible de lire les conclusions documentées et de trouver les sources dans leur intégralité.
    (1) Andrea N. Gromoske, Kathryn Maguire-Jack, University of Wisconsin–Madison, étude publiée dans le Journal of Marriage and Family, octobre 2012, p. 1054-1068. À ceux qui pensent qu’« une bonne fessée n’a jamais
    fait de mal à personne », une nouvelle étude réalisée en 2012 sur 3 870 familles a montré que les enfants fessés (spanked) de moins d’un an étaient plus susceptibles d’être agressifs à l’âge de trois ans et plus déprimés ou
    anxieux à l’âge de cinq ans.

    (2) Selon l’une étude présentée en 2009 par le Pr Murray Straus, sociologue et codirecteur du Family Research Laboratory de l’université du New Hampshire, les châtiments corporels réduisent le quotient intellectuel des enfants. Mesuré
    quatre ans plus tard, le QI des enfants qui avaient reçu des fessées de leur mère entre l’âge de 2 et 4 ans était inférieur de 5 points à celui des enfants qui n’en avaient pas reçu, tandis que le QI des enfants qui avaient reçu des fessées
    entre 5 et 9 ans était inférieur de 2,8 points à celui des enfants qui n’en avaient pas reçu au même âge.
    (3) Etude longitudinale menée par Michael J. MacKenzie, Eric Nicklas et Jane Waldfogel de la School of Social Work, et Jeanne Brooks-Gunn du College of Physicians and Surgeons and Teacher’s College, Columbia University, New York,
    publiée dans la revue Pediatrics sous le titre Spanking and Child Development Across the First Decade of Life mesure les effets jusqu’à l’âge de 9 ans. Elle montre que les fessées données par la mère à l’âge de 5 ans, même peu fréquentes, sont associées à un haut niveau de comportements d’externalisation de l’enfant à 9 ans. Les fessées fréquentes données par le père à l’âge de 5 ans sont corrélées avec un niveau plus bas de compréhension du langage à l’âge de 9 ans.
    (4) D’après l’étude de Michael E. Hyland, Ahmed M. Alkhalaf et Ben Whalley, université de Plymouth, Royaume-Uni, étude publiée dans le Journal of Behavorial Medicine, septembre 2012, les coups et les insultes reçus dans l’enfance accroissent les risques de cancer, de troubles cardiaques et d’asthme à l’âge adulte.
    (5) Le 2 juillet 2012 ont paru dans la revue Pediatrics les résultats d’une importante étude sur les effets des punitions corporelles. Cette étude, menée aux Etats-Unis auprès de 34 653 adultes âgés de 20 ans et plus par une équipe de chercheurs canadiens, a porté uniquement sur les fessées et châtiments corporels légers. Les sévices sévères, c’est-à-dire ceux qui causent des hématomes ou d’autres blessures, et les sévices sexuels en ont été exclus. Autrement dit, il s’agit bien des effets de la violence éducative ordinaire telle qu’on l’entend au Canada et en France. Or, il résulte de cette étude que les personnes ayant reçu des fessées et d’autres mauvais traitements physiques ne relevant pas de la
    « maltraitance grave » ont entre 2 et 7 % de risques supplémentaires de présenter à l’âge adulte des pathologies mentales allant des troubles du comportement aux troubles de la personnalité et aux maladies mentales graves, en passant par la dépression et les problèmes d’alcool ou de drogue.

    (6) Selon l’étude menée par Patrick O McGowan, Aya Sasaki, Ana C D’Alessio, Sergiy Dymov, Benoit Labonté, Moshe Szyf, Gustavo Turecki et Michael J Meaney, publiée dans la revue Nature Neuroscience le 22 février 2009, la maltraitance dans l’enfance, à travers le stress induit, modifie l’expression des gènes régulant les récepteurs aux glucocorticoïdes dans l’hippocampe et accroît le risque de suicide.
    (7) D’après l’étude menée par N. Perroud, A. Paoloni-Giacobino, P. Prada, E. Olié, A. Salzmann1, R. Nicastro, S. Guillaume, D. Mouthon, C. Stouder, K. Dieben, P. Huguelet, P. Courtet et A. Malafosse, universités hospitalières de Genève (Suisse) et de Montpellier (France), publiée dans Translational Psychiatry , le 13 décembre 2011, le traumatisme (maltraitance ou négligence physique ou psychologique, abus sexuel) s’inscrit dans notre génome à travers les modifications épigénétiques des gènes
    récepteurs et peut se perpétuer sur trois générations (ou plus, l’étude ayant porté sur trois générations seulement)

     

    04 Août
    04 Août

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